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mencement; on estime qu'il faut de 5 à 10 kilogs de graines à l’hectare,
Si la chose est possible, on pourra semer le jute en pépinière et planter les jeunes plants à leur place définitive à une dizaine de centimètres les uns des autres: on sera assuré dans ces conditions d’une plantation régulière. Après le semis, on hersera légèrement le sol afin d’enterrer la graine, puis on passera le rouleau pour l’entasser; de cette façon la graine germée pourra mieux supporter les pluies et ne se dessèchera pas aussi facilement.
On peut laisser, après semis, le champ à lui-même, il n’est pas nécessaire d’écarter les mauvaises herbes. Le jute se développe assez rapidement et pour obtenir une bonne récolteilfaudra, quand les plantes mesureront de 20 à 30 em. éclaircir les rangs afin d’avoir entre les plants définitifs un écartement de 8 à 15 cm., suivant les conditions ambiantes.
Si la culture du jute est faite sur un terrain exposé à de fortes pluies, il faudra commencer les semis environ deux mois avant les pluies, afin que la plante ait atteint un certain développement lors des grandes chutes d’eau; très sensible à la pluie dans le jeune âge, le jute n'en souffre plus guère quand il à atteint environ 60 em. de haut, bien entendu si l'écoulement de l’eau est possible.
Si les conditions climatériques sont favorables, au bout de deux à quatre mois le jute peut atteindre 3 métres environ de haut; on à même observé des tiges qui, dans des conditions très favorables, mesuraient au bout
de trois mois, 4,50 de haut. La récolte se fait généralement au bout de trois à quatre mois; elle doit, en tous cas, être faite au moment de la floraison et avant la fructification, car si, à ce dernier stade, la plante donne plus de fibres, ces dernières perdent en finesse et surtout en brillant, et valent par suite beaucoup moins sur les marchés. Les fibres obtenues d’une plante non fleurie sont faibles et de qualité inférieure.
Si l’on veut faire la culture du jute, on devra tàcher de se procurer des graines de la variété asiatique « Attarija +; elle se distingue par ses tiges blanches, et donne, par les méthodes actuelles de récolte, les fibres les plus estimées dans le commerce.
A maturité, les tiges sont coupées à 10 em. environ au dessus du sol et liées en bottes de cinquante à soixante tiges, les tiges classées suivant leur longueur. La récolte se fait à la main, mais elle se ferait avec avantage à l’aide d'une moissonneuse. Les bottes sont, en général, laissées en tas sur le champ, exposées à l'humidité et au soleil, jusqu'à ce que les feuilles soient tombées. Cette exposition à l'air blanchirait les fibres; dans certaines régions on préfère cependant opérer le trempage immédiatement après la coupe.
Le rouissage se fait par simple immersion dans l’eau, soit stagnante, soit courante; cette dernière donne naturellement des résultats bien meilleurs. Le trempage dans l’eau stagnante et surtout dans une eau très chargée de matières en décomposition, enlève le lustre, la finesse et la couleur de la fibre, tout en accélérant le r'ouissage.
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Le rouissage se fait en couchant les bottes à plat dans l'eau ou en les plaçant droites, les parties basilaires, qui sont plus difficiles à séparer, dans le fond, les parties supérieures hors de l'eau; vers la fin de la préparation on incline les bottes pour que leur partie supérieure soit immergée.
Pendant cette opération il faut vérifier avec soin l’état du jute, car la durée de l'immersion et la fermentation qui se produit, dépendent de la nature de l’eau, elle peuvent varier de trois à trente jours. Dès que la fibre se détache facilement, il est temps de cesser l'immersion. En général, une plante fleurie est plus vite prête à être décortiquée qu’une plante coupée en graine. Une trop longue immersion dans l’eau fait perdre à la fibre force et flexibilité et lui donne une teinte grisâtre qui la déprécie vivement.
Après le rouissage vient le décorticage des tiges. Généralement, dansles Indes Anglaises et Néerlandaises,le travailleur chargé de cette opération entre dans l’eau jusqu’à la ceinture; dans sa main droite, il saisit une botte de tiges qu'il secoue dans l’eau en la tenant par le côté des racines. Il bat l’eau avec sa botte et continue son lavage jusqu’à ce qu'il ne reste plus dans sa main qu'un faisceau de fibres.
On peut aussi décortiquer à la main, ce qui donne une fibre plus forte et surtout moins emméêlée.
A la suite d'expériences entreprises dans les environs mêmes deCalcuta, M. le D' A. Schulte im Hofe,de Berlin, est arrivé à préconiser le procédé de rouissage suivant. Les tiges de jute fraiches portant encore leurs feuilles,
sont empaquetées dans un réservoir dont le fond est muni d’une planche percée de trous; elles sont arrosées d’eau jusqu'à ce qu'elles soient toutes uniformément humectées, puis elles sont recouvertes par des feuilles de bananier, Le second jour la fermentation commence déjà et la température s'élève, mais la présence d’air entre les feuilles empêche ou retarde un peu la fermentation putride, une des causes de la mauvaise qualité des fibres du jute; il faut cependant veiller à ce que la température de la masse ne s'élève pas trop. Par ce procédé les tiges sont prêtes au bout de quelques jours de fermentation, et après rinçage dans l’eau les fibres obtenues sont aussi belles que par les autres procédés; elles n’ont rien perdu de leur force ni de leur finesse.
Cette méthode parait la plus pratique pour exécuter le rouissage en grand. D’après M. Schulte im Hofe, au bout de quelques essais on pourrait se rendre facilement compte des meilleures conditions de la préparation : hauteur des tas et nombre d’arrosages nécessaires pour obtenir et conserver une bonne température.
Ce procédé est certes plus rapide que la méthode ordinaire, il empêche la putréfaction qui donne aux fibres une mauvaise couleur et fait perdre surtout de la solidité et de la finesse.
La décortication, l'opération capitale dans la préparation du jute, demande une dextérité qui s'acquiert par l'habitude seulement; au Bengale un ouvrier habile peut décortiquer au maximum 40 kilogs de jute par jour.
Quel que soit le mode employé pour l'obtention de la
fibre brute, il faut, après un lavage à l’eau pure, la faire sécher à l’air et au soleil. Plus le lavage est soigné et plus le séchage est complet, plus la fibre sera souple et blanche.
Les frais de production de ce textile sont donc minimes, si l’indigène peut être amené à travailler le jute lui-même ; mais on déconseille vivement de faire exécuter ce travail par des ouvriers salariés, car la culture devient alors peu rémunératrice.
Cette culture a cependant une certaine importance dansles rizières et on aurait grand avantage, semble-t-il, à semer un riz de région sèche après le jute, sur le même terrain, si celui-ci est suffisamment irrigué pour permettre cette culture, car le jute aurait la propriété d’empécher la germination des mauvaises herbes croissant entre le riz.
Les fibres de jute ont de 1,5 à 2,5 mètres de long et on a même parfois reçu en Europe des fibres de 4,5 mètres de longueur; c’est le Corchorus capsularis qui fournit en général les plus longues fibres. C’est lui aussi qui fournit la fibre la plus résistante ; une corde fabriquée en fibres de cette plante s’est brisée sous un poids de 164 livres, tandis qu'une corde de même poids faite à l’aide de fibres de Corchorus olitorius s’est déjà déchirée sous un poids de 113 à 125 livres suivant son état de sécheresse.
Quand elles doivent être conservées sous l’eau, ces cordes passées à la poix ont une grande résis-
tance; elles résistent dans ces conditions à peu près
à la même tension -que les fibres. conservées: à. sec. La fibre fraiche est peu colorée, celle de belle qualité est blanchâtre et même argentée; vers la base des tiges les fibres sont plus colorées, et avec l’âge, sous l’action oxydante de l'air et surtout sous l’action de l'humidité, Ja fibre se colore et peut même devenir brune. En général, les belles fibres blanches se colorant peu avec l’âge, proviennent de plantes jeunes récoltées avant ouau commencement de la maturation des fruits,
La valeur de la fibre de jute est donnée surtout par sa couleur; plus la fibre est blanche plus elle :est estimée. |
Le jute est très brillant et soyeux et, grâce à .ce caractère, il peut être assez facilement distingué du lin et du chanvre qui le sont moins. On a parfois -prétendu que le jute possédait une odeur forte et désagréable.Si, dans certains cas, les objets fabriqués à l’aide de cette fibre ont une mauvaise odeur, celle-ci est due à l'huile de graissage employée pour faciliter le tissage, car les fibres elles-mêmes ont moins d’odeur que celles du chanvre; elles peuvent donc être employées sans inconvénients pour la fabrication de sacs à farine,
I n'est pas très aisé de différencier les fibres des Corchorus capsularis et olilorius quand elles se trouvent mélangées; l'examen microscopique approfondi peut seul donner des indications ; il faudra examiner les extrémités des cellules peu épaissies chez le Corchorus capsularis, en général fortement épaissies chez le Corchorus olilorius. Cette recherche n’a d’ailleurs pas très grande importance, les deux fibres