CHAPITRE IX
irOMAUDES. - CÉRATS. - GLYCKRÉS. - HUILES MliUICI- ■ " ■ NALES. - LINLMENTS. - EMBROCATIONS
Tous les médicaments que nous éUuliei'ons dans ce .chapitre sont réservés pour l'usage externe ; leur but thérapeutique est le même, ils ne diflerent entre eu\ que par la nature de Texcipient.
Les pomma'Ies ont pour expédient Ffla^oni^e ou graisse de porc dont nous avons parlé (page 129) et sont solides à la température ordinaire.
Les cmils sont constitués par un mélange de erre et iVhullp quelquefois émulsionné avec une petite quantité d'eau.
Les pétréniés sont préparés avec la pétréoline ( pétroléine) ou vaseline comme excipient.
U'^ gli/cérés ont pour base la glycérine ou un empois iti'éparé avec la glycérine et l'amidon, le ylycéré iCciiniilini.
Les/iidles médicinale'^ ont pour excipient les diverses huiles naturelles dont nous avons parlé. Ces dernières préparations liquides sont désignées plus spécialement sous le nom de l'aiiments.
156 NOTIONS DE PHARMACIE NÉCliSSAlRES AU MÉDKCIN
Pommades.
Les poinmades sont constituées par un ou plusieurs des excipients que nous venons d'énumérer, mélangés à des substances médicamenteuses : elles sont solides à la température ordinaire et diilërent des onguents et des emplâtres en ce qu elles ne renferment pas de corps résineux.
On obtient les pommades et les huiles médicinales de trois manières différentes :
1° Par simple mélange ;
2° Par l'action de la chaleur (solution, digestion, coction) ;
3° Par réaction chimique.
Elles constituent des préparations officinales ou magistrales, ces dernières sont presque toujours obtenues par simple mélange.
Nous allons passer en revue ces modes de préparation :
Pommades proprement dites avec Vaxonge.
1° Prépaimlionpar mélange (au mortier). — La formule d'une pommade peut être assez complexe, il n'est pas nécessaire que lesdivers éléments qui la constituent soient solubles les uns dans les autres. On peut en efTet mélanger à l'axonge, et aux autres excipients solides les corps de nature la plus variée, des poudres végétales, minérales, des extraits et même des liquides en petite quantité. Les seules précautions à prendre sont celles qui permettent d'obtenir un mélange aussi homogène que possible.
La pommade sera bien faite lorsqu'elle présentera un aspect uniforme et lorsqu'on passant sur le dos de la main le doigt imprégné de cette pommade on no
rOMMADHS. — CÉRATS. — CLYCÉRÉS, EÏC <
lîi'cevra aucune sensation de grallemenl dû à la ivésencc de particules solides insuriisammcnt pulvei>3ées.
Pour bien faire une pommade : d faut donc pulve- ,>ser avec soin toutes les substances insolubles de naiire végétale ou minérale et même porphyriser ces deridères. Les substances solubles seront dissoutes dans invéldcule approprié etemployé enaussi fad^le quantité iiue possible. On doit choisir ce véhicule capable de
mélanger aux corps gras : c'est la glycérine qui remllit le mieux toutes les conditions exigées : le plus inivent il n'est pas nécessaire d'obtenir une solution omplète ; par exemple s'U s'agit d'extraits il sufiit de -s ramollir de manière à obtenir une pâte molle qui ■•3 mélange facilement au corps gras. Si au lieu de Uycérine on est obligé d'employer de l'eau ou de l'allool l'incorporation à l'excipient est plus longue et l 'est terminée qu'au moment où Ton ne voit plus périr de gouttelettes liquides lorsqu'on comprime la pommade avec une spatule ; à ce moment la pommade .dh'ere également bien aupilon et au mortier.
Pommade belladonée.
Exlrail de belladone 't gi'- Eaii ou mieux glycérine —
Axonge -"^
On triture au mortier l'extrait avec l'eau ou la glycérine de manière à obtenir une pâte molle ; puis on i>joute l'axonge par petite quantité à chaque lois et "on mélange avec soin.
Pommade à liodure de potassium.
lodure de potassium I gi".
Eau ou glycérine —
Axonge benzoinée —
158 NOTIONS Dli PHARMACIE NÉCKSSAIRliS AU MKHliClN
On triture Tiodure avec l'eau jusqu'à dissolution puis on ajoute peu à peu l'axonge. Lorsqu'on l'rictionne le dos de la main avec une petite quantité de celle pommade on ne doit, si elle est bien prépai-iM'. percevoir aucune sensation de IVollemenl due à une particule de sel non dissous.
Pommade à V oxyde rouge de mercure.
Oxyde rouge de mercure 2 gr.
Vaseline ■ 30 —
On commencera par pulvériser /rè? finement ou mieux porphyriser l'oxyde soit à sec soit avec une très petite quantité de vaseline ; puis on incorpore au reste de l'excipienl.
Pommade mercurielle à parties égales.
Onguent mercuriel double: ongumt napolilain.
Mercure 500 gr.
Axonge benzoïnée 500 —
On commence par Iriturer le mercure avec le quarl environ de l'axonge el cela jusqu'à ce qu'il soit complètement éteint c'est-à-dire qu'on ne distingue plus, même à la loupe de globules brillants, ou bien que l'on n'en retrouve plus en écrasant une petite quantité de pommade entre deux feuilles de papier à filtrer que l'on frotte l'une contre l'autre de manière à absorbeile corps gras. Cette opération est assez longue : lorsqu'elle est terminée on ajoute le reste de l'axonge el on mélange avec soin.
La préparation de cette pommade exige beaucoup de temps et l'on a proposé un très grand nombre d'artifices pour faciliter et hâter l'extinction du mercure, mais ils ont presque tous l'inconvénient d'introduire des corps
POMMADES. — CÉRATS. — GLYCÉRÉS, ETC. 15!>
élra Hivers dans la ]i()iiimade. Le meilloui-, et celui qui ]>eiil être employé, consisle à se sevvii- de pommade déjà l'aile el anciennement pi'éi)ai'ée ; le mercure disparaît assez vite par trituration.
I^réparalion par solution. — Cette manière d'opérer qui nécessite l'emploi de la chaleur est presque toujours réservée aux préparations oflicinales. La chaleur est nécessaire pour permettre aux corps gras, devenus liquides, de dissoudre plus facilement les substances avec lesquelles on les met en contact, ou tout au moins de se charger de leurs principes solubles.
On prépare ces pommades de diverses manières :
1" Par fusion et solution :
Pommade chloroformée.
Chloroforme 10 gr.
Cire 5 —
Axonge 8j —
On fait liquélier au bain-marie, l'axonge et la cire placées dans un flacon à large ouverture et pouvant être bouché : on laisse ensuite refroidir et au moment où la solidification va commencer on ajoute le chloroforme et on agile vivement jusqu'à ce que la pommade soit refroidie.
Pommade ou baume Nerval.
Reurre de muscade iîiO gr.
Moelle de bœuf 350 —
Huile d'amandes douces lOU —
Faites li(|uériei' à une douce chaleur el passez à travers un lins'e :
On i-eçoit dans un mortier en marbre et on agite le mélange jusqu'à ce qu'il commence à se solidifier :
on ajoute aloi's uns dissolution égalomeut filtrée faite avec :
Camphre ' ' gr.
Baume de Lolu..- .'iO —
Alcool à 8U° : OU —
Et en dernier lieu.
Essence de romarin 'J^ gr.
Essence de girofles l-j —
2" Par fusion et digestion. — On emploie ce procédé lorsque la substance n'est pas entièrement soluble dans l'excipient; on fait une digestion dans laquelle l'eau estremplacée par un corps gras. On prépare ainsi la pommade épispastique jaune.
Pommade épispastique jaune.
Cantharides grossièrement pulvérisées. 60 gr.
Axonge 840 —
Cire jaune 120 —
Curcuma pulv 4 —
Essence de citron i —
On fait digérer pendant A heures au bain-marie les cantharidesdans l'axonge : on laisse reposer, on décante puis on ajoute la poudre de curcuma et on maintient encore une heure au bain-marie. On filtre alors au papier, on fait fondre la cire et on ajoute l'essence lorsque la masse commence à se refroidir.
3° Par fusion et coction. — On emploie ce procédé lorsque l'on se sert de plantes fraîches qui doivent perdre leur eau de végétation avant de céder aux corps gras, leurs matières solubles. On prépare ainsi la joo/tzmade de bourgeons de peuplier ou onguent populeum.
Feuilles fraîches de pavots .
— jusquiame... /
— belladone. . .
— inorelle '
Axonge '^«0" -
PÛMMADIÎS. — CliR.VTS. — GLYCÉniiS, KTC loi
Faites chaulTer sur un l'eu doux jus(iu'à ce que l'eau <!(> végétalion soit complètement évaporée. On le reconnait en projetant sur des charbons une petite quantité d'axony,e : elle doit s'enllammer sans produire de crépilalion : on ajoute alors
Bourgeons de peuplier récemment séchés 800 gr.
et <.)n fait digérer pendant 24 heures au bain-marie.
On passe avec expression on laisse refroidir pour séparer le dép(»t : on décante et on conserve dans des
[Kits.
Par réaction chimique. — ■ Ce groupe est peu nombreux; et les pommades qui le constituent sont préparées par mélange, mais les substances chimiques incorporées réagissent plus ou moins vite sur les corps gras et les modifient profondément.
Pommade cHrine.
Mercure 40 gr.
Acide azotique olliciiial 8ii —
Axonge 'tOO —
Huile d'olives iOO —
On fait dissoudre à froid le mercure dans l'acide et on verse la solution dans le mélange d'huile et d'axonge préalablement liquéliée.
On coule dans des moules de papier. A la suite des ti-ansformations chimiques qui s'opèrent, cette pommade devient jaune et acquiert une consistance très ferme. Elle doit être conservée à l'abi'i de la lumière.
l'ummade (i.xi/(/éiiée d'Ali/on.
.\ci(le azotique 60 gr.
Axonge 500 —
162 NOTIONS DU PMÂRMACIH NÉCESSAIRUS AU MÉDECIN
On ajoute Tacide à l'axonge préalableinoiil liquéfiée, puis on coule dans des moules de papier.
Petréo/éx. — Ce sont les pommades qui ont pour ex- {•.i[neni\3upél.7'éoline,pélroléine, ou vase/ijie (voir page 130) que l'on peut substituer à l'axonge dans toutes les ibrmules, sauf dans celles où la pommade est obtenue par réaction chimique. La vaseline étant inattaquable par les arides aussi bien que par /es alcalis.
La substitution de la vaseline à l'axonge présente surtout beaucoup d'avantages pour la préparation des pommades anti-ophtalmiques :
Pommade du Régenl.
O.vyde rouge de mercure 1 gr.
Acétate de plomb cristallisé 1 —
Camphre. 0 — 10
Vaseline 18
On porphyrise l'oxyde de mercure et l'acétate de plomb ; on ajoute le camphre que l'on pulvérise également puis on incorpore à la vaseline.
Beaucoup de pommades que l'on prépare -çds mélange avec l'axonge peuvent être faites par soluiion dans la vaseline. Cette substance dissouten efletbon nombre de corps et de sels métalliques insolubles dans les corps gras; par exemple le tannin le suif oie de zinc.
iMnulés. — On désigne sous ce nom les pommades préparées avec la lanoline (voir page 129). On les obtient par mélange au mortier. Ces pommades présentent l'avantage d'être très adhérentes à l'épiderme. On peut dans leur formule introduire une assez grande quantité de solutions aqueuses ou de glycérine; la lanoline pouvant absorber facilement ces liquides.