‹ Notices biographiques [microforme] (volume 2)Chapitre 15 sur 39 · ARTICLE QUINZIÈME, FRERE DIDACE · texte numérisé non relu

ARTICLE QUINZIÈME, FRERE DIDACE

En 1883, mon onele Louis de Gonzague auquel javais

<‘andé la permission de faire photographier divers portraits

de famille qu'il a en sa possession, me les apporta avec un autre qu'il me présenta en disant :—

“En voici nn : c’est le portrait du frère récollet Didace Pelleer: mon père l’a ramassé dans le jardin de sa maison de la rue Saut-au-matelot À la basse ville, le 7 septembre 1796, lendemain de l'incendie de l'église et du couvent des Récollets”,

“Au moment de lincendie, un vent de sud-ouest, tres fort, s’éleva et transporta, jusqu’à la basse ville, des bardeanx enflammés et beaucoup de feuilles détachées des livres et manuscrits,

“ Sur lune de ces feuilles, était gravé ce portrait.” (D)

La gravure, dont un des coins a été entamé par le feu, est très bien exécutée ; elle représente le religieux dans lattitude de la prière, devant un crucifix, la main droite tenant un crâne, et la main gauche reposant sur la poitrine,

(1) L'incendie origina dans une écurie en arrière de la résidence du juge Dunn, sur la rue Saint-Louis. Son domestique Michel, un jeune nègre, avait reçu, en présent, un petit canon et en avait fait l’essai en dedans de Pécurie où il y avait du fourrage. Peu de temps après, l’écurie était en feu. C'était pendant un temps de grande sé cheresse, car il n'était pas tombé de pluie durant six semaines. Un vent violent entraîna des fragments de bardeaux embrasés qui mirent, trois fois, le feu à la couverture du couvent des Ursulines, mais on réussit À l’éteindre ; ils mirent aussi le feu au clocher de l'église des récollets ; le fen se communiqua presque aussitôt à l'église et an couvent qu'il fut impossible de sauver.

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Au bas de la gravure on lit :—“Le vrai portrait du très religieux frère Didace Pelletier (1), frère lay Récollet, natif de Sainte-Anne, en Canada, mort en odeur de sainteté, dans la mission de la Nouvelle-France, le 21 février 1699, âgé de 41 ans, et 20 de religion, et que Dieu honore par plusieurs miracles”.

En 1886, M. L. de G. Baillairgé ayant appris que son ami M. l'abbé Raymond Casgrain devait, vers la fin de l’année, se rendre à Paris, le pria de passer chez lui, dans l'espoir qu’il pourrait en obtenir quelques renseignements au sujet du frère Didace représenté sur la gravure.

L'abbé Casgrain étant allé chez lui, examina la gravure qu'il trouva très belle quant à l'exécution ; il examina ensuite l’inscription au bas de la gravure et en fut bien étonné.

“Je fus obligé, dit-il, d’avouer mon ignorance à M. Baillairgé, Je n’avais aucun renseignement à lui donner, mais je lui promis que je m’efforcerais d’en procurer.”

M. Baillairgé lui dit alors :—“Allez, cherchez et si vous trouvez la planche, faites réimprimer et je paierai toutes vos démarches et tous vos dépens.”

M. l'abbé Casgrain, avant de partir, désirait beaucoup avoir la gravure, mais mon oncle crut qu’il serait imprudent de la laisser

(1) Le frère Didace fils de George Pelletier et de Catherine Vanier, natif de Ste-Anne de Beaupré, est mort dans l’Hôtel-Dieu desservi, alors, par les Ursulines des Trois-Rivières; c’est là qu'il fut inhumé dans l’église des Récollets ‘qui depuis la cession du pays est devenue une église protestante ; il a été question d’y creuser dans le caveau pour retrouver le corps du frère, mais la chose ne s'est pas réalisée, jusqu'à présent.

Le frère avait été admis dans l’ordre, le 9 mai 1677, par ie R. P. Potentien Ozon, supérieur, qui lui donna l'habit religieux, en même temps qu'au R P. Joseph Dnis de la Ronle. C2: sont les premiers religieux du Canada. Dieu honora le frère Didace du don des miracles voir : —“Les Ursulines des Trois-Rivières”, par Sœur Marie de la nativité, supérieure, 1888, t. L.

Le frère Didace, suivaut le “ Cunada Français ”, vol. 1V, 1891, prit l'habit de Saint-François d’Assise, le 3 février 1679, et fit profession, le 5 février 1680.

sortir de chez lui, en cas de naufrage, d'incendie, ou d’autre accident,

M. l'abbé Casgrain eut occasion d'interroger M. l'abbé A. H. Verreau, le principal de Ecole normale de Montréal. Celui-ci, nous dit-il, ne connaissait pas la gravure, mais lui dit qu’il était en possession d’un petit manuscrit venant de M. Jacques Viger, et contenant une suite de procès authentiquessur la vie et les miracles du frère Didace, et il eut ‘a complaisance de lui en faire parvenir, peu de temps après, une copie, avant son

départ pour Paris.

Le 21 octobre 1887, la révérende mère supérieure des Ursulines des Trois-Rivières, désirant beaucoup avoir le portrait qu'elle savait être entre les mains da M, Buillairgé, à Québec, pour le faire reproduire, lui écrivit dans ce but, et reçut la let-

tre suivante, en réponse à la sienne :—

Madame la Supérieure,

Dans votre note du 21 courant, vous demandez de vous envoyer, par la malle, le portrait de mon Didace. Mais Madame y pensez-vous ? vous envoyer mon Didace par la malle !..

Vous ne voulez donc avoir, pour votre artiste, qu’un résidu de poussière ?

Didace est dans un état incapable de voyager, ni par terre, ni par mer. Îl est enfermé ## petto, comme messieurs les cardinaux, et y restera jusqu’à ce qu'il plaise au pape de l'en faire sortir.

Bref, quand l'abbé Casgrain est aïlé à Paris, l'hiver dernier, je l'avais chargé de se rendre au département des gravures, mais il craignait de le trouver réduit en cendres, par la révolution.

Allez, toujours, lui dis-je. Il y est allé, et, chose étrange à dire, après un espace de près de deux siècles, il y a trouvé la planche même sur laquelle mon Didace a été tiré, et en a de suite fait extraire quelques copies.

Il m'en a remis une qui vient de prendre la route de Rome, via Mgr Tanguay qui s’y rend pour son Dictionnaire Généalogique, et aussi comme porteur d’une requête du clergé d'Ottawa au Saint Père.

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Ah ! si c'était le couvent des Ursulines qui aurait fait faire les recherches, on crierait au miracle, madame la Supérieure, et l’on

dirait :—Oh ! c'est Drdace qui a fait trouver la #/anche |

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