‹ Notices sur la commune et sur l'hospice d'ArgenteuilChapitre 12 sur 17 · JO · texte numérisé non relu

JO

Report

lard, déjà nommés, donnent à l'hôpital 9 liv. 12 sols de renie

1754, M. André-François Gentil, de Paris, donne une rente de 45 liv., due par les héritiers Pollieron

1749, Etienne Chevalier, ancien trésorier de l'hospice pendant six ans, et Marie Lemoine, sa femme (mes aïeux), donnent au dit hospice une rente de. . .

Oublié de porter en ordre de temps et

placé ici :

Le 18 novembre 1708, M. l'abbé Bonnet, grand-viciire de S. E. Mgr. le cardinal de Noailles, a fait l'honneur au bureau de direction (est-il dit) de venir à l'assemblée, et a ollert , de la part de M. Claude Bouchard, 13 liv. 10 sols de rente, ce qui a été accepté ....

Totaux

Ed argent.

Eo renies.

liv. (..

liv. 8.

i,iH,ii

En convertissant les 2,221 fr. 12 s. de rente au capital de cinq pour cent, cela l'ail un total de 44,432 fr., et avec les 42,96t fr. 09 s. donnés en argent, on trouve la somme de 87,393 fr. 09 s. qui ont été donnés en argent comptant et en renies depuis 1634 jusqu'en 1764. A

cette somme, il convient d'ajouter la valeur approxi- ! malive de la maison donnée par M. de Roquemont ', dont il ne reste nulle trace, mais que j'estime, d'après l'idée que j'ai pu m'en faire, à la somme de 10,000 fr. et aussi la valeur du bien donné par 31. Brindelet, que j'estime à la somme de 6,000 fr. Ces valeurs réunies montent à 103,393 fr. 09 s.

Dans tout ce que dessus ne sont pas compris, comme je l'ai déjà dit, tous les dons et aumônes faits de la main à la main, en argent et denrées, pendant l'existence de la Confrérie établie par le curé Biaise Pierre et saint Vincent de Paul, et qui ont sufii dans bien des années pour les dépenses de charges de bouches. De plus, les comptes manquant (du moins n'étant pas au complet) de 1700 à 1704, et de 1709 à 1713, il a dû être fait dans ces six ou sept années d'exercice quelques donations dont le chiffre ne saurait être tixé.

Dans l'état des biens appartenant à l'hôpital, dressé et arrêté le 15 septembre 1698, je trouve (article 4) que l'hôpital était propriétaire d'une maison, sise Grande-Rue, sans numéro et louée 34 fr., mais je n'ai pu par aucun écrit de date précédente reconnaître l'origine de celte maison, non plus que celle de quelques arpents de terre que l'hôpital possédait déjà. Plus tard, par un devis estimatif des réparations à faire, j'ai vu que la façade avait vingt-quatre pieds de

• Voir page 205.

large sur quinze pieds de hauteur; que la maison était en fort mauvais état, et que vu cet étal de dégradation il y avait lieu à la vendre. Une délibération en date du 13 décembre i7ii lui pnse en conséquence, et par décision du grand Bureau, du 5 février 1713, cette maison a été vendue à Pierre Lecomle, moyennant la somme de 300 fr. Le contrat de vente est du -zl avril, 1713, étude de M. Binard. La propriété n'est point établie, je n'ai pu savoir d'où provenait cette maison.

Maintenant que j'ai fait connaître et inscrit par ordre de date toutes les libéralités faites par les particuliers, je dois revenir sur la donation faite par Louis XIV des biens des Maladreries de Saint-Marc et de Saint-Leu, et comme je n'ai trouvé aucun ancien titre dans nos archives, relativement à ces biens, il convient, ce me semble, de transcrire littéralement ici les lettres patentes du roi qui donnent à l'hôpital d'Ai'genteuil les biens dont il est question, et qui sont le seul et unique tilre que nous possédions. Voici la copie de ces lettres patentes :

« Louis, par la giàce de Dieu, roi de Fiance et de » Navarre, à tous, présents el à venir, salut : Nos » bien aimés le sieur curé et les habitants du bourg » d Argenteuil, diocèse de Paris, nous ont fait remon- » trer que par nos édits et déclarations des mois de » mars, avril et août 1693, nous avions désuni de

» l'ordre de Notre-Danie-dii-Mont-Carmel et de Saint- » Lazare, les uialadreries et léproseries qui y avaient » été jointes et incorporées par autre, noire édit du » mois de décembre, 1672, déclaration et arrêt ren- » dus en conséquence, ce qui a donné lieu à l'arrêt » rendu en notre conseil le 31 août 1697, portant » qu'il sera établi un hôpital pour les pauvres malades » du dit bourg d'Argenteuil, et union à icelui des biens » et revenus de la maladrerie de Francoiivilie près » Cormeilles, et chapelle de Saint-Marc en dépendant, » et de la maladrerie de Sainl-Leu-Taverny ; même » ceux de la Charité ou Confrérie des pauvres malades » du dit Argenteuil, et qu'à cet effet toutes lettres né- » cessaires en seraient expédiées, lesquelles 'ils nous » ont très-humblement fait supplier leur vouloir ac- » corder.

»A ces causes, après avoir fait voir en notre » cunseil le susdit arrêt du 31 août dernier ci-attaché, » sous le contrescel de notre chancellerie, et désirant » que nos dits édits et déclarations des mois de mars, i> avril et août 1693, soient exécutés selon leur forme » et teneur du consentement du dit sieur curé et des » habitants du dit bourg d'Argenteuil, nous avons or- » donné et, par ces présentes signées de notre main, » ordonnons qu'il sera établi un hôpital pour les pau- » vres malades au dit bourg d'Argenteuil, en la maison » de la Confrérie ou Charité des pauvres du dit lieu,

» auquel et par ces mêmes présentes, nous avons » joint, réuni et incorporé, joignons, réunissons et in- » corporons les biens et revenus de la maladrerie de » Franconville près Cormeilles et chapelle de Sainl- » Marc dépendante, de la maladrerie de Saint-Leu- » Taverny, môme de ceux de la Confrérie ou Charité » des pauvres malades d'Argenieuil, en conséquence » du dit consentement pour jouir, par le dit hôpital de » tous les dits biens et revenus, savoir : à l'égard de » ceux de la maladrerie de Franconville et chapelle de » Saint-Marc, en dépendant, et de la maladrerie de » Saint-Leu-Taverny, à commencer du l" juillet » 1G95, et à l'égard de ceux de la dite Confrérie ou » Charité, du jour de rétablissement du dit hôpital, et v> être tous les dits revenus employés à la nourriture et » entretien des pauvres malades qui seront reçus au » dit hôpital, à la charge de satisfaire aux prières et » services de fondation dont peuvent être tenues les » dites maladreries et la dite Confrérie ou Charité, et » de recevoir les pauvres malades des lieux et pa- » roisses où sont situées les dites maladreries, à pru- » portion de leurs revenus, et en conséquence nous » ordonnons que le dit hôpital sera régi et gouverné » par des administrateurs de la qualité portée par les » ordonnances, et suivant les statuts et règlements » qui seront faits; et que les titres et papiers concer- » nant la dite maladrerie de Franconville et chapelle

» Saint-Marc et dépendance, et la maladrerie de Saint- » Leu-Taverny, biens et revenus d'icelles qui peuvent » être en la possession de maître Jean-Bapliste Macé, » ci-devant greffier de la chambre royale aux archives » de l'ordre de Saint-Lazare, et entre les mains des » commis et préposés par le sieur intendant et corn- » missaire par nous départi en la géuéralilé de Paris, » même en celles des chevaliers du dit ordre, les agents, » commis et fermiers et autres qui jouissent des dits » biens et revenus avant notre édit du mois de mars » 1693. — Ensemble les titres et papiers concernant » la dite Confrérie ou Charité, biens et revenus et dé- » pendants, seront délivrés aux dits administrateurs » du dit hôpital, à ce faire les dépositaires contraints » par toutes voyes, ce faisant, ils demeureront bien et » valablement déchargés.

» Si donnons en mandement à nos amés et féaux » conseillers, les gens tenant notre cour de parlement » de Paris, que ces présentes ils fassent registrer, et » de leur contenu jouir et user les administrateurs du » dit hôpital, habitants du dit bourg d'Argenteuil, et » ceux qui succéderont en la dite qualité pleinement, » paisiblement et perpétuellement, nonobstant tous » édits, déclarations, arrêts et règlements à ce con- » traires, auxquels nous avons dérogé et dérogeons » par ces présentes, car tel est notre plaisir; et » aftin que ce soit chose ferme et stable à toujours^

» nous avons fait mettre notre scel à ces présentes,

» Donné à Fontainebleau, au mois d'oclobre l'an » de i^ràre IG9T, et de notre règne le 55*. Sigm* Louis, » et sur le repli par le Roi, Plielippeaux, et scellées du » grand sceau de cire verte en lacet de soie.

» Registre en la cour du parlement à Paris, le » 13 février 1699. Signé Dujardin , avec griffe et » paraphe.

» Copie des présentes déposée au greffe du tabellion » du bailliage d'Argenleuil, pour y avoir recours au «besoin, le lO février, 1734 enregistré le 13, par » Thuillier, qui a reçu six sols. »

Les maladreries ou léproseries de Saint- Marc et de Saint-Leu-Taverny avaient été fondées du temps de saint Louis, roi de France, pour recevoir et y guéiir de la lèpre tous les soldats ramenés des croisade?, qui en étaient infectés, et qui la communiquaient aux habitants; car cette maladie est éminemment contagieuse; c'est pourquoi les léproseries étaient éloignées des villes et des villages. Fort heureusement la lèpre a disparu du climat de l'Europe, où elle a fait d'allVeux ravages dans le xiii'' siècle. Les biens des :liies léproseries élnieul régis par un procureur nommé par l'évêque de Paris. Ce procureur rendait ses comptes à une assemblée générale des inspecteurs administrateurs des hôpitaux du diocèse. Le 23 septembre, le sieur Louis Fontaine, procureur, a rendu son

compte de 1584 à 1585 à M. Haston, visiteur. Mais ces malailreries n'étant presque plus fréquentées, le roi, par un arrêt du mois de décembre i672, a réuni les biens de toutes les maladreries du diocèse de Paris au domaine religieux de l'ordre de Saint-Lazare, qui était chargé de recevoir et oe nourrir tous les repris de justice, les fous, les furieux, les gens de mauvaise vie, etc. Sur la demande et supplique des principaux habitants, sont intervenus les édils et arrêts en date des mois de mars, avril et août, 169 ;î, qui donnèrent les biens des dites maladreries de Saint-Marc et de Saint-Leu à l'hôpital d'Argenteuil. Mais comme de

. leur côté les religieux de Saint-Lazare ont protesté contre les dispositions des dits édits et arrêts, qu'ils ne voulaient rendre aucun compte, ni faire remise

I d'aucun papier, il a fallu se pourvoir auprès de l'autorité supérieure, et grâce aux démarches de M. Delaulne, et surtout à celles de M, Thiret', alors curé, qui a produit un état des revenus ne montant encore qu'à 1,847 francs, somme bien insudisante pour l'entretien annuel d'un hôpital dans u îe commune aussi forte que celle d'Argenteuil (ce qui a été l'econnu), sont enfin intervenues les lettres patentes ci-dessus transcrites, et par lesquelles force a été aux religieux de Saint-Lazare de se soumettre et d'abandonner leurs prétentions.

" ' Son buste est dans la première salle, adossé à la chapelle.

Pour se conformer à l'édit du roi, on voit que le sieur Armand, docteur en Sorbonne, qui était procureur de l'ordre de Saint-Lazare, a donné le 26 juin 1674, et pardevant notaire, sa démission de procureur. Le bien régi après la démission de M. Armand par M. Corbigny, celui-ci a enfin rendu ses comptes entre les mains de M. Delaulne, des revenus qu'il avait touchés à partir des six derniers mois de 1695, toute l'année 1696 et celle de 1697. On ne voit pas à combien se monte ce compte rendu le 13 août 1698; cependant, à l'égard de Saint-Marc, en 1702, M, Delaulne a fait bail pour six années au sieur Danois, ancien fermier, pour 700 liv. de redevance, y compris le quart dans la dime, dont le prix du fermage pouvait être de 125 liv.

Le 9 août 1696, même bail avait été passé au même devant Boscheron et Junot, notaires à Paris, moyennant 550 liv., et précédemment le 26 mars 1685;, encore même bail passé au même, mais moyennant 700 liv. A cette époque, il y avait environ cinquante arpents de terre de plus que le domaine de l'hospice n'en comporte aujourd'hui. Ces terres détachées ont été données à rente dans le commencement et au milieu du siècle dernier. Par délibération du 5 juin 1749, il est accordé à Pierre Lucas, Lcjeune, de Franconville, une pièce de huit arpents de terre, dépendant de la Maladrerie, située entre la fontaine des Boulan-

gers et le chemin de Paris, et tout le long du sentier qui monte à la fontaine, à raison de 10 liv. de rente jtar arpent, prix de l'ancien bail. Il est à regretter qu'on n'ait pas gardé cette pièce de terre de 8 arpents (2 hectares 66 ares) morcelée aujourd'hui, qui était tout le long du sentier allant à la lontaine Saint- Marc et qui fait face à l'enclave appartenant à l'hospice, au-dessus de la fontaine. Ce terrain est trèspropre à être planté en châtaigniers, ainsi que le démontre celui du côte; il est d'un très-bon rapport. Comme bois d'industrie, le châtaignier se vend bien plus cher et produit toujours beaucoup plus que le bois à brûler.

Le domaine de Saint-Marc se composait donc d'environ 150 arpents de terres labourables (52 hectares 89 ares et S5 centiares) en quinze parties dont voici la description :

La maison, grange, bergerie, écurie, cour, jardin enclos et prés par derrière 7 arpents.

Une autre pièce de pré à côté ... 9 —

Une autre pièce de bois tenant à la ferme 11 —

Une pièce de bois aux Éboukires . . 20 —

Une pièce de terre labourable tenant

au chemin de Pontoise, à celui qui va de

Cormeilles au bois de Boissy, ce chemin

A reporter. . 47 arpents.

Report. . . 47 arpenis.

dit la voie Carniolle 24 —

Une pièce de 14 arpenis, joignant le bois des Éboulures ...... 1 4 —

Une autre pièce de terre joignant le chemin de Pontoise 24 —

Une pièce de 7 arpents, joignant les terres de l'église 7 —

Idem, 7 autres arpents, joignant une terre du sieur Yon 7 —

Une pièce de terre joignant le chemin de Jules-César lO —

Une pièce de 5 arpents (le bois de la Maladrerie.) 5 —

1 arpent 1/2 tenu par Régnard. . , i — 1/2

Plus 1 arpent par *** l —

Une pièce de terre et bois joignant le chemin de Pontoise 10 —

Et 2 arpents 1/4, territoire de Cormeilles 2 — 1/4

D'une dame de Cormeilles on a acheté 2 arpents qui étaient enclavés dans le bois de Saint-Marc 2 —

Total 154 arp. 3/4

Pris par la roule, eu plusieurs fois, environ 4 arpents.

Reste 150 arpents, et comme il n'en reste plus en réalité que 104 arpents, ce seraient donc 46 arpents qui auraient été vendus.

La description ci-dessus des biens composant le domaine de Saint-Marc est tirée d'un bordereau qui existe dans les archives de l'hospice en date du pénultième ' jour de mai 1551. Signé Barat.

A gauche de la route allant à Pontoise et presque au milieu d'une pièce de terre qui contenait alors une trentaine d'arpents (soit 10 hectares) exislaieifl les bâtiments de la maUidrerie : le manoir, les granges et écuries de la ferme. Il y avait aussi un enclos potager de 2 arpents et au-dessus, côté de la fontaine, des vignes ei arbres fruitiers ; peu de bois plantés, car la majorité de ceux qui existent ont été plantés par les administrateurs de l'hospice. C'est ainsi que dans mes recherches j'ai trouvé qu'en l'année l73i, il en a été planté dix arpents dans le canton des Éboulures. En 1732, on a adjugé, à raison de 70 liv. l'arpent, à charge d'entretien pendant trois ans, la plantation de la pièce de 10 arpents dite des Hautes-Bruyères, et 3 arpents dans celle de Sainte-Honorine, tenant au domaine de Boissy. De 1746 à 1749 ont été plantés le clos Saint- Marc, le milieu des Eboulures et le pré Landon. Dans le compte du trésorier de cette époque on lit : Payé à

' Avant-clernier.

la somme de 6 liv. 10 sols pour avoir fait

meitre deux nouvelles peaux au tambour pour faire peur aux grandes bêtes qui viennent brouter le jeune bois.

Les bâtiments tombés en ruine, ainsi que les murs du clos, ont été démolis par délibération en dale du 3 octobre 1752, jusqu'à l'alignement de la chapelle. Sera réservée (est-il dit) la partie vers l'ouest pour le logement du garde; et cette maison, étant par sa vétusté plus à charge qu'à profit, a été vendue au nommé Blondeau, ancien locataire, en l'année 1828, moyennant la somme de 270 francs de rente, dont le capital a élé remboursé en 1838. A été compris dans la vente la chapelle, une bande de deux mètres de largeur de terrain en dehors, et tout au pourtour des murs de clôture de la dite maison, cour et jardin, ainsi qu'un terrain de trois à quatre ares attenant au mur du dit jardin, côté de Pontoise. Je ne connais pas ce que comporte la superficie de tout le terrain de cette propriété aliénée et enclavée dans les bois de l'hospice.

Après toutes les aliénations (quantité et portions détachées) qui ont été faites, voici ce qui reste du domaine ;

lo — 6 hectares 78 ares 8 centiares, sis territoire de iMonligny, lieu dit les Boulins, section A, n" 1577 du cadastre, et d'un revenu estimé à la somme

de 329fr. 85

2o — 8 hectares 73 ares 50 centiares, territoire de Franconville, lieu dit Saint- Marc, section D, no 31, d'un revenu de . 567 68

3° — 7 ares lO centiares, même territoire, lieu dit le Haut-Pavé, section A, no 2616, 4* classe, d'un revenu de. . . 2 58

4o — 14 hectares 43 ares 30 centiares, naême territoire, lieu dit les Ebouiures, section A, n°' 103 et 450 du cadastre, d'un revenu de 757 78

5» — 3 hectares 52 ares 15 centiares, même territoire, lieu dit les Hautes-Bruyères, section A, no 1180 du cadastre, et d'un revenu de 158 47

6o — 2 hectares 22 ares 80 centiares, territoire de Taverny, lieu dit Sainte-Honorine, attenant au domaine de Boissy, section E, no 4,818 du cadastre, et d'un revenu de 75 38

Total 1,891 fr. 74

Et en totalité de terrain 35 hectares 75 ares 93 centiares, ainsi qu'il résulte de l'arpentage et du plan fait et dressé en l'année 1840, tout ce terrain planté en bois et divisé en coupes réglées de douze ans, excepté

le bois des Boulins et une partie de celui des Ebou-

lures qui sont mis en réserve, et dont les dernières coupes ont été faites, savoir : celle des Eboulures en l'année 1824, et celle des Boulins en 1836.

En ce qui concerne cette propriété :

Il n'y a pas de question qui ne puisse être envisagée sous plusieurs faces d'une manière également favorable. Ainsi m'a-t-on proposé celle de la vente de ces bois, sur ce motif que la dite vente pourrait augmenter les revenus de l'hospice d'environ 2,000 fr. par an. Mais je crains les révolulions, et j'aime mieux une fortune plus minime, assise au moins par moitié sur des immeubles, qu'une plus considérable qui ne consisterait qu'en valeurs mobilières. Les bois, d'ailleurs, sont encore assez vigoureux, je suis donc d'avis qu'ils soient conservés» du moins jusqu'à un dépérissement plus avancé; et le cas échéant, s'il fallait les défricher, je pense que, mis en labour, le fermage produirait au moins le même revenu, sinon plus.

A l'égard des biens de la raaladrerie de Saint-Leu- Taverny, voici en quoi consistaient ces biens et rêve- i nus, en raison desquels la commune do Saint-Leu avait comme celle de Franconville droit à un lit à l'hôpital d'Argenteuil, lequel droit est maintenant sinon perdu, du moins considérablement restreint, d'après ce qui va être dit.

Le bien de la maladrerie de Saint-Leu consistait en une pièce de terre de dix arpents, sise territoire du

Plessis-Bouchard, lieu dit la Fosse-Gros-Ru, louée le 24 février 1G82, avec la dîiue, la somme de 166 fr.; plus deux arpents de vigne, loués 36 francs en 1694. Toutes ces terres, dîmes et vignes furent louées par bail passé devant Blanchard et Ancelin, notaires à Paris, le 30 juin, par M. Corbigny, commis à la régie des biens désunis de l'ordre de Saint-Lazare, à Anselme Goux, marchand boucher à Saint-Leu, pour 200 francs par année.

Le 16 février 17 lO, il est fait bail pour dix-huit années de la pièce seule de dix arpents, lieu dit la fosse- Gros-Ru, pour la somme de 40 francs par an, et le 11 lévrier 17 1 4, on convertit ce bail à loyer de dix-huit ans en un bail à rente au prolit du locataire, le sieur Danielle, marchand boucher, mais moyennant 52 fr. de rente non rachetables.

A l'égard des deux arpents de vigne, ils ont aussi été donnés à bail à rente; mais je n'ai pu trouver aucun écrit qui ait pu me renseigner à qui, ni comment. Ces deux arpents de vigne ligurent comme étant d'un revenu de 36 fr., ce qui, avec les 52 fr. ci-dessus, fait la somme de 88 fr. Or, comme ces 88 fr. de rente ont été remboursés en assignats entre les mains du receveur des domaines; que le gouvernement, en remplacement des sommes qu'il a reçues pour l'établissement, lui avait fait une distribution de biens provenant d'émigrés ou de condamnés politiques, mais dont on

— ns —

n'a pu être mis en possession que d'un tiers à peu près, il résulte que l'hospice d'Argenleuil a perdu par force majeure à peu près les deux tiers des 88 fr. du dit revenu en biens-fonds de Saint-Leu, ce qui réduit ce revenu à 28 ou 30 fr.; quant à la dîme, qui consistait en cinq gros muids de vin, elle est perdue depuis

On doit conclure que la commune de Saint-Leu- Taverny n'a plus de droit à l'hospice que pour l'emploi annuel de 28 à 30 fr., ce qui correspond à 28 ou 30 journées de malades seulement. J'ai cru devoir entrer dans tous ces détails relativement à cette con)mune de Saint-Leu pour éclairer mes successeurs, afin qu'ils puissent répondre d'une manière décisive aux réclamations qui pourraient leur être faites.

Nous avons vu plus haut (page 205) qu'une maison devant servir à l'Iiôpital avait été donnée par M. CoiffierdeRoquemont,et(pages207 et208 que troisaulres maisons de vùjnerons avaient été acquises de M. et M^'^Larchet, et les 8,000 liv. données en nue-propriété par M""* Elisabeth de la Battre', veuve Leroux de Chàteau-Père, à la condition de faire construire un bâtiment pour loger plus commodément les pauvres malades reçus à l'hôpital. Par la délibération qui accepte les premiers 4,000 fr. de M"*" de Ciiàteau-Père, il est dit que celte somme sera employée selon sa destina-

' l'age 221.

tion, et les folios 66, 67, 68, 69 et 70 du registre d'alors (de 1704 à 1729) contiennent le cahier des charges dressé par M. Coquet, architecte à Paris, suivant les plans par lui aussi dressés pour la construction des deux grandes salles et de la chapelle projetée. Ces travaux furent adjugés le dimanche 31 juillet 17 18 à l'issue des vêpres, à Jacques Polheron , maître maçon, moyennant la somme de 5,700 liv., y compris les matériaux des maisons qui sont à démolir, lesquels lui sont abandonnés et dont une partie étant jugés bons pourront être réemployés. Toutes autres fournitures restent au compte dudit Potheron.

Le dimanche 23 juillet 1719, réception fut faite des dits travaux par le même sieur Coquet, architecte, en présence des sieurs administrateurs, avec mandement de payement de la somme de 800 liv. restant due au dit Potheron, pour solde de son entreprise.

L'emplacement de ces nouvelles constructions a envahi celui ci-devant occupé par le bâtiment de M. de Roquemont et ceux de Yon et Roberge. A l'égard de la maison restante provenant de Tarret, moyennant seulement l'ouverture d'une baie de petite porte ménagée en construisant le mur pignon de la seconde salle, et qui existe encore aujourd'hui, à gauche, au fond de cette grande pièce, cette maison a été mise en communication avec les nouvelles constructions et a servi de

cuisine et d'oflice pour les sœurs et gens de service jusqu'en 1767.

Le 23 février 1720, Mgr le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, sur la demande de M. Lequin, curé de la paroisse, a autorisé, comme il l'avait déjà fait pour l'ancienne chapelle le 25 mars 1703, la bénédiction de la nouvelle chapelle pour y célébrer la messe pour l'usage et l'utilité des malades d'icelui hôpital, et pour acquitter les prières et fondations.

Depuis ?719 jusqu'en l'année 1752, je n'ai trouvé aucune notice qui indiquât de nouvelles constructions un peu importantes; mais le 10 décembre de celle même année 1752, il a été tenu une assemblée générale composée de vingt-deux membres du grand Bureau, savoir : M. le curé Dumontier, M. Diiérouville, bailly, M. Giliet, procureur fiscal, et tous les administrateurs, tant anciens que nouveaux, la diie assemblée a arrêté que, suivant le plan primitivement dressé par le sieur Coquet, architecte, qui a conduit les travaux des deux grandes salles et de la chapelle, il serait fait en aile, sur l'emplacement de vieux bâtiments tombés en ruine, une gr;inde salle d'assemblée, un bûcher et des séchoirs au-dessus.

Cependant ces travaux, quoique décidés en 1752, n'ont été exécutés qu'en l'année 1769, sans adjudication, mais en mémoires de dépenses par Nicolas Poiheron, maçon : la charpente a été fournie par Pinçon,

iiiarchand de bois à Montmorency, et rendue à pied d'œuvre à raison de 4 liv. la pièce; le moellon et les pierres de taille par Dreux, de Monlesson, originaire d'Argenteuil, lequel, pour raison de ses fournitures, a intenté un procès à l'administration de l'hospice. Ce procès n'a point été jugé, mais il a été concilié en 1790 entre l'administration municipale d'alors et le dit Dreux, qui était revenu dans son pays natal, bien âgé et peu fortuné. Il est bien à regretter qu'on n'ait employé du moellon et de la pierre aussi tendres que ce qui a été fourni par Dreux. Ces matériaux ne datent encore aujourd'hui que de quatre-vingts ans, et cependant ils sont déjà bien calcinés. Tous les mémoires réunis, le bâtiment a coûté 7,389 liv. Ce n'a été qu'en 1777 qu'a été construit et mis en rapport avec les deux grands bâtiments neufs le mur de face, côté de la rue, car le côté du jardin était fait, et qu'enfin on a construit le local où est la cuisine actuelle, et pratiqué l'entrée à la place où avait été jusque-là la salle des morts, qu'on a remplacée par celle qui existe aujourd'hui.

Cette construction, très-bien entendue, a pour ainsi dire complété l'édifice, en liant au dehors comme au dedans les deux bâtiments.

On a aussi, dans celte même année, supprimé le bûcher qui tenait au grand Bureau pour transformer ce local en deux salles supplémentaires pour des ma-

lades des deux sexes. La cuisine ayant été abandonnée ainsi que toute la maison où elle étail, on a bouché la porte donnant dans la salle à laquelle elle tenait, et comme la cour de celle maison était séparée par un mur de clôture, on a loué la dite maison jusqu'en 1 8 iO, époque h laquelle elle a été réunie à tout le reste de l'élablissenient, comme il sera marqué à sou tour de date. C'est dans ce même temps aussi (1840) qu'a été refait lo mur de clôture de la cour de derrière dans toute sa loni;;ueur, depuis la cuisine jusqu'à la grande porle.

Danslejardiu de M. de Roquemonl, comme dans ceux des maisons voisines, et en avant des bâtiments qui étaient à peu près dans le même alignement où sont ceux d'aujourd'hui, existait une terrasse d'environ deux pieds de largeur parallèle à la façade des dites maisons, et qui était soutenue par un mur d'appui de deux pieds de haut du côté de la terrasse et de six pieds en contre-bas du côté du jardin, et sur lequel mur étaient palissés des pêchers. Cette terrasse est restée jusqu'en 1777, où le mur de soutènement a été abattu.

Pour mettre le jardin au niveau du préau ou promenoir, il a été rentré 198 tombereaux de terre fournis par Girardin, et l'année suivante, 1778, il en a encore été rentré 122 tombereaux, total 320. Celle même année ont été licliés en terre 28 poteaux pour servir à soutenir le treillage, avec une petite porle à barreaux,

côté du puits (est-il dit), ce qui devait produire à peu près le même effet que produit la clôture du jardin nouvellement refaite.

La cour côté du nord, c'est-à-dire les deux tiers à peu près de la cour actuelle, était un jardin planté de figuiers dont la récolte se vendait, année commune, de 60 à 70 liv., quelquefois 80 liv. Lors de la construction du bâtiment des salles et de la chapelle, soit par oubli, soit par économie, il n'avait pas été pratiqué de lucarnes pour éclairer convenablement le corridor; ces lucarnes, c'esl-à-dire celles qui existent maintenant, ont été ouvertes en 1776.

En 1782, pour soulager les poutres des dites deux grandes salles des malades, on a été obligé de faire placer une colonne en bois appuyée sur un dé en pierre, sous le milieu de chacune de ces poutres, ainsi qu'elles existent toujours.

Le petit escalier de la première chambre ne date que de 1783, ainsi que le petit cabinet du rez-de-chaussée, en entrant à droite dans le vestibule.

CLOS DE l'hospice.

Comme par le litre de M. de Roquemont, il ne paraissait pas que le clos fiit une dépendance d'aucune de ses deux maisons, et que je voulais absolument

connaître l'origine de cette propriété, j'eus à faire

d'innombrables recherches. Ce n'est qu'après avoir soigneusement, mais en vain examiné les vieux titres, les registres et les pièces justificatives des comptes, et après y avoir renoncé, que j'ai été grandement surpris et satisfait en mettant la main sur un petit papier de 24 à 25 centimètres de longueur sur 15 de largeur, qui se trouvait pêle-mêle avec des chitTons de papier de nulle conséquence, et que j'ai reconnu être un extrait du contrat d'acquisition, extrait dont voici la copie littérale :

< Par contrat passé devant Duchesne, tabellion à Sannois, le 21 novembre 1680,

» Appert, Nicolas Lenormand, ès-noms qu'il possède, avoir délaissé à la Charité des pauvres malades d'Argenteuil, à présent l'hôpital, et acceptant par M. Fiacre Duchesne, procureur receveur d'icelle, 1 arpent 1/2 de terre en une pièce assise au dit Argenteuil , hors l'enclos du dit lieu au lieu dit de Guenne, tenant d'un côté à la rivière de Seine, et attenant d'autre à une bande ou alaise de terre appartenant partie aux habitants, d'autre à lui Charité et au sieur Huot; d'un bout par haut au fossé, d'autre bout à la dite Charité à cause de 45 perches de terre qu'elle a faisant enclave dans celle cidessus, et aux communes du dit Argenteuil, appelées Préau, moyennant 30 livres de rente au principal de 600 livres, le tout suivant la mesure faite le dit jour par Charles Duchesne, arpenteur de ce lieu; les

30 livres de rente payables au sieur Guillaume Le Père.

» De laquelle rente il a été passé titre nouvel devant Vatel et son confrère, notaires à Paris, le 8 juillet 1699, par M. Simon Collas, prêtre, Claude Delaulne, sieur Desmarchais et sieur Jean Bouchard, administrateurs de l'hôpital, au profit de damoiselle Marie-Anne- Charlotte-Edmée Collas, veuve de M. Hilarion Cochart, avocat au Parlement.

» Laquelle rente a été remboursée par quittance du 28 juillet 1707, par M. Simon Collas, prêtre. »

Il n'y a aucune signature au bas de l'expédition transcrite comme ci-dessus.

En 1679, ce clos était en prairie naturelle, et il a été donné, ainsi que la petite maison de M. de Roquemont, y compris les quarante-cinq perches de terrain qui en dépendaient, à M. Simon Collas, prêtre, natif d'Argenteuil, pour en jouir sa vie durant, et le planter en vigne ; à la charge par M. Collas de rembourser la rente de 30 fr. due au sieur Le Père, ce que n'a pu faire le dit sieur Collas, à cause des mauvaises années qui sont survenues (est-il dit). En remplacement, M. Collas a mis entre les mains des sieurs administrateurs un contrat de rente de 13 liv. 10 sols, et un autre de 20 liv. qu'il a abandonnés à l'hôpital. M. Collas est mort en 1718, âgé de 82 ans.

Sous la date du 3 février 1691 a été, de la part des administrateuis, présentée au parlement une requête

tendante à ce que M. Huot, propriétaire des maisons au-dessus de celle de l'hospice, soit tenu de rétablir les choses comme elles étaient auparavant, attendu qu'il existait un lavoir clos où on laissait tremper le linge la nuit, l'hospice ayant acheté la partie du rempart de la communauté des habitants, moyennant 600 liv. S et que pour en favoriser l'envahissement, M. Huot avait gagné le sieur Pellerin, syndic; demandaient enfin, les dits administrateurs, que des experts fussent envoyés sur les lieux pour ensuite faire leur rapport. On ne voit point quelle suite a eue cette affaire, et la requête est du reste assez mal rédigée. Comme j'ai vu ailleurs qu'il existait dans le clos de l'Hôpital un lavoir qui était sujet à s'engorger, et que l'on a ensuite comblé, et enfin qu'il y avait un sentier à travers le clos pour le service des femmes de lessive, je pense qu'il y aura eu entre l'hospice et M. Huot une transaction de laquelle est résulté, en faveur de notre établissement, le droit d'avoir dans le mur mitoyen séparant le jardin d'avec la ruelle, et en face dans celui de la ruelle séparant le clos, les deux portes qui existent encore, et qu'aucun habitant ne doit avoir vu ouvrir. Cependant l'acquisition de ce clos date de 1680, cent trente-cinq ans après la construction des rem-

' Je crois qu'il y a eu erreur peut-être du dernier zéro, tout le clos n'ayant coûté que le même prix.

parts, et à cette époque, il existait encore une alaise de terrain appartenant à la commune, dont M. Huot s'est emparé, ayant gagné le syndic, selon qu'il en est accusé par la requête. Ce syndic, nommé Pellerin, a été désavoué et destitué par le conseil général de la commune. Or, la tradition a transmis d'âge en âge cette usurpation, car, sous la date du 28 octobre 1768, il existe une délibération qui accorde à M. Barré, alors propriétaire de la maison appartenant aujourd'hui à M . Chevreuil, la jouissance, pendant vingt-neuf années, d'une portion du clos en face de sa propriété, dans toute sa longueur jusqu'à la rivière; et dans toute sa largeur jusqu'à l'alignement de la façade du grand Bureau, ce qui fait (est-il dit) 4 perches de large, à la charge par M. Barré de démolir la vieille maison cidevant occupée par M. Simon Collas, prêtre, et ensuite par sa gouvernante, et de traiter avec M. de Billy, possesseur après Huot, relativement au passage dont il fait usage (expression qui comporte un caractère dubitatif sur le droit de propriété de M. de Billy), et de payer à l'hospice la somme de 500 liv., qui seront placées, et lOO liv. à M. le curé pour être distribuées aux pauvres honteux. L'hospice se réserve seulement le bois qui proviendra des haies à abattre.

Et dans les registres de la commune, on trouve, sous la date du 19 mai 1775, une délibération par laquelle, pour éviter un procès avec M. le comte de

Servasca, on accorde à ce propriétaire, successeur de M. dn, Biily :

\o Le droit de refaire seul et à ses frais le mur donnant sur le fossé de Guenne.

2° Le droit de conserver dans son mur neuf une ouverture pour sortir dans les champs.

3" La commune abandonne environ un quart de perche de terrain à prendre en angle, depuis le jambage gauche de la Porte Saint-Denis jusqu'au mur du pavillon de M. de Servasca, ainsi que ses prétentions sur les douze pieds de largeur de terrain formant anciennement le rempart, depuis la porte Saint-Denis jusqu'au terrain de l'hôpital.

4o A la charge par M. de Servasca de faire fermer l'ouverture qu'il pourra pratiquer du côté des champs par une yrille.çn fer, dont les barreaux auront douze lignes carrées d'épaisseur, et seront écartés l'un de l'autre seulement de quatre pouces, et que la dite grille sera fermée avec une bonne serrure, et ne pourra être ouverte pendant le temps de la maturité du raij>in.

5° Enfin, de payer à la commune la somme de cent vingt francs, ce qui a été fait de suite.

Or, et de tout ceci, je n'ai pas vu comment ce propriétaire, ou plutôt M. Huol, son anti-prédécesseur, a pu acquérir la ruelle du Rempart qui existe entre le jardin et le clos de l'hospice ; mais quel que soit le dro't en vertu duquel on s'est mis en possession de

ce terrain, y ayant maintenant cent cinquante ans

que, par sa requête au parlement l'administration de l'hospice a réclamé contre cette possession, ce qui fait cinq fois trente ans, je ne pense pas qu'il y ait lieu, soit de la part de l'hospice, soit de celle de la commune, à intenter contre M. Aubry, propriétaire actuel aucune action , comme ou en avait agité la question au conseil municipal.

A l'égard de la dégradation occasionnée par la rivière au chemin de halage que les riverains doivent toujours entretenir à la largeur prescrite par l'ordonnance des Eaux-et-Forêls de 1669, voici ce qui avait été fait dans un temps déjà éloigné.

En 1769, le 26 octobre, M. le comte de Billy, propriétaire voisin, a loué pour neuf années le clos de l'hospice, à la condition, en outre du prix fixé, de payer moitié de la dépense qui sera faite pour construire une palissade en pieux battus et bien enfoncés en terre, et ensuite garnie de planches dans les endroits où le flot de la rivière a dégradé la berge du dit clos, auquel cas (est-il ajouté) l'hôpital pourra construire un mur le long du terrain qui sépare le clos d'avec le terrain abandonné au sieur Barré, etc. Ce qui se rapporterait au terrain du passage entre le clos et le jardin de l'hospice, et ce qui serait une espèce de reconnaissance de droit de propriété au profit de M. de Billv.

La palissade dont il est question ayant été faite en 1773 avec batterie de pieux en charpente lisse, palplanches, etc., pour laquelle construction il a été employé 80 pièces de charpente qui ont coûté 563 liv, en tout. La dite palissade est restée sur pied pendant deux ans seulement, c'est-à-dire jusqu'à l'hiver de 1775, où la débâcle des glaces a renversé tous les pieux et en a emporté les trois quarts dans le bras de rivière, qui alors n'était pas encore barré, en face la maison de Joseph Tartarin, est-il dit, quai de Seine, no 8, appartenant aujourd'hui au sieur Michel, ancien arpenteur. Quelque temps après, vers 1779 ou 1780, l'administration du halage a requis l'élargissement du chemin, et le clos paraît avoir perdu par le reculement de la haie environ un demi-arpent de terrain. La haie d'épine, côté du couchant, ne date que de 1817 ou 1818. C'est moi qui, comme adjoint à la mairie d'alors, ai donné l'alignement; et je me rappelle que, du consentement de MM. les administrateurs, le chemin qui descend à l'abreuvoir a été rélargi d'environ cinq à six pieds à certains endroits, car l'ancienne haie n'était pas d'un alignement bien correct.

Voici maintenant et pour en finir sur la description de la maison où je l'ai laissée dans l'imagination du lecteur, c'est-à-dire telle qu'était cette maison après les constructions de 1777 qui ont lié ensemble le bâtiment des deux grandes salles et celui du grand Bu-

reau par l'érection intermédiaire du vestibule, devenu la principale entrée, et la cuisine qui est à côté, voici, dis-je, ce qui existe, et ce que l'on voit aujourd'hui.

La maison du fond, séparée par un mur de clôture, dans la cour de derrière, laquelle, avec le bûcher qui était adossé au mur pigocn de la buanderie actuelle et qui avait la même profondeur que celle qui lui est restée, occupait à peu près la moitié de l'étendue de cette cour.

Côté du jardin, le mur de séparation d'avec la petite cour de cette dite maison alors louée, était dans le même alignement que celui de la façade de la petite salle supplémentaire qui a été construite ; et le puits qui était dans l'épaisseur de ce mur de clôture sert maintenant de puisard. Adossée au mur du jardin voisin existait une loge , décorée du nom de buanderie, dans laquelle il y avait un double fourneau, il est vrai, mais dans laquelle aussi, il ne pouvait entrer qu'une femme quand les deux cuviers étaient placés. Une petite basse-cour ensuite, et le pavillon d'environ quatre mètres carrés sur deux mètres soixante centimètres de hauteur, dans lequel avaient été pratiqués quatre cabinets dont deux seulement servaient. Enfin, et depuis ce pavillon jusqu'au mur où est encore restée l'ancienne porte de communication avec le clos existait une petite cour, le tout en pente assez rapide et un peu plus bas que

le sol du jardin, et séparée par une irès-ancienne haie d'échalas. Tels élaient la maison, cours, jardin et dépendances de l'hospice, depuis 1777 jusqu'en 1836, où sur mon rapport, consigné au registre des délibérations, folio 30, l'administration a décidé les changements qui ont eu lieu et dont voici le détail :

Le bûcher, et le mur de séparation sur lequel étaient adossées une étable, et une soueà porcs démolies, et le bûcher reconsiruit dans l'angle de la porte cochère et le mur de la maison de M. Aubry, pour des deux cours n'en faire plus qu'une.

Le premier plancher de l'ancienne maison, démoli aussi, de même que le mur de séparation pour ne faire non plus qu'une pièce des deux qui existaient alors; le sol de cette grande pièce rechargé et élevé de soixante-cinq centimètres. La petite cuisine, qui était en saillie dans la petite cour, et l'escalier servant à monter aux chambres et greniers également démolis, afin de faire de la place pour la construction d'une salle supplémentaire destinée à recevoir au besoin les aliénés ou les malades attaqués de fièvres contagieuses, etc.

Dans l'ancien bâtiment dont il est question et dont les deux pièces réunies en une seule donnent un espace de près de six mètres cinquante centimètres carrés, établi une salle de bains ordinaires, et un fourneau et boîte à vapeur; des fourneaux pour les les-

sives ; UD puits, en remplacement de l'ancien qui est dégradé par le pied et qui d'ailleurs ne donnait plusd'eau. Pour le service de chaque salle, la constructiOD d'un cabinet d'aisances à la portée des malades, et enfin la démolition de l'ancienne petite buanderie, de la petite basse-cour, du pavillon et des anciens cabinets d'aisances, le tout remplacé par une terrasse en remblai assez élevée pour former un préau ou promenoir pour les convalescents et les vieillards, tel est, ainsi que tout cela a été exécuté, ce que l'on voit et ce qui fait que maintenant la maison est beaucoup plus vaste, mieux aérée, et que l'on peut circuler intérieurement et extérieurement d'une extrémité à l'autre des bâtiments.

sous le milieu du préau existe toujours la .fosse sur laquelle étaient les quatre cabinets dont il a été parlé. Cette fosse, assez mal conçue à cause de son éloignement des salles et du voisinage des cabinets pour les deux sexes, a été construite en l'année 1763. Elle a sept mètres de profondeur sur quatre de diamètre, est ronde, et forme un peu le cône renversé; elle ressemble enfin à une petite glacière. Pour soutenir les cabinets, on avait bandé des arceaux en sens divers, mais les cabinets ayant été démolis, on a cintré le passage de chaque conduit des lunettes et fait un fort enduit en forme de calotte sur tout ce cintre. Il n'y a guère que soixante-dix centimètres de

recouvrement et, vu son diamètre, et les lois imprescriptibles de la pesanteur, un jour viendra où celte calotte pourra manquer; mais je crois que ce jour est encore bien éloigné. Mieux aurait valu cependant faire vider celte fosse à moitié pleine, et la remplir de gravois. Ce n'a pas été fait, et tout ce détail est pour constater l'existence de la dite fosse. Celle du cabinet dans la petite cour est une cave, large de quatre mètres environ, sur cinq à six de profondeur, encore bien bâtie et bien cintrée, et qui est entièrement sous la grande salle qu'elle dessert.

En octobre, présente année 1843, il vient d'être décidé un changement de distribution pour loger les sœurs plus commodément et plus convenablement, ce q«i procurera en même temps trois autres petites salles supplémentaires pour des vieillards, et complétera enfin la distribution de tout l'édifice, et les divers changements et addilionsqui on tété opérésdepuis 1836.

Comme on l'a vu donc dans le cours de cet écrit, c'est ainsi que , d'abord par la charité publique, puis par le concours de personnes riches et bienfaisantes, et par la distribution royale d'une petite partie des biens provenant des hôpitaux, des léproseries ou maladreries fondés par saint Louis, on est arrivé à avoir à Argenteuil un précieux établissement pour secourir les pauvres malades et pour donner l'hospitalité à'j quantité de vieillards qui, sur le déclin de la

vie, manquent de tout chez eux. Si l'établissement possédait deux ou trois mille francs de revenus de plus, il répondrait à tous les besoins de la population. Il est bien situé, bien distribué, bien aéré; le système administratif actuel garantit contre toute possibilité de malversations; et, quant à l'administration intérieure, je ne pense pas qu'on puisse jamais trouver de servantes des pauvres aussi zélées, aussi courageuses, et possédant autant de connaissances pratiques médicales et de détail de ménage que les sœurs hospitalières par lesquelles la maison est desservie.

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