de madame la comtesse de maure a m. lb mareschal
d'alrrrt.
Du janvier 1656 (î).
Bien que ce ne soit pas une fort mauvaise rencontre pour des gens qui ont autant d'occupation que vous en avez, et qui n'ont pas encore le goust de la solitude, que de ne pas trouver les h ermites que par quelque bienséance ils viennent chercher; il me semble qu'il ne faut pas laisser de vous faire des excuses
(!) Ms. de Conrart, t. XI, in-f>, p. 290. (2) Ms. de Conrart, t. XI, ln-f«, p. 289.
de ce que vous ne m'avez pas veue après ce que vous m'aviez fait l'honneur de me mander l'autre jour. Je n'ay peu éviter de donner un rendez-vous pour une affaire qui m'obligeoit de m'enfermer, et j'ay pensé vous mander quelque chose pour vous empescher de venir. Car je vous avoue qu'il m'a passé par l'esprit que cela pourroit arriver; mais j'ay trouvé que je n'ensse seu vous rien mander qui ne vous engageast à prendre cette peine-là une autre fois et qu'il falloit pluslost essayer de vous l'épargner. Dans l'incertitude que vous vinssiez, j'ay oublié de mettre ordre qu'on vous offrît de voir Mademoiselle de Vandy, ce que nous avons appris qu'on vous a aussi refusé. Voilà dans la vérité comme la chose s'est passée. Je pense que vous ne doutterez ny de son regret, ny du mien. Mais enfin voyez ce que c est que du monde. M. de la Rochefoucaut est venu céans deux fois depuis quinze jours ; et au bout de trois mois que M. le mareschal d'Albret y vient, on le renvoyé parce que je suis enfermée avec M. le commandeur de Jars. 11 me semble que quand on verra M. le duc d'Orléans au Louvre, ce ne sera pas encore un si grand changement. Quoy qu'il en soit, vous voyez bien que vous estes quitte de me vouloir rapporter la lettre et que sans rien faire contre une extrême civilité, vous pouvez me la renvoyer quand vous n'en aurez plus à faire.