RAPPORT SUR CE MÉMOIRE
{Comptes rendus du 9 Juillet 1860.)
« Au commencement de ce siècle, a dit M. Payer dans son rapport sur ce Mémoire, trois botanistes des plus éminents, tous membres de T Académie des sciences, B. Mirbel, L. C. Richard et R. Brown, se sont occupés de la famille des Conifères, et eurent chacun leur manière de voir sur la fleur de ces arbres. * • .
» Dans ses Éléments de botanique, publiés en 1815, et plus tard, dans ses divers mémoires, B. Mirbel considère les cônes des Cyprès et ceux des Pins comme très-différents par les organes qui les constituent, bien qu'ils se ressemblent beaucoup par la forme générale. Dans les Cyprès, les bractées prennent un grand accroissement, s'élargissent en tête de clou, se durcissent, se serrent par leurs bords et forment les écailles du cône ; c'est à leur aisselle qu'apparaissent les fleurs sur des pédoncules extrêmement courts. Dans les Pins, au contraire, les bractées se développent peu, tandis que les pédoncules qui portent les fleurs grandissent beaucoup, s'aplatissent, deviennent durs, et constituent les écailles du cône. Par conséquent les écailles du cône sont des bractées dans les Cyprès, des pédoncules aplatis dans les Pin».
» Quant aux fleurs, qu'elles soient insérées sur des pédoncules trèsH^ourts
comme dans les Cyprès, ou sur des pédoncules très-développés et aplatis, comme dans les Pins, leur structure est toujours la même : c'est un petit sac en forme de bouteille, le pistil^ au fond duquel se trouve un mamelon celluleux, Vovule réduit à son nucelle.
» Sous Tempire de préoccupations nées de ses études antérieures, L. C. Richard, qui avait analysé avec beaucoup de soins les fruits et les graines d'un grand nombre de plantes et avait cherché à y reconnaître les diverses parties de l'ovaire et de l'ovule, regarde le sac de la fleur des Conifères comme un calice, et le mamelon celluleux comme un pistil auquel l'ovule est intimement soudé. Quant aux écailles des cônes de Cyprès et de Pins, elles sont pour lui toutes de même nature ; ce sont partout des bractées,
» Enfin, pourR. Brown {Annales des sciences naturelles, 1" série, t. VllI), les écailles des cônes de Cyprès, comme celles des cônes de Pins, ne sont ni des bractées, ni des pédoncules aplatis; ce sont des feuilles carpellaires, c'est-à-dire des pistils ouverte et étalés, et ces sacs en forme de bouteille, au fond de chacun desquels on aperçoit un mamelon celluleux, ce sont des ovules dont le sac est la primine, et le mamelon celluleux le nucelle.
» En présence de ces trois opinions si contradictoires, et qui n'étaient appuyées que sur des considérations théoriques, les botanistes se sont partagés. A l'étranger, c'est en général la manière de voir de R. Brown qui fut adoptée. En France, tandis qu'Achille Richard professait à l'École de médecine de Paris la doctrine de son père, M. Ad. Brongniart enseignait au Muséum d'histoire naturelle celle de R. Brown, et votre rapporteur celle de B. Mirbel à la Faculté des sciences.
» Les recherches organogéniques auquelles M. Bâillon s'est livré vien-^ nent de résoudre cette question si controversée de la nature des divers organes de la fleur des Conifères, et permettent à' apprécier ^ selon l'expression si juste de notre confrère , M. Ad. Brongniart, Veœactitude des différentes théories sur la constitution des plantes, en démontrant que l'opinion émise par B. Mirbel est la seule vraie. »
Voici d'ailleurs les conclusions du rapport de M. Payer : .
c( En résumé, par l'heureuse direction de ses recherches, par la persistance qu'il a mise à les poursuivre, aussi bien que par l'importance des résultats obtenus, nous croyons que M. Bâillon mérite l'approbation de
rAcadémie, et nous vous proposerions l'insertion de son travail dans le Recueil des savants étrangers, si nous ne savions que l'auteur a Tintention d'en faire Tobjet d'une publication spéciale, »
Nouvelles recherches sur la fleur femelle des Conifères.
{Adansonia, V, 4, t. L)
Les opinions énoncées dans le travail précédent ont trouvé des partisans et surtout des contradicteurs. Elles ont été surtout combattues avec une grande vivacité par M. Caspary aux objections duquel le travail actuel a principalement pour but de répondre. Il est destiné encore à combattre deux doctrines : la gymnospermie des Conifères, et la nature appendiculaire ou foliaire de leur placentation. Les fleurs femelles de Mélèze se développent à peu peu près comme celles des Pins, sinon que les différents temps de leur évolution sont moins nettement dessinés. Dans le Genévrier commun, les deux feuilles carpellaires sont courtes, mais bien distinctes; eÙeAont constamment, l'une antérieure, l'autre postérieure. Dans le Cupressus Goveniana, le réceptacle floral se déforme d'abord de manière à indiquer qu'il va produire deux feuilles carpellaires opposées. En comparant aux organes femelles 8es Conifères des téguments ovulaires tels que ceux des Trémandrées et des Polygalées, et des ovaires tels que ceux des Graminées, on a confondu l'apparition première avec les déformations produites ultérieurement par les progrès de l'âge. Les Phyllocladus ont des rameaux aplatis et florifères comparables à ceux des Xylophylla, et non des feuilles qui portent les fleurs femelles. L'examen du Wehoitschia ne peut guère servir à trancher la question dans un sens ou dans l'autre. Les Loranthacées, surtout les Anthobolées, sont très-étroitement alliées aux Conifères et la structure des unes rend compte de celles des autres. Les théories nouvelles de la gymnospermie sont défendues à l'aide de faits tératologiques qui n'expliquent rien, parce qu'ils expliquent également tout; la gymnospermie des Conifères doit mener à celle des Loranthacées et à celle de toutes les plantes à ovule basilaire orthotrope, sans téguments.
ffl.
Études sur la structure et le développement de la fleur des Philésiagées.
{Adansonia^ I, M.)
Ces études ont amené l'auteur aux conclusions suivantes :
l"* Que l'organisation des deux genres Lapageria et Philesia est bien moins différente que ne Je supposent les botanistes;
2° Que les étamines du Lapageria ne sont pas entièrement libres, mais bien unies dans leur portion inférieure, et qu'elles n'offrent» sous ce rapport, avec les Philesia, qu'une différence du plus au moins ;
3* Que les trois pièces du périanlhe intérieur apparaissent simultanément, et qu'on peut le regarder comme une corolle ;
4'' Que l'insertion des sépale, horizontale d'abord, prend ensuite la forme d'un fer à cheval, et que telle est l'origine des fossettes nectarifères qu'on observe à la base de la fleur ;
5** Que les ovules du Lapageria ne sont pas plus orthptropes que ceux du Philesia, et que leur base est de bonne heure enveloppée par un arille dont l'existence paraît avoir été ignorée jusqu'à ce jour.
Organogénie florale des Roxburghu.
{Adansoniaf î, 2lib.)
Rapprochés par beaucoup d'auteurs des Philésiac^, les Roxburgbiées méritaient d'être étudiées au point de vue organogénique. Les observa^ tiens faites, dans ce sens, ont montré qu'il n'y avait, entre les deux types« que des ressemblances très-éloignées, des apparences très-superficielles d'analogie, dans le port, la configuration des organes de la végétation, l'habitude sarmenteuse des plantes. L'inOoresence des Roœburghia est une cyme unipare ; leur périanthe est formé de deux verticilles dimères; leur androcée n'est représenté, au contraire, que par un verticille téiramëre> et les organes qu'on trouve entre le périanthe et les étamines, ne
sont qu^une dépendance du connectif hypertrophié, quelque chose d'analogue à ce qu'on observe dans les Violariées, les Chloranlhacées, etc. L'ovule est formé de deux carpelles, d'après Endlicher, et d'un seul, suivant Griffith. L'organogénie démontre que cette dernière opinion est seule admissible. La placenta est basilaire et l'évolution des ovules se fait dans Tordre centrifuge. Tout démontre, dans les Roxburghiées, d^s affinités incontestables avec les Aroïdées.
Note sur l* albumen et l*arille des Hedtghium.
{Adansonia, IQ, 3/i9, t. VIL)
Dans la graine desHedychium^ notamment dans celle de VH. Gardnerianum, on trouve autour de l'embryon une masse charnue destinée à nourrir la jeune plante pendant la germination. Ce rôle est ordinairement dévolu à l'albumen, lorsqu'il existe. En étudiant de près cette masse charnue, on voit qu'elle est formée de poils qui, nés delà surface interne du sac embryonnaire, se portent en grandissant vers l'embryon, puLs se gorgent de matières nutritives, se gonflent et arrivent à se toucher entre eux ; à peu près de la même manière que des poils gorgés de sucs, nés de la paroi interne du péricarpe des Oranges, marchent peu à peu à la rencontrent des graines et finissent par former autour d'elles la. substance charnue qui est comestible dans ces fruits. Il y a, dans le liquide des poils de l'albumen des Hedychium^ une grande quantité de corpuscules amylacées.
Une autre production de poils à développement très* rapide et à cavité gorgée de sucs, a lieu en même temps à l'intérieur de la graine. Ce sont ces cellules étirées qui constituent graduellement l'arille rouge en forme de chevelure qui occupe la base des graines. Seulement, les cellules qui forment cet arille, ne s'étirent pas isolément; elles demeurent unies en faisceaux par leur paroi latérale et rappellent par là les poils de certains Bégonia.
Mémoire sur la symétrie et l'Organogénie florale des Marantées.
(Comptes rendus du k mars 1861. — L'Institut, n. 1418. — Adansonia, î, 307, t XL)
« L'auteur y étudie la structure de la fleur des Marantées, en se fondant principalement sur l'étude organogénique. Il commence par rapporter les diverses opinions soutenues, sur la constitution de ces fleurs, par MM. Kœmicke, Lindley,Th. Lestiboudois, de Borre, A. Gris et Parlatore. D'après lui, les botanistes français semblent, en général, s'accorder à admettre que les fleurs des Marantées représentent un type diplostémone irrégularisé, tel que celui des Amaryllidées, avec un androcée bexandre sujet à de nombreux avortements. Cependant cette opinion peut être ébranlée par quelques faits: le défaut d'exactitude dans la superposition des staminodes aux sépales ou aux pétales, le mode suivant lequel ils se rencontrent dans la fleur, la bifurcation d'un de ces organes dans les Calalhea, etc. C'est en présence de ces objections présentées par la nature contre les théories actuellement répandues dans la science, que M. Bâillon s'est décidé, pour éclaircir la question, à suivre le développement des Marantées. Le Thalia dealbata lui a offert un calice à trois sépales, dont deux postérieurs, et une corolle ou calice interne à trois divisions qui apparaissent, comme les sépales, successivement sur le pourtour du réceptacle élevé r^ulièrement en anneau continu ; l'androcée est composé de trois étamines superposées aux pétales , dont deux se dédoublent de bonne heure, la postérieure portant d'un côté une loge poUiuifère, et de l'autre un appendice pétaloïde*. Il en résulte cinq organes, que l'on a à tort rapportés à un verticille de six parties, dont une aurait avorté. Quant au gynécée, il est représenté par trois feuilles carpellaires superposées aux sépales extérieurs, et d'abord supères. Plus tard le réceptacle se creuse à la base de chacune ^'elles, ce qui tend à produire trois loges, dont une seule devient fertile, et ne renferme qu'un ovule dirigeant son micropyle en dehors e,t en bas dans ses mouvements anatropiques. Cet ovule est muni d'une expansion arilliforme développée aux dépens de la primine qui se gonfle sur deux côtés opposés, à peu près à égale distance du bile et du
micropyle, Qt un peu au-dessus du point d'insertion de Tovule. D'après M. Bâillon, le développement dé la fleur est à peu de chose près le même dans tous les genres de la famille qu'il a étudiée.
» A la fin de son travail, l'auteur recherche les rapports des iMarantées. D'une part, elles s'éloignent, suivant lui, des Orchidées et des Musacées, qui ont réellement deux verticilles d'étamines; d'autre part, elles se relient évidemment aux Cannées, comme chacun le sait, ainsi qu'aux Zingibéra* cées, parce que dans ces deux familles l'androcée est isostémone et a ses éléments superposés à ceux de la corolle. Enfin les Marantées doivent être regardées comme l'état irrégulier d'un prototype d'une structure analogue à celle des vraies Hémodoracées, et peut-être aussi à celle des Burmaniacées.
D Le mémoire de M. Bâillon est accompagné d'une planche représentant le développement du Thalia dealbata.» {Rev. bibliog. Soc.bot.y Vm,383)(l).
vn.
OaGANOGÉrnE des GRiliNES CHARNUES DE l'HtMENOCALLIS SPEGIOSA.
{Bulletin de la Société botanique de France^ t. IV, p. 4020.)
R. Brown n'a pas tout dit sur ces graines singulières des Amaryllidées qui simulent des bulbilles. L'auteur en a suivi le développement et a fait voir qu'elles se présentaient .d'abord sous forme d'ovules anatropes composés d'un nucelle et de deux enveloppes. Il a d'ailleurs démontré expérimentalement la nature de ces corps d'une manière très-simple, par la castration. S'il s'agissait de bulbilles, l'enlèvement des étamines ne pourrait nuire à leur développement; celui-ci pourrait même en être favorisé* Mais comme il s'agit de graines, il faut qu'elles soient fécondées pour produire un embryon, et lorsqu'on supprime les organes mâles, on voit que les ovules se flétrissent et que le fruit ne noue point. •
(1) Toutes les fois que le Bulletin de la Société botanique de France donne ainsi le résumé d^iinde mes travaux, rédigé par MM. Ducliartre, Fournier, etc., je reproduis textuellement ce compte rendu auquel les règlements de la Société imposent ime impartialité absolue.
Vin.
Note sur l'Hordeum trifurcatum.
{Bulletin de la Société botanique de France^ U I, p. 187.)
Les conclusions de ce travail sont les suivantes :
i' Les divisions que subit la feuille, représentée par la bractée uninerviée, peuvent servir à expliquer celles de la feuille carpellaire elle-môme.
2'' L'écaillé binerve de la glumetle^ que l'étude organogénique montre formée par la soudure de deux portions primitivement distinctes (Payer), peut conserver rentière indépendance de ces deux portions^ parfaitement développées,
y La bractée uninerviée peut, qu'il y ait ou non accotement d'un rameau florifère, porter, en apparence du moins, d'autres fleurs que celles qui se développent à son aisselle.
Il'' La bractée uninerve prend part à la formation de la glumelle de ces fleurs, dont elle constitue alternativement la portion externe ou inférieure et la portion interne ou supérieure.
Mémoire sur le développement des fleurs a couronne.
{Adansoniay I, 90.)
Les botanistes ont beaucoup discuté sur I4 signification morphologique de la couronne, et M. Gay a rappelé toutes les opinions différentes émises à ce sujet. Lui-même regarde la couronne des Narcisses comme formée par des stipules inlraires situées à la base du périgone. Pour Â.de Saint*Hilaire et M. Germain de Saint^Pierre, elle se compose de deux verticillestrimères d'appendices alternant avec les sépales. Pour M. Undiey, ce sont des étt* mines surnuméraires transformées. Pour Link, c'est un appendice de la corolle. Pour M. Gagnât, Torgane est un dédoublement des deux verticiUes du périauthe. Pour M. Bravais, enfin, c'est une nectaire coroUin. Avant de faire un choix entre toutes ces interprétations, il fallait étudier le développement des fleurs pourvues d'une couronne.
Dans le Peliosanthes où la couronne est courte, on voit qu'elle forme un anneau saillant entre le périauthe et les étamines, et que celui-^ci ne commence à se manifester qu'après ia production des carpelles. L'auteur est amené par là à assimiler cet anneau au disque des Hippocratéacées.
Dans les Narcisses, la couronne n'afiecte dans son jeune âge aucun rapport avec l'androcée dont elle est très- éloignée. Dans le N. biflùrus^ on constate d'abord que les divisions de la couronne ne répondent pas forcément à telle ou telle portion déterminée du périauthe ; puis, en observant la fleur très«*jeune, on voit, bien après l'apparition des feuilles carpellaires, une légère ride ou saillie horizontale se produire sur le réceptacle commun de la fleur. En général, ce n'est pas un anneau continu. Plus ordinairement il sera marqué bien davantage sur les côtes des sépales intérieurs ou pétales, à droite et à gauche. Dans le N.Gouani, on voit naître en juillet une petite guirlande de saillies qui représente la collerette. C'est souvent une paire de petits mamelons répondant chacun à une moitié de pétale et indépendants, puis qui, en se soulevant davantage, se trouvent reliés par une petite portion intermédiaire.
L'auteur établit alors que le tube qui s'étend entre le périauthe et les élamines est de nature réceptaculaire. Or, une production tardive de cet axe, un renflement du réceptacle qui apparaît après que le gynécée luimême s'est constitué, cela se présente dans un très*grand nombre de fleurs, et cela s'appelle un disque.
L'étude organogénique démontre que, dans les Pancrartum, l'apparition de la couronne est également consécutive à celle des autres organes floraux» mais que Torgaue se soulève un peu plus en dedans de Taxe floral et dans l'intervalle môme des filets staminaux.
Dans ce travail il est démontré accessoirement, par l'étude organogénique, que les inflorescences des Narcisses et des Pancraces, que l'on regarde comme des ombelles, ne sont autre chose que des réunions. de cymes uniparesy comme l'auteur Ta observé d'ailleurs dans beaucoup de plantes monocotylédones.
L'étude des monstruosités a été invoquée ici, comme dans beaucoup d'autres circonstances, pour expliquer la nature des différentes parties de la fleur. C'est un procédé assez infidèle, comme le démontre l'examen
direct^ du développement de plusieurs plantes qu'on sait d-àvanee devoir produire des fleurs doubles. Les Narcisses sont précisément dans ce cas. Or, tandis qu'un bulbe de Narcisse porte des fleurs qui ont beaucoup de pétales, un autre en produira dont les fleurs contiendront beaucoup d*éta«. mines. Quant à la couronne elle-même, elle existe chez les Narcisses doubles et elle se développe à la façon d'un disque, c'est-à-dire tardivement. Mais c'est toujours un gonflement du réceptacle, et, comme ces saillies se produisent dans Tintervalle d'appendices déjà existants, elles se moulent et s'aplatissent pour ainsi dire entre elles, de manière à affecter une forme pétaloïde.
La collerette est donc de nature axile, soit daqsles fleurs doubles, soit dans les fleurs simples.
Sur la fleue femelle du Muscadier.
(Àdansoniaf V, 176.)
Le gynécée du Muscadier est-^il formé d'un seul ou plusieurs carpelles? L'organogénie montre que la première alternative est la seule vraie.
L'ovule anatrope du Muscadier, pourvu de deux enveloppes, est sem* blable à la plupart des ovules jusqu'à une époque voisine de Tépa- Douissement.
La question importante à décider est alors celle-ci : Le Macis est-i| primitivement une production du micropyle ou du bile, un arille faux ou vrai? L'organogénie répond à cette question si débattue par les botanistes que « le début de cet organe consiste en un léger épaississement qui se produit à droite et à gauche de la base de l'ovule, entre le bile et le micropyle, à peu près comme nous Tavons décrit dans certaines Marantées [Àdatisonia^ 1, 325). Cet épaississement, qui est dû à une hypertrophie cellulaire, gagne ensuite horizontalement le pourtour du bile, puis remonte graduellement à droite et à gauche versTexostome. Mais il faut bien noter qu'au moment où la fleur va s'épanouir, le gonflement arillaire, assez prononcé tout autour du hile, pour former à ce niveau une petite man. chette circulaire très-saillante, est beaucoup moins proéminent autour de
rexostome, surtout en haut de ce dernier. » Les poils que portent Tovaire et le fruit du Muscadier, sont de ceux qu^on appelle malpighiacées.
Sua LA vÉarrABLE oaGANisATiON DU Buis.
(Bulletin de la Société botanique de France^ t. III» p. 285.)
Le Buis a été confondu par tous les anciens botanistes avec les Euphor*biacées. Il est permis de dire aujourd'hui qu'on n'avait jamais fait un examen approfondi de ses fleurs femelles, de ses fruits et de ses graines. Cette recherche eût suffi pour démontrer qu'il n'y avait entre les Euphorbiacées et le Buis qu'une apparence d'analogie fondée sur des caractères superficiels et dépourvus de valeur.
En suivant le développement du pistil, on voit que sas placentas sont d'abord pariétaux et alternent avec les feuilles carpellaires. Alors.mème que Fovaire s'est fermé, les sommets des trois placentas font saillie à sa partie supérieure dans l'intervalle des styles ; c'est de là que vient la forme spéciale du fruit qu'on a dit toruleuœ.
* Les ovules sont au nombre de deux sur chaque placenta ; mais, dans leur mouvement anatropique» ils dirigent leur micropyle en dedans et en haut, et non en dehors, comme^ cela arrive chez les vraies Euphorbiacées.
Les graines n'ont pas de caroncule, mais bien un véritable arille né de l'ombilic. Le fruit est capsulaire, mais ses panneaux ne se forment pas de la même manière que ceux des Euphorbiacées. De plus, les styles sont périphériques, au lieu d'occuper le centre du fruit. #
Les Buis doivent donc être forcément séparés des Euphorbiacées, et, à côté d'eux, doivent se placer les Sarcococca^ les Pachysandra et les Tricera^ pour constituer un groupe bien distinct.
Recherches sua l'Organogénie du Callitrighe et sur ses rapports naturels.
(Bulletin de la Société botanique de France^ U V» p. 337.)
Endlicher avait déjà proposé de considérer les Callitriche comme une forme aquatique d'Euphorbiacées. L'auteur est allé plus loin et a complète-
ment supprimé la famille des Callitrichinées. n a été amené h oe résultat par Tétude organogénique, qui lui a démontré que Tovaire n'a ici que deux feuilles carpellaires dans le jeune âge, et qu'il y a production tardive de fausses cloisons, par suite d'une sorte de dépression de la nervure dorsale des deux carpelles. Cette biusse cloison s'insinue entre les deux ovules collatéraux d'une même loge, atteint Taxe même de Tovaire et ne tarde pas à s y s'unir. Le fait est donc le même que dans les Lins et les Stylocérées. D'ailleurs Tétude du développement des ovules prouve qu'ils se comportent exactement comme tous ceux des Euphorbiacées à loges biovulées, qtté leur direction est la même, et que leur exostome s'épaissit aussi de ma^ nière à constituer une véritable caroncule.
. xm.
OroanooInie florale DBS Xantotom.
Les fleurs femelles du Xanthium sont renfermées, au nombre de deux, dans un sac particulier qu'on a considéré comme un organe de nature axile. L'organogénie démontre que ce sac est formé de deux feuilles opposées qui deviennent connées et s'élèvent ensemble. Plus tard, ce sac se recouvre de saillies épineuses qui ont été considérées comme les analogues des bractées de Vinvolucre des Synanthérées. Ce sont simplement des saillies bractéifbrmes d'une feuille, c'est-à-dire des espèces d*aiguil- Ions. Les fleurs mâles sont d^une grande simplicité dans les Xanthium; 'il est ici démontré qu'il n'y a rien, dans ces fleurs, à aucun âge, qui représente un véritable calice.
Obsbevations organogéniqubs pour sbrvir a l'histoire des Poltg^lées.
{Adansonia, 1, 17/i.)
On n'avait étudié au point de vue organogénique que les Polygala eux-mêmes. Le Monnina crotalarioides a pu être soumis aux mêmes recherches; ce genre est très-remarquable par la fa^n dont son ovaire,
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primitivement biloculaire, perd peu à peu une de ses lo^ qui avorte, tandis que l'autre poursuit tous ses développements. Le MunUtia Heistmia, qui fleurit aussi dans nos serres, est curieux à un autre égard. Sa fleur est heptandre. Elle produit un premier verticille de quatre éta^ mines superposées aux quatre sépales antérieurs, puis un second verticille qui n'est formé que de trois étamines, dont une antérieure. Le tube de l'androcée présente donc, en arrière, une large fente par laquelle on aperçoit jusqu'à la base de l'ovaire. De là cette conclusion « qu'il serait dangereux de préjuger le développement de l'androcée de ce genre^ d'après celui de toute autre plante de la même famille. » De plus, dans les MuraUia, l'apparition des quatre cornes, qui surmontent l'ovaire, est très-tardive ; ce sont des organes purement accessoires.
Les graines des Polygalées ont un albumen très^abondant ou presque nul ; quelques^nes en sont totalement dépourvues. Ce caractère n'a donc pas ici une grande importance.
RbHAKQUIS sue l'AMNIOCÉS MS Asâ&UM, et sue DBS ÀKPSirDiGBS QUI TUSNKBirr Ll fhkXX DBS PÉTALBS DANS t'A. BOEOPiiroif .
{Âiansoniaj I, 55.)
Lorsqu'on ouvre un bouton adulte d'Aèarwn eur&pœum^ on peut aper^ cevoir sur le réceptale floral, dans l'intervalle des divisions du calice et à peu près à une distance égale de la base de celui-ci et du piefi des étaraines, trois petites languettes qui sont alternes avec les sépales. Ces organes, dont il n'est fait mention ni dans les flores ni dans les traités classiques, représentent-ils une corolle rudimentaire? Quelle est leur origine? ExisU;tii^ dans les autres espèces du môme genre ? L'oi^nogénie seule pouvait donner la solution de ces questions.
Dans YAsarum canadenssy les trois sépales apparaissent successivement dans le même ordre que pour l'espèce européenne, aprèsquoi le réceptacle prend la forme d'une fosse arrondie, entourée d'un petit rebord saiUaut un peu triangulaire. Les six premières étamines naissent alors simultanément
sur la saillie de ce rebord ; elles se montrent par paires en face de chaque sépale et à égale distance de sa ligne médiane.
En second lieu, six autres étamines, trois alternes avec les sépales, puis* trois qui leur sont superposées, s'élèvent de la face externe du bord saillant du réceptacle ; elles se trouvent donc alternes avec les six précédentes et plus extérieures qu'elles. Après elles, se montrent les six mamelons stylaires, qui leur sont superposés.
Dans YAsarum europœum, trois gros mamelons arrondis se montrent simultanément dans l'intervalle des sépales (ce qui n'existe pas dans VA . canadense). Ils se trouvent reliés par les trois côtésdu rebord triangulaire que forme la périphérie du réceptacle, et ils occupent les sommets de ce triangle. Après eux, apparaissent les trois paires d'étamines superposées aux sépales, comme dans r^. canadense. En troisième lieu, trois mamelons staminaux s'élèvent entre chaque sépale et la paire d'étamines qui lui est superposée. En quatrième lieu, on voit poindre en dedans de chaque pétale une petite éUimine qui se trouve bientôt comprimée entre le pétale et la feuille carpellaire superposée ; cette étamine deviendra cependant fertile.
Des faits qui précèdent, il faut conclure ou que VA. europœum possède trois pétales, ce qui parait assez singulier, puisque la plante est rangée dans l'apétalie par tous les auteurs, ou qu'elle a, non pas douze étamines, mais quinze, dont trois sont stériles, fait non moins singulier, car r-4 . canadense eiYjd. europœum sont considérés comme deuxplan(es très-analogues, qui, a-t-on même dit, ne sont peut-»être que des variétés d'une même espèce.
Remarques sur l'organisation des BERBËRmÉss.
(Adansonia, II, 268.)
Les titres seuls des différents paragraphes de ce mémoire montrent suffisamment à quels résultats il conduit:
I. Sur la valeur du genre Aceranthus. Ce genre, établi par MM. Decaisne et Morren, né paraissait pas devoir être conservé. Il repose sur un caractère susceptible de varier, et que le docteur Marchand a ultérieurement repoussé d'une manière absolue.
— SS- II. Sur la division du genre Epimedium en sections. VÀceranthus devient alors une simple section de ce genre. Les sections Macroceras et Micioceras étant maintenues, TE. pinnatum devient le type d'une quatrième section, sous le nom de Dimorphaphyllum.
m. Sur des fleurs pentaraères à' Epimedium. Tous les verlicilles, sauf le gynécée, peuvent être accidentellement construits sur le type quinaire. rV. Sur des fleurs pentamères de Berberis. Tandis que les Epimedium^ normalement tétramères, peuvent accidentellement présenter le type quinaire, le même phénomène s'observe, probablement pour une raison inverse, chez les Berberis^ dont la fleur est normalement biternaire. , V. Sur les étamines à panneaux des Berbéridées. Les anthères ne sont pas, comme on les décrit d'ordinaire, extrorses dans les Berbéridées, mais bien primitivement introrses. Seulement l'organogénie déinontre qu'une moitié de chacune des loges avorte plus ou moins complètement dans chaque anthère. La formation des panneaux est due au prolongement, vers le dos du connectif, de la fente normale d'une anthère introrse, et le mode de déhiscence des étamines des Berbéridées n'est pas semblable, par conséquent, à celui qu'on observe dans les Laurinées et qu'on croyait identique.
VI. Sur le gynécée des Epimedium. MM. Decaisne et Morren ont considéré le pistil des Epimedium comme formé de deux feuilles carpellaires. L'organogénie y démontre l'existence d'une seule feuille.
VII. Sur l'organisation pistillaire du Jeffersonia. La ligne de déhiscence transversale du fruit de cette plante, répond à l'articulation que présentent les feuilles caulinaires de plusieurs Berbéridées.