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CHAPITRE VI

Province de Parahyba.

ESQUISSE HISTORIQUE

Cette province comprend la plus grande partie (du côté septentrional) des trente lieues du donataire Pero Lopes de Souza; cette capitainerie nommée d'Itamaracâ s'étendait, d'après la charte de donation que nous copions textuellement, depuis la rivière' qui entoure Vile d'Itamaracâ, et que je nomme maintenant Santa- Cruz, jusqu'à la haie da Traiçâo. On pourrait considérer comme sa première bourgade le comptoir établi par Christovào Jacques dans cette île, si les limites établies s'étaient maintenues et si Pernambuco n'avait pas absorbé les terres du sud jusqu'à la rivière Abiahi, lesquelles ne peuvent par conséquent pas être considérées comme appartenant à la Parahyba dont la vie coloniale et administrative n'a commencé que 50 ans après la date de la charte de donation dont il est question cidessus.

En 1581, par ordre du gouverneur -général Lourenço da Veiga, Joâo Tavares jeta les faibles fondements d'une bourgade dans l'île Camboa sur le fleuve Parahyba. Il est présumable que ce faible établissement fut détruit par les armateurs français qui infestaient la côte et se trouvaient en bons rapports avec les Indiens, car Fructuoso Barbosa, riche propriétaire de Pernambuco, se trouvant à Lisbonne, s'offrit à coloniser la Parahyba sous la condition d'en être le grand-capitaine et qne tous les revenus de la colonie, pendant dix ans, lui appartiendraient. Lorsqu'il eut obtenu ces avantages qui annulaient les

privilèges du donataire, après de grands travaux et des difficultés sérieuses, il organisa une expédition en 1582 et expédia de Pernambuco, par terre, vers la Parahyba, Simào-Rodrigues Cardoso avec deux cents hommes, et quant à lui, il se dirigea par mer avec une force sans doute importante, car à l'embouchure de ce fleuve il prit et brûla cinq navires français sur huit qu'il y rencontra, ce qui rend invraisemblable la tolérance de la petite bourgade de Camboa par les Français et les Indiens ennemis des Portugais.

Fructuoso Barbosa établit un camp fortifié du côté du nord de ce fleuve, vis-à-vis de Cabadclo; mais, ayant perdu un fils qui tomba avec quarante hommes dans une embuscade des sauvages dirigés par les Français, il en eut tant de chagrin qu'il se retira avec ses forces.

En 1584, le gouverneur-général Manuel - Telles Barreto, profitant de l'escadre du général espagnol Diego-Flores Valdez qui se trouvait à Bahia, s'accorde avec celui-ci qui, avec neuf navires, se dirige vers le fleuve Parahyba, tandis que de Pernambuco Dom Philippe de Moura et Fructuoso Barbosa marchent par terre avec environ mille hommes vers ce même but. Valdez fait peu de cas de Cabadêlo et fait élever à une lieue de distance un fort qu'il appelle Saint-Philippe (du nom du roi) sur la rive gauche du Parahyba. Il y laisse un Espagnol, Francisco Castejon en qualité d'alcade et de directeur des travaux.

Le choix de l'Espagnol comme chef de la colonie et les incursions répétées des Indiens rendirent presque inutile une conquête qui avait été faite avec des forces si puissantes. Les sauvages disputèrent avec ardeur la domination de ces terres, et les auxiliaires de Pernambuco ne voulant pas se soumettre à l'autorité de Castejon, s'en retournèrent ; mais bientôt, battus et serrés de près par les sauvages, ils revinrent sur leurs pas et se réfugièrent dans le fort que les sauvages assiégèrent. Un secours opportun amené d'Itamaracâ par Pedro Lopes et de nouveaux auxiliaires de cette île et de Pernambuco qui vinrent successivement se joindre à Castejon, purent à peine ajourner une seconde ou une troisième victoire des indigènes. En juin

1585, le chef castillan et Pedro Lopes se retirèrent vaincus et incendièrent le fort.

Mais aussitôt après, le mombixada (chef indien) Pirajyba qui de son village était venu au secours de ses frères de Parahyba, irrité d'une accusation injuste et ingrate de lâcheté, se déclare en faveur des Portugais et assouvit sa vengeance eu des combats acharnés contre ces mêmes Indiens; les colons de Pernambuco s'empressent de venir appuyer Pirajyba et font alliance avec lui; les Indiens ennemis sont vaincus et mis en complète déroute; enfin la conquête et la colonisation de Parahyba s'établissent d'une manière permanente en 1586 par l'érection d'un nouveau fort et l'établissement d'un noyau colonial sur la rive droite du fleuve de ce nom, et en avril de la même année, arriva d'Europe Francisco de Morales, nommé directeur de cette nouvelle colonie à laquelle il donna le nom de Philippea, aujourd'hui à peu près oublié.

La Parahyba suivit les destinées de Pernambuco; elle fut conquise comme celle-ci par les Hollandais, fraternisa avec elle dans la guerre héroïque commencée en 1645, fut traitée injustement comme complice dans les troubles politiques de 1817 et 1824, et enfin, dans les troubles de 1848, elle fit semblant d'y être complètement étrangère pour ne pas encore en subir les dures conséquences.

Elle fut élevée en 1684 à la catégorie de capitainerie indépendante, en 1755 subordonnée de nouveau à celle de Pernambuco dont elle s'émancipa en reprenant son rang de sœur avec des droits d'administration semblables accordés par la charte royale du 17 janvier 1799. En 1822, elle entra comme étoile ou province dans le système de division supérieure de l'empire.

POSITION ASTRONOMIQUE ET DIMENSIONS

Latitude australe, entre le 6° 15' et le 7° 50'; longitude orientale, entre le 5° 5' et le 8° 25'.

Du nord au sud, cette province s'étend sur une longueur de 200 kilom. depuis la chaîne de Cuité jusqu'aux versants de la chaîne de Cayriris-VeUws, entre les provinces de Rio -Grande

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do Norte et Pemambuco, et de l'est à l'ouest sur 465 depuis le cap Branco jusqu'à la limite du Cearâ aux sources du fleuve Piranhas. Sa côte mesure de 190 à 200 kil6m. et sa surface est de 155,000 kilom. carrés.

BORNES

Elle confine au nord avec la province de Rio-Grande do Norte par la rivière Guajâ et la chaîne de Luiz-Gomes; au sud, avec celle de Pernambuco, à l'embouchure du Capiberïbe- Mirim ou Goyana et la chaîne dos Cayriris-Velhos; à l'ouest, avec le Cearâ, par les chaînes Araripe et Pajehû ou Piedade qui séparent les eaux du Salgado d'avec celles du Piranhas, et à l'est par l'Atlantique.

CLIMAT

Il est sec et chaud, mais adouci par les brises de la mer. L'hiver ou saison des pluies s'étend depuis l'équinoxe de mars jusqu'en juillet; il n'est pas rigoureux, au contraire la province éprouve de temps en temps des sécheresses qui diminuent sa production agricole, mais ce préjudice est compensé par les riches récoltes des années régulières et par les heureuses conditions de salubrité dont on jouit en général sur son territoire.

ASPECT PHYSIQUE

Le sol est très-inégal. Ayres Cazal dit, peut-être avec quelque exagération, que plus des deux tiers ne se composent que de catingas et de landes inutiles à l'agriculture. Il est certain que le terrain y est excessivement sec et d'une insuffisante irrigation naturelle; mais il convient parfaitement à l'élève des bestiaux, surtout parce qu'il produit abondamment la maeawde'ra, herbe très-aqueuse qui nourrit et désaltère les troupeaux. L'autre tiers est composé de zones et de parties d'un terrain fort, gras et fertile, avec de vastes et riches forêts principalement dans les plus hautes chaînes de montagnes et dans le voisinage de quelques cours d'eau.

La Borborema est la chaîne dominante. Presque tous les monts et chaînes de montagnes qui s'y trouvent portent différents noms et ne sont que des ramifications ou des contreforts de celle-là qui traverse la province du nord au sud et la divise en deux parties: orientale et occidentale; elle s'étend vers le sud, sépare la province de Parahyba do Norte de celle de Pernambuce, sous le nom de Cayriris-Yellws et va terminer à la chaîne das Imburanas près de la mer; cette même chaîne de Cayriris fait une espèce d'angle et se confond avec la chaîne de Pajehû qui s'avance et forme la limite occidentale entre cette province et celle de Cearâ. Vers le nord, s'avance bientôt de l'ouest à l'est la chaîne de Luiz-Gomes, bien moins étendue; vers l'intérieur, s'élèvent encore et se prolongent dans la partie occidentale la chaîne do Bacamarte, un peu vers le sud, et celle da Baiz, vers le nord; et vers la partie occidentale, la chaîne do Teixeira au sud et celle das EspinMras un peu plus au nord: ces deux rameaux sortent évidemment de la chaîne Borborema. Après celles-ci vient la chaîne de Catolê, et encore plus loin, du nord au sud, les petites chaînes successives do Commissario , Branca et Negra.

HYDROGRAPHIE

La province de Parahyba do Norte complètement entourée par des chaînes de montagnes au sud et à l'ouest, et par l'immense muraille du Borborema élevée du nord au sud et qui la divise en deux parties, comme nous l'avons déjà dit, voit le cours de ses eaux se diriger nécessairement, dans la partie orientale, vers l'Océan Atlantique, et dans l'occidentale, vers la province limitrophe de Rio- Grande do Norte dans le vaste territoire compris entre cette chaîne et celle de Luiz-Gomes.

Les bassins de la partie orientale ont déjà été étudiés dans le chapitre de l'hydrographie générale ; il nous suffira donc de rappeler quelques autres cours d'une importance très-secondaire qui vont se jeter dans l'Océan: à partir du nord ce sont: après la baie dos Marcos, le Pitanga qui vient de Rio -Grande

do Norte et auquel se réunit le Camaratuba; après l'important Mamanguape que nous avons déjà étudié, le Miriry et le Camaçary; et au-delà du fleuve Parahyba du nord, le Jagnaribe, le Curugy, le Tabatinga, le Graû, le Catû et VAbiahy. Dans la partie occidentale, les cours d'eau suivants sortent de la province: le Patti; le fleuve das Piranhas qui, prenant sa source dans la chaîne dos Cayriris, traverse cette partie du nord au sud et reçoit, après un cours de plus de 130 kilom., le Rio do Peixe qui a un cours de 110 kilom. et vient du nord, de la chaîne de Luis-Gomes, et 45 kilom. plus bas, il reçoit encore sur sa rive droite le Piancô qui lui est peu inférieur et qui naît près de lui dans la chaîne dos Cayriris; le limpide EspinMras qui se réunit au Piranhas peu avant la sortie de celui-ci du territoire de Parahyba; le Seridô et, au-delà de la muraille centrale de Borborema, le Cunhaû qui sort également de la province et se jette dans l'Océan Atlantique dans la partie méridionale de la province de Rio-Grande do Norte.

PRODUCTIONS NATURELLES

Règne minéral Le manque d'études scientifiques fait qu'on ne peut rien ajouter à ce qui a déjà été dit à ce sujet dans le chapitre respectif de la première Partie.

Règne végétal. Les bois pour les diverses constructions, la menuiserie, Tébénisterie et la teinturerie y abondent; on y trouve beaucoup de bois-brésil, d'arbres à copahu et à mastie et les mêmes arbres fruitiers des provinces limitrophes; le palmier catulez donne des fruits qui alimentent les bestiaux; l'amande du pilï se mange grillée et l'on en extrait une huile qui sert pour la cuisine.

Règne animal. Semblable aux autres provinces.

AGRICULTURE, INDUSTRIE ET COMMERCE

Les principales sources de la richesse agricole de la province sont le coton et le sucre qui s'exportent en quantité relativement considérable. Quant aux céréales et à la farine de manioc, la province n'en produit que pour sa consommation.

L'industrie de l'élève des bestiaux n'y a pas encore acquis le développement qu'elle doit et peut avoir; l'exportation des cuirs salés y est presque nulle. Le commerce est proportionné au petit nombre de produits agricoles et au manque de bras pour la culture.

STATISTIQUE

Population: 300,000 habitants dont 270,000 libres et 30,000 esclaves.

Représentation nationale et provinciale : 2 sénateurs et 5 députés à l'assemblée générale, et 30 à la provinciale.

La province est divisée en deux districts électoraux avec 781 électeurs, et 52,015 citoyens qualifiés votants.

Force publique. Garde nationale: 11 commandements supérieurs, 30 bataillons et 2 sections de bataillon en service actif; et 2 bataillons, 2 sections, 6 compagnies et 6 sections de compagnie de réserve, avec 30,797 gardes-nationaux de force active et 4546 de réserve. Total 35,343.

Corps policial: 194 hommes (état effectif).

Instruction primaire et secondaire: Primaire publique: 103 dont 79 écoles pour le sexe masculin avec 2341 élèves, et 24 pour le sexe féminin avec 583 élèves: particulière: 9 dont 7 pour le sexe masculin 409 élèves, et 2 pour le féminin 67 élèves. Secondaire publique: 5 établissements du sexe masculin avec 114 élèves; particulière: une seule pension pour le sexe masculin avec 45 élèves.

L'instruction publique secondaire est donnée dans des classes de latin établies en quelques-unes des principales villes et dans le lycée provincial qui a 7 chaires constituant un cours d'études préparatoires.

Dans cette statistique ne se trouve pas comprise l'intéressante institution des élèves-artisans qui, outre l'apprentissage des différents arts, reçoivent l'instruction primaire et ont, de la secondaire, des écoles de matières appliquées.

Division civile, judiciaire et ecclésiastique: La province de Parahyba se divise et se subdivise en comarcas (districts), mnnicipes et paroisses ainsi qu'il suit:

Muaicipe».

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