‹ Notices sur le Bas-CongoChapitre 39 sur 57 · I. - LES COURS D'EAU · texte numérisé non relu

I. - LES COURS D'EAU

LE CONGO.— 1.— Entre les rapides de Pakabendi et Manyanga.

— « A Pakabendi, la gorge étroite et tortueuse que forme le Congo depuis les chutes de Kalulu, s'élargit ; les montagnes se reculent en allongeant leurs pentes, arrondissent leurs contours et n'envoient, que par intervalles, leurs promontoires former un pan de falaise. N'étant plus torturé par les amas de blocs erratiques et les projections rocheuses, n'étant plus resserré entre les escarpements de la gorge, le fleuve s'apaise et reprend un aspect plus doux. Cette différence provient du changement qui se produit dans la nature des roches. En amont, les rives se composent de gneiss stratifié horizontalement, et de grès irrégulièrement surmontés de masses granitiques avec, çà et là, une saillie detrapp de couleur plus sombre. Au-dessous de Pakabendi, le fleuve ne rencontre plus que des banquettes de schiste verdâtre, plus tendre, tellement battues et broyées par les eaux, que l'on ne trouve, comme obstacle à la descente, que de simples rapides, sans tourbillons ni ressauts de lames. A chaque mille, ou à peu près, le courant montre des symptômes

d'interruption; la surface est marquée, ici, d'une ligne de petites vagues, ailleurs, de larges bandes d écumes. «

« De Pakabendi à l'épaulement en forme de mamelon, sur lequel est situé Senga, s étend, sur une longueur d'un mille et demiC2414 m.) une eau calme, partie du fleuve profonde et majestueuse. A droite, une bande de terre, longeant la rive, fournit d'excellentes places pour l'installation d'un camp ou d'une station de pêche. ^

- ...T'ne descente de deux milles, à partir de Pakabendi, nous conduisit au pied du Mont Senga. Le lendemain, une nouvelle course de deux milles nous mena au majestueux promontoire de Soroka. Cette fois, la descente fut souvent gênée par des dykes schisteux et dentelés, murailles qui, çà et là, s'élevaient au-dessus de l'eau et formaient des rapides. »»

« A dçux milles en aval de Soroka, nous remontâmes la pointe de Lukalu, projection de la rive droite, située juste au-dessus des chutes Mansau et des rapides de Matunda, qui furent passés sans accident, au moyen d'un canal latéral. « {Stanley.)

Chute de Tomho-Mataka ou de Gombi. — «La chute de Tombo- Mataka, située un peu en amont de Manyanga, est appelée, sur la rive gauche, chute de Gombi. «

« A droite, le saut est d'environ quinze pieds (4 m. 57 environ) sur des terrasses de lave et de roches volcaniennes; à gauche, c'est, de même qu'à Moua, Kintamo, Zinga, Inkisi,unprécipitement des eaux, terminé par une série de vagues bondissantes. «

Vue du milieu du fleuve, d'un groupe d'ilôts bas et rocheux, situé en aval, la cataracte apparaît «sous un aspect formidable; dans la saison des pluies, la totalité de la crête rocheuse est couverte d'eau, ce qui donne alors une chute verticale de 18 pieds (environ r)"'49) y^. {Stanley.)

Toici, d'après M. le D"" Peschuel-Loesche, quelques chiffres se rapportant aux rapides de cette région :

Hauteur de la

Longueur du

Inclinaison

chute

rapide

générale

Pakabendi 10

Peza 2

Mansau 2

Malemba 4

Tombo-Matnka 8

2. — Entre le confluent de l'Eluala et Manyanga. — « Le fleuve

qui, depuis Isangila, s'est élargi, se rétrécit vers Sona-Mamba. Sur les bords, des cliaînes de hautes montagnes se font vis-à-vis, à une distance de 1000 mètres et, s'abaissant brusquement, viennent baigner dans le fleuve. En maint endroit, les bouillonnements de l'eau et la rapidité ducourant trahissent le voisinage de récifs formant barrage, mais le lit du fleuve n'est généralement pas obstrué, et, au large, le courant peut avoir une vitesse uniforme de six à sept nœud- (soit, en chifl'res ronds, 185 à 220 mètres à la minute).

" La chaîne de collines de la rive septentrionale, qui est très boisée, se nomme Mubiri, et sa plus grande élévation au-dessus de l'eau — à l'endroit où elle domine Sona-Mamba — est de 90 mètres (1). La chaîne qui se déroule au Sud n'a pas plus de 180 mètres de hauteur dans le voisinage du fleuve. «

« Sauf vers la fin de la saison des pluies, le Congo, décrivnnt une courbe vers l'Est, baigne la base des monts Mubiri; mais pendant les deux derniers mois des pluies, il se creuse violemment une voie à travers des récifs noirs et polis situés au-dessus du bois et formant une île connue sous le nom de Kunzii... Un récif relie l'île Kunzu à la rive méridionale et forme un refuge, une espèce de havre. Plus en amont, se trouve l'île de Kimbanza. «

« Le paysage qui se présente entre le liavre de Kunzu et l'île de Kimbanza, est l'un des plus pittoresques que l'on puisse rencontrer sur les bords du fleuve. La rive méridionale est très accidentée. Après avoir laissé derrière nous, dit Stanley, une échancrure que forme une sorte de petite baie, il nous faut raser un rivage hérissé d'excroissances argileuses, pour arriver à front du village de Kalubu, sur la rive septentrionale. Kalubu (voir p. 2()()) est bâti sur un terrain plat et sablonneux qui, enseveli entre de hautes montagnes, forme en quelque soite un fond de tasse. Ce point franchi et le coude du Congo contourné, nous nous trouvons au pied d'une sorte de falaise, d'une chaîne de montagnes rougeâtres, coupées de crevasses qui peuvent rivaliser avec celles du fameux rocher de Gibraltar. »

« Au delà apparaît l'îlot de Kimbanza, derrière lequel s'étagent des hauteurs verdoyantes, qui inclinent doucement vers le fleuve et forment la rive méi-idionnle. »»

(1) Sur la c:irte au 100,000", i elle chaîne est désignée par le nom de Massif boi;é de Biili- Kaia-VuDgu.

« A l'Est de la Lulua, le sol se relève brusquement sur la rive septentrionale, pour former un massif de montagnes tabulaires. Fit les flancs nus de ces hauteurs sont sillonnés de petits sentiers qui mènent, des rochers, où les indigènes s'installent pour pécher dans le fleuve, aux groupes de hameaux établis sous les bosquets de palmiers et de cotonniers, qui couronnent le sommet des monts. ^

Sur la rive méridionale, s'élèvent des collines boisées et mamelonnées. En amont, le Congo a une largeur considérable et un aspect imposant, puis il se rétrécit de nouveau.

« A trois milles en aval de la chute de Tombo-Mataka, de la pente du plateau part une chaîne de collines larges, aux versants allongés, couverts d'herbes... Les rives du fleuve sont unies, marquées par de très longs bancs de sable... »

Hien que le fleuve soit, en cette région, beaucoup élargi, « les rapides sont fréquents ; des projections, des rocs schisteux de la rive droite brisent la nappe et, au centre, le flot se précipite en grondant avec une extrême violence. «

« Ces dykes schisteux, qui coupent ainsi l'uniformité du courant, sont peu éloignés les uns des autres; la distance qui les sépare varie de quelques centaines de yards à un mille. Les espaces intermédiaires constituent des bassins où l'eau est calme. r>

« La rive gauche n'est pas exempte de ces barres rocheuses, bien que ce soit contre elle que, depuis des siècles, se porte principalement la force du fleuve. " {Stanley.)

L'Eluala. — L'Eluala est une rivière importante, mais barrée par des rapides, non loin de son embouchure; elle n'est pas navigable, môme aux pirogues. Les rives sont élevées et descendent en précipices jusqu'au bord de l'eau. [E. Delmar- Morgan.)

A Luala, elle a une largeur de 25 mètres et peut atteindre une profondeur de 8 à 10 mètres, à la saison des pluies. {R. P. Augouard^ les Missions catholiques, 1882.) (Voir p. 200.)

Près de sa source, elle a 5 mètres de largeur et coule dans la région très accidentée de la ligne de faîte des eaux du Kwilu-Niari et du Congo. (Voir p. 21.'î et notice de la feuille 7.)

L'Eluala reçoit de très nombreux tributaires, parmi lesquels : le Lukasu qui, près de sa source, vers Musangu, a deux mètres de largeur ; la Luombo, formée de la grande et de la petite Luombo, ayant respectivement 15 et 10 mètres de largeur; la Lukunga, qui,

près de Zenga, a 6 mètres de largeur et reçoit elle-même la Matadi (4 à 5 m. de largeur) et le Mangungo, ruisseau de 50 centimètres de largeur. {Ed. Dupont, novembre 1887.)

La Mata. — Affluent de la rive droite du Congo. « La Mata est extrêmement difficile à franchir dans la partie inférieure de son cours, à l'époque des hautes eaux, tant à cause de sa profondeur que de la force de son courant; le passage à gué, en toute saison, n'est guère possible, en aval d'un point situé à environ 10 kilomètres de son confluent. "> [Hanssens.)

A deux ou trois kilomètres de son confluent, la Mata coule dans un lit rempli de pierres. Le R. P. Augouard dut la passer à la nage, à la fin de juillet.

Dans son cours supérieur la Mata prend le nom de Yambi-Mata, ou simplement Yambi.

Près du village de Moabi, la Yambi-Mata est profonde, à la saison des pluies ; il est impossible de la passer à gué. A Dungu, elle coule dans un véritable abîme, grondant sur des chutes. Les flancs de la vallée sont boisés et presque verticaux. La rivière, large d'une trentaine de mètres, se précipite, mugissante et bouillonnante, d'une hauteur de 5 à 6 mètres, sur des rochers de grès rouge à bancs horizontaux, mais irréguliers.

En àmont de la cataracte, on peut passer la rivière avec de l'eau jusqu'aux aisselles. Son fond est tantôt rocheux, tantôt pierreux et peu inégal, mais le courant est très rapide.

La Yambi reçoit, sur sa rive droite, la Kenge (Grande) qui a une quinzaine de mètres de largeur et est peu profonde. {Ed. Dupont, novembre 1887.) (Voir p. 211.)

La Lukunga. — Affluent de la rive gauche du Congo. La Lukunga forme une belle exception à l'aspect général des cours d'eau du Bas-Congo.

Elle a un seuil d'environ 4 milles anglais (6436 mètres), sur une longueur d'environ 40 milles ((54,360 mètres). A Lukungu, la rivière a une largeur do 10 à 15 mètres et est assez profonde pour n'être pas à sec pendant la saison sèche; la présence du crocodile en est une preuve certaine. La station et un vaste terrain, très favorable à la culture, sont délimites par un grand coude de la rivière, qui s'y développe en demi-cercle.

En remontant la vallée, l'on rencontre des plaines (étendues. {Ledien, Mouvement g éograpliique, 1880.) (Voir notice des feuilles 9 et 13.)

La Lua. — Affluent de la rive gauche du Congo. La Lua a 15 mètres de largeur, en décembre, près de Dunga. Klle est très difficile à traverser. {Ed. Dupont )

La Pioka. — Affinent de la rive gauche du Congo.

La Pioka, au pied du Mont Bidi, est une large rivière, au courant puissant. Elle coule entre des rives hautes et escarpées.

Au point où elle coupe la route de Diinga à Wumba, le passage de la rivière est très difficile. Ses énormes et hautes rives d'argile sont presque verticales. En ce point, la rivière est aussi beaucoup plus large et plus profonde que près du lîidi. (0. Lcnz, Oestert'eichische Congo Expédition, novembre I8S5.) (Voir notice des feuilles 0 et 13.)

Tableau récapitulatif des rivières.

Beka. — Affluent de la rive droite du Congo, en amont de Manyanga (territoire français). (Voir p. 208.) BuNGO. — Affluent du Masalu.

Congo. — Fleuve : Section e:.tre Pakabendi et l'embouchure de l'Eluala. (Voir pp. 107 à 200, 200, 207, 216, 217.)

Dans cette partie de son cours, le Congo reçoit : sur la live droite, les rivières Yungo-Yungo, Beka, Lufu, Mata, Luala, Luozi, Lulua et Eluala; sur la rive gauche, les rivières Pioka, Lua, Lukunga, Lufubi et (tumi.

DiAMHi. — Affluent de la rive droite de la Yambi-Mata.

Eluala. — Affluent de la rive droite du Congo, (Voir pp. 200, 200, 213.)

FuRUZi. — Affluent de la rive droite de la Kenge (Grande). FuLUKARi. — Cours supéi'ieur de la Kénke (affl. du Congo, voir notice de la feuille 15).

FuMU. — Affluent de la rive gauche de la Mala. (Voir p. 2i0.) •

Galandudu. — Affluent du Luvisi.

Gandu. — Affluent de la rive droite du Luozi.

Gandu. — Affluent de la rive droite de la Lukunga (affluent du Congo). (Voir p. 215.)

Gmn. — Affluent de la rive gauche du Congo, en face de l'île de Kimbanza. (Voir notice de la feuille 9.)

Kama. — Affluent de la rive gauche de la Pioka,

Kenge. — Affluent de la rive gauche du Lukasu.

Kenge (Petite). — Affluent de la rive droite de la Yambi-Mata.

Kenge (Grande). — Affluent de la rive droite de la Yambi-Mata. (Voir pp. 201,211.)

Kenke ou Fulukari. — Affluent de la rive droite du Congo.

KiNKANGAiA OU MiMBi. — Afflueut de la rive droite de la Kenge (Grande). La Kinkangaia a 15 m. de largeur. {EcL Dupont.)

Koka-Tadi. — Affluent de la rive gauche de la Lukasu.

KuLA. — Affluent de la Lukunga, près de Lukungu.

KuNGuzi. — Affluent de la rive droite de la Lufu (au Nord de Manynnga).

KwiLTT-NiARi. — Voir Niari.

LoKOKO. — Affluent de la rive gauche du Lukasu.

Lu A. — Affluent de la rive gauche du Congo. (Voir p. 202.)

LuAiA. — Affluent de la rive droite du Fulukari ou Kenke.

LuALA. — Affluent de la rive droite du Congo, en aval de Manj'anga (Castle Rock).

LuALA. — Affhient de la rive gauche du Lukasu.

LuBuzi. — Affluent de la rive droite de l'Eluala.

Lufu. — Affluent de la rive droite du Congo, à la chute do Tombo-Mataka.

LuFUBi. — Affluent de la rive gauche du Congo, en aval de Manyanga.

LuKASu. — Affluent de la rive gauche de l'Eluala. (Voir p. 200, 207, 218.)

LuKUNGA. — Affluent de la rive gauche de l'Eluala. (Voir p. 200, 201, 212,213.)

LuKUNGA. — Affluent de la rive gauche du Congo. (Voir pp. 201, 214, 215, 219.)

LuLUA. — Affinent de la rive droite du Congo. Son embouchure r-st à Bulu. (Voir p. 200.)

LuoMBo. — Affluent de la rive gauche de l'Eluala, formé de la Grande et de la Petite Luombo. (Voir pp. 200, 212, 213.)

Luozi. — Affinent de la rive droite du Congo. Son embouchure est à Luozi, en aval de Manyanga. (Voir p. 207.)

LuTETE. — Affluent de la rive gauche du Kwilu-Niari (territoire français).

LuviFi. — Affinent de la rive gauche du Kwilu-Niari (territoire français;.

Luvisi. — Affluent de la rive gauche du Kwilu-Niari (territoire français).

Mangunqo. — Affluent de la Lukunga, tributaire de l'Eluala. (Voir p. 201.)

Mandinga. — Affluent de la rive gauche du Lukasu.

Mangola. — Affluent de la rive droite de la Kenge (Orande).

Masalu. — Affluent de la Lukunga, qui se jette dans l'Eluala.

Mata. — Affiuent de la rive droite du Congo, en aval de Manyanga. (Voir Yambi-Mata et pp. 201, 207, 209, 210, 213, 210.)

Matadi. — Affluent de la rive gauche de la Lukunga (lîluala), 4 à 5 m. de large (novembre).

Mataka. — Affluent de la rive droite du Congo, aux chutes de Tombo-Mataka. (Voir p. 208.)

Matanda. — Affluent du Lutete.

MiMHi. — VoirKinkangaia.

Mimvu. — Affluent de la rive droite du Fulukari.

MusAsi. — Affiuent.de la rive gauche du Kwilu-Niari (territoire français).

MuYANGA — Affluent de la rive droite de la Kenge (Grande).

NiARi ou KwiiAT-NiARi.— Fleuve du Congo français, qui se jette dans l'Océan Atlantique, au Nord de Loango. (Voir p. 208, 209.)

Pete. — Affluent de la rive droite du Furuzi. PiOKA. — Affluent de la rive gauche du Congo. (Voir pp. 202, 216 et notice des feuilles 9 et 13.)

Sanga. — Affluent de la rive droite de l'Eluala SiGE-LuBUA. — Affluent de la rive gauche de la PioP.a.

TiMBA. — Affluent de la rive gauche de la Lufu, au Nord de M an y an ga.

Yamba. — Affluent de la Lukunga, près de Lukungu. (Voir p. 215.) Yambi-Mata ou Yambi. — Nom de la Mata, dans son cours supérieur. (Voir p. 201, 209, 210, 211, 213.)

YuNGo-YuNGo — Affluent de la rive droite du Congo, en amont de Manyanga (territoire français). (Voir p. 208.)

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