‹ Notices biographiques [microforme] (volume 2)Chapitre 28 sur 39 · L. G. BAILLAIRGÉ · texte numérisé non relu

L. G. BAILLAIRGÉ

Avocat.

L'honorable Fabre, en publiant cette lettre dans le Puris- Cunada, journal imprimé à Paris, ajoute :—

“ Monsieur Baillairgé appartient à l’une des familles les plus fraitçaises du Canada. La haute distinction dont il vient d'être honoré, est

là digne récompense de sa généreuse action et un témoignage rendu à l'élévation des sentiments qui l'ont guidé.

La lettre du cardinal Taschereau fut suivie de son mandement daté de Québec, le 8 décembre ( fête de l’immaculée Conception), au sujet de l’université Laval, et de la chaire d’éloquence.

Dans le cours de son mandement, le cardinal cite la lettre de Léon XIII, dont il a été question plus haut, puis il ajoute :—

‘“ Le Pontificat de Léon XIII sera célèbre dans l’histoire de l’Eglise par la puissante impulsion qu’il a donnée ax études et par le zèle avec lequel il encourage tous ceux qui contribuent à l’éducation chrétienne et scientifique de la jeunesse catholique. Notre pays n’est pas oublié dans cette so'licitude admirable et universelle. Déjà à plusieurs reprises et suivant les traces de son prédécesseur l’immortel Pie IX, il avait donné à l’Université Laval des marques évi : ‘es de l'intérêt qu’il porte à cette institution si importante au bien de notre religion et de notre nationalité. Dans la lettre dont vous venez d’entendre la

lecture, il a voulu récompenser la générosité d’un de nos concitoyens lM

et exciter le zèle de ceux que la fortune favorise, à imiter un si bel exemple.

Quand on étudie l’histoire de toutes les grandes universités de l’Europe, on voit que les rois, les princes, les nobles, les riches de toutes

condicions et même des possesseurs de médiocres fortunes, ont tenu à ! honneur de fonder des chaires, de léguer des bibliothèques précieuses, M d'assurer, i des élèves peu fortunés, les moyens d’en suivre l’enseigne- M

ment.

Pourquoi, N.T.C. F, n’en serait-il pas de même parmi nous ?

Il est vrai que les grandes fortunes sont rares ; mais la foi est grande, la charité est ardente, le patriotisme en honneur. Ce qu’un seul ne ls peut faire, le nombre peut l’exécuter. Le fleuve majestueux, qui tra- # verse notre pays d’une extrémité à l’autre, est si large et si profond que M les plus gros navires peuvent le remonter jusqu’à une grande distance M de l'océan, parce que des milliers de petits ruisseaux sont venus lui |

apporter ieur humble tribut... ss

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Bien des families font élever, à grands frais, des monuments funè- Ms

bres dans nos cimetières. Nous ne blâmons pas cette pratique que la piété filiale inspire et que son antiquité recommande. Mais ces mo

numents, comme le remarque Léon XIII dans sa lettre, ne sont gucie 1 durables et dans tous les cas, les sentiments de regret qu’ils éveillent, !

deviennent de moins en moins sensibles, à mesure que ceux, qui ont connu le défunt, disparaissent, à leur tour, de la scène du monde.

Il en est tout autrement quand il s’agit de personnes qui, par leur!

libéralité, ont contribué au bien de la religion et de la patrie en favor risant, par des fondations, le bon et solide enseignement de lu jeunesse.

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Sans parler des vieux pays où l'on se fait un devoir religieux d'honorer les bienfaiteurs de l’éducation, Nous pouvons en citer des exemples frappants dans notre province de Québec. Les noms des fondateurs de nos principales institutions d'enseignement, sont gravés en caractères ineff»çables dans tous les cœurs ; le temps qui dévore tout, ne fait que rendre leur nom plus cher et plus célèbre. Chaque nouvelle génération qui participe aux avantages de ces bienfaits, bénit la mémoire de son bienfaiteur qui se trouve ainsi immortalisé par un monument plus durable que le marbre, car dit Léon XII, ‘il a mérité et ‘“ les louanges de ses comtemporains et les éloges de la posté- “ rité”. .

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La théologie, le droit, la médecine, les sciences et la littérature offrent un vaste champ à la générosité et au patriotisme de nos compatriotes catholiques de toute origine. Si la fortune d’un ami zélé de le haute éducation ne lui permet pas de fonder une chaire, il donnera de bon cœur son denier, en se rappelant que Dieu et la patrie lui en tiendront compte et que son obole, jointe avec d autres offrandes, fer: de grandes choses et immortalisera son nom.

Dans une audience accordée à 5on Eminence le Cardinal Siméoni, protecteur de l’Université Laval, le 5 septembre 1886, le Souverain Pontife, “ afin de donner un plus grand accroissement aux études et “ pour exciter les fidèles à venir en aide à l’Université Laval, par le ‘concours de leur zèie et de leurs contributions, a bien voulu accor- “ der, à tous les bienfaiteurs de cette université, une indulgence pié- ‘ nière à l’articie de 4 1ort.”

De son côté, le Séminaire de Québec, afin d'assurer davantage la réalisation des vœux du Souverain Porntife, a fondé à perpétuité une messe qui sera célébrée, chaque semaine, pour le bien spirituel et temporel des bienfaiteurs de notre Université Catholique.

Comme conclusion pratique de tout ce que Nous venons de vous exposer, N. T. C. F., Nous vous dirons d’abord. avec notre bien-aimé Souverain Pontife : Nous avons le ferme espoir aie le noble exemple donné par un généreux citoyen de Québec, seru ur. fort stimulant pour engager d'autres fidèles distingués par leur zèle et favorisés par la fortune, à bien mériter de la religion et de la patrie, en contribuant par leur libéralité à cette grande œuvre, si importante, qui fut de nos jours, d'un bon et solide enseianement de la jeunesse.”

Nous terminerons par un passage de la Sainte Ecriture qui résume et confirme pleinement tout ce que Nous venons de vous dire.

“ L'homme sage, dit’le Saint Esprit, instruit son peuple et le fruit de ‘“ sa sagesse est stable et fidèle. Il sera comblé de bénédictions et ceux ‘ qui le verront, le combleront de louanges. Il est vrai que les jours ‘d’un homme sont courts; mais les jours de son peuple sont innom-

“ brables, et l'honneur que le sage se sera acquis vivra éternellement.” (Eccli. XXXVIT. 25.)

Le 18 décembre 1886, M. Boucher de Labruyère publiait, dans “Le Courrier de Suint-Hyucinthe”, ce qui suit, au sujet de ce mandement :—

Ces paroles, appliquone-les également à nos collèges classiques et que chacun travaille à les fortifier et à les développer. Que ne pourrait pas faire la création de bourses pour permettre à nos institutions d'envoyer quelques professeurs étudier en Europe les matières qu'ils seront chargés d'enseigner ? Certains collèges le font au prix de sacrifices pécuniaires très onéreux pour eux ou les milles de ces professeurs ; d’autres sont incapables de le faire, mais personne ne niera les résultats bienfaisants qui en découleraient pour la jeunesse du pays et l’éclat de nos maisons enseignantes.

A plusieurs reprises, on a dit que le Canada avait reçu de Dieu une mission spéciale et qu'il était appelé à jouer en Amérique, le rôle de la France en Europe. Il est certain que la Providence nous protège, et nous ne pourrions mieux correspondre à Ses vues qu’en contribuant au bon et solide enseignement de la jeunesse.

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