‹ Notices biographiques [microforme] (volume 3)Chapitre 42 sur 78 · AU SUJET DE LA SUCCESSION DE JANE INNES · texte numérisé non relu

AU SUJET DE LA SUCCESSION DE JANE INNES

Lettre à ce sujet par A. Taylor Innes, un des membres du Barreau (Writer to the Signet), à sa cousine madame Birnie, sœur de madame A.-J, Mackenzie, Hamilton, Ontario. Je traduis de l'anglais : —

Edimbourg, No. 17, rue Albany.

26 août 1889.

Ma chère cousine,

Etant .-ve-1 à Edimburgh, après

avoir vu ma sœur qui vient de se mari r, une deuxième fois, à M. James, à Dorsetshire, j'ai reçu votre lettre du 15 courant, avec un memo apparemment par mon cousin A.-J., Mackenzie, Il à parfaitement raison quant à l'existence de la grande succession Innes.— Mademoiselle Jane Innes, qui mourut ici vers 1839, laissa trois millions de louis sterling ($15,000,000 ), partie en terres, et partie en argent, C’était une vieille fille, avec des travers, qui, — après avoir été avertie par son avocat, qu’il y aurait confusion si elle ne faisait pas un testament précis, — répondit : — “ Na! let the mites fight for the cheese ! !” —

du aie, ra-

(Non! laissez les vers se battre pour le fromage ! !) Ses propriétés, après quelques contestations, échurent à une famille nommée les “ Mitchell-Innes ” qui ont ensuite toujours résidé dans les environs de cette ville ; ceux-ci, pour établir leur réclamation contre la succession, en qualité d’héritiers les plus proches, ne purent trouver leur lignée qu’en remontant jusqu’au bisaïeul, ou jusqu’à un parent encore plus éloigné, de la vieille dame,

Tout cela était universellement connu ; mais, ces années passées, quelqu'un de notre nom, m'écrivit, avec la conviction, qu’il était un des plus proches héritiers. Je fis les recherches nécessaires, pour lui. Le résultat fut que sa réclamation n'était pas valide ; de plus, je me suis convaincu, incidemment, que nous, dans le Rosshire, ne descendons pas de celui par la lignée duquel les “ Mitchell-Innes ” ont hérité, et que nous ne descendons certainement pas d’un parent plus proche de Jane.

En sorte que, il n’y a aucune chance pour nous d'obtenir aucune partie de l’héritage, quand bien même on s’en serait occupé plus tôt ; à part de cela, il y a la prescription ou le laps de temps qui empêcherait les héritiers réels ou le plus proche d’entre eux, d’hériter, s’il en survenait,

Ainsi donc, dites à votre frère, en lui présentant mes amitiés et mes hommages, que je regrette, pour vous comme pour moi, que les vers se soient sauvés avec ce gros fromage, (fhut the mites ran away with this big cheese), il y a juste un demisiècle,

(Signé). A. TAyLoR INNrs, “Writer to the Sis ct”.

MADAME BIRNIE.

Hamilton, Onterio.

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Lettre pur A. T, Innes, M. A. avocat au sujet du Dr. John Innes, ancêtre de Madame P. Théophile F. Baillairgé, et au sujet des ancétres et héritiers de Jane Innes.

Edimbourg, No. 17 rue Albany.

29 Novembre 1889 MoN CHER MONSIEUR.

Un mois s’est écoulé depuis que vous avez été assez bon de m'écrire, mais j'ai tardé une semaine ou deux de vous répondre, dans l’espoir que je pourrais vous envoyer quelque renseignement ou suggestion, au sujet du point qui vous intéresse.

Je n’ai pu cependant trouver aucune trace du Dr. John Innes qui est né en Ecosse vers 1710, Postérieurement à cette date, vous avez pleine lumière, mais antérieurement, c’est l’obscurité.

Il est tout probable qu'il était un gradué en médecine d’Aberdeen, parce que le pays des Innes s’étendait de la rivière Spey, dans le sudest, jusqu’à la rivière Lossie, dans le nord-ouest. où se trouve encore le Manoir Innes (Innes House), quoique notre chef (Innes-Ker, le duc de Rosburgh), l’ait vendu depuis longtemps au prédécesseur du duc actuel de Fife : et Innes de Innes était le propriétaire héréditaire et le défenseur du château du roi ( King's Castle ), à Elgin, dont les fon. dations et les murs existent encore ; puis il y à tant d'anciens Innes qui dorment sous les voûtes de ia vaste et antique cathédrale en ruines d’Elgin, qu’on la nomme encore la “ Nef-Innes,” (Innes Aisle ). — Un de nos chefs,Sir Robert Innes,repose, sous la forme d’une statue, à demi couché, au-dessous de cette nef, et un des constructeurs de la cathédrale, l’évêque Innes, est aussi à ses côtés, avec ses habits pontificaux, en pierre.

Ce pays dont Elgin est le centre, a pour capitale la cité et l’université d’Aberdeen ; en sorte que, sile Dr. J. Innes était un gradué écossais, il a dû prendre ses grades à cette université, mais il est bien possible aussi qu’il ait pris ses grades à Edimbourg.

Notre nom, originant de ce centre local, s’est étendu jusqu’en Rossshire et Caithness, et quelques hommes qui le portent, ont parcouru le monde. Il y eut un cardinal Innes ; un des premiers antiquaires de l’Ecosse fut un Père-Innes.

Au temps de la Réforme (Covenanting time), les chefs de notre maison, étaient à la tête du mouvement en sa faveur, et pour cette raison, ils furent persécutés.

Je suppose que tous les Innes sont plus ou moins parents : mais je regrette de le dire, je n’ai pu découvrir de connexion entre ma lignée et celle de mademoiselle Jane Innes qui à laissé trois millions aux

Innes-Mitchell et à d’autres vers plus chanceux (other more ‘fortunate miles).

Elle a vécu (jusqu'à l’âge de quatre-vingt-dix) à quelques centaines de verges, de ma résidence actuelle, et je voyais, hier, le tombeau de son père dans le cimetière de “Greyfriars”.

Ses ancêtres n’avaient jamais laissé Moray ou Aberdeen ; les miens, au contraire, se sont séparés du tronc pour aller au Rossshire, à une époque reculée; et par suite de mariages, et aussi de chartes accordées par le roi Jacques IV, ilsy sont devenus seigneurs (lairds) d’Inverbreakie (aujourd’hui Invergordon) peu de temps avant la bataille de

‘Flodden, et ils gardèrent cette propriété jusqu’au retour de Charles IT,

en 1660,—alors qu’on leur imposa une forte pénalité et qu’on leur enleva tous leurs biens, (qui ne leur ont jamais été rendus) parce qu'ils étaient partisans de la Réforme (Covenanters).

(Le nom du mari de ma sœur, en Angleterre, dont vous vons enquérissez, n’est pas Innes,—mais James.)

Il est certainement possible que votre ancêtre, le Dr. John Ianes, soit parent des Innes-Mitchell, parce que ceux-ci et Jane Innes descendent tous de Gilbert Innes I qui a vécu jusqu’à 1755 :

Gilbert Innes I avait cinq fils (1) dont quelques-uns des descendants auraient eu des droits de priorité à la succession échue aux Innes- Mitchell si on avait pu en trouver.

Le Dr. John a pu être un cousin des fils de Gilbert I, et il en était certainement contemporain,parce que l’aîné des fils est né en 1703, et le plus jeune en 1717 ; tous sont nés, je suppose, sur la terre de leur père à Rora, en Aberdeenshire.

Voilà les points les plus saillants que je crois devoir vous faire connaître, en répondant à votre lettre.

Si vous désirez apprendre quelque chose de plus au sujet de notre clan (2) je vous recommanderais de vous faire acheter “The Innes Familie.” un volume, in quarto, édité par feu le prof. Cosmo Innes d'Edimbourg, que je pourrais me procurer, pour dix ou quinze chelins, dans un de nos magasins de vieux livres.

Si vous tenez beaucoup à établir le passé du Dr. John Innes, depuis quil a fait ses cours au collège médical, je pourrais en confier la tâche à quelque avocat d’Aberdeen ou à quelque antiquaire qui pourrait s’en acquitter sans vous causer trop de dépenses. Je suis avocat (barrister) moi-même, et je ne m'occupe pas, en pratique, de telles matières ; mais je ne perdrai de vue, ni votre lettre, ni le Dr. John Innes, et

@) L’Arbre généalogique en indique sept, dont deux étaient jumeaux (Alexandar et Robert).

(2) Tribu écossaise ou irlandaise formée de plusieurs familles,

dans le cas où je réussirais à en découvrir quelques traces, je vous en avertirai avec plaisir.

Je vous souhaite beaucoup d’agrément dans votre étude généalogique.

Vous verrez par le feuillet que je vous inclus, que j'ai fait un effort moi-même, pour acquitter ma dette envers ma profession, par une contribution à sa littérature.(1)

Je demeure, avec les meilleurs souhaits

Votre tout dévoué,

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