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LA PAROLE

corbeaux. Du reste, chez l’homme, les cris suffiraient à composer une sorte de langage. Peut-on se tromper à l’expression d’un cri de joie ou de frayeur, de plaisir ou de douleur?

Parole. — La parole est la voix articulée. L’articulation de la voix qui produit la parole, est due au concours du pharynx, des fosses nasales, du voile du palais, des joues, des lèvres et de la langue, venant modifier les vibrations sonores qui émanent du larynx. Mais il faut se hâter de proclamer que l’articulation de la parole est due, avant tout, à l’intelligence humaine. Les animaux supérieurs, c’est-à-dire les Mammifères, sont pourvus d’un tuyau vocal presque semblable au nôtre, et pourtant ils sont prL vés de la faculté d’articuler des sons, c’est-à-dire du privilège de la parole. C’est que la parole est un don divin, un produit de l’intelligence. Nous sommes en possession de la parole, parce que nous sommes en possession d’un cerveau supérieur en organisation et en puissance à celui des animaux. Cela est si vrai, que quand l’intelligence manque, la parole fait défaut. Le crétin, l’idiot, le gâteux ne poussent que des cris inarticulés et sans signification. Quant au sourd-muet, nous avons déjà dit, en parlant de l’ouïe, que ce n’est point le défaut d’intelligence, mais le défaut d’audition, la paralysie du nerf auditif, qui cause leur infirmité.

A tout âge de la vie, pour articuler clairement les sons, il faut s’entendre parler, afin de modifier selon les besoins l’intensité des sons. En général, un sourd parle trop bas; quelquefois il crie, ou prononce des mots au hasard. Ces défauts tiennent à ce qu’il ne s’entend pas parler. L’intelligence et l’oreille font l’éducation de la voix.

Il est donc bien avéré : 1° que l’intelligence est la cause première de la parole, 2° que le pharynx, les fosses nasales, les lèvres et la langue articulent la voix, sous l’empire supérieur du cerveau.

De toutes les parties qui servent à l’articulation des sons, la langue est celle qui joue le principal rôle. Quelle puissance, quelle mobilité, quelle flexibilité possède ce merveilleux organe, dont l’importance n’est pas moins grande comme agent de la parole que comme organe du goût ! Ce n’est donc pas sans raison que l’on a donné le nom de langage à la parole articulée.

Notons pourtant ce fait, assez bizarre, que la langue peut quelquefois diminuer singulièrement de volume, ou être même

LA VOIX

complètement atrophiée, sans que l’individu soit privé de la parole. Le botaniste Jussieu vit à Lisbonne, au siècle dernier, une fille de quinze ans qui parlait très distinctement, et qui pourtant était totalement privée de langue. En 1742, la Société royale de Londres chargea une commission d’examiner une femme qui bu' vait, mangeait, parlait, chantait et articulait en chantant de la façon la plus nette. Il n’existait pourtant chez elle aucun vestige de langue. Par l’exercice et l’habitude, elle avait fini par suppléer à ce que lui avait refusé la marâtre nature. En Orient, où l’amputation de la langue est encore quelquefois pratiquée, soit sur des prisonniers de guerre, soit sur des condamnés juridiques, on voit un certain nombre d’individus recouvrer la parole un court intervalle de temps après cette opération barbare. Le moignon de l’organe mutilé suffit à remplacer l’organe entier.

Comment l’homme est-il parvenu à représenter ses actes et ses pensées par les articulations qui composent l’alphabet? Comment cet alphabet, en se diversifiant suivant les nationalités, at-il produit le langage chez les différents peuples? C’est là un mystère. Dans cette occasion, comme en tant d’autres, nous devons constater notre impuissance pour expliquer l’origine première d’une invention qui est pourtant d’une importance capitale, car elle a seule assuré la marche de l’humanité à ses débuts dans la voie du perfectionnement et du progrès. L’origine du langage humain, malgré tous les efforts qu’on a faits pour y remonter, est inaccessible à nos explications.

Disons, sans nous préoccuper davantage de cette question d’origine, que l’alphabet se compose d’une suite de sons articulés, qu’on appelle lettres. On appelle voyelles les sons ou lettres a , e, i9 o, u. On appelle consonnes les sons ou lettres b, c, d, f, g , h, j, k, l , m, n, p, q, r , s, t , v, x, y , z. Les consonnes sont produites par l’articulation de toutes les parties du tuyau vocal agissant de diverses manières. Les voyelles sont produites par l’articulation qu’exercent le pharynx et la cavité buccale et le tuyau portevent, ou trachée-artère.

Les consonnes se distinguent en labiales, dentales , gutturales , nasales et palatales. Les lettres b et p sont appelées labiales , parce qu’elles sont spécialement dues à l’action des lèvres. On appelle dentales les lettres d , t, parce que les dents se serrent en les prononçant; g , k, sont des consonnes gutturales , parce

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