I. Généralités
L’aspect extérieur et le mode de la fixation sont variables.
La disposition des siphons l’est aussi. Le syphon inspirateur occupe normalement l’extrémité inférieure du grand axe, mais il peut se déplacer sur le bord dorsal (ex. Polycarpa coronata, Aldr.). Le siphon cloacal est très variable dans sa position. Les orifices ont une forme carrée. •
La tunique ou enveloppe extérieure porte souvent des poils très développés, ou agrège des petites particules solides. A sa surface, sont des stries ou des tubercules, qui ne peuvent être de grande utilité pour la classification, car ils varient avec les individus. Plus variable encore est la couleur. Cynlhia morus, par exemple, montre toutes les nuances du rouge au gris mastic, en passant par tous les jaunes. Les taches pigmentaires des siphons sont absolument variables.
Les spinules, ou épines cuticulaires des siphons, ont au contraire un caractère constant. Ils ont pour chaque espèce une forme caractéristique, au moins dans les genres Cynthia, Microcosmus, Styela, car elles manquent chez Styèlopsis et Polycarpa.
Ils semblent être des organes de défense. Mais leur origine est plus problématique. Ils naissent d’une couche cellulaire régulière qui est à la surface libre de la production cuticulaire : mais il faudrait admettre alors que la tunique n’est pas une sécrétion superficielle de l’ectoderme, mais une sorte de délamination extra-ectodermique.
La paroi du corps ou tunique interne est musculo-membraneuse. ÿ
Les tentacules, disposés en couronne circulaire à l’orifice interne du siphon branchial, à une petite distance au-dessous de la gouttière coronale, ont une grande importance taxinomique. Les Cynthinées ont des tentacules ramifiés ; les Styélinés, des tentacules simples.
La gouttière coronale communique presque toujours largement avecl’endostyle ; le tubercule vibratile (glande de muqueuse ou organe hypophysaire) est de forme très variable dans les individus d’une même espèce et c’est avec la plus grande prudence qu’il faut l’interroger pour lui demander des caractères taxinomiques.
Le raphé dorsal, ou ligne médiane dorsale de la branchie, est une lame membraneuse continue chez les Styélinées et chez Microcosmus; chez les vrais Cynthia, il est orné d’une série longitudinale de petites languettes subulées : C’est là un bon caractère, facile à voir.
L ’endostyle ne présente guère de caractères spécifiques.
■ La branchie est le caractère le plus important pour la diagnose. Savigny en avait fait la base de sa classification. Le nombre des replis n’est pas un caractère constant, cependant Herdman a divisé les Cynthiadés en Styélinées, qui ont un nombre de replis égal ou inférieur à 4, et Cynthinées, qui ont un nombre de replis supérieur à 4. Mais cela ne saurait plus être admis, car il y a des Cynthia qui ont 4 replis d’un côté et 3 de l’autre, et des Polycarpa {P. spongiabilis Trstdt, et P. obtecta Transtedt) qui ont 4 replis d’un côté, 5 de l’autre. Ce n’est donc pas là un caractère général. I',
Le mode de terminaison des replis du côté de l’orifice oesophagien est au contraire caractéristique.
L’appareil circulatoire ne peut faire partie d’une diagnose des Ascidies.! Nous l’avons cependant étudié complètement chez Polycarpa. varions: le cœur est bien réellement un organe indépendant et non, comme le dit M. Roule, une simple différenciation locale du sinus ventral. Il y a un sinus
ventral ou de 1 ’endostyle, un sinus dorsal, et un sinus coroml avec des vaisseaux très développés autour du système digestif. La circulation de la branchie a été soigneusement étudiée.
La cavité péribranchiale renferme le cloaque, dont la situation fournit des caractères utiles. Dans le genre Styel'opsis il est orné de petites languettes.
Le tube digestif dans ses formes générales a presque des caractères génériques et la disposition des anses est différente chez les Cynthinées et les Styélinées. L’œsophage ne présente rien d’important. Mais l’estomac, plus ou moins renflé, présente au moins deux caractères : il est lisse extérieurement chez les Cynthinées et strié longitudinalement chez les Styélinées. Dans les deux cas, il est strié à l’intérieur. Le foie manque chez les Styélinées.
La glande pylorique, ou organe hyalin, est un organe dont les fonctions sont très discutées. Nous en avons fait une étude complète chez plusieurs espèces. C’est une glande qui s’ouvre dans le pylore, se porte dans la bride pylorique, commence à se ramifier en branches nombreuses sur l’intestin et se termine par de petites ampoules où l’on trouve un épithélium cubique. C’est certainement une glande digestive, ce qui n’exclut pas une fonction excrétrice. On avait voulu en faire un rein.
Les organes génitaux sont importants pour la diagnose. Ils ont été étudiés dans toutes les espèces, et leur disposition est très curieuse.
Les vésicules pariétales, de la cavité péribranchiale, organes problématiques, ne sont pas des follicules testiculaires comme lè croyaient les anciens auteurs, mais probablement des sortes de coussins élastiques destinés à soutenir la branchie. Elles ne sont pas spécifiques.
Le système nerveux ne peut être un caractère taxinomique pas plus que la glande muqueuse.
IL — Description des espèces.
Les Cynthiadées de Roscofî et des côtes Bretonnes nous ont offert 14 espèces dont 2 genres et 2.espèces nouvelles. Nous avons divisé les Cynthiadées en deux tribus :
. . I, Tribu, des Cynthinées. (Herdman).
Tentacules composés. Estomac indistinct. Foie toujours présent. Nombre des replis branchiaux ne descendant pas, au moins d’un côté, au-dessous
de- À ..glandes génitales, 1 ou 2 de chaque côté, grandes, formées d'une partie mâle et d’une partie femelle intriquées. Les canaux génitaux mâle et femelle, distincts, mais accolés, et débouchant près du cloaque par deux- orifices distincts mais très rapprochés.
L’ancien genre Cynthia (Savigny) nous a donné deux espèces dont une nouvelle :
C. Morus Forbes, dont la variabilité a donné heu à de grandes discussions taxinomiques, et C. sigilata, n. sp.
Le genre Microcosmus, 1 espèce nouvelle : M. spinosus, n. Sp. , avec des spinules très développés.
Le genre Forbesella, 1 espèce : F. tessellata.
En résumé : deux espèces nouvelles ont été trouvées.