CHARGES DIVERSES
En 1855, le gouvernement, ayant décidé de nommer des juges assistants pour la cour supérieure, pendant la durée de la cour seigneurale, fit offrir une de ces places, à M. Baiïllairgé,
En 1856, le gouvernement lui offrit la place de rerorder de la ville de Québec, créée pour la première fois par les 19. 20, Vic : chap. 106.
En 1860, pendant la retraite de l'honorable juge en chef Bowen, on lui fit l'offre d’être juge, «d hoc, pendant tout le temps de cette retraite.
En 1860-61, on lui offrit la place de juge de la cour supérieure devenue vacante, le Ier juillet 1860, par la mort de l'honorable juge Power.
Préférant à tout, son indépendance, il ne put se résoudre à 4 accepter aucune de ces charges, quelques lucratives et honori- M
bi. (6
fiques qu’elles fussent. \ VA peu En 1863, sous lord Elgin, il devint lieutenant-colonel du S plu 20me bataillon de milice de Québee. IL fut nommé conseiller UN Sui
de la reine, la même année, sous l'udministration Dorion, OO ven
] té Mi s S4 $ ; , ; il a été b En 1873, il fut fait bétonnier du burreau de Qué'ec et il 18 Chade Sir fi) cres, un de ses jurisconsultes les plus distingués et un de ses
ies du mcilleurs orateurs.
était alors considéré comme un de ses m2mbres les plus intt-
au Îer, ARTICLE ONZIÈME, Léger
blie ac- SON BUREAU.
Il installa son bureau d’abord sur la rue Haldimand, sur le côté à l’ouest, près de la propriété actuellement occupée par l'hôtel Saint-Louis.
Peu de temps ensuite, il s’acheta une propriété où son bureau fut transporté, et il y est toujours resté depuis, sur la rue Saint-Louis, au côté du nord, à peu de distance, à l’ouest de la rue du Parloir qui conduit au couvent des Ursulines,
des jue de la uirgé,
M. L. de G. Baillairgé tient bureau depuis 1835 et nous
‘der de sommes en 1892, Peu d'avocats peuvent se flatter d'avoir
fait aussi longtemps le service, 58 ans tout à l’heure,
| hi ARTICLE DOUZIÈME.
n chef
tout le LE DRAPEAU DE CARILLON.
, (Découvert en janvier 1848.) suUpe- 1iort de bete ‘4 1758-1848.
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1anori- , oo. | C’est à M. Baillairuge que nous devons la possession du dre
peuu de Curillon, cette vieille selique dun temps qui n’est nel du "8 plus et qui chaque fois qu'il figure dans notre procession de la seiller Suint-Jean-Baptiste, à Québec, renouvelle aux nôtres, le souion, 7 venir des vaillants exploits de nos aïeux, à l’époque de la mé-
morable journée du 8 juillet 1758, pendant l'invasion du Canada par les troupes de la Nouvelle-Angleterre,
Le fort de Carillon, dont ce drapeau porte le nom, fut bâti par M. de Vaudreuil, à mi-chemin entre le lac du Saint-Sacrement (lac George) et le lac Champlain.
Ce fut là que Montcalm, Lévis et Bourlamarque, avec le concours de plusieurs officiers distingués (Bernard, Duprat, De Langy, D’Aiïllebout, Mersier, D’Hert, de Raymond, De St- Ours, De Lanaudière, De Gaspé, De Lauvicou, De Montreuil, M ete), à la tête de deux mille neuf cents (2900) Français et de : quatre cents (400) Canadiens, repoussèrent le général Abereromby qui avait une armée de vingt cinq mille (25,000) hommes (sauvages compris), dont onze mille (11,000) prirent part 5 au combat, et plus de quatre mille (4,000) furent tués et bles- . sis, le 8 juillet 1758 (1). |
Le marquis de Montcalm après cette éclatante victoire, fit planter sur le sommet du coteau d’où il avait dirigé la bataille, une grande croix de bois, avec linscription :—
“Quid dux ? quid miles ? quid strata ingentia ligna ?
“En signuuin ! en victor ! Deus hic. Deus ipse triumpat l?
Plus tard, les Français détruisirent le fort de Carillon, et les Anglais en construisirent un autre, au même endroit, qu’ils nommèrent Ticondéroga , depuis 1759 ; ce fort se trouve maintenant dans l'Etat de New-York.
Après la campagne de 1758, le pére Claude-Charles-Félix De Berey, dernier supérieur des franciseuins en Canada, rapporta, avee lui, le drapeau qui fut suspendu à la voûte de leur église, à Québec, jusqu’à ce qu’elle fut réduite en cendres, le 6 septembre 1796,
(1) Voir lettre de monsieur de Montcalm au marquis de Vaudrenil, da- M tée du camp de Carillon, le 4 juillet 1758, pages 168 à 171, vol. IV, Collection de documents de la Nouvelle-France, publiée à Québec, par Côté et cie, en 1885.
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M. Ernest Gagnon de Québec, a publié, en 1882, dans la Aevue Canadienne, tome TT, un article très intéressant au sujet du “Drapeau de Carillon”; ce qui suit en est un extrait :—
“C’est à notre estimé concitoyen M. Louis de Gonzague Baillairué, avocat, que Québec doit de posséder le précieux souvenir qui fait l’objet de cette notice, ”
“Avant lu, dans une vieille chronique, qu'un drapeau apporté de Carillen et suspendu à la voûte de l’église des récollets, à Québec, avait été sauvé de lincendie de cette église, en 1796, il se mit à la recherche de ce drapeau, avec une persévérance et une ténacité qui devaient être récompensées par le succès.”
“Après bien des démarches infructueuses qu'il serait trop long de raconter 101, 11 songea à s'adresser au seul membre survivant de l’ordre de saint Francois d'Assise, à Québec, le frère Louis Bonamie qui résidait dans une modeste maison de la rue Saint-Vallier non loin de 'Hôpital-Général.”? (1).
“Un jour du mois de novembre ou de décembre, 1847, notre jeune antiquaire,— les deux mots ne s’exeluent pas,— se rendit chez le frère récollet qu’il trouva très souffrant, par suite d’une attaque de paralysie.”
(1) Les derniers Récollets de Québec en 1796.
Le frère Louis se nommait Louis-François Martinet dit Bonamie,
Ilest né vers 1765 à l’Assomption, et décédé, le 10 août, 1848, dans su maison où 1] tenait une école sur la rue Saint-Vallier, au faubourg Saint- Roch de Québec.
Lorsque le monastère des pères récollets et leur église furent détruits par un incendie, le 6 septembre 1796, les membres de l’ordre qui y résidaient alors, étaient : —
L.—Le père De Berey, supérieur, qui se réfagia chez Frar'ois Duval, son ami, sur la rue St-Louis ; 2.— Le frère Marc qui s'établit à St-Thomas de Montmagny où il exerçu + métier d’horloger, pendant quarante ans, 3. et 4.--Les frères Bernard et Bernardin.
5.--Un autre frère qui devint marin entre Québec et Montréal, 6.— Et enfin le frère Louis qui devint instituteur.
hs 10:—
“Je pense pouvoir vous mettre en possession de ce que vous cherchez, lui dit le bon frère ; mais revenez dans quelque temps : je suis trop malade aujourd’hui.........je puis à peine pADIer, es”
“Ainsi, l'objet si anxieusement cherché, depuis plusieurs années, le drapeau des récollets et de Carillon existait encore ; la chose était presque certaine, Mais où le trouver ? Un vieillard octogénaire pouvait seul le dire, et ce vieillard était sur le bord de la tombe, et il pouvait d’un instant à l’autre, mourir sans livrer son secret !”
“Quelques semaines, plus tard, M. Baïllairgé se rendait de nou- | veau chez le frère Louis qu’il trouva un peu moins souffrant, mais très faible encore. Voici en résumé, ce que le bon frère déclara au sujet du célèbre drapeau :—
“Le père De Berey, supérieur des récollets, était un des aumôniers des troupes qui combattirent sous le commandement de Montcalm.
“ Lorsqu'il revint au monastère, après la campagne de 1758, il rapporta avec lui, un drapeau troué et déchiré qui, disait-on, au couvent, avait vu le feu de Carillon.
“ Ce drapeau fut suspendu à la voûte du couvent des récollets, la partie qui s'attache à la hampe ou hallebarde, étant retenue aux extrémités, par des cordes.
“Le 6 septembre 1796, un incendie qui avait déjà consumé Mi une maison de la rue Saint-Louis, vint réduire en cendres l’é- 8 elise et le couvent des rérollets. Le feu ayant pris par le elo-
cher de l’église, le toit brûla avant le reste de Pédifice. ‘ LE: “Pendant qu'avec laide d'un autre frère, —le frère Louis # Fe sauvait un coffre empli d'objets qu’il y avait jetés pele-mêle, et # comme ils traversaient la nef de l’église, le vieux drapeau, dont 4 ù les attaches avaient manqué sous l’action du feu, vint tomber à à égt leurs pieds, Le frère Louis le saisit, en passant, et rendu de- à se hors, le mit, à la hâte, dans le coffre.” ne. Fe «Ce coffre, ajouta le frère Louis, vous pouvez le voir ; il est MS (hi
ici, dans le grenier, avec une partie des objets qu’il contenait. #
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Le drapeau que vous cherchez, doit s’y trouver, mais dans un triste état, sans doute : il y à un demi-siècle qu'il est là.”
“On était alors, vers la mi-janvier, et il était cinq ou six heures du soir, Le bon frère était cloué, sur son siège, par la paralysie ; mais son jeune interlocuteur était très ingambe.”
“Une chandelle fumeuse à la main, le futur président de la Saint-Jeaun-Buptisie de Québec, monta rapidement les dégrés qui conduisaient au greuier et il ouvrit le fameux coffre. ”
“Le vieux meuble contenait un amas de bric-à-brac et de lambeaux informes, couverts de poussière,”
«M. Baillairgé se mit à sortir et à secouer ces vieilleries qui eussent effrayé un chiffonnier, avec l’ardeur d’un antiquaire, disons mieux, avec le patriotisme d’un Canadien de bonne li-
“Son espoir ne fut pas déçu :—au milieu d’objets de toutes sortes, il vit briller un morceau de soie, une fleur de lis blanche, qu'il saisit avidement ; puis, tout ému, il retira des débris et déploya, dans ce réduit ignoré, le vaste et noble étendard suspendu jadis à la voûte d’une des plus belles églises de la Nouvelle-France (1), un des drapeaux, de nos glorieux ancêtres dans l’immortelle campagne des bords du lac Champlain ?”
“Chargé de sa précieuse relique, M. Baillairgé descendit auprès du frère Louis, en disant :— Voilà dix ans que je le cher-
che..…...je l'ai enfin trouvé : le voici !
“Le drapeau de Carillon est tout entier de soie et d’un tissu magnifique, Le fond en est vert très pâle (il a dû être bleu
(1) Eglise et Couvent des Récollets.
“Les pères récollets, écrivait Charlevoix, en 1720, ont une grande et belle église qui ferait honneur À Versailles.”
L'église et le couvent des récollets occupaient l'emplacement de l’église anglicane actuelle et partie de celui de la place d'armes (rond de chaînes). Le premier établissement de l'ordre, était situé à Notre-Dame les Anges (hôpital-général), près de la rivière Saint-Charles.
ciel autrefois,) avec une grande fleur-de-lis blanche, à chaque coin, ?
“IT porte les marques du passage de deux ou trois balles et il paraît avoir été lacéré par plusieurs coups de sabre.”
“Sur une face du tissu, au centre du drapeau, est un écusson aux armes de la France, surmonté du coq guulois ; au revers est la Vierge Marie tenant l'Enfant-Jésus dans ses bras.”
“Toutes ces figures :—les fleurs de lis, l'écusson et la Vierue, sont frappées où imprimées dans la soie,—les fleurs de Lis en blanc, et les autres figures, en différentes couleurs, —et sont de dimensions assez grandes (1).”
M. Baillairgé conserve chez lui le drapeau de Carillon,