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Le moment de la mort , au point de vue médico-légal

{Revue des cours scientifiques, 1888.)

Affaire Pranzini. — Triple assassinat. — Relation médico-légale.

Le juge, parmi d’autres questions, posait celle-ci : « Quelle est celle des victimes qui.a survécu? » 11 y avait en effet un héritage à recevoir qui devait revenir à la famille de la dernière survivante.

Trois femmes avaient été tuées, deux par section du cou y compris les carotides, la troisième, petite fille de douze ans, par décollation presque complète. Celle-ci semblait avoir été frappée la dernière.

Quel est le moment réel de la mort ? Le dernier soupir ? L’erreur de cette formule est démontrée par le retour à la vie de gens en état de mort apparente. Le dernier battement du cœur? 1. ulltmum marient des physiologistes, mais chez un décapité MM. Regnard et Loye ont constaté que le cœur battait encore une heure après la décollation. Pouvait-on dire que ce décapité vivait encore? 11 y a aussi l’intervention méconnue de la terreur pouvant provoquer des phénomènes inhibitoires.

Nous avons donc répondu : « Je ne sais pas, » laissant au magistrat le soin de faire l’application des articles de loi concernant la

23. — Accusation de viol commis pendant le sommeil hypnotique.

(Annales d'hygiène, 1879.)

Cette affaire présentait, en 1879, un caractère de nouveauté

absolue. Un dentiste de Rouen était accusé d’avoir violé une jeunefille pendant le sommeil hypnotique. Certaines paroles prononcées par lui devant le juge d’instruction semblaient indiquer sa culpabilité probable, alors que les autres faits auraient rendu l’accusation invraisemblable.

Appelé ii Rouen, je constatai que cette jeune fille tombait dans le sommeil hypnotique avec une extrême facilité. Mais ce fait, incontestable au moment de l'expertise, ne prouvait que pour le moment

Après avoir discuté les conditions dans lesquelles se produit le sommeil hypnotique, nous avons conclu ainsi : « On peut, à titre d'hypothèse, se demander si, au moment où se sont produits les faits dont est inculpé le dentiste L., la fille Berthe B... ne s’est pas trouvée plongée dans un état de sommeil nerveux, et par suite dans l’impossibilité de connattre ce qui se passait et de donner son consentement aux actes commis sur sa personne. Mais, en l’absence de tout témoin capable d’apprécier scientifiquement les caractères d’un fait aussi complexe et qui ne laisse aucune trace, il est impossible d’affirmer que cet état de sommeil ait réellement existé. »

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