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II. - ASPECT DU SOL

Nous donnons ci-dessous, d'après M. Ed. Dupont, la description de la région des sources du Shiloango et de l'Eluala, en y comprenant la plaine de Boko-Songo, située en territoire français très réputée pour ses mines de cuivre.

Du marché de Buduka, sur la rive gauche de l'Eluala, une pente douce mène dans la vallée de l'Eluala, rivière torrentielle de 15 mètres de largeur (en novembre), l'un des principaux affluents de la rive droite du Congo dans la région des chutes. Une longue marche conduit au village de Kimetete, formé de cinq hameaux comprenant ensemble environ 50 à 60 cases.

Au marché de Buduka, l'altitude ne dépasse pas 550 mètres, soit 100 à 150 mètres de moins que celle de Musinda-Sinda (feuille 11) ; elle est en-dessous de 450 mètres, k l'Eluala, pour reprendre bientôt, avant Kimetete, près de 650 mètres et les dépasser, après ce village. C'est qu'en effet, ce point forme une nouvelle ligne de séparât ion. Vers l'Ouest se trouvent les sources du Loango. « Nous entendions sur la gauche, à peu de distance, les grondements d'une rivière se précipitant sur des rochers, dans une vallée profondément encaissée. Les indigènes nous dirent que c'était le Loango. La vue était très belle : de vastes plateaux déchirés en tous sens, nus sur leurs sommets, avec de longues galeries de végétation forestière dans leurs creux, s'entrecroisant dans toutes les directions. Les rives escarpées du Loango sont surtout couvertes de splendides forêts. La nature des terrains ne varie pas. >»

Le territoire de Diadia est très peuplé ; on n'y compte pas moins de 13 villages de 10 à 25 cases.

La région est très accidentée. Ici encore, les indigènes défrichent les bois pour planter du manioc. Dans peu d'années, cette ressource n'existera plus, car il n'y a plus guère de forets que sur les pentes, trop escarpées pour pouvoir être soumises à la

culture. Toute la partie de ces vastes régions, se prêtant aux plantations, aura été défrichée.

En quittant Diadia, dont l'altitude dépasse 700 mètres, on traverse une contrée sans voir de village. L'altitude monte progressivement jusqu'au-dessus de 750 mètres. Les rivières coulent encore vers le Sud. Ce sont, sans doute, des tributaires du Loango.

La région qui forme la ligne de faîte entre les eaux du Congo et du Kwiluest assez bien peuplée. L'altitude vers le N. -0.se maintient quelque temps au-dessus de 700 mètres. La plaine de Boko-Songo s'étend à perte de vue. Elle est large, nue, mamelonnée de loin en loin. « Les arbres, autres que le palmier élaïs, dit M. Dupont, faisaient presque complètement défaut, aussi loin que la vue pouvait porter. C'est comparable aux environs de Boma. »

Le sentier descend par étage dans cette plaine, passant d'une hauteur de 750 mètres à 400 mètres environ.

La traversée de la plaine demande deux heures. A la saison des pluies, certaines parties de la plaine se transforment en marais.

Il existe dans la plaine de Boko-Songo ou « source du cuivre » trois minières qui portent les noms de Songudi-Misombo, Songo, et Paka-Zongolo.

«LaminedeSongudi-Misombo éventrel'un des tertresqui parsèment la plaine. Elle a environ 50 mètres sur 40, et une profondeur variant de 4 à 0 mètres... Nous avons pu y recueillir un peu de malachite et de galine argentifère décomposée en céruse, au milieu de nombreux fragments de limonite. Les minerais comprennent donc le cuivre, le plomb argentifère et le fer. Mais leurs positions respectives s'y définissent mal. Les parois de la mine sont du calcaire bleu avec lits de schistes noirs. Les bancs sont entièrement contournés, r,

« A un kilomètre plus à l'Kst, se trouve la mine de Songo, la plus grande des trois. Elle est également ouverte dans une colline isolée et a une longueur d'au moins 250 mètres. En certains points, elle a plus de 10 mètres de profondeur. Les parois sont aussi de calcaire, ei elle forme une poche d'argile rouge, produit de la dissolution complète du calcaire. »

«* De grosses masses de limonite, avec des veines rouge vif de phosphate de fer, y sont enfouies; des blocs de h\ belle substance verte, appelée malachite ou carbonate de cuivre, sont, ou adhérents à ces masses, ou isolés...»»

« La troisième mine est plus éloignée vers l'Est... Des rochers se

voyaient sur l'escarpement à quelque distance... Ils sont d'une belle brèche calcareuse rouge, aussi nette que notre marbre appelé brèche de Waulsort... »

«... On voit nettement, sur l'escarpement que nous longeons, la superposition des psammites et grès rouges au calcaire, sans cependant que la discordance de stratification puisse s'y observer. »

Dans la troisième mine, " nous observâmes des parois calcaires, des amas d'argile rouge, de la malachite et de la limonite, le tout dans les conditions des deux autres mines «.

« En définitive, le minerai de cuivre de Hoi\o-Songo se présente dans ses conditions normales et ordinaires. Constitué en amas au milieu des roches qu'il imprègne, il est réuni <à d'importantes quantités de limonite. C'est, en un mot, la partie superficielle d'un filon de pyrite cuivreuse, cette partie, qu'en termes de métier, on appelle chapeau de fer. »

Dans la plaine de Boko-Songo et sur ses flancs se voient des affleurements de calcaire. Un peu au delà de Landinbongo, cotte plaine se ferme et on ne voit plus que les schistes et psammites rouges. IJientôt une nouvelle petite plaine, profonde de 150 mètres, au milieu de laquelle se trouve le village de Maluango, remet au jour le calcaire, puis les psammites rouges avec grès reparaissent. Les calcaires de la région sont donc des couches profondes, recouvertes par les roches rouges.

Le marché de Koinguala, près de Womba, est à une altitude de 800 mètres, sur la ligne de séparation du Kwilu-Niari et du Congo. Pour en atteindre le faite, il faut s'élever de contrefort en contrefort ; les hauteurs sont séparées par de profonds ravins, dont les flancs, formés d'argile rouge compacte, sont extrêmement glissants, après une pluie.

A la vallée de la Kenke, affluent du Kwilu, le sentier s'engage perpendiculairement sur une pente abrupte et glissante d'une hauteur d'une centaine de mètres.

Le sol de toute cette région, comme il a déjà été dit, est constitué par une épaisse couche d'argile rouge, reposant sur un sous-sol de psammites et de grès rouges. Cette argile est essentiellement différente des dépôts superflciels que l'on rencontre dans le bassin du Congo, et rien ne s'oppose à ce qu'on la considère comme résultant de l'altération sur place des roches du sous-sol.

La régioi), où rElunla prend sa source (au point de passage du sentier, cette rivière a 5 mètres de largeur en novembre), est différente d'aspect : ie pays commence à devenir très mamelonné. Ce sont, à perte de vue, de petites croupes arrondies s'enclievètrant, se succédant et s'étageant. {Ed. Dupont.) (Voir notice des teuilles 10 et 11.)

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