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Analyse des gaz du sang dans la variole

(Société médicale des hôpitaux, 22 juillet 1870.)

Les varioleux meurent par le poumon de deux façons. Les uns, atteints de variole confluente, meurent comme les grands brûlés avec des congestions plus ou moins intenses des viscères internes : cerveau, moelle, poumons, reins. Les autres meurent avec des phénomènes qui rappellent la mort dans l’asphyxie par le charbon : ce sont surtout les malades atteints de variole hémorrhagique.

J’ai cherché si, dans cette seconde forme de mort les globules du sang étaient encore capables d’absorber de l’oxygène, et s’ils ne seraient pas inoxydables comme dans l’intoxication par l’oxyde de carbone.

On ne pouvait recueillir le sang à l’abri de l’air, comme lorsqu’on analyse le sang pris sur un animal. D’ailleurs je cherchais, non la quantité des gaz contenus dans le sang, mais si les globules sanguins avaient perdu leur oxydabilité.

(J’ai employé le procédé de Nestor Gréhant et la pompe à faire le vide d’Alvergniat.)

De ces expériences on peut conclure que la quantité des gaz contenus dans le sang des malades atteints de variole hémorrhagique est moindre que celle contenue dans le sang d'un homme sain, et cela jusqu’à atteindre la proportion du simple au donble.

Les échanges nutritifs, les oxydations sont donc moins actives chez les varioleux hémorrhagiques qu’ils ne le sont dans l’état de santé, et cependant la température est plus élevée.

7. Des variations de la quantité des globules blancs dans le

sang des varioleux, des blessés, des femmes en couches.

(Société de biologie, 28 février 1874.)

Lorsqu’on examine chaque jour le sang des varioleux, on opère et on trouve que le nombre des globules blancs augmente jusqu’au moment où s’établit la suppuration, puis qu’il diminue dès que . celle-ci s’établit.

8. — De T influence des purgations et de ïinamtion sur la pro¬

portion des globules rouges contenus dans le sang.

(Société médicale des hôpitaux, 4* juillet 1876.)

Cette communication fournit quelques renseignements nouveaux sur le mode d’action des purgations, et tend à faire éviter une erreur ; dans la numération des globules du sang. Il suffit d’une purgation suivie de trois ou quatre garde-robes pour que le nombre des globules rouges augmente d’un million par millimètre cube. (Jamais nous n’avons constaté une augmentation inférieure à 200 000 par millimètre cube.)

Cette concentration du sang précède même la première évacua- j tion alvine.

Les globules blancs augmentent ou diminuent sans que nous en connaissions la cause, mais leur rapport avec les globules rouges baisse toujours.

Ces influences méconnues pourraient être des causes d’erreur dans l'interprétation des courbes de variation des globules dans les maladies.

L’anémie par inanition donne des résultats analogues. Un individu atteint d’obstruction pylorique cicatricielle présentait une concentration des globules rouges très notable. Ce résultat est confirmé par les recherches de M. Lépine sur les nouveau-nés.

Donc un homme peut avoir une richesse globulaire très élevée et être pourtant anémique ; il le sera par son plasma, par son sérum. Ce sont là des faits intéressants pour'établir des divisions dans le groupe si important et si difficile à explorer des anémies.

Suivent huit observations à l’appui de nos propositions.

9. L'urée et le foie. — Variations de l'urée éliminée dans les maladies du foie.

(Archives de physiologie, 1876, n os 4 et 5.)

Le point de départ de nos recherches est celui-ci : les travaux des pyrétologistes tendent depuis quelques années à faire considérer la quantité d’urée éliminée dans le cours des maladies comme soumise aux oscillations de la température. Cette théorie nous parait inexacte, parce que : dans certaines maladies fébriles les urines ne contiennent pas un excès d’urée (Ictère grave) ; dans d’autres maladies non fébriles, la quantité d’urée éliminée en vingtquatre heures peut s’élever à une proportion considérable (Diabète) ; dans la fièvre intermittente, l’urée augmente avant toute élévation de température (Ringer, ChalvetJ; enfin parce que, si dans les premiers jours d’une maladie fébrile les oscillations de la température et de l’urée décrivent des courbes à peu près parallèles, ce parallélisme cesse bientôt, et si la maladie se prolonge, les courbes sont de plus en plus discordantes.

Nos analyses nous ont amené à cette conclusion : Dans les maladies, alors que les aliments ingérés sont réduits aux tisanes et aux boissons, alors que les reins ne présentent aucune lésion :

La quantité durée sécrétée et éliminée en vingt-quatre heures est sous la dépendance de deux influences principales : V létat d’intégrité ou d'altération des cellules hépatiques ; 2" l'activité plus ou moins grande de la circulation hépatique.

Nous ne disons pas que le foie seul sécrète de l’urée ; mais nous croyons pouvoir conclure de nos recherches que c’est dans le foie que se forme la plus grande partie de l’urée, et, en nous plaçant

sur le terrain de la clinique, que sous l’influence des altérations du foie les quantités d’urée sécrétée varient dans une telle proportion que l’on peut utiliser ces changements dans le diagnostic des maladies de cette glande dont la pathologie est encore si obscure.

10. — De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladies , par le professeur Paul Lorain.

700 pages avec 200 tracés. J.-B. Baillière et Dis.)

J’ai défini en ces termes mon rôle dans cette publication :

Par une clause de son testament, datée du 31 octobre 1870, mon maître, P. Lorain, m’a désigné pour réunir ses notes et publier celles qui pourraient être utiles à la science.

Parmi les nombreuses études auxquelles Lorain s’était appliqué, celle de la température du corps humain, de ses causes et de ses variations dans l’état physiologique et pathologique, avait, dans les dernières années de sa vie, plus spécialement excité son ardeur. Pendant près de dix ans, Lorain a réuni tous les matériaux que lui fournissaient les recherches de ses devanciers et les siennes propres. En 1870, il avait commencé, à l’hôpital Saint- Antoine, une série de leçons sur les modifications de la température dans les maladies. Ces conférences cliniques furent interrompues par la malheureuse guerre de 1870-1871; quelques-unes seulement furent publiées dans la Revue des cours scientifiques. Nommé professeur d’histoire de la médecine à la Faculté, le 22 janvier 1873, Lorain choisit la première année, pour sujet de ses leçons, l’étude de la chaleur et de la fièvre dans les maladies. 11 soumit les travaux des auteurs anciens à une critique que rendaient légitime et instructive ses recherches personnelles. Puis il consacra presque exclusivement les années suivantes au groupement et à. l’analyse des travaux modernes publiés sur la même question.

Au moment où Lorain préparait la publication des conférences

qu’il se proposait de faire à l’hôpital Saint-Antoine, en 1870-1871, il écrivait : « Ce livre est incomplet, je le sais, et je le donne pour ce qu’il est, sans essayer d’en masquer les imperfections ni d’en combler les vides à la hâte. Si imparfait qu’il soit, il servira, je l’espère, à montrer par des exemples palpables l’utilité de la méthode qui l’a inspiré. »

Ces lignes, qui n’étaient alors qu’un témoignage de la modestie de leur auteur, sont devenues vraies aujourd’hui. Il ne m’eût été possible de les effacer que si, trompant la volonté de mon maître, j’avais, sans son aveu, remplacé ses idées et ses recherches par les miennes.

Cet ouvrage contient l’analyse critique des principaux travaux publiés sur la chaleur et la fièvre, depuis Hippocrate jusqu’à nos jours, et plus de cent cinquante observations recueillies par Lorain avec deux cents tracés de la température, de la fréquence du pouls, de ses formes (étudiées au sphygmographe). Il complète les Études de médecine clinique publiées par lui sur le Choléra , 1868, et sur le Pouls, 1870.

L’esprit qui devait coordonner ces richesses et les disposer dans un plan dont les reliefs fussent saisissants et définitivement arrêtés, a fait défaut. Si cette absence n’est que trop évidente, et si le succès a trahi nos efforts, que derrière le travail de l’élève le lecteur juge avec indulgence l’oeuvre du maître à qui la dernière heure a manqué.

11. — Étude critique des diverses médications employées contre le diabète sucré.

La difficulté de juger les diverses médications préconisées contre le diabète tient surtout à ce que, dans cette maladie, la médication a presque toujours été instituée en vertu d’une doctrine fondée sur des opinions théoriques et aboutissant à une thérapeutique spéciale, presque logiquement fatale.

L’exposé des médications est précédé de l’étude des conditions de la nutrition chez le diabétique : absorption, sécrétion, imprégnation de l’organisme par le sucre quand l’excrétion est insuf¬

fisante.

Les diverses médications sont classées d’une façon artificielle, mais basées sur la physiologie et la clinique, en trois chapitres :

1“ Médications propres à empêcher l’introduction du sucre dans l’économie ;

2' Médication destinée à empêcher la formation du sucre sous l’influence d’un trouble du système nerveux ;

3° Médications destinées à réduire ou à éliminer le sucre en excès dans l’économie;

4" Médications basées sur des indications spéciales.

Conclusion. — 11 n’existe pas de traitement du diabète ; il n’est aucune de ces médications qui puisse s’appliquer à un malade quelconque. — Empêcher le sucre de se former, favoriser sa destruction ou son élimination, quand il existe en excès, tels sont les deux termes du problème à résoudre. Chercher une solution commune pour tous les malades ne serait pas moins contraire aux données de la physiologie qu’à celles de la clinique.

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