‹ Notice sur un papyrus gréco-égyptien inédit appartenant à la bibliothèque de l'Université d'AthènesChapitre 9 sur 9 · Ç soe dÿor, &Alvôos, Époèor · texte numérisé non relu

Ç soe dÿor, &Alvôos, Époèor

j. —C qui n'est peut-être que la liaison accidentelle de — et de C ..... Adyava?

(col. x11), xpéas (col. xvu).

Il y faut peut-être ajouter le trait vertical |, quelquefois ondulé $, qui est l’'abréviation de l pour y#erw, dont nous avons parlé plus haut. ; Une prenière conclusion qui ressort de l'examen du tableau ci-dessus, c'est que les signes numériques en question ne représentent ni des poids ni des mesures!, puisqu'on les voit appliqués même à des valeurs abstraites, comme sont des frais de route et des journées d'ouvriers : ils marquent donc le prix en monnaic de ces objets divers, et, s'il y a quelque chance de les expliquer, ce doit être par une comparaison méthodique avec les signes employés sur d'autres registres pour les mêmes objets. Cela posé, relevons les titres de dépense qui se trouvent à la fois sur les registres de Paris et de Leyde, ou dans l’une de ces deux séries, en même temps que sur le papyrus Sakkinis; ce sont : des, dproi, xls, xpéas, Adyava, EUha, ÉVoy, oxépda ou oxépoda, Üdwp (Sepuév), Suulaua, si on le tient pour un simple synonyme de AGavwrés, peut-être enfin ômsov, si ma conjecture sur la première ligne de la cinquième colonne est admise, et si l'on adinet aussi qu'éxior, sur le papyrus Sakkinis, soit synonyme de ævréa sur le papyrus LX bis de Paris, ce qui est fort douteux. Voilà donc, en tout, onze articles au plus dont la mention n'est pas particulière au rouleau Sakkinis. Or ces divers articles, sur les papyrus de Leyde et de Paris, sont ordinairement précédés du signe + désignant la drachme comme sur les plus anciens monuments de l'épigraphie attique?. |

Le n° LV bis du Louvre nous offre, pour le 17 d'athyr, d'abord un achat de sel coté 25 drachmes, puis, pour le 29 chœak, un compte de

i Il en est peut-être de même pour le fragment de compte écrit sur le papyrus LV du Louvre. — * Franz, Elementa epigr. gr. p. 121 et suiv. Cf. 348.

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3ho drachmes pour Spoïx xal &pros xal dhas, sans répartition entre ces trois dépenses; puis un compte de 80 drachmes sous cette indication : TO dvfloua Ocoytrov æamüpor xal dprwv xal da (pour dAaros?), sans répartition, comme le précédent, quoique l'on y retrouve ailleurs les Spoïa, les papyrus et les pains, avec notation distincte et spéciale de ces trois dépenses sous d'autres jours du mois; il serait téméraire de procéder ici par soustraction pour avoir le prix du sel mentionné sous le 2g du mois. Rien ne prouve, en effet, que le rédacteur eût acheté autant de sel le 29 que les jours précédents. Dans un registre de Leyde, le sel est coté une fois pour 100 drachmes, deux fois pent-être pour 5 drachmes!. |

Dans le papyrus LV bis du Louvre, les pains, &pros, non spécifiés par l'adjectif xadapo/, qui, d'ailleurs, est peut-être sous-entendu là où il manque, sont cotés : 1° pour un seul jour de tybi, 30, puis 180 drachmes en deux achats faits à deux marchands différents; 2° pour neuf jours de méchir, 100 drachmes. Dans le papyrus LVIT bis les pains sont cotés une fois 30 drachmes. Dans le papyrus LX bis la confection des pains, épydoimov rv dprov, est cotée 60 drachmes. Dans le papyrus LV bis les dptos xaÜapol sont cotés 25 drachmes; dans le n° LX bis une cote de 5000 drachmes pour la même denrée est précédée des lettres IA, qui paraissent désigner la quantité des pains ou leur nombre, et il est remarquable que le papyrus LV nous offre une fois &prous suivi de «pA (pour dprd6n ula?), et une fois &prov suivi de X (sic), signe ordinaire de yoûs et de IF, ce qui paraït désigner aussi une quantité ou bien une mesure de pains, la même sigle X se retrouvant avant d’autres chiffres du même genre. Dans le registre de Leyde on trouve une seule fois dprous xafapous et avec le chiffre de 50 drachmes.

Pour l'huile de kiki, le papyrus LV offre jusqu'à onze cotes, dont neuf avec la mention uniforme de 1 4 cotyles; une’avec celle de 15 cotyles; ‘une où le nombre des cotyles ne figure pas et peut-être n'a jamais figuré ; dans les dix premières cotes le chiffre de la mesure est suivi de la sigle Z. Le papyrus LVIT bis mentionne simplement deux dépenses d'huile, l'une de 150 drachmes, l'autre de 5 drachmes. Dans le papyrus T de Leyde, p.113, on lit un compte de 920 drachmes pour une quantité de kiki dont le chiffre n'est pas indiqué; puis deux chous de kiki sont cotés 1320 drachmes, ce qui donne 660 drachmes pour un chous.

! Je dis peut-être parce que, à la ligne 5, le papyrus porte seulement aas, et à la ligne g auros, où j'ai, seulement par conjecture, reconnu plus haut (p. 13.note 1) le génitif &Aaros. |

Kpéa ne se trouve qu'accompagné de l'adjectif yrvesx, xnvna où yrnvea, dans les papyrus de Paris et de Leyde, et nous avons relevé plus haut le peu d'indications utiles que ces articles nous fournissent. I] est bien probable que les xpéa du papyrus Sakkinis sont de la chair d'oie; mais nous ne pouvons, sur cette simple vraisemblance, fonder un rapprochement régulier entre les chilfres de ce papyrus et ceux des deux autres séries.

Les Adyava et les Axydysa du registre de Leyde pourraient bien n'être que les Adyava qui figurent si souvent sur le papyrus Sakkinis. Mais Adyævor ayant lui-même un sens distinct et bien attesté, celui de géteau, on ne peut rien fonder sur la conjecture qui ferait de ces deux mots les signes d'une seule et même denrée.

Aucun doute pareil sur les Éÿka du registre Sakkinis, qui sont visiblement le bois à brûler, comme dans le n° LVIT du Louvre et dans le papyrus C de Leyde, où, par une coïncidence singulière, la quantité de bois désignée par le génitif pluriel ÉfAw» est cotée 50 drachmes.

Le registre de Leyde nous offre sans doute une variété de ce bois dans les Sposadéouas du papyrus G de Leyde, p. 97, où sept cotes successives, suivies de leur total, nous montrent que ces fagots se vendaient 4 drachmes la pièce. Le papyrus T, où Spoïa (pour S-poradéouas, selon M. Leemans) est suivi des mots eis rà yalxla (pour yaAxeïa), indique assez nettement que ce bois servait au feu sous des chaudières.

Ovyor, si fréquent sur le registre Sakkinis, paraît y avoir le même sens qu'éÿærov, qui figure une seule fois sur les registres de Leyde, p. 97, où il compte avec le oïros, ou le blé, pour une somme de 2,670 drachmes représentant la dépense d'un mois!.

Les oxôpda (pour oxépoda) paraissent une fois et sont cotés 5 drachmes sur le registre © de Leyde, p. 93. |

L'eau, ÿdwp, y paraît trois fois, p. 99 : à xardAosmov roù üdwp pour 75 drachmes, et ÿdwp pour 16 drachmes, prix d’un cotyle désigné par la lettre x; p. 100 : Üdaros run», avec la même lettre x, suivie du chiffre de 336 drachmes. Je n'en trouve aucune mention dans les comptes du Louvre. Mais le papyrus ÀX de Londres porte ÿdaros A6yos, et, plus bas, üdwp, avec des chiffres relatifs au prix de la mesure payée?.

! Deux documents, l'un du musée de Berlin, reproduit dans la collection du Louvre, p. 256, et l'autre de Paris, ibid. p. 357, et le papyrus II du British Museum, ligne 22, nous offrent encore le mot éÿ&@w:0v. Mais ils n'appartiennent pas à la classe que nous étudions. — * Voir M. Lumbroso, ouvrage cité, P-11-12,où il conjecture justement, d'après M. Brunet de Presle, qu'il s agit là d'eau du Nil pour les libations dont les prètresses jumelles étaient chargées.

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Oupiaua est couté une fois, et cela pour 60 drachmes sur le papyrus LVIT du Louvre. Il reparait plusieurs fois dans les registres de Leyde, p. 93, suivi d'abord du chiffre de 120 drachmes, puis d'un chiffre qui a disparu; p. 112, pour 70 drachmes; puis, et cela dans trois articles, pour 140 drachmes. L'usage des parfums est si fréquent en Esypte, que l'on ne peut dire que Sumfaua représente au juste les mêmes parfums que le Aavwrés du papyrus Sakkinis.

De ces divers rapprochements, si incomplets qu'ils soient, on peut du moins conclure que, dans les cotes numériques du registre Sakkinis, nous devons chercher des drachmes, des multiples ou des fractions de la drachme.

Tels sont les résultats, fort modestes assurément, auxquels nous sommes parvenu, jusqu'à ce jour, dans l'explication du papyrus Sakkinis comparé avec les papyrus du même genre qui nous étaient déjà connus. Peut-être eût-il été plus prudent pour notre vanité d'interprète d'ajourner une publication si peu satisfaisante encore. Mais il nous a semblé plus libéral de livrer ce nouveau texte à la curiosité du public, à a sagacité des philologues nos confrères, qui pourront, par des eflorts plus heureux que les nôtres, compléter et corriger ce premier essai d'interprétation.

Pour ne parler, en terminant, que des chifires, l'évaluation des monnaies égyptiennes adoptée par Letronne, et que j'ai suivie dans ce mémoire, est sujette, je le sais, à bien des doutes.

Depuis longtemps M. Bernardino Peyron, et tout récemment M. Ch. Robiou (dans une note manuscrite qu'il a bien voulu nous remettre), ont, à l'aide de nouveaux rapprochements, contesté la justesse de ces calculs. [1 m'était, pour le moment, impossible de prendre un parti dans un tel débat; mais ïl était toujours opportun et utile d'y introduire les nouveaux éléments que nous fournit, pour l'éclaircir, un texte comme celui du papyrus Sakkinis.

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IMPRIMERIE NATIONALE. — Mars 1873.

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