VOYAGE A MONTRÉAL ET A ST.-BENOIT
En 1846, lorsque les travaux du nouveau portail de la vieille cathédrale furent achevés et que ceux du nouveau palais épiscopal allaient bientôt commencer, il se décida, contrairement à ses habitudes, à prendre une vacance ; il en profita pour faire un voyage auquel il pensait dèpuis bien des années, celui d'aller voir la ville de Montréal qu'il n'avait jamais vue, et de se rendre ensuite au village de St.-Benoît pour y visiter son cousin le notaire J, J, Girouard, l’ancien représentant du comté du Lac des Deux-Montagnes sur l'Outaouais.
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Montréal,
Comme il m'avait prévenu de sa visite, j'allai le rencontrer à bord du bateau à vapeur, le jour de son arrivée, Il passa deux ou trois jours à Montréal dont nous pacourûmes les quartiers les plus intéressants ; il examina avec beaucoup d'intérêt l'église gothique de Notre-Dame, la plus grande en Amérique, puis le port avec sa vaste rangée de magasins, ses quais et le magnifique rempart de maçonnerie qui les borde et qui s'élève à une hauteur de près de vingt pieds, en arrièe, sur un parcours de près d’une lieue, Nous examinames ensuite le canal Lachine avec ses vrandes écluses et ses bassins tous revêtus de belles et massives murailles en pierre. Ce qui le surprit le plus, pendant nos excursions, c’est que toutes les grandes construcsions étaient en pierre de taille à assises régulières, comme l'étaient aussi le plus grand nombre des édifices.
Saint-Benoit
Il se rendit ensuite à St-Eustache où il se reposa un peu des fatigues de la route qu’il venait de parcourir sur l’île de Montréal et l’ile Jésus, en passant par les villages de St-Laurent, St- Martin et Ste-Rose. Quelques lieues de plus ; enfin il put voir la terre promise à laquelle il rêvait depuis plus de dix ans ; plus heureüx que Moïse, il put enfin y entrer, et revoir l'ami, le parent, qui l’attendait si impatiemment.
St.-Benoît s'était relevé de ses cendres ; M. Girouard occupait la nouvelle maison qu'il avait érigée sur le même site que celle où Sir John Colborne, en 1837, avait couché avec ses officiers, et que ses soldats pillèrent et incendièrent après son départ,
M. J. J. Girouard et les divers membres de sa famille, accueillirent leur nouveau visiteur avec un joyeux empressement. On le promena et on le fêta, pendant toute une semaine, tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre, jusqu’au moment de son départ. On ne lui permit pas cependant de partir sans
leur laisser son portrait qu’ils firent dessiner au crayon par le cousin Girouard.(1)
Il revint heureusement à Québec, enchanté de son voyage et surtout de sa réception si cordiale, à St.-Benoît par les Girouard, les Félix, les Dumouchel, les Lemaire et les Pelletier.