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NOTICE PUBLIÉE EN

M. S. CLOËZ,

Note sur la présence normale du cuivre dans le sang des animaux sauvages herbivores.

(Bullelin de la Société chimique de Paris, t. XXVII, p. 196; 1877.)

La présence du cuivre dans le sang de l’homme et des animaux domestiques a été constatée déjà par divers chimistes; mais on a en général considéré, avec quelque apparence de raison, le fait comme accidentel et pouvant être attribué le plus souvent aux ustensiles employés dans la préparation des aliments.

En 1870, j’avais eu Toccasion de soumettre à l’analyse le résidu de l’incinération du sang d’un chevreuil tué aux Essarts, dans les bois de M. Chatin; j’avais constaté la présence d’une quantité appréciable de cuivre dans la partie de la cendre insoluble dans l’eau.

Comme mon travail n’avait pas spécialement pour objet la recherche du métal trouvé, je n’avais pas pris les précautions nécessaires pour

écarter les causes d’erreur qui ont pu fausser le résultat de mon obser-

En 1877, j’ai pu répéter l’expérience sur du sang de chevreuil eneore et faire la même constatation, en évitant soigneusement toutes les causes de l’introduction'accidentelle du cuivre dans les produits traités ou dans les réactifs employés.

J’ai trouvé environ 5.^ milligrammes de Cuivre par kilogramme de sang frais ; c’est une quantité assez faible sans doute, mais dont il faudrait cependant tenir compte en médecine légale, dans les cas supposés d’empoisonnement par les sels de cuivre.

L’origine du cuivre trouvé dans le sang d’un animal sauvage vivant librement au milieu des bois, loin des établissements industriels oii l’on manipule des préparations cuivriques, doit être attribuée aux végétaux qu’il mange plutôt qu’à l’eau qu’il boit. J’ai pu constater, en effet, que le sang du lièvre, animal sauvage qui ne boit pas, contient également à l’état normal une quantité notable de cuivre.

Note sur une matière minérale d'apparence vitreuse qui se forme sur les roches du littoral de la Méditerranée.

(Bulletin de la Société géologique de France, 3" série, t. VI, p. 84; 1878.)

Le calcaire magnésien du cap Ferrât et de la côte de Nice présente, dans la partie qui reçoit l’embrun des vagues, une sorte de vernis noirâtre, déposé sous la forme d’une couche irrégulière plus ou moins épaisse présentant de nombreuses saillies mamelonnées, peu volumi-

L’apparence seule de ce dépôt l’a fait considérer comme un produit silicaté ; mais sa nature est différente, car j'ai pu constater qu’il est formé essentiellement de carbonate de chaux mélangé avec une faible proportion de matière organique.

Ce dépôt vitreux doit avoir pour origine le carbonate de chaux dissous dans l’eau de mer au moyen de l’acide carbonique. Dans les gros temps, quand la mer est agitée, que les lames viennent se briser avec violence contre les roches de la côte, l’acide carbonique se dégage en partie

et le carbonate de chaux se sépare, mélangé à la matière organique sous la forme d’une écume qui, projetée à une certaine hauteur par la vague, se dépose sur les rochers en saillie et se dessèche au soleil en formant une croûte vernissée et des mamelons irréguliers isolés, plus ou moins volumineux. Ce dépôt, d’ailleurs, n’est pas spécial au calcaire magnésien, on le retrouve sur les roches feldspathiques de la Corse ; les schistes feuilletés du littoral de la province d’Oran sont également recouverts d’un enduit vernissé dont la composition doit être la même, à en juger par analogie.

Nature des hydrocarbures produits par l’action des acides sur la fonte blanche miroitante manganésifère.

(Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t, LXXXV, p. ioo3; 1877.)

Dans mes premières expériences,, j’avais employé l’acide chlorhydrique étendu d’eau pour dissoudre la fonte blanche, mais j’ai fait la remarque que les hydrocarbures homologues de l’éthylène et représentés par la formule générale ont la propriété de se combiner

facilement avec cet acide, et le mélange des combinaisons formées avec les hydrocarbures forméniques complique beaucoup le pro¬

cédé de séparation. Il y a donc nécessité d’éviter la formation de ces composés chlorhydriques; on y parvient en employant exclusivement dans le traitement l’acide sulfurique étendu au lieu d’acide chlorhydrique. Dans ces conditions, les hydrocarbures formés restent libres et l’on arrive à les séparer par un grand nombre de distillations fractionnées.

Dans le présent travail, j’ai étudié spécialement les hydrocarbures forméniques, séparés par décantation de l’acide sulfurique concentré qu’ilssurnagent et qui ne les attaque pas. l’en ai séparé, par des distillations fractionnées faites sous une faible pression, un certain nombre de produits définis qui paraissent identiques avec quelques-uns de ceux qui ont été extraits des huiles de pétrole et étudiés par MM. Pelouze et Cahours.

Cette identité de produits carbonés complexes, obtenus par l’action

décomposés minéraux sans l’intervention de la vie, vient à l’appui del’opinion de certains géologues relativement à l’origine des huiles de pétrole.

A un autre point de vue purement chimique, relativement à la synthèse des espèces dites organiques, la reproduction d’un grand nombre de ces espèces pourra être réalisée en partant des hydrocarbures forméniques ou éthyléniques fournis par là fonte blanche, comme on l’a fait souvent déjà, en prenant comme point de départ l’acétylène, obtenu par M. Berthelot, par la combinaison directe du carbone avec l’hydrogène.

Les hydrocarbures saturés, examinés dans mon Mémoire, n’absorbent pas l’acide chlorhydrique gazeux, ni l’oxygène de l’air; ils se distinguent nettement, sous ce rapport, des hydrocarbures éthyléniques, capables d’absorber un volume considérable de chacun de ces gaz, et qui sont de plus solubles dans l’acide sulfurique fumant.

L’intérêt de mon nouveau travail se trouve principalement dans la nature des composés hydrocarbonés : c’est un fait nouveau très-important d’avoir reconnu et isolé des produits liquides artificiels, identiques avec ceux qu’on trouve dans le sol.

Production d’hydrogènes carbonés liquides et gazeux par l'action de l’eau pure, sur un alliage carburé de fer et de manganèse.

(Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, t. LXXXVI, p. ia48, )

L’hypothèse de la formation des huiles de pétrole naturelles, ce combustible de l’avenir, par l’action de l’eau acidulée sur des métaux carburés, paraît difficile à démontrer; mais il en serait tout autrement si l’on pouvait produire avec de l’eau pure les mêmes phénomènes qu’avec l’eau acidulée. C’est précisément ce que je suis parvenu à réaliser, après dé nombreux essais faits sur la fonte blanche et sur divers échantillons de ferromanganèse de Terre-Noire.

La fonte blanche est attaquable par la vapeur d’eau dans les mêmes conditions que le fer, c’est-à-dire au rouge; on obtient ainsi comme produits gazeux beaucoup d’hydrogène, un peu d’oxyde de carbone et des traces de formène.

Avec du ferromangauèse, contenant 38 pour loo de manganèse, les résultats sont les mêmes, à cela près qu’il n’est pas nécessaire de chauffer jusqu’au rouge.

Mais, en employant une fonte de manganèse, obtenue en chauffant au fourneau à vent de l’oxyde de manganèse naturel avec du charbon dans un creuset de graphite, on produit facilement, à la température de l’ébullition de l’eau, tous les hydrocarbures forméniques et éthyléniques obtenus par l’action de l’eau acidulée sur la fonte blanche.

Les résultats sont les mêmes en prenant un nouveau ferromangauèse de Terre-Noire contenant, pour too parties, 82 de manganèse, 9,5 de fer et 5 de carbone combiné. Les métaux s’oxydent facilement par l’action de l’eau bouillante ; il se dégage beaucoup d’hydrogène qui entraîne des produits huileux hydroearbonés semblables à ceux de la fonte.

Le mélange des oxydes reste dans le ballon où la réaction a eu lieu, sous la forme d’une bouillie claire, très-acide d’oxygène; la suroxydation est rapide, et peut-être arrivera-t-on jusqu’à la production du bioxyde de manganèse.

Il est à remarquer que dans cette réaction le fer est oxydé complètement à la température de 100 degrés comme le manganèse, en quelque sorte par entraînement, absolument comme dans le cas d’un alliage de platine et d’argent, entièrement soluble dans l’acide azotique, bien que le platine seul soit inattaquable par cet acide.

Production artificielle du natron par l’action du carbonate de magnésie sur le chlorure de sodium.

(Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. LXXXVI, p. 1446.)

La formation du carbonate de soude naturel ou natron, qu’on trouve sur les bords de certains lacs salés, a été attribuée par Berthollet à l’action du chlorure de sodium sur le carbonate de chaux. 11 devrait se faire dans ces conditions, en même temps que le sel alcalin, du chlorure de calcium soluble. Mais on sait que ces sels ne peuvent pas coexister dans la même dissolution, en présence de Teau ; ils se dé-

composent réciproquement en donnant du carbonate de chaux et du sel marin, c’est-à-dire les produits générateurs.

Si, au lieu de carbonate de chaux neutre ou à l’état de bicarbonate, on emploie du carbonate de magnésie dissous dans un excès d’acide carbonique et qu’on ajoute du chlorure de sodium à la liqueur, il pourra y avoir réellement décomposition, parce que les sels solubles de magnésie ne sont pas, comme les sels de chaux , précipités par le bicarbonate ou même le sesquicarbonate de soude.

L’expérience a confirmé complètement les prévisions théoriques. En soumettant à l’évaporation spontanée, à l’air libre ou dans le vide, audessus de l’acide sulfurique, une dissolution aqueuse de bicarbonate de magnésie, additionnée de chlorure de sodium pur, on voit, au bout de quelques jours, se former d’abord quelques cristaux insolubles de carbonate de magnésie ; il se dépose ensuite du sel marin en petite quantité, puis, finalement, une croûte saline opaque légèrement efflorescente : il se produit en outre du chlorure de magnésium.

En reprenant le résidu parfaitement sec de l’évaporation par une petite quantité d’eau, on obtient une solution franchement alcaline au papier rouge de tournesol, précipitant abondamment par le chlorure de calcium, ainsi que par la potasse et le phosphate de soude ammoniacal. Cette dissolution se trouble par l’ébullition de la même façon qu’une dissolution de chlorure de magnésium additionnée de sesquicarbonate de soude.

Ces caractères indiquent la présence simultanée dans la liqueur d’un sel soluble de magnésie et d’un bi ou sesquicarbonate alcalin.

Je ne prétends pas dire que le carbonate de soude naturel ne peut pas avoir une origine différente. Celle que j’indique a l’avantage d’expliquer la présence du carbonate de soude souvent mélangé de chlorure de sodium sur les bords de certains lacs salés de l’Orient ; elle montre en même temps la cause productive de la quantité énorme de chlorure de magnésium qu’on trouve dans ces lacs.

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