INTRODUCTION
Les recherches de M. Pellat peuvent être réparties en trois groupes principaux : les expériences concernant la théorie de la pile, l’étude des diélectriques, les recherches sur la matière radiante des ampoules à gaz raréfiés.
En premier lieu, M. Pellat a démontré d’une façon définitive l’existence d’une différence de potentiel des couches électriques qui recouvrent deux métaux au contact, ce qui était loin d’être généralement admis au moment où ont paru ses expériences, et a établi les principales lois qui régissent ce phénomène. Mais ces recherches ne suffisaient pas pour établir que les métaux eux-mêmes présentent une différence de potentiel quand ils sont au contact, à cause de l’influence des gaz qui les entourent. M. Pellat, en s’appuyant sur les phénomènes de polarisation des électrodes ou sur les phénomènes électro-capillaires, découverts par M. Lippmann, est parvenu ensuite à montrer l’existence de cette différence de potentiel. Il a établi que celle-ci est de l’ordre de grandeur du volt, et il a donné deux méthodes différentes, mais concordantes, pour la mesurer. Ainsi se trouve tranchée une question restée pendante depuis Volta. En outre, plusieurs lois concernant les piles ou la polarisation des électrodes ont été le résultat de ces recherches.
C’est aussi à l’occasion des travaux précédents que l’auteur a découvert un phénomène nouveau : la production de substances volatiles par les métaux à la température ordinaire, jouissant de la propriété de se déposer sur la surface des corps à proximité et d’en modifier la nature.
Le travail de M. Pellat sur les diélectriques comprend une partie théorique et une partie expérimentale. Dans un mémoire étendu, il a montré comment on pouvait se passer des lois de Coulomb, inapplicables quand plusieurs diélectriques coexistent dans le champ électrique, pour établir toute rEleclroslatique, en s’appuyant uniquement sur quelques expériences simples et précises. Indépendamment de toute hypothèse, l’auteur a ainsi construit une théorie électrostatique applicable à tous les cas, quels que soient les diélectriques qui coexistent dans le champ. Les formules établies dans ce Mémoire l’ont conduit à démontrer sans hypothèse que les diélectriques non électrisés sont soumis à des forces dans un champ électrique. Des expériences de vérification ont été faites, soit sur des diélectriques solides, soit sur des diélectriques liquides; ainsi était démontrée expérimentalement la parfaite exactitude des relations établies théoriquement par
M. Pellat a réussi à mettre en évidence par une expérience directe une polarisation qui se développe dans un diélectrique soumis à l’action d’un champ électrique. Cette base experimentale a ete l’origine d’un Mémoire où il explique, non seulement au point de vue qualitatif, mais aussi au point de vue quaniuauf. un assez grand nombre de phénomènes, restés fort obscurs jusqu’alors, concernant ce qu’on a appelé parfois les diélectriques
Toutes ces recherches nécessitant la mesure des pouvoirs inducteurs spécifiques, M. Pellat a été amené à imaginer un appareil qui permet de faire commodément cette mesure avec une très grande précision.
Les études plus récentes de M. Pellat ont porté sur l’action des champs magnétiques intenses sur les flux cathodiques et anodiques des ampoules à gaz raréfiés. Ces études lui ont fait découvrir plusieurs phénomènes nouveaux que rien ne pouvait faire prévoir : la matière radiante éprouve une extrême difficulté à couper les lignes de forces d’un champ magnétique intense et, au contraire, suit avec la plus grande facilité les lignes de forces.