MUSCLES
Les muscles sont les agents actifs de nos mouvements. C’est dans ces organes que réside la puissance motrice. Sous l’in-
Fig. 145. Phénomène de la contraction musculaire.
A. Muscle biceps brachial à l’état de relâchement. — B. Le même muscle raccourci par la contraction, et relevant l’avant-bras C.
fluence de la volonté ou en dehors de son empire, le muscle se contracte, c’est-à-dire se raccourcit, et si ses deux extrémités sont
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attachées à des os qui soient eux-mêmes mobiles, grâce à une articulation, le raccourcissement du muscle entraîne le déplacement, c’est-à-dire le mouvement de l’os et des parties qui en dépendent.
Prenons un exemple. Quand le biceps brachial se contracte, c’est-à-dire se raccourcit, comme ce muscle s’insère en haut, sur l’extrémité de l’omoplate, et en bas sur le radius, son raccourcissement produit nécessairement le mouvement de ^
Al
composes eux-memes de
longues fibres très fines, réunies parallèlement entre elles par du tissu cellulaire.
Le tissu musculaire est donc composé d’une réunion de fibres. L’examen microscopique de ces fibres a prouvé qu’elles sont composées de fibrilles formant, par leur réunion, des faisceaux striés , semblables à ceux que représente la figure 146.
Les fibrilles sont l’élément fondamental du tissu musculaire. C’est dans les fibrilles que réside la contractilité musculaire. Elles sont enveloppées d’un tissu élastique, mais non contractile, que l’on nomme sarcolemme. Ce sont les faisceaux microscopiques des fibrilles enveloppées de leur sarcolemme, qui, en
posent.
Fig. 146. Fibrille musculaire.
Fig. 147. Fibrille mus-
Un muscle se compose, en effet, de la réunion de faisceaux, plus ou moins volumineux, lesquels sont
culaire.
A. Fibrille dépouillée du sarcolemme, pour faire voir les disques qui la constituent.
— A'. Un de ces disques coupé transversalement et grossi.
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se réunissant, forment les fibres musculaires que nous voyons à l’œil nu.
La figure 146 représente les fibrilles des muscles enveloppées de leur sarcolemme et grossies au microscope.
La figure 147 montre la même fibrille vue à un plus fort grossissement et dépouillée de son sarcolemme. On voit au dessous, coupé transversalement et vu à un plus fort grossissement microscopique, l’un des disques (A') qui constituent la fibrille.
Comme un exemple d’un muscle du corps humain, nous plaçons ici (fig. 148) la figure du biceps brachial, que nous venons de supposer en action, pour faire comprendre les effets de la contraction musculaire.
Les fibres de tout muscle se terminent à chaque extrémité, c’est-à-dire dans les parties qui vont s’insérer aux os, par un tissu fibreux et non contractile, que l’on nomme tendon quand il s’amoindrit en cordelettes, et aponévrose quand il s’étale en surface large et aplatie. On voit sur la figure 148 le tendon, C, qui termine le muscle biceps brachial BB.
Les tendons et les aponévroses ne sont point contractiles. La contractilité est essentiellement propre aux muscles; aucun autre tissu n’a ce privilège.
Muscle biceps^ brachial. Ce sont les nerfs cIui transmettent aux A. Corps du muscle. muscles la puissance contractile, soit que B’B-Jei;donsuPpene,ir- ces nerfs, venant du cerveau, leur envoient l’excitation volontaire, soit que l’excitation leur vienne inconsciemment par le nerf grand sympathique. Les muscles des membres, du tronc, de la face, se contractent sous l’empire de la volonté; ceux des viscères abdominaux, tels que l’estomac, le tube intestinal, le cœur, les artères, se contractent sous l’empire du système nerveux du grand sympathique, soustrait à notre volonté.
Ce qui prouve que la contraction des muscles, c’est-à-dire leur raccourcissement par le rapprochement de leurs deux extrémités, est provoquée par le courant nerveux, c’est que la section
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du nerf qui se rend à un muscle produit instantanément la paralysie de ce muscle, et que la lésion de ces mêmes nerfs, à la suite d’une blessure du cerveau ou de la moelle épinière, au point où ces muscles partent de l’encéphale ou de la moelle épinière, produit la paralysie.
L’influx nerveux qui provoque la contraction musculaire peut . être remplacé par le courant électrique de la pile. Faites passer sur le trajet d’un muscle le courant d’une pile voltaïque, en appliquant les deux fils qui forment les pôles de la pile aux deux extrémités de ce muscle, vous verrez aussitôt le muscle se contracter et produire le même mouvement que la volonté détermine dans l’état normal. Même après la mort, la contractilité peut être réveillée par le courant électrique, surtout quand la mort a été provoquée instantanément et sur des sujets vigoureux.
Tout le monde sait que Galvani, Aldini, Nysten et bien d’autres physiologistes ont multiplié chez les suppliciés les expériences dans lesquelles le courant électrique fait renaître les apparences de la vie, c’est-à-dire provoque, pendant une durée de sept à huit heures après la mort, les mouvements musculaires propres à la vie. Ces expériences, qui ont tant frappé le vulgaire pendant un demi-siècle, sont devenues aujourd’hui banales et excitent peu l’attention. Elles prouvent seulement que le muscle conserve, plusieurs heures après la mort, une obscure propriété contractile que le courant électrique vient réveiller sur le cadavre comme elle l’exciterait sur le corps vivant. Mais au bout de sept à huit heures, c’est-à-dire au moment où commence la rigidité cadavérique , toute contractilité a disparu dans la fibre musculaire, et le courant électrique est impuissant à provoquer aucun mouvement dans ce corps.
Les physiologistes venus après Aldini et Nysten, tels que Matteucci, J. Müller, Longet et Duchenne (de Boulogne), ont fait une heureuse application du courant voltaïque pour déterminer les véritables fonctions physiologiques des muscles, dont le rôle était encore peu connu. Duchenne (de Boulogne), en particulier/ a soumis tous les muscles de l’économie animale à ce contrôle physico-vital, et il a beaucoup éclairé, par ce moyen, les fonctions du système musculaire considéré dans ses détails. En appliquant les deux extrémités de la pile voltaïque sur des points convenables de la face, du crâne ou du cou, Duchenne (de
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Boulogne) produisait sur l’homme vivant toutes les expressions physionomiques. Le rire, la joie, la tristesse, la fureur, la terreur ou l’extase, venaient se peindre tour à tour sur la face de l’individu que cet habile expérimentateur soumettait à l’action du courant électrique1.
Malheureusement, en dehors de son emploi pour la détermination précise des fonctions de chaque muscle, cette application de l’électricité n’a amené aucun résultat utile. Le courant éleclectrique appliqué à provoquer la contraction musculaire ne nous a rien appris sur la nature de l’agent nerveux qui produit ces contractions; et son emploi pour la guérison des névralgies n’a donné aucun bon résultat.
La contraction des muscles soumis à la volonté, c’est-à-dire ceux du tronc et des membres, peut se faire indépendamment de cette volonté même, à la suite d’une extension forcée, d’un tiraillement du muscle ou du tendon, ou par l’effet d’une fausse position. Cette contraction involontaire, dont la durée est variable, et qui est toujours douloureuse, est ce qu’on appelle une crampe.
La crampe se manifeste surtout dans les muscles du mollet, des doigts et de la plante des pieds. La crampe, qui saisit les mollets du nageur, tient à une trop longue fatigue des muscles de la partie postérieure de la jambe; et c’est également l’exercice forcé ou des positions anormales qui déterminent les crampes dans les muscles des membres et dans ceux du tronc.
Les crampes peuvent également saisir les muscles soustraits à l’empire de la volonté et qui dépendent du nerf grand sympathique. Telles sont les crampes de l'estomac et des intestins. Mais ici on touche à un état pathologique.
Quand les crampes portent sur les fibres musculaires du conduit aérien, c’est-à-dire de la trachée-artère ou de l’origine des bronches, on est affecté de X asthme , c’est-à-dire d’une véritable maladie, qui exige un traitement médical approprié. Au contraire, les crampes du système musculaire soumis à la volonté,
1. Voir le curieux ouvrage de Duchenne (de Boulogne), intitulé : Mécanisme de la 'physionomie humaine ou Analyse électro-physiologique de V expression des passions, applicable à la pratique des arts plastiques. 1 vol. in-8° avec un allas de photographies accompagnées d’un texte explicatif. 2e édition, Paris, 1870, chez J. -B. Baillière.
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celles du tronc, de la tête et des membres, ne sont qu’un accident passager. Elles cèdent presque instantanément si l’on étend fortement les muscles convulsés, et qu’on maintienne le plus longtemps possible cet état de contraction, de distension, afin de s’opposer au retour du raccourcissement musculaire, c’està-dire de la contraction.
Ce sont les muscles distribués autour des os et recouverts par la peau qui déterminent la forme et le volume du corps humain. De leur saillie ou de leur affaissement, de leur masse ou de leur diminution, dépend le modelé des membres. C’est pour cela que ce modelé varie selon que les muscles sont en état de contraction ou de relâchement.
La saillie plus ou moins forte des muscles sous la peau détermine la différence des formes chez les individus, et l’on dit avec raison qu’un homme est musclé ou non musclé, selon que la saillie de ses faisceaux musculaires est assez forte pour se traduire à l’extérieur, ou assez pauvre assez flasque pour ne se déceler aucunement sous la peau.
Les muscles se fixent tantôt aux os, tantôt à la peau, tantôt à d’autres muscles. Mais le plus grand nombre s’insère sur le trajet des os, au moyen des tendons et des aponévroses qui les terminent, car le grand rôle du muscle, c’est de produire le mouvement en agissant sur le levier que représentent l’os et les parties qui en dépendent.
Nous avons déjà dit quelques mots des tendons et des aponévroses. Il importe d’entrer ici dans plus de détails au sujet de ces deux modes de terminaison des muscles.
Les tendons ou les aponévroses qui terminent les muscles sont, avons-nous dit, composés d’un tissu fibreux, élastique et non contractile. Nous mettons sous les yeux du lecteur, comme exemple (fig. 149), le tendon qui termine les muscles du mollet. Ce cordon fibreux, d’une grande puissance, connu vulgairement
Fig. 149. Tendon d'Achille.
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sous le nom de tendon d’Achille , vient s’insérer à la partie postérieure du pied, sur l’os du talon {calcanéum). Quand les muscles du mollet se contractent, le tendon d’Achille, qui termine ces muscles, relève le talon.
Si le tendon d’Achille est trop raccourci, soit par un vice de naissance, soit par un accident arrivé au muscle, on a le pied-bot , c’est-à-dire le relèvement anormal du pied, lequel ne porte sur le sol que par sa pointe.
Le chirurgien peut guérir le piedbot en opérant la section du tendon d’Achille avec le bistouri glissé sous la peau préalablement incisée. Après cette section, il faut maintenir la jambe et le pied en repos pendant le temps nécessaire pour que la nature rétablisse entre les deux bouts du tendon coupé une nouvelle substance fibreuse, qui réunisse ces deux bouts et détermine la continuité du tendon. Lorsque les efforts de la nature et de l’art ont favorablement concouru, le tendon d’Achille se trouve, en définitive, allongé, et le pied-bot disparaît : la plante du pied porte entièrement sur le sol.
Cette opération, conquête de la chirurgie moderne, réussit presque toujours, et comme elle n’offre aucun danger et ne produit point de douleur, vu l’insensibilité des tendons, on la pratique assez souvent aujourd’hui, et l’on fait disparaître, grâce à une simple incision sous-cutanée et à des soins consécutifs, une pénible infirmité.
Les aponévroses qui terminent beaucoup de muscles et s’insèrent aux os, ne sont autre chose qu’un tendon élargi et formant une sorte de toile membraneuse.
Les aponévroses ont cependant un autre but, et c’est le plus fréquent : elles servent à séparer les muscles entre eux, à leur former une sorte de cloison, ou à les réunir en faisceaux. Les
MABMANSa ' uvy
Fig. 150.
Aponévrose de la jambe.
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aponévroses composent alors une espèce de gaine, qui, enveloppant les muscles, leur donne de la solidité.
La figure 150 représente, comme exemple, faponévrose qui enveloppe les muscles de la jambe.
Les muscles sont, en général, de couleur rouge. Leur volume et leur figure varient beaucoup. On peut cependant rapporter à quelques formes générales les dispositions de leurs fibres. Tantôt ces fibres sont rayonnées, tantôt elles s’insèrent obliquement sur les tendons. Quand elles entourent des cavités, comme la bouche, ou l’orbite, les fibres musculaires sont disposées à peu près en cercle.
On compte environ 350 muscles chez l’homme. Ils sont placésgénéralement par couches superposées allant de la peau à l’os qu’ils recouvrent.
En général, des gaines aponévrotiques les enveloppent et en forment des groupes de chair isolés.
C’est d’après leur situation, d’après leurs fonctions et d’après leur forme que les anatomistes ont donné aux muscles les noms qui les distinguent.
On trouvera les muscles les plus importants du tronc, de la tête et des membres, dessinés dans les figures 151-154 qui accompagnent ces pages et qui reproduisent sous quatre faces l’écor*ché de Caudron , figurine qui sert dans les écoles de dessin de presque toute l’Europe à l’enseignement de l’anatomie pour les peintres et les sculpteurs. Les légendes qui accompagnent ces quatre planches donnent le nom de tous les muscles qui forment les couches extérieures et une partie des couches profondes.
Le système musculaire est peu développé chez l’enfant. Il commence par s’accroître en longueur; mais ce n’est que dans l’adolescence et dans l’âge adulte que se prononcent les masses charnues, fermes et nourries, qui donnent au corps ses formes et à la force physique ses agents. La puissance d’un muscle est, en effet, proportionnelle à sa masse.
La masse des muscles et leur puissance s’accroissent considérablement par l’exercice. On reconnaît facilement, au développement de telle ou telle partie du système musculaire, à quelle profession appartient un individu. On peut distinguer à ce seul caractère l’homme qui travaille corporellement de celui
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qui reste en repos, et même reconnaître celui qui, par profes-
OPLICÀTION
1 Biceps
2 Rond phonateur
3 Grand palmaire
4 4 I. i^ament annulaire du carpe
5 5 Long abducteuret court extenseur dupoucet G 6 Extenseur commun des doigts
7 7 Extenseur propre du petit doigt
8 8- Deuxieme radial externe
9 9 Premier îd.
10. 10 Culntal postérieur Il Cubital antérieur 12. 12 Anconè .13 13 Long supinateur 14. 14 Triceps 15 15 Brachial anterieur 16. 16. Deltoïde 17. Occipital 18, 18 Trapèze 19 Petit rond 20. Grand rond 21 Sous épineux