ANNEXES AU CHAPITRE II
La Flore. — « Si, en marchant de Tshoa vers le Nord, c'est-à-dire en passant du bassin du Congo dans celui du Shiloango, le sol semble changer de composition à quelques endroits, si la forêt laisse de moins grands espaces à la savane, on éprouve cependant une certaine désillusion, et on vient à penser que l'on fait à la végétation des bords de la Lukula (Mayumbe) une réputation un peu surfaite. En général, le sol est le môme qu'au Sud, la savane et la forêt montrent les mêmes essences et ce n'est qu'au Nord de la Lukula que le nombre de sujets de certaines espèces devient assez grand pour attirer l'attention. »
« Les remarques que nous avons pu faire en cours de route sont les suivantes : Au fur et à mesure que nous nous éloignons des points où le rhum peut exercer facilement ses ravages, les cultures sont mieux tenues. A Vuangu, nous rencontrons, non plus quelques plants de tabac autour des cases, mais de véritables plantations clôturées de légères palissades; nous comptons dix champs de 15 à 20 mètres de largeur sur 25 à 30 de longueur. Le tabac est superbe ; il atteint deux mètres de hauteur, mais il est regrettable qu'on ait laissé arriver tout jusqu'à floraison. Plus au Nord, à Tshivati, nous voyons de beaux carrés d'arachides arrangés comme le sont chez nous les carrés de nos maraîchers ; au Nord de Bidi, ce sont des bananeraies, où les arbres sont alignés et espacés à intervalles égaux. »
« De Tshoa à Boma-Sundi, les vallées seules sont boisées ; les forôts présentent
peu d'arbres de belle venue, à l'exception des bois de la vallée de la Vumu, où nous remarquons des arbres dont le tronc, d'un diamètre de 15 à 25 centimètres et plus, s'élève comme un mât, droit et lisse, jusqu'à 10, 15 et 25 mètres de hauteur, où commence seulement la couronne feuillue. -
« C'est au même endroit que nous avons rencontré, pour la première fois, la liane landolphia, mais en faible quantité. A partir de Boma-Sundi, la forêt gagne les plateaux, mais c'est surtout la proportion de plus en plus grande des palmiers élaïs qui nous a tous frappés. Vers Masingo et Tshiponda, on rencontre de véritables bois de plusieurs hectares plantés exclusivement d'élaïs. »
« Nous n'avons vu qu'un cocotier, à Maluvu (Sud de Boma-Sundi), et assez bien de champs d'arachides et vers Malele-Kwangila (Nord de Lemba) une très grande proportion d'ananas ; le chemin de la foret en est bordé pendant des kilomètres. Ils alternent avec une plante monumentale, le cana. Nous rencontrons aussi le faux cotonnier. "
« Immédiatement au Nord de Boma-Sundi et un peu dans toutes les forêts depuis lors, nous avons trouvé de nombreuses graines de panza ou pentachleva que nous n'avions plus revues depuis Tshikai. Ces graines commençaient toutes à germer vers le milieu de novembre. »
« Il se trouve à Lemba des caféiers, des cocayei'S, du tabac, du maïs, des arachides, des patates douces, des haricots, des bananiers, des ficus elastica, des plants de panza, des cannes à sucre, des ananas, du riz, des kolay ers, etc. «[Cabra.)
Géologie. — « La nature du sol ne varie guère dans le trajet de Tshoa à Boma-Sundi et Lemba. Presque partout nous rencontrons du sable jusqu'à une grande profondeur. •»
« Il contient une quantité plus ou moins grande de mica ou plus ou moins d'argile. Nous n'avons vu des affleurements de roches dures qu'au Nord-Est de Shipanga et à Boma-Sundi ; des cailloux roulés entre Shipanga et Boma-Sundi et entre Masinga et Lemba. •>
« Des sondages ont été pratiqués à Shipanga, à Bidi, à Masinga et à Lemba. Je n'ai pas voulu effaroucher les indigènes par ce genre de travail à Boma-Sundi et à Tshimpondo, bien que, dans le premier de ces villages, il eut été intéressant d'examiner le sous-sol. » [Cabra.]
« Il est intéressant de constater la nature identique des roches qui causent les chutes de la Lukula à Sese, de la Lubuzi à P.oma-Vonde, du Loango à Bulantu, de la Roche Fétiche, du Cul de Borna, du Bembandeck et de la suite de montagnes qui court du Monolithe vers le Nord-Ouest par la rive gauche de la Lukunga. Outre leur identité do nature, ces roches ont la même direction. Elles paraissent appartenir au même soulèvement géologique. «
« La physionomie convulsée de cette chaîne, tranchant violemment avec l'aspect uniforme des vastes plateaux de la région côtière, la constitution ditTéi-ente de son grès, la possibilité de diviser celui-ci en moellons et en pierres de taille, lui assignent probablement une origine postérieure aux premiers Ages de la période pénéenne, à une époque qui doit se rapprocher de la formation du grès vosgien Peut-être aussi n'est-ce que la couche moyenne du conglomérat,que les convulsions terrestres auront, lors du soulèvement qui a constitué la chaine, amené à la surface. » [Sterpin.)
- PRINCIPALES LOCALITÉS
Boma-Sundi. — Village situé sur la rive droite de la Lukula, sur un plateau, à 50 mètres au-dessus de la rivière. Pour y arriver, on suit un sentier très raide et très rocailleux.
Boma-Sundi est le point extrême de la navigation en pirogue sur la Lukula. (Voir pp. 29, 31, 48 et 50.)
Boma-Vonde. — Village situé sur la Lubuzi (rive gauche) un peu en aval des chutes de cette rivière. (Voir pp. 32, 44, 48 et 49.) A Boma-Vonde s'arrête la navigation en pirogue sur la Lubuzi.
Buku-Zobe. — Importante agglomération de villages située sur les collines qui dominent le confluent du Loango et de la Lukula.
Fundu fZobe). — Poste de douane sur la rive droite de la Lukula, à 4 kilomètres au S.-E. deZobe.
Lele. — Importante agglomération située sur un plateau, non loin des sources de la Bola, près de la frontière portugo-congolaise. Elle se compose de sept villages consécutifs, dont la traversée prend vingt minutes d'une bonne marche, et renferme 4 à 5,000 habitants.
Les indigènes s'occupent de la fabrication des poteries de toutes sortes, très renommées dans tout le Bas-Congo. [Sierpin, 1891.)
Lemba. - Ancien poste de l'État sur la Lukula. Ce village marque approximativement le point extrême de la navigation des petits steamers sur la Lukula. (Voir p. 42.)
Shinfuku. — Village au confluent de la Lubuzi et de la Lukula.
Tshoa. - Ancien poste de l'État et village, sur le plateau de ce nom. (Voir pp. 40, 41, 48 et 50.)
Zobe. — Ancien poste de l'État, situé entre le confluent de la Lukula avec leTshiafo-Loango et celui de ce dernier avec le Loango.