Gazette, 1747, p
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de vent n'obligeait l'escadre ennemie de se retirer et si, à ce coup de vent, ne succédait un calme qui tint les Anglais éloignés pendant douze heures. Ces deux hasards heureux étant enfin arrivés, le signal fut donné hier (25 mai), à sept heures du matin, et loutes les troupes destinées pour l'attaque, s'étant embarquées, partirent en deux divisions, précédées chacune de 2 galères, de ? felouques et de 6 chaloupes armées, La division de la gauche, sous les ordres du sieur de Chevert, maréchal de camp, lequel était chargé en chef de la conduite de l'entreprise, arriva la première à la pointe orientale de l'ile de Sainte-Marguerite. Peu de temps après, la division de la droite, suivie du convoi d'artillerie et de munitions, aborda à l'ouest de cette île et de celle de Saint-Honorat.
Le canon des galères, que commandait le chevalier de Pilles, chef d'escadre, tira avec beaucoup de succès sur tous les postes de la côte ; mais les ennemis ne les abandonnèrent, pour s'enfuir dans le fort de Sainte-Marguerite et la tour de Saint-Honorat, que lorsqu'ils virent nos troupes mettre pied à terre, Il était important de placer promptement de l'artillerie aux extrémités des deux iles, afin de pouvoir éloigner les vaisseaux anglais lorsqu'ils reviendraient, Ge travail fut suivi avec une telle activité qu'en trois heures il y cul a l'est et à l’ouest plusieurs pièces de canon et deux mortiers en batterie.
Les troupes s'étant mises à couvert du côté de la mer par des épaulements, et ayant occupé tous les postes convenables, celles qui devaient attaquer la tour de Saint-Honorat s'en approchèrent, tandis que les quatre galères la canonnaient, Le commandant se rendit prisonnier de guerre avec sa garnison, composée de 60 hommes. Lorsque nous fûmes maitres de l'ile de Saint-Honorat, tout le convoi entra dans le canal du Frioul, qui la séparede celle de Sainte-Marguerite. On commeva à bombarder de ce côté le fort de cette dernière ile, contre lequel, du côté de la terre, la batterie de la Croiselte faisait un feu très vif,
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Sur le refus que le commandant du fort fit de se rendre, le chevalier de Belle-Isle, que le sieur de Chevert infornia de l'état de l'attaque, ordonna d'établir des batteries a 180 toises du corps de la place, et, le lendemain, à la pointe du jour, deux, dont l'une était de 4 pièces de canon, de 24 livres de balles, l’autre de 2 pièces à ricochet, furent en état de tirer,
A six heures du matin, le commandant du fort fut sommé une seconde fois; mais, ayant découvert 6 vaisseaux anglais, il dit qu'il ne pouvait donner de réponse qu'à cinq heures du soir, Vers midi, 8 vaisseaux des ennemis arrivèrent à la pointe de l'est, Aussitôt qu'ils eurent essuyé quelques décharges de nos batteries, ils revirèrent de bord et prirent le large. Etant demeurés en panne le reste du jour, ils furent spectateurs de la capitulation du fort, par laquelle le commandant et sa garnison, consistant en 450 hommes, sont prisonniers de guerre,
Après ce succès, Chevert prit part aux opéra- Hons qui eurent pour résultat de chasser les Autrichiens &e la Provence ; puis il se trouva au passage du Var (3 juin), à la prise de Montalban, de Nice, de Villefranche et de Vintimille, L'ennemi, ayant essayé de reprendre Vintimille en le bloquant, fut attaque el battu (20 octobre); Chevert se distingua particulièrement dans cette dernière affaire,
En 1748, le 40 mai, Chevert fut fait lieutenant général; mais il ne fut déclaré qu'au mois de décembre.
La déplorable paix d'Aix-la-Chapelle (14748) ayant terminé la guerre de la Succession d'Autriche, Chevert
fut envoyé, en 1749, commander sur la Sarre. « Veiller
1, Gazette, 1747, numéro du 4 novembre.
sur la frontière au maintien de l'ordre et à l'observation
des traités, correspondre avec les Etats ve‘sins, tenir les
troupes dans la discipline, n'étaient pas * als objets à remplir, Après une longue guerre, il € “la sagesse
du gouvernement de réformer les abus, de corriger et de perfectionner notre lactique comparée sans prévention avec celle des étrangers!, d'ajouter au code militaire de nouvelles ordonnances, Le ministre avait pris, sur différents projets, l'avis des officiers généraux les plus expérimentés; l'ordre fut donné pour assembler des camps de paix, afin de faire des essais où pour former des troupes à ce qui était décidé?, »
Trois camps d'instruction furent formés en 1753, sur la Sarre, à Metz et à Pontoise, Celui de la Sarre fut commandé par Chevert: il était composé de plusieurs régiments de cavalerie et de deux régiments de dra-
ons”,
En 4754 (28 mars), le roi nommait Chevert commandeur de Saint-Louis, En 1755, Chevert commanda le camp de Richemont, sur la Moselle: 11 resta employé au Pays Messin, jusqu'à la guerre de Sept Ans.
Lorsque la guerre éclata, Chevert fut placé sous les ordres du maréchal d'Estrées qui commandait l'armée d'Allemagne. À la bataille d'Hastenbeck*(24juillet1757), si le maréchal d'Estrées remporta la victoire, il le dut
1. Des Prussiens, de la cavalerie légère des Autrichiens, etc.