‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 96 sur 143 · INS, IL · texte numérisé non relu

INS, IL

déplorable : attaqué par les Anglais avec des forces au moins six fois plus considérables que les nôtres, pillé audacieusement par l'intendant Bigot, en proie à la famine et à la misère, abandonné par le gouvernement de Versailles et par l'opinion publique, la colonie aurait déjà succombé sans l'énergie de Montcalm, de ses lieutenants et de ses soldats, et sans l'héroïsme des colons. Montcalm envoya Bougainville en France réclamer des secours.

Louis XV les refusa. Il était battu partout : en Allemagne, dans l'Inde, sur mer. En vain Bougainville remit-il au Roi et à ses ministres, cartes, plans et mémoires. Louis XV lui donna néanmoins la croix de Saint- Louis et le brevet de colonel; mais le ministre de la marine, Berryer, Le recut mal et lui dit : « Eh, monsieur! quand le feu est à la maison, on ne s'occupe pas des écuries. — On ne dira pas du moins, monsieur, que vous parlez comme un cheval », répliqua Bougainville®.

L'envoyé de Montcalm finit par obtenir cependant l'envoi de 600 hommes en Canada et de quelques bàtiments chargés de vivres et de marchandises,

Revenu auprès de son général, Bougainville prit part à la défense du camp de Beauport et à la bataille de Montmorency, dans laquelle le général anglais Wolf fut battu; mais il ne put se trouver à la première bataille de Québec, Montcalm ayant été obligé de le détacher avec 3,000 hommes pour surveiller les mouvements de l'ennemi, maître du fleuve, Wolf tourna la

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