DE LA COLLECTION DE M. ÉMILE OUIMET
Les cérémonies religieuses des Egyptiens étaient toujours accompagnées d'otFrancles. Nous possédons par milliers les monuments qui nous font connaître ce détail. Qu'il s’agisse de dieux et dr^ déesses adorés et invoqués ou d’ancêtres à qui leurs parerds rendent le devoir funéraire, constamment l’adorateur ou rofticiant a devant lui une table chargée d’oblations. Pour les dieux ce sont des végétaux, le plus ordinairement, et pour les morts des pains, des pâtisseries variées, des pièces de viande, des oies, du poisson, etc. ; toutefois cette distinctimi n’est [>as absolue, et l’on voit quelquefois les dieux recevoir des offrandes de comestibles. Accessoirement à l’oltrande, le consécrateur tient généralement d'une main l’encensoir allumé et de l’autre le vase à libations.
Au noml)re des olïrandes liquides ligurent l'eau })ui’e et le vin, [)lus rarement le lait et le Z/e// (l)iére d’orge). Le vin, le lait et la bière sont liabituellement présentés dans dos vases ronds, et il en était quelquefois de même pour l’eau. Mais le plus souvent l’eau était versée par le consécrateur sur la
' Cette notice a été présenté par M. Chabas au Congres jirovincial (les Orientalistes de Saint- Etienne, en 1875. C'est à l'aimable obligeance de M. le haren Textor de Rasivi, président de ce Congrès, que nous devons raulorisahon de rejiroduire ce travail paru dans le compte rendu du Congrès.
ANNALES DU MUSEE GUIMET
table d’ulFrandes, surtout lors(|u’il s’agissait d’offrandes végétales ; ruais elle était aussi répandue sur les jiains, la viande, les oies, etc. Dans certains cas, l’eau est projetée en avant de la table d’offrandes et tombe sur le sol sans toucher aux objets offerts.
Cette effusion de l’eau constitue la libation proprement dite, cérémonie qui s'accomplissait quelquefois isolément sans offrandes d’une autre nature. Elle constituait la dernière phase de la cérémonie des funérailles; au moment où la momie allait être descendue dans le puits de l’hypogée et disparaître pour jamais aux yeux des vivants le prêtre officiant versait devant elle l’eau delà libation, qui tombait jusqu’aux pieds du défunt h
Le vase habituel des libations est allongé en forme de balustue avec ou sans couvercle, avec ou sans goulot. L’hiéroglyphe qui signifie libations, eau fraîche, est la figure de ce vase, et se prononce Keh et Kebh. Mais l’usage de ce vase n’est })as exclusif; on en voit employés de formes très diverses, ronds, cylindriques, etc. ; quelques-uns sont des cruches évasées avec couvercles figurant des tètes d’épervier. Les })lus remarquables représentent le signe de la vie vulgairement a})pelé croix ansèe, munie d’un goulot sur la partie arrondie, et d’un couvercle en forme de tête disquée de bélier; l’appendice inférieur sert pour la préhension^. Ce modèle significatif, puisque c’est le symbole même de la vie qui verse l’eau vivifiante, est très riche et très artistique. Enfin on se servait aussi d’un vase à trois corps, figurant trois Kebhs réunis ensemble et versant trois jets, ou bien encore de deux vases distincts
Nous ne possédons pas de scènes monumentales rt'présentant les libations faites avec d’autres liquides que l’eau pure; il parait cejtendant que le vin n’était pas exclu. Une curieuse inscription liiéroglyphique, publiée })ar M. le docteur Duomichen, nous apprend « qii’lsis allait tous les dix jours à l’Abaton de Philaæ [>our faire la libation à Osiris avec du vin; elle ne lui fit pas alors de libation avec aucune eau » Nous ignorons en quelle circonstance se produisit cette innovation ; on voit par la ]>hrase finale que l’eau
1 Lepsins, Denhm. III, pl, 232, b ; tombeau de Pennoii, à Aiiihe. ^ Benkm III, ]il. ISO et 213.
3 I)pnkm. ITI, p. 33, l-'i3, 23(3,243; Dnihm. T ., pl. 13.
■1 Kalcml. Inso-ifl., pl. 4S. c.
TAKLE A LIBATIONS UE LA COLLECTION E. GUIMET
n’avait été employée par Jsis, et cette mention prouve bien qu’il s’agissait d’un cas exceptionnel.
L'eau était considérée par les Egyptiens comme l’élément essentiel de la vie : la mort était le sec, l'aride ; désséclié, presque carbonisé par le bitume bridant, le corps momitîé en était l’image maniléste L La revivitication du cadavre commençait par le retour de l’iiumidité. De là, le grand rôle attribué à l’eau dans la d(jctiine et dans les cérémonies du culte des ancêtres. 11 fallait que l’eau lut répandue par les descendants du défunt. Quoique les Egyptiens ne fussent pas sur ce point aussi absolus (|ue les Hindous de l’Inde brahmanique, ils n’en considéraient pas moins comme le plus strict devoir d’un tils l’acconqdissement des rites funéraires et nommément l’etlusion de l’eau pour son père et sa mère décédés-. Ce rite se rattachait, du reste, aux plus hautes conceptions du mythe osirion qui faisaient d’Osiris, dieu mort et ressuscité, le type de tous les humains morts et appelés à la seconde vio. Osiris avait été ramené à la vie par l’elFusion de l’eau, et chaque nouvel Osiris ne ressuscitait que par l’emploi ilu même moyen, dont on conçoit bien dès lors la grande importance liturgique. J’ai communiqué récemment à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ^ la traduction d’un papyrus de formules magiques, destinées à conjurer toutes les espèces de morts. Le conjurateur, employant les menaces terribles si bien décrites [)or Eusebe dans sa Pi'épcu-aiion ècan- (jcUqae. fait appel aux circonstances qui peuvent produire le bouleversement del’univi'rs, la destruction de l’ordre cosmique, et mentionne spécialement la cessation de l'elfusion de l'eau pour le dieu qui csl dans Idu-chc^.
On ne s’étonnera pas, dos lors, qu’une maxime de l’antique sagesse des Egyptiens conseille à l'homme de se marier avec une femme jeune, capahle de lui donner des enfants mâles et d’assurer dans sa descendance la perpétuité du sacritice funéraire, gage de la nouvelle vie.
Les libations étaient faites avec l’eau pure et fraîche ; certaines eaux paraissent cependant avoir joui d’une faveur spéciale : d’abord celle du
* Le signe de la momie est quelquefois employé pour esprimer l'idée de mort.
8 Voir F. Chabas, VÈgyptologie. 1874, 1875, p. 16 à 30 et 75 à 100.
Comptes rendus, 1875, -p. 57 et suivantes.
^ Le dieu qui est dans 1 arche est Osiris, traîtreusement cloué par Set dans un coffre, puis abandonné au hasard des flots.
5 L'Eyyptologie, loc. cit. — 11 y a là une analogie frappante avec les idées des Chinois et des J apouais.
ANNALES DU MUSEE GUIMET
Nil \ puis les eaux que le défunt a préférées sur la terre; par exemple, celle qui s’est rafraicliie sous rom])rag'e des sycomores de sa résidence^, enfin l’eau d’Héliopolis L’eau de cette ville sainte avait probablement servi pour les libations d’Osiris, et c’est à un motif mytliologique qu’il faut rapporter la faveur dont elle a joui ensuite.
Nous avons expliipié que le retour a la vie était considéré comme le résultat de rimmidité ramenée dans le corps monnfié ; quoique versée sur les pieds, l’eau de libation était censée agdr sur le cœur; en la répandant, l’officiant, s’adressant au défunt, lui disait ces })aroles : « Je t’olîre cette eau fraiclie, rafraiclds ton cœur avec elle. » Le }thénomène de la résurrection, par ce moven, est décrit dans le Conte des Deux Frères.
liaita, le jeuire frère, s’était séparé de son cœur ; sa femme livra le secret de cette séparation de l’organe vital, et le cœur fut retiré de son asile mystérieux. Au même instant, Baïta tondra privé de vio.
Se conformant aux instructions de son jeune frère, Anubis, son aîné, recueille le cœur et le dépose dans un vase d’eau fraiclie iiendant une nuit entière. Lès que l’eau eût été absorbée par le cœur, la vie se manifesta par un tressaillement de tous les membres du mort '*; t-d était l’effet du rafraîchissement du cœur procuré par la libation funéz'aire.
Aussi, dans certaines scènes symboli(|ues, représentant la libation versée }iar des dieux surdos rois défunts, on voit quel({uef)is l’eau qui s’échappe du vase remplacée }>ar une chaîne d’hiéroglyphes delà vie, envelop}»ant complètement le mort (Jn ne saurait imaginer un nmilleur commentaire du sens mystique de la libation.
Les Egy[)tiens avaient cependant poussé ce symbolisme jusqu’à des profondeurs plus abstruses. On voit, en elfet, par une scène funéraire, figurée sur le b(“au cofire de momie ap[>artenant à la Ifilzliothèquo de Besançon, que l’eau ile la lilzation divine est la substance même d’Osiris ; c’est ce dieu que le défunt boit sous la lorme du jet ondulé sortant du vase à libation ; une légende,
' Duemicheii, I AU Temp. Inschr.. jil, "ÎG, 1.
2 Sharpe, Egi/pt. Inscr..aéne 2, pl. 793. — Bnigsch. liée. d'Inscr., pl. 3G, 1 — Loucre, Stèle
rf’.-li', lig. 0.
3 Ghampolliou: Notices manuscr., p. 38().
Papyrus d'Orbiney, p. 13, I. 8 et suiv.
3 Lepsius, Denhm. III, 231, 238; IV, 71,
écrite à côté, explique que cette elFusioii est la vie de IWnie'^. C’est, comme je l’ai dit ailleurs, une circonstance bien digne de remarque que cette absorption de la substance divine considérée comme vivification delà créature dans la partie intelligente de son être.
Ces préliminaires nous font bien comprendre rimportanco des libations en général et l’intérêt des tables et des vases qui étaient employés pour l’accom plissement de ce rite. En ce qui concerne les vases, nous avons expliqué qu’il y en avait de plusieurs formes. Quelques-uns de ceux qui ont été recueillis dans les Musées et dans les collections particulières peuvent donc avoir servi pour les libations. Mais le vase typique ||, en forme de balustro, avec ou sans goulot, n’a point encore été retrouvé, que je sache. Du moins, je ne l’ai pas remarqué jusqu'à présent, et il ne figure pas parmi Ic-s vases publiés par M. Leemans,dans son grand ouvrage des Musée de
Leidc, ni dans les photographies du Musée de Boulaq. M. Prisse d’Avennes ne l’a pas reproduit non plus dans les belles })lanclies de l'bistoire de l’art. Au grand ouvrage de la Commission d’Egypte {A ni., V, pl. 75, n“2), est représenté un petit vase-balustre, trouvé dans un tombeau à Elépbantine, c’est le modèle le plus raproebé du Khehh. j^. Les sables de la vallée du Nil et les tombeaux nous ont conservé un nombre considérable de monuments antiques ; il s’en faut, toutefois, que la série archéologique soit tant soit peu complète, et il est imprudent de se fonder sur les lacunes des collections pour conclure que certains ustensiles, ou des ol jets quelconques, n’étaient [las connus des anciens Egv[itiens. De ce côté, il faut toujours s'attendre a des révélations nouvelles.
Pour citer un exemple, je rappellerai qu'ils faisaient usage d’huile d’éclairage et de lampes. Or, nous ne connaissons aucune lampe autlicntique antérieure à l’époque des Lagides. C’est d’autant plus extraordinaire que cet ustensile domCitique s’est retrouvé, en un assez grand nombre de spécimens, au milieu des débris des Jiabitations lacustres dans les boues des lacs de la Savoie, de la Suisse et de l’Italie.
* VoirChabas; scène mysUque peinte Sur un sarcophage égyplijn. Rev. .-Irc.U., 1862.
A.sn. g. — IV.
ANNALES DU MUSEE GUIMET
Quant aux tables à libations, il nous en est parvenu un assez grand nombre de toutes les époques de l’instoire égyptienne, depuis l’ancien empire jusqu’aux bas temps; les Musées et les collections particulières en contiennent en pierre de diverses natures et de dimensions très variées. 11 en existe, à Karnak, d’énormes; ce sont des blocs d’albrdre ou de granit, [)esant jusqu’à f^,000 kdograrnmes \ et l’on en connait d’assez petites pour avoir été portées en guise d’amulettes ; celles-ci sont enl)ronze, eu }>ierre ou en terre émaillée. Les plus ordinaires sont en forme d’évier et ont rarement plus d’un mètre do largeur, sur une profondeur un peu moindre; elles sont munies d’un appendice ou goulot d’écoulement, communiquant avec les cavités destinées à recevoir les li(pddes ; il jeu a aussi de carrées et de rondes. Très souvent leur surface est creusée en godets et en }>lats creux ou patères, et des vases, des pains, des oies et d’autres offrandes y sont figurés en relief ; on y rencontre même do longues listes d’offrandes, disposées on petits carrés ’ portant chacun le nom hiéroglyphique d’un objet offert, (les carrés sont infiniment trop petits pour qu’il ait été possible d’y placer les objets indiqués. Evidemment rolfrando n’était pas déposée tout entière sur la table, et la libation
^ Mariette-Bey, Catalogue de lioulaq., p. 1.^.
répandue sur la liste remplaçait l’elfusioii réelle de l’eau sur les objets de l’oblation ^ .
Les tables à libation de l’ancien empire ne sont pas rares. On voit au Musée de Boulaq celle d’un prêtre de la pyramide d’Assa ; une autre [)orte le cartouche d'un roi nommé Ameni-Entef-Ainenemha, tpii doit appartenir à la XlIP dynastie'. M. Lepsius a publié celle d’un ofticier d’Amenemlia et je [lossède moi-même, grâce à l’oldigeance de M. Prisse d’ Avenues, l’estampage d’une lielle table à libations de Mentouliote]) llaneb Klierou (Mentouliûtep 11). Cette table, (|ui a un mètre de largeur, formait trois registres, dont le dernier est indistinct et incomplet. Sur le premier sont gravés en relief sur creux, au centre, la bannière royale de Mentouliotep, ainsi conçue :
1 ° L’IIorus, (|ui a réuni les doux régions Kaneb Klierou, viviticateur éternel.
Deux Nils agenouillés présentent des oftrandes à droite et à gauche de cet emblème de Pharaon.
2“ De chaque côté de la bannière, un vase à libations, ayant sur sa panse le prénom royal llaneb Klierou.
3“ Entln, à clnupie extrémité, une grande patère, portant sur le bord la légende du roi, deux fois répétée en sens contraire:
(( Vivant l'IIorus qui a réuni les deux régions. Le roi de la haute et de la « basse Egypte, Raneb Kherou, vivant éternellement.
« Advant l'Horus, qui a réuni les deux régions, le lîls du Soleil, Menton- « hotcq), vivant éternellement. »
La même légende, en très gros caractères disposés de la même manière que sur les patères, forme le deuxième registre.
1 Pendant ses fouilles du Sérapéuni, M. Mariette a retrouvé l'enceinte de pierres qui servait de limite au terrain quadrilatéral, entourant la tombe d'Ajùs. Sur l'architrave de cette enceinte, étaient posées sans ordre environ cinq cents pierres à libations, les unes en calcaire, les autres en granit, de formes varices. L’une de ces tables est conipos(''e de deux cuvettes très profondes, de forme quadrangulaire;une troisième cuvette également carne, mais de profondeur minime, y est creusée sur le massif qui sépare les deux premières. Le vase à libations y est représenté sous une forme qui n'est pas purement égyptienne. Cette pierre, qui est maintenant au Louvre, porte une inscription phénicienne, sur laquelle a disserté M. le dm- de Luynes (Bull. Arch. de V Atheneum français, 1855, p. 69 et 17). Le grand nomlu'e de monuments de ce genre, rassembles autour de la tombe d’Apis, montrent que les libations jouaient un grand rôle dans son culte funéraire. Il se peut que la table qu'a décrite et figurée M. le duc de Luynes ait été apportée de Phénicie par un adorateur jioii Égyptien.
* Mariette-Bey, Catal. de Boulaq, jiage 96. ii®* 92 et 95.
3 Deuftm. //, jd. 118, 1. ^
ANNALES DU MUSEE GUIMET
Cette table est un monument intéressant d’un règne sur lequel nous maU' quons de renseignements, mais qui doit avoir eu une assez grande importance politique. Mentouhotep II paraît avoir rétabli l’autorité pharaonique sur la haute et sur la basse Egypte, que des troubles avaient sans doute séparées avant son accession.
Parmi les plus remarquables des monuments de ce genre, il faut compter ceux que possède le Musée de Leide et que M. le docteur Leenians a publiés dans son grand ouvrage. Trois de ces tables portent en relief la figuration des objets d’offrande ; l’ime d’elles est garnie de sept godets, de deux grandes et de trois petites patères; elle est, en outre, couverte de cases carrées, contenant l’indication des objets offerts, et quelquefois celle des qualités. Getto table, qui est ronde, n’a que 48 centimètres de diamètre ; il faudrait une surface de jdusieurs mètres pour disposer les nombreux objets qui y sont énumérés. Une quatrième table du Musée de Leide est creusée de quatre cavités assez profondes, avec goulot pour récoulement des liquides L
1 Mon. Égypt. du Musée de Leide, pl. 38 et 39, n«s l'i, 15, 16 et 17.
Le riche caliiiiet do M. Émile Guiinet, à FieurieiixÉ c.)iitieiit deux monuments de cet ordre. Sur le premier, qui est de la forme d’un évier, avec rebord plat, couvert d’une inscription hiéroglyphique, est figurée en relief une base destinée à recevoir les ofi'randes solides, tlanquée de deux vases à libations et de deux pains ronds ; deux cavités pour les liquides et des rigoles y sont aussi creusées. Ce monument est d’un bon style. La légende, qui forme bordure, est double ; elle commence au milieu de la table en face du goulot. On y lit d’un côté :
« Don royal d’olfrandes à Osiris infernal, dieu grand, seigneur d’Abydos : (( qu’il accorde tous les dons do l’offrande funéraire, l’encens, l’huile, des « vêtements et toutes choses bonnes et pures à la personne du grand pré- « posé de l’intérieur (nom douteux).
De l’autre côté, même prière, adressée à Anubis, pour qu’il accorde au défunt une bonne sépulture dans la montagne de l’Occident.
La seconde table à libations, de la collection Ouimet, est beaucoup plus importante à un double point de vue archéologique ; en premier lieu, à rai son du texte intéreisaut qui en forme la légende; [uiis, par le motif que cette table est un des rares exemples, sinon Vunhiue exemple, d’un monument de ce genre en plusieurs exemplaires.
1 Actuelleuieut au Musée Guiiuet
ANNALES DU MUSEE GUIMET
Elle consiste en nn bloc de calcaire blanc arrondi, creusé en forme de vase, avant 40 centimètres de diamètre et 95 millimètres d’épaisseur. Sur le ri'bord ])lat, qui est coupé ]»ar la rigole d'écoulement, court une inscription en beaux hiéroglyphes. Une antre inscri}»tion garnit répaisseur du pourtour à partir d’une jolie tête d'Hathor à oreilles de vaches, qui en marque le commencement et la tin, et corres})ond à la rigole. Le dessous de cette espèce de vase est simplement dégrossi ; on devait le placer sur une table ou sur un support pour les cérémonies. Des scènes monumentales nous montrent, en effet, les lil)ations versées sur dc‘s vases ronds de cette forme, portés sur des espèces de guéridons^ ; quelquefois même des pains sord empilés dans le vase et reçoivent reifusion de l’eau.
Voici la traduction de rinscription du pourtour:
Le noble chef Ouljaf/orsoiin, dont le bon nom est Raneferket neh
l^ehti, d'offre à toi ces libations qui sont de la contrée d' Ilèliopolis.