‹ Notice sur M. Jules PoissonChapitre 1 sur 1 · Notice sur M. Jules Poisson · texte numérisé non relu

Notice sur M. Jules Poisson

Le Muséum d’histoire naturelle a eu la douleur de perdre, le 29 septembre dernier, le doyen de ses collaborateurs. M. Jules Poisson, Assistant honoraire delà chaire de Botanique (Classification et familles naturelles des Phanérogames).

Jules Poisson, né le 29 avril 1 833 , était entré au Muséum comme Élève jardinier en 18A 3 . c’est-à-dire à Page de 10 ans, et il obtenait sa mise à la retraite le i er janvier 1 909, après avoir consacré plus de soixante-cinq années à notre établissement !

Tout jeune encore, il avait, par l’intelligence et le zèle qu’il apportait dans l’accomplissement de ses modestes fonctions, attiré Tattention bienveillante du Professeur Decaisne, qui 11e lui ménagea ni les conseils, ni les encouragements. En i 864 , il devenait Préparateur attaché à la chaire de Botanique (classifications), dont M. Brongniart était à ce moment le titulaire (par réunion momentanée à la chaire d’Organographie). Moins de dix ans après, le i cr avril 1873, il était promu Aide-Naturaliste, en remplacement de M. Ed. Bureau, nommé Professeur de la Chaire de Classifications, enfin rétablie en tant que service autonome.

Tous les habitués du Muséum ont connu ce Botaniste alerte, zélé, dont la bonhomie souriante et l’inlassable obligeance exerçaient sur tous ceux qui avaient l’occasion de l’approcher un véritable charme et provoquaient rapidement une vive et durable sympathie : Jules Poisson n’avait dans cette Maison que des amis, et sa disparition sera vivement ressentie non seulement par tous ceux qui appartiennent par leurs fonctions au Muséum, mais encore par une légion de Botanistes ou de travailleurs, français et étrangers, maîtres éminents comme modestes inconnus, dont il s’ingénia, pendant une longue carrière, à faciliter et souvent a orienter les

recherches, grâce à lu connaissance parfaite qu’il avait acquise des importantes collections de botanique du Muséum.

La liste qu’on trouvera à la suite de cette brève notice donne une juste idée de la variété des questions diverses à la solution desquelles J. Poisson crut devoir apporter une contribution personnelle.

L’un de ses travaux de début, qui avait pour objet l’étude des Lasuarinées et qui lui fui sans doute inspiré par son maître brongniart. montre qu’il pouvait avec succès s’orienter vers les recherches de structure des végétaux. Mais il ne persista point dans cette voie et. en laissant de côté ses notes d’herborisation et de botanique systématique qui rentrent étroitement dans le cadre de la chaire à laquelle il était attaché, on peut dire que l’ensemble des recherches et des publications de Jules Poisson gravite autour de deux questions principales : la morphologie et la biologie de la graine, d’une part ; l’étude des produits tirés du inonde végétal, d’autre part.

A l’étude du développement et des caractères de la graine, problème souvent délicat, on peut dire que J. Poisson resta fidèle pendant toute sa \ie, et on lui doit, sur ce sujet à faces multiples, un nombre respectable de notes intéressantes qu’il aimait à réunir sous le titre général de te Contribution à l’étude de l’ovule et de la graine». Dans cet ordre d’idées, nous signalerons spécialement un travail sur le siège des matières colorées de la graine, et un autre sur la durée de la vitalité.

Jules Poisson était un botaniste trop avisé pour ne pas être convaincu de l’énorme importance économique d’un grand nombre de produits végétaux, et, avec juste raison, il pensait que leur étude doit solliciter l’attention au même titre que les problèmes de botanique pure. Aussi, et dès la première heure, apporta-t-il au Professeur bureau un concours actif et éclairé pour la constitution d’une collection de produits végétaux récoltés sur tous les points du globe par des légions de voyageurs et à l’instigation du service de botanique. Tous ces produits, dans la pensée du Professeur bureau et de J. Poisson, devaient constituer une exposition publique particulièrement intéressante et suggestive. Les matériaux ainsi accumulés sont nombreux et variés; mais jusqu’à ce jour, et pour longtemps peut-être, malgré tout l’intérêt qu’ils présentent, ils attendent, dans un grenier ma] abrité et inaccessible au public, le jour où

ils pourront rire mis avec profil sous les yeux des visiteurs du Muséum.

Les recherches auxquelles il avait du se livrer pour assurer la détermination exacte de tous ces produits avaient fait de Jules Poisson un maître dans le domaine de la reconnaissance des <;raines, des textiles, des drogues, etc., et. jusqu’à ces derniers jours, il ne cessa d'étro consulté par des industriels ou des administrations sur des questions de celte nature.

Peu de temps avant la date où allait sonner pour lui Page de la retraite, il fut, en récompense de ses longs et multiples services, nommé chevalier de la Légion d’honneur; et, dans cette circonstance, ses collègues tinrent, par une touchante manifestation, à lui témoigner les sentiments qu’ils professaient pour leur doyen.

Un deuil cruel, la perte d'un fils qu’il avait dirigé vers les colonies et dont l’intelligente activité autorisait les plus belles espérances, vint assombrir ses dernières années. Mais cependant Jules Poisson ne pouvait se résigner à rester longtemps éloigné des collections de Botanique du Muséum, au milieu desquelles il avait passé sa vie, et, de temps en temps, il réapparaissait dans nos galeries où il venait poursuivre quelque recherche spéciale ; mes collaborateurs se plaisaient a accueillir, avec toute la respectueuse déférence qu’il méritait, l’homme qui représentait à leurs yeux le passé et les traditions du .Muséum.

A sa famille, au nom du Muséum tout entier, et spécialement du Service de Botanique, nous adressons l’expression de notre vive sympathie.

Liste des Travaux et Pubucatioxs de Jules Poissow

Noie sur le {genre Casuavina [Bull. Soc. Bol. France, 1870, p. 3 i 1).

Rapport sur l'herborisation du Muséum en Sologne, en 187*1, sous la direction de M. Bureau (Bull. Soc. Bot. France, 187*1, p. 21 6)*

Recherches sur les Casuarina et, en particulier, sur ceux de la Nouvelle-Calédonie ( Aouv . Arch. Muséum , X, 187/1, P* 5 i)-iii).

Rapport sur riierhorisation faite par la Société, le 2 5 juin 1875, à File Saint- Aubin (session extraordinaire d’Angers) [ Bull. Soc. Bot. France, XXII, 1876, p. l\xv ].

Note sur quelques plantes phanérogames récoltées, le 25 novembre 1876, aux environs de l’Isle-Adam (Seine-et-Oise) [I< 1 ., XXlll, 1876, p. 602].

Notice nécrologique sur M. C. Grenier [Id., XXlll, 1876, p. 168).

Sur une roche d’origine végétale, en collai), avec M. L. Bureau [C. B. Acad. Sc ., t. 83 , 1876, p. 19*1-196).

Discours d’ouverture de la session en Corse en 1877 (ÆmM. * < ' oc * France, XXIV, 1877, p. \ ).

Du siège des matières colorées dans la graine. 1 er et 2 e articles [Id. , XXIV, 1877, p. xii et 280).

Sur deux nouvelles plantes-pièges ( Mentzelia ornât a \. (iris et Gronovia scandons L.) [Id . 9 XXIV, 1877, p. 26].

Sur un cas de stérilité du Fr avaria elatior ( Id., XXIV, 1877, P # 2 A9).

Du dégagement de chaleur qui accompagne l’épanouissement des inflorescences mâles du Dioon edule (/r/., XXV, 1878, p. 953).

Du siège des matières colorées dans la graine. 3 ° article (/</., XXV, 1878, p. '17).

Sur la coloration des grains de mais (Comptes Bendus Assoc. J'rane. Ar. des Sc., 1878, p. 688-68<)).

Lettre rendant hommage à la mémoire de M. B. de Brutelette [Bull. Soc. Bot. France , XXVI, 1871), p. 6).

Sur un caractère d’adaptation des poils dans les plantes [Id., XXVI, 1879, p. 33 o).

Note sur les produits industriels fournis par les Bassin longijolia L. et B. latifolia Roi b. ( !d. , XXVIII. 1881, p. 18).

Rapport sur l’excursion faite par la Société, le 96 juin 1881, ù Franchanl (session extraordinaire de Fontainebleau) [Id., XXVIII, j881, p. xcivj.

Lettre accompagnant l’envoi du Car ex cyperoides récolté dans l’étang d’ Vrmainvilliers (Seine-et-Marne) [Jd., XXIX, 188a, p. 890].

Quelques mots sur un Iris (/. reticulata) et sur le Technphilæa crococœjlova Loyb. (Jd., XXX, 1 883 , p. 88).

Quelques remarques sur le Cuscuta rejlexa Box b. (Id., XXX, 1 883 , p. 278).

Sur le genre nouveau Ilennecartin de la famille des Monimiacées (///., XXXII, i 885 , p. 38 ).

Note sur un champignon rapporté au genre Mylitn ( Id., XXXYl, 1889, p. 3 o 8 ).

Notice biographique sur le D r Sagot, suivie de la liste de ses publications (en collab. avec M. Éd. Bureau) [ ïd., XXXYl, 1889, p. 079].

Obser\ation sur les téguments des graines de certains ségétaux. à propos d’un travail de Rrandza ( Id., XXXVI, 1889, p. /190).

Observations sur les téguments séminaux, à propos d’un article de M. Guignard (Jd., XL, 1898, p. 5 q).

Note sur le développement des épines de Yhlria cohntmaria (Bull. Muséum, 1 , 189 5 , p. 978).

Plantes remarquables de Basse-Californie du voyage de M. Dignet (Bull. Muséum, 1, 1895, p. i 12 )

Un nouveau fourrage pour l’Algérie, le Puevaria Tbuubergiaua(BnlJ. Soc. d'Acclim., 1890, p. 810-81 2).

Note sur le caoutchouc de la Nouvelle-Calédonie (Bull. Muséum, M, 1900, p. 'i 3 i).

Sur l’Aralacio du Brésil (Id., VI, 1900, p. 261).

Sur une espèce nouvelle de Caslilloa de Cosla-Bica (Jd., VI, 1900, p. 187).

Sur un Castilloa particulier du Guatemala (Id., Vil, 1901 , p. 873).

Note sur Y Agave Weberi (Id., Vil, 1901, p. q 3 o).

Sur une espèce nouvelle du genre Mtcraudra (Id., VIII, 1909, p. 56 o).

Sur un point de l’histoire du Paulownia au Muséum (Id., Vlll, 1902, p. b b b ).

Sur trois espèces cacliformes d’Euphorbes de la Cote occidentale d’Afrique (en collab. avec M. P\x) [Id., VIII, 1902, p. Go],

Comparaison des résultats obtenus en semant de jeunes et de vieilles graines (Bull. Soc. Bol. France , L, 1908, p. ^178-/180).

Discours prononcé, au nom de la Société botanique de France, sur la tombe de M. Emile Bescberelle (Id., L, 1903, p. 220).

Matériaux pour servir à l’histoire de l’ovule et de la graine (Bull. Muséum, IX, 1903, p. 201).

Note sur le Palmier à huile de la (Vite occidentale d’Afrique (eu collai», avec M. Eugène Poisson) [Id., IX, igofl, p. Aïo],

Oliservalions sur la duree de vitalité des graines (Bull. Soc. Bol. France, L, igo 3 , p. 33 7 - 353 ).

Sur la durée de vitalité des semences et celle des Nélnmhos en particulier (Bull. Muséum, IX, 1903, p. 196).

Sur les cultures et en particulier celle de Ylsonandrn gnlla , à la Graude-Comort* (Id., IX, 1 go 3 , p. 1 65 ).

l)c la fixation et du déboisement des dunes, principalement dans le Nord-Ouest de la France (Bull. Soc. d’Acclim igi 3 , p. 81-90; 107-1 j 5 ).

Germination après un long enfouissement de graines du Chenopodimn Botry» (Bull. Soc. Bol. France, IA, 1 91 3 , p. 5 i 8 - 5 ao).

Ilumblot, naturaliste-voyageur (1883*1917) [Bull. Muséum, XXlll, J917» p. 316].

Du rôle des Lombrics ou Vers de terre sur les végétaux (Bull. Soc. d'Acclim., 1918, p. 35 - 39 ).

Nous citerons enfin un m nu lire tissez considérable d’articles de vulgarisation :

Berne horticole : Menl:eliu ornata, 1878, p. A 3 o, 1 pl. color. — Sterculiu rupeslris, 1878, p. 3 a. 5 . — To.vicophlea speclubilis , 1879, p. 370, 1 pl. color.- Deux plantes à recommander: Iris reliculalu et Tecophilœa ciuneo-crocea. 1 883 , p. aa. 5 . — Les Eucalyptus, 1 8 8 '1 , p. am. — Lue nouvelle industrie végétale, 1 885 , p, 5/18. — Les propriétés de YAristotelia Muqui, 1886, p. A67. — Bégonia coccinca. 1887, p. 558 . — Sur le Phylolucca decumlra , 1887, p. 3 a. — Observations sur la végétation du Limousin, 1890, p. 5 a 6 - 5 a 8 . — Botanistes et horticulteurs, 189a, p. 178-180. Verbena venosa , 1899, p. 3 5 b .

La Nature : La Cuscute, 1 883 (a), p. 385 . - Le Cryptomeria, 1 883 (9), p. 3 i 5 . — Les Broméliacées, 188 A (1), p. 365 . — La maladie de la gomme des arbres fruitiers, 188A (a), p. 266. Les Eucalyptus, 188A (1), p. a9A. - IJu nouveau fruit, ale kaki de la Chine et du Japon», 188A (2), p. 36 p. — Utilisation des fruits et dos graines dans la passementerie et la lingerie, 1 885 (a), p. 3qa. — Un nouveau fruit comestible, 1886 (2), p. 37. — Les \11cca, 1887 (1), p. a A 7. — Le congrès mycologique , 1887 (2), p. 35 A. -— Les produits du Tonkin, 1888 (1), p. 98, 181. - Les Palmiers, 1891 (1), p. 55 . — La

conservation des objets d’histoire naturelle, 1892 (1), p. a6. — Les Agaves, 1890 (j), p. 177. — Le Pin blanc, 189a (a), p. A10. — Les Rhododendrons de Launay (Eure-et-Loir), 189a (a), p. 36 o. - Quelques falsifications, 1893 (1), ji. 109. — Les plantes fourragères, 189 3 (a), p. 36 a. — La bille d’Acajoiicedra du Jardin des Plantes, 189A (1), p. 129. — La loupe du Noisetier du Muséum d’ilisloire naturelle, 189A (1), p. 228. — Nouveau procédé de conservation des Pommes de terre, 189A (ij, p. 269. — I ne plante fourragère, alu Gesse des bois», 189A (2), p. 58 . — Le Giukgn, 189'1 (3), p. 187. — Le Kendir, 189.5

( 5 ), p. 5 n. - Les fies Kerjpiclen, 181 >5 (i). p. 1 <>7. lin fruit explosif, i 8«>5

(ï), p. 1G0. Le Kudzu, 1896 (1), p. 3 a. La végétation de la lîasse-Lalilornie, 189G (1), p. i. r )0. - Les Champignons vénéneux, 1896 (a), p. 3 oG. — Le palais du <[uai d'Orsay à Paris et sa lion*, 1897(1), p. 339. — Les nouvelles plantations an Muséum, à la suite du cyclone du aG juillet 1896, 1897 ( 0 » p. 337. Le vieil Acacia du Muséum, 1897 (a), p. an. — La Tomate-pomme de terre, 1897 ( 4J )> P* *^ 7 * — Ce Saxaonl, 1898 (1), p. 35 p. La végétation au jardin du llamina, près d’Aljjer, 1898 (m), p. 50 . Les Kcliinocactns de la Basse-Californie, 1899 1), p. 3 ^io. — La villa Tliuret, 1899 (a), p. 05 . — Le lîibassicr, 1901 (3), p. 387. — La Persicaire «lu Japon, 1901 (a), p. 'un. — I ne nouvelle falsification, 19o(a), p. îGG.

Page 1