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COMMENT ON FAIT UNE ANALYSE

La première condition pour écrire ou pour exposer de vive voix une bonne analyse , c est de se faire une idée juste et nette du morceau que l'on veut analyser, de l'embrasser tout entier, de le décomposer par fragments et de l'étudier en détail.

Cette opération terminée, on observe si le morceau , dans son ensemble et dans ses parties , est conforme aux règles de la composition littéraire sous le rapport de l'invention, de la disposition et de l'élocution.

Pour faire cet examen avec fruit, on ne se contente pas de considérer le morceau isolément , on le rapproche d'ouvrages de même nature , et l'on juge , par cette comparaison , en quoi il leur est supérieur, inférieur ou égal. « Il en est, dit Voltaire, de ces parallèles comme de l'anatomie comparée , qui fait mieux connaître la nature. " Un autre rapprochement excellent, c'est de ne point séparer la morale de la littérature, et de montrer comment elle a sa part dans une critique sérieuse et élevée.

On doit procéder à cet examen avec une attention scrupuleuse et une juste mesure : ni louanges outrées, ni blâme exagéré : le grand point, c'est de dire précisément pourquoi l'on blàmc et pourquoi l'on loue, pourquoi les idées paraissent vraies ou fausses , le style bon ou mauvais. Arrivé à la fin de cette sorfe d'inventaire, on résume le tout en quelques lignes, et l'on

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conclut en prononçant sur la valeur définitive du morceau analysé.

Parmi les sujets d'analyse d'une certaine étendue, les Fables de La Fontaine et les pièces du théâtre classique occupent le premier rang et sont d'une très-grande utilité. « C'est un grand art, dit Voltaire, que de savoir bien rendre compte d'une pièce de théâtre. Exposer en termes clairs et élégants un sujet, qui quelquefois est embrouillé, et, sans s'attacher à la division des actes, éclaircir l'intrigue et le dénouement, les raconter comme une histoire intéressante , peindre d'un trait les caractères , dire ensuite ce qui a para plus ou moins vraisemblable , bien ou mal préparé , citer les vers les plus heureux, bien saisir le mérite ou le vice général du style, c'est ce que j'ai toujours vu faire avec profit. J'ai toujours reconnu l'esprit des jeunes gens au détail qu'ils faisaient d'une pièce , et j'ai remarqué que tous ceux qui s'en acquittaient le mieux ont été ceux qui, depuis, ont acquis le plus de réputation dans leurs emplois : tant il est vrai qu'au fond l'esprit des affaires et le véritable esprit des belles-lettres est le même ! »

On en peut dire autant des morceaux en prose, descriptions , dialogues , récits historiques , portraits , discours , lettres : on applique à l'analyse de ces divers morceaux les principes qui viennent d'être établis.

§ IV

1" Analyse de la fable le Chêne et le Roseau,

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