‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 64 sur 143 · Le roi de France · texte numérisé non relu

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Û Déjà letraité d'Utrecht (art, 10) avait stüipulé que Acadie! 3 1h % entière serait cédée aux Anglais el qu'une commission fixerail les limites fort ncertaines de celle presqu'ile. I fallait toute la mauvaise foi anglaise pour trouver incertaine une chose qui était évidente, L'Acadie incontestablement ne se composait que de la presqu'île, et f ses Hinites étaient la mer qui l'entoure et listhme qui la ratlache au continent. Les Anglais prélendirent déjà que FAcadie comprenait, comme dépendances, les bassins du Saint-Jean, du Penobscot et du Kennebecky, c'est-à-dire Le Nouveau-Brunswick et le Maine aeluels, Ces prétentions n'avaient pas le sens commun; mais elles avaient pour but de réunir FAcadie à la Nouvelle- Angleterre et de nous enlever un lHitloral important pour nous, en ce que le Canada continuait à être baigné par l'Atlantique. Interrompues par la guerre de la Succession d'Autriche, les prétentions des Anglais reparurent aux con-

férences d'Aix-la-Chapelle, et il fut stipulé de nouveau qu'une commission réglerait la question des limites. : M. de la Galissonnière fut l'un des deux commissaires

RES: francais?.

PORT Mais avant même que la commission fül assemblée,

HEURE 2, La commission publia différents mémoires : Mémoires des ge ROME à Commissaires du Roi et de ceux de S. M. Britannique sur les posses- RO | sions et les droits respectifs des deux Couronnes en Amérique, avec 7 | Wa ae les actes publics el pièces justificatives, Paris, 1755, 3 vol. in-40,

f ‘ — Mémoires contenant le précis des faits, avec leurs pièces justifi- Lt

[a SAT I: a 1. Nouvelle-Ecosse des Anglais. ;

Î catives, pour servir de réponse aur OBSERVATIONS envoyées par { Las les Ministres d'Angleterre dans les Cours de l'Europe, Paris, 1756, in-4°.

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les colons anglais, surtout ceux de la Virginie, décidés à nous faire la guerre, envahirent notre lerriloire, non seulement dans les terres qu'ils réclamaient comme dépendances de FAcadie, mais encore sur des terres qui appartenaient certainement à la France,

Une compagnie d'actionnaires anglais el virginiens s'était formée en 1748 pour coloniser la vallée de lOhio!, el, en 1750, le parlement anglais lui avait concédé 600,000 acres de terrain, dans lesquels la compagnie avait aussitôt envoyé ses agents et établi des colons, La vallée de FOhio était cependant une terre bien francaise; la Belle-Rivière avait été découverte en 1670 el 1674 par Cavelier de la Salle, qui en avait pris solennellement possession au nom de Louis XIV, Mais les colons anglo-américains voulaient devenir les seuls maitres de l'Amérique, se servir d'abord des Anglais pour chasser les Francais, el se servir ensuite des Francais pour chasser les Anglais. En attendant la mise à exécution de leur second dessein, ils exéculaient leur premier et ne tenaient aueun compte des traités et des droits acquis.

En même temps que la Virginie s'établissait dans la vallée de l'Ohio, le gouvernement de l'Angleterre réclamait comme dépendances de l'Acadie lout le pays compris entre l'Atlantique, le Saint-Laurent et le lac Ontario, et prétendait réduire le Canada aux pays situés au nord du Saint-Laurent et des grands lacs,

{. Grand affluent du Mississipi, appelé par les Ganadiene la Belle- Riviere.

Les Francais opposaient aux demandes des Anglais l'article 9 du traité d'Aix-la-Chapelle, qui stipulait que toutes choses seraient remises sur le même pied qu'avant la guerre, Or, avant la guerre, les Anglais ne possédaient PAcadie que jusquà listhme, et ils n'avaient pas d'établissements dans la vallée de l'Ohio, On discula pendant cinq ans; mais les débats de la commission des frontières ne produisirent d'autres réaultats que les in-quarto dont nous donnions les titres tout à l'heure; il devint impossible de s'entendre, parce que, les arguments francais étant sans réplique, on n'y répondait que par des objections de La plus insigne mauvaise loi.

M. de la Galissonnière croyait avec raison que l'isthme de l'Acadie et les monts Alléghanis étaient les vraies frontières de la Nouvelle-France, que la domination anglaise devait s'y arrêter et qu'il fallait absolument, pour le salut de la colonie, empêcher les colons anglais de franchir leurs anciennes limites, les Alléghanis el l'isthme Acadien, et de s'établir dans les vallées de l'Ohio et du Saint-Laurent.

Décidé à maintenir les droits de la France, le gouverneur se prépara à repousser par la force toute tentative des Anglais. Il fit construire ou augmenter deux forts sur l'isthme de l'Acadie, les forts des Gaspareaux et de Bauséjour, et s'efforca d'attirer les Acadiens sur le territoire francais, afin de donner à cette frontière une population capable de la défendre.

1. De leur côté les Anglais y élevèrent le fort de Beaubassin

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Il éleva sur le Saint-Laurent, entre Montréal et le fort Frontenac, le fort de la Présentation pour s'assurer du fleuve et maintenir les froquois; on construisit sur le lac Ontario le fort Toronto pour relier le fort Frontenac el Détroit, Iexista dès lors, de Québec au Mississipi, une grande ligne de postes militaires qui assuraient Les communicalions entre le Canada el la Louisiane, Elle se composait de Québec, Montréal, la Présentation, Frontenac, Toronto, Détroit, fort des Miamis, fort Saint- Joseph, Chicago, fort Crèvecœur sur Finois et fort de Chartres sur le Mississipi, première dépendance de la Louisiane, En avant de cette ligne, entre le lac Ontario el le Mississipi, eLen suivant le cours de l'Ohio, on éleva une autre série de postes militaires destinés à fortifier notre frontière, à nous assurer la possession de l'Ohio et à empécher les Anglais de s'établir au delà des Alléghanis, Cette ligne de postes avancés commencait au fort Niagara! et se continuait par le fort Presqu'ile sur le lac Erié, le fort de la Riviére-aux-Bœufs et le fort Machault?. Plus lard on éleva le fort Duquesne sur l'Ohio.

M. de la Galissonnière réorganisa la milice et la porta à 12,000 hommes, Il s'atlacha les Indiens, qui nous fournissaient, malheureusement en trop petit nombre, d'excellents éclaireurs et de braves soldats, En méme temps il envoya un détachement de 300 hommes dans la vallée de l'Ohio pour en chasser les trailants et

1. Situé un peu au nord de Ja chute du Niagara. 2, Sur un affluent de l'Alléghany, une des deux branches qui forment l'Ohio.

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les colons anglo-américains, avec ordre de reprendre possession du pays d'une manière solennelle,

Au mois d'août 1752, M, de la Galissonnicre fut remplacé par M, de la Jonquière, marin distingué, qui mourut la méme année, et le successeur de ce dernier fut le marquis du Quesne, pendant l'administration duquel la guerre éclala entre les Francais et les Anglo- Américains,

A son relour en France, M, de la Galissonnicére ful fait chef d'escadre et commandeur de Saint-Louis!, On le nomma directeur du Dépôt des cartes et plans de la Marine, Il en augmenta les richesses et il sut obtenir d'un certain nombre d'officiers qu'ils se livrassent à l'étude de l'astronomie, afin de pouvoir déterminer avec exactitude les positions géographiques et permettre de dresser de bonnes cartes, L'impulsion donnée par M. de la Galissonnière produisit les voyages scientifiques de Chabert? et de Bougainville, En 1752, la Galissonnière lutaussinommé associé libre de l'Académie des sciences: on à plaisir à voir ces officiers distingués membres de l'Académie, ce qui ne les empèche pas d'être de vaillants marins et de battre l'ennemi à l'occasion.

Pendant les années 1754 et 4755, il commanda deux escadres d'évolutions dans l'Océan et la Méditerranée,

el enseigna aux officiers placés sous ses ordres la lac-

1, Gazelle de France. — Table.

2. Le marquis de Chabert (né en 1724, mort en 1805), officier de marine et astronome, devenu directeur du Dépôt des cartes et plans de la marine, et, en 1792, vice-amiral. Aussi brave que savant, M. de Chabert se distingua pendant la guerre d'Amérique.

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Uique navale qu'il avait profondément étudiée et qu'il allait bientôt mettre en pratique, En 1755, le Roi le nomma lieutenant général des armées navales!,

En 1756, lorsqu'éclata la guerre avec FAngleterre, une escadre fut armée à Toulon afin de débarquer dans Mile de Minorque un corps de troupes el protéger le siège de Port-Mahon que l'on voulait enlever à l'Anglelerre, M, de la Galissonnière eut le commandement de cette escadre, mit à la voile de Toulon, le 42 avril, escorlant 450 bâtiments de transport, sur lesquels étaient embarqués 12,000 hommes de troupes placés sous le commandement du maréchal de Richelieu, On débarqua, le 18 avril, à Ciudadela? et on se porta aussitôt sur Port-Mahon, que lon prit sans coup férir, les Anglais s'étant relirés dans le fort Saint-Philippe.

Port-Mahon’, silué à l'extrémité orientale de File Minorque, est un port excellent, dont la sûreté est telle qu'elle a donné naissance au dicton populaire : « Port- Mahon, juin, juillet et août sont les meilleurs ports de la Méditerranée », Port-Mahon avait été cédé par l'Espagne à l'Angleterre au traité d'Utrecht (1743), Gibraltar el cetle position assuraient aux Anglais la domination du bassin occidental de la Méditerranée, et Port-Mahon entre leurs mains était un voisinage inquiétant pour Toulon, L'Angleterre avait fait de sa nouvelle acquisi- Lion un nouveau Gibraltar, Port-Mahon était défendu

1. Gazelle du 27 septembre 1755. — Léon Guérin dit a tort qu'il u'oblnt jamais ce grade (IV, 359).

2, Petite ville à l'ouest de Minorque.

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