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de Saint-Louis et lui donna 8,000 livres (24,000 francs de pension, comme récompense de sa victoire,
Pendant ce temps, le siège du fort Saint-Philippe se continuait. Les travaux d'approche avaient été conduits avec peu d'habileté on allait arriver au fossé, mais nos batteries n'avaient ouvert une brèche nulle part dans ce bloc de rochers, Le maréchal de Richelieu résolut d'en-
lever la place par un coup de main, par un assaut
L général, C'était insensé, étant donné que les fossés ï n'étaient pas comblés, que partout ies murs élaient Y debout ; mais la bravoure des soldats du maréchal lui Le donna raison, el ses grenadiers enlevérent le fort. di Déjà il avait obtenu d'eux qu'ils cessassent de S'enivrer, Le vin d'Espagne avait développé livrognerie à is un point tel que les punitions les plus sévères étaient | es devenues impuissantes, Quelques colonels! eurent l'idée {,
de mettre à l'ordre du jour : « Celui qui S'enivrera n'aura pas l'honneur de monter à la tranchée », el
l'ivrognerie cessa.
U, Dans la nuit du 27 au 98 juin, à dix heures du soir, ui on lanca sur Saint-Philippe quatre colonnes, qui allèrent à à l'assaut de cette place imprenable avec une impétuo- Ju <ilé sans égale, Les échelles furent mises au pied des murs, el Es chacun y monta en bravant le feu des ennemis qui élaient accourus sur les remparts. Queiques échelles se ils lrouvèérent trop € tes, parce qu'on ne les avait faites sans doute que sur des conjectures, n'ayant pas voulu «ac es,
|. ROCHAMBEAU, Mémoires, 1. 82,
approcher assez près des remparts pour ne pas faire soupconner quelque chose à l'ennemi. Nos soldats suppléèrent à cet inconvénient; leur baïonnette vint à leur secours ; ils la plantaient dans la jointure des pierres et s'y tenant d'une main et tirant de l'autre, ils parvinrent au haut des remparts. Quelques-unes de ces baïonnettes cassèrent, et ceux qui s'y étaient fiés Ltombèrent dans les fossés. L'ardeur qui les emportait les empêchant de sentir le mal qu'ils s'étaient fait en tombant, ils revinrent aux échelles, et grimpant sur les épaules de leurs camarades, ils parvinrent ainsi au haut des murs.
« Le feu, de part et d'autre, fut des plus violents ; nos soldats le soutinrent avec une valeur étonnante ; les Anglais en furent effrayés et eurent recours aux derniers expédients ; ils firent jouer quatre fourneaux de mines, qui engloutirent 50 de nos soldats. Ceux qui restèrent n'en devinrent que plus intrépides; ils s'avancèrent comme des lions, et tantôt se servant du mousquet, tantôt de la baïonnette, ils renversèrent ce qu'ils purent trouver! »...
Tous les assauts réussirent; tous les ouvrages attaqués tombèrent en notre pouvoir. Ces ouvrages avancés communiquaient avec la place par des souterrains, à l'aide desquels les Anglais s'échappèrent. On les y poursuivit, mais on ne fit que quelques prisonniers. Toutefois on s'empara du second commandant de la
1. Journal historique de la conqueéte de Minorque, 1756, petit
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place sur lequel roulait tout le soin de la défense, et ce fut surtout la prise de cel officier qui décida le général Blakeney, commandant en chef, à capituler.
Le 29 juin, la capitulation était signée, La garnison, de 2,963 hommes, obünt les honneurs de la guerre cet lut envoyée, sur des bâtiments de transport, à Gibraltar. On trouva dans la place 244 canons, 79 mortiers, 40,000 boulets, 25,000 bombes, 70 milliers de poudre. La place était en très bon état, L'ennemi n'avait cu que 200 hommes Lués ou blessés,
L'assaut nous avait coûté 95 officiers et 400 soldats tués où blessés,
La prise de Saint-Philippe produisit en Angleterre une indicible fureur, L'amiral Byng fut traduit devant un conseil de guerre, condamné el fusillé le 44 mai 1757. Les Anglais avaient commencé la guerre contre la France en vrais pirates ; il fallait que leurs amiraux fussent vainqueurs ou se fissent tuer sur leur bord,
Mais 11 faut revenir à M. de la Galissonnière!, H avait fait cette campagne malgré l'avis des médecins et en obéissant au sentiment du devoir. Malade depuis longtemps?, il revint en France et se démit du comman-
1. Je ne pouvais pas mettre dans ce livre une notice sur l'impur maréchal de Richelieu, et lui donner une place parmi les grands généraux du xviie siècle, Je ne pouvais, d'autre part, ne pas parler de la prise du fort Samnt-Philippe. J'ai done placé l’histoire de ce beau fait d'armes dans la notice consacrée à La Galissonnière, le premier auteur du succès, dû à la victoire qu'il avait remportée, et sans laquelle le siège et la prise du fort Saimt-Philippe eussent êélé impossibles,
2, I était hydropique.
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dement de son escadre!, I voulut se rendre à Fontaine- AE bleau où était la Cour; mais il mourut en chemin à | Nemours, le 26 octobre 1756. On dit que Louis XV déclara qu'il attendait M. de la Galissonnière pour Jui
remettre le bälon de maréchal.
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X D LE MARQUIS DE MONTCALM ! pi LIEUTENANT GÉNÉRAL.
Défense du Canada (1766-1759)
Louis-Joseph, marquis de Montcalm-Gozon de Saint- Véran, naquit, en 1712, au château de Candiac, près de Nimes, d'une très ancienne famille du Rouergue. VU « M. de Montcalm employa ses premières années à A l'étude des langues, et personne n'était plus versé dans ‘a la littéralu,, grecque el latine, La mémoire est la 4. nourrice de l'esprit, et celle de M. de Montcalm était si heureuse, qu'il n'oubliait rien de ce qu'il avait appris
i. Gazette. — Table.
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une fois, Il a conservé le goût de l'étude au milieu de lous ses travaux: et parmi les agréments de sa retraite, il comptait pour beaucoup lespérance d'être recu à l'Académie des Belles-Lettres!».
A l'âge de treize ans, Montcalm entra dans le régiment de Hainaut-Infanterie, duquel son père était lieutenant-colonel, y devint capitaine, Son régiment était resté en France pendant la guerre de Bohême; Montcalm partit du fond du Languedoc et alla faire toute celte guerre comme aide-de-camp de M. de la Fare (741-4742), En 1743, il fut fait colonel du régiment \uxerrois-Infantcrie.
« Dans les grades inférieurs, Montcalm se distingua par une ardeur et une application sans relâche, attentif à recueillir dans chacun de ces emplois les lumières el l'expérience qui leur sont propres el qui composent par degrés le système de l'art militaire,
« Devenu colonel, la connaissance qu'on avait de ses ialents et de son activité Lui fit confier, dans toutes les occasions, des commandements particuliers, etil y soulint avec éclat la réputation qu'il avait acquise. Il recut trois blessures à la bataille sous Plaisance, donnée le 13 juin 1746; et, comme il se faisait guérir à Montpellier de deux coups de sabre à la tête, il apprit que on régiment marchait pour aller attaquer le poste de
. Eloge historique de M. le marquis de Montcalm, dans le Merde France, janvier 1760. — Cette notice me paraît être ivre de M. Doreil, commissaire des guerres en Canada et fort rec Montcalm.
‘ette bataille fut livrée aux Autrichiens par l'armée franco aole, qui fut battue.
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1956 LE MARQUIS Dé MONTCALM,
l'Assiette, où M, le chevalier de Belle-Esle fat tué (4747), I part, la Lèle enveloppée, et, ses blessures encore ouvertes, joint son corps, se trouve à l'attaque et y recoit deux coups de feu.
« Mais c'est en Amérique surtout que les qualités de ce grand capitaine ont paru dans tout leur jour, C'est là qu'il a fait voir à quel degré il réunissait la bravoure du soldat et la grandeur d'âme du héros, la prudence du conseil et l'activité de l'exécution, ce sang-froid que rien n'altère, cette patience que rien ne rebute, et cette résolution courageuse qui ose répondre du succès dans des circonstances où La Uimide spéculation aurait à peine entrevu des ressources,
« C'est là qu'au milieu des Sauvages, dont il était devenu le père, on l'a vu se plier à ieur caractère féroce, s'endurcir aux mêmes travaux et se restreindre aux mêmes besoins, les apprivoiser par la douceur, les attirer par la confiance, les attendrir par tous les soins de Fhumanité compalissante et faire dominer le respect et l'amour sur des àmes également indociles au joug de l'obéissance et au frein de la discipline militaire.
« [était venu à bout de les conduire sans leur donner du vin, ni eau-de-vie, ni méme les choses dont ils avaient un besoin réel, et dont on manquait à l'armée ; mais 11 avait le plus grand soin de leurs malades et de leurs blessés. Il connaît, disaient-ils, nos usages et nos manières comme s'il avait été élevé au milieu de nos cabanes”,