‹ Notions de physiologieChapitre 70 sur 86 · LE VITALISME DE BICHAT · texte numérisé non relu

LE VITALISME DE BICHAT

il posait les lois, et en vertu desquelles les grands corps célestes s’attirent et circulent autour du Soleil. Bichat subordonnait les propriétés vitales qu’il accordait aux tissus, à un agent supérieur, la vie.

Bichat considère le principe de la vie comme étant hors de notre portée, dans l’état acluel de la science. Il croit que la connaissance de ce principe ne pourra être que le couronnement de toutes les découvertes de la physiologie dans l’avenir.

« C’est le défaut de tous les physiologistes, dit Bichat, d’avoir commencé par où il faudra un jour finir. La science était encore au berceau, que toutes les questions dont on s’occupait roulaient sur les causes premières des phénomènes vitaux. Qu’en est-il résulté? D’énormes fatras de raisonnements et la nécessité d’en venir enfin à l’étude rigoureuse de ces phénomènes, en abandonnant celle de leurs causes, jusqu’à ce que nous ayons assez observé pour établir des théories. »

Ainsi, quand il parle des propriétés vitales et de la vie de chaque organe, Bichat entend étudier ces propriétés comme l’effet de la cause cachée qu’il renonce à approfondir. De là les expressions, qui reviennent à chaque instant sous sa plume, de vie et de mort de tel ou de tel organe, particulièrement du cerveau et des poumons. Bichat étudie partout les phénomènes vitaux, mais jamais leur cause, c’est-à-dire la vie.

Les médecins vitalistes de l’école de Bichat ont, disons-nous, volontairement ou involontairement, laissé dans l’ombre la prudente réserve dans laquelle s’était tenu le créateur de ce système touchant la cause première des propriétés vitales qu’il accordait au corps humain. Ils ont ainsi confondu les propriétés vitales avec leur cause essentielle, la vie; ils ont identifié de simples propriétés avec le principe même de la vie et de l’organisation. C’est interpréter d’une manière très inexacte la pensée de l’immortel auteur de Y Anatomie générale.

Claude Bernard, grand amateur de moyens termes et de compromis, faisait du système de Bichat ainsi interprété sa bannière scientifique. Il accordait aux tissus vivants des propriétés vitales ; mais il ajoutait que la science ne peut aller plus loin.

Dans la première leçon de son cours de 1871-1872 au Collège de France, ce savant s’exprimait ainsi :

« La cause immédiate des phénomènes de la vie ne doit pas être placée

QU’EST-CE QUE LA MORT

dans un principe ou dans une force vitale quelconque. Il ne faut pas la chercher dans le de Pylhagore, dans Yâme physiologique d’Hippocrate, dans le nv&Spa d’Athéné, dans Yarchée de Paracelse, dans Yanima de Stahl, dans le principe vital de Barthez. Ce sont là autant d’êtres imaginaires et insaisissables. Elle réside dans les propriétés vitales de Bichat, c’est-à-dire dans les propriétés histologiques (de tissus) de la matière vivante, des éléments organiques. Nous ne pouvons pas la poursuivre plus loin. Gela, du reste, est suffisant pour l’explication scientifique. »

Claude Bernard nous disant que les « propriétés vitales de Bichat suffisent pour Pexplication scientifique », oublie que Bichat subordonnait ces propriétés à un agent supérieur, la vie, dont il renonçait à comprendre l’essence, mais dont il reconnaissait l’existence.

Les médecins de l’école de Paris, qui, avec Claude Bernard, mutilent de cette manière le système de Bichat, nous donnent donc une idée très fausse de la théorie du grand anatomiste. Ils se trompent, d’ailleurs, en croyant expliquer quelque chose avec ce mot de propriétés vitales , qui n’exprime qu’un phénomène et non sa cause. Ainsi compris, le système de Bichat est inadmissible; ce n’est qu’un matérialisme déguisé. En effet, comme les propriétés vitales disparaissent avec la vie, il ne doit rien subsister, après la mort, de ce qui a produit chez l’homme la sensibilité, l’intelligence, la volonté.

Ajoutez que cette théorie ne donne la raison d’aucun phénomène. C’est absolument l’explication des propriétés de l’opium donnée par Molière dans la Cérémonie du Malade imaginaire. Le docteur de la comédie déclare que V opium fait dormir parce qu'il a en lui des propriétés dormitives. La théorie de Bichat, interprétée par Claude Bernard, nous dit : Le cœur se contracte parce qu'il a en lui des fibres contractiles. Les deux explications sont de la même force.

Bichat avait trop de portée dans l’esprit pour tomber dans une telle confusion d’idées. Malheureusement, beaucoup de médecins, qui se croient vitalistes, raisonnnent comme Claude Bernard. Ils s’imaginent avoir dit quelque chose quand ils ont accordé aux tissus vivants des propriétés spéciales, qui les distinguent du reste de la matière, et en vertu desquelles ces tissus accomplissent leurs fonctions pendant la vie.

Nous croyons, nous, que cette explication n’explique rien; nous croyons que Bichat a été trop timide en n’osant pas approfondir la cause de la vie.

LE VITALISME BARTHÉZIEN.

Ce que Biehat n’avait pu faire, malgré la force de son génie, c’est-à-dire pénétrer la véritable nature de l’homme, Barthez l’avait accompli avant lui.

Barthez, professeur et chancelier de l’Université de médecine de Montpellier, a prouvé, dans ses Nouveaux éléments de la science de l'homme , ouvrage publié au commencement de notre siècle, qu’il y a dans l’homme spirituel deux éléments différents, à savoir : Y âme (ce que Lordat a appelé plus tard le sens intime) et la force vitale , ou la vie. En ajoutant à ces deux éléments spirituels de l’homme son élément matériel, c’est-à-dire le corps, on a la trimté humaine , composée du corps , de Y âme et de la vie.

Nous allons essayer de poser les caractères propres à ces trois éléments de l’homme, et d’établir leurs différences.

Le corps n’est pas difficile à distinguer des autres éléments. Par sa matérialité il se distingue de la vie; par sa destructibilité il se distingue de l’âme.

Quant aux différences qui séparent l’âme de la vie, elles sont plus difficiles à mettre en relief. Voici les principaux de ces caractères différentiels.

1° L’âme est immatérielle, immortelle, indestructible. Elle est douée de la pensée, de la conscience, de la volonté. Elle n’est sujette ni à l’affaiblissement, ni à la décrépitude, ni à la mort. Elle n’est accessible à aucune influence du temps. Loin de s’affaiblir par l’exercice, elle ne fait que s’accroître, s’exalter, se perfectionner, par l’emploi régulier de ses facultés.

La vie {principe vital de Barthez) n’est ni matérielle ni immortelle, et c’est là ce qui la distingue à la fois de l’âme et du corps. Gomme la chaleur et l’électricité, la vie est une force engendrée par certaines causes; après avoir eu son commencement, elle aura sa fin, et une fin sans retour. Puisqu’elle est une force, la vie n’est pas matérielle, mais elle est destructible, et périt après un temps normal; elle n’est pas immortelle, comme l’âme.

2° La vie est transmissible, tandis que l’âme ne se transmet pas. La vie se communique d’un individu à l’autre, par la génération, par la reproduction et l’hérédité. Renfermée dans lès liquides et les solides, dans les principes immédiats de l’organisme, la vie trouve dans le sein d’une mère, où le germe qui la renferme a été déposé, les éléments matériels nécessaires à son développement. Elle se sert de ces éléments pour fabri-

QU’EST-CE QUE LA MORT

quer les organes, et pour constituer l’individu physique nouveau qui doit succéder aux parents.

3° La vie est une puissance essentiellement architectonique, plastique, organisatrice. Seulement cet architecte agit instinctivement; il n’a pas la conscience de ses actes. Ce fabricateur est inscient. Après avoir créé le corps humain, le principe vital veille à son maintien. Il est doué de ces qualités conservatrices tutélaires que Stahl accordait à l’âme. Au contraire, l’âme a toujours conscience de ses actes; elle est l’intelligence même, l’intelligence dans son essence exquise.

4° La vie est sujette à un développement, à une culmination, puis à un affaiblissement graduel, qui se termine par la destruction finale. La vie disparaît, comme le corps se détruit. Ces deux flambeaux perdent progressivement leurs lueurs et s’éteignent sans retour. Au contraire, l’âme ne fait que se perfectionner par la vieillesse et l’exercice.

« La force vitale, dit Lordat, s’accroît dans sa course naturelle, se développe, se renforce, pendant la moitié de la durée de la vie humaine; mais dans la seconde moitié de cette carrière, il survient un décroissement proportionnel, une vieillesse progressive du système corporel, dont le terme infaillible est la mort. La puissance psychique (Pâme) ne subit point nécessairement cette décadence. Si des maladies ne l’entravent pas, il dépend d’elle d’ajouter indéfiniment à sa valeur jusqu’au terme de la vie; de sorte que l’instant de la mort sénile, de la mort accompagnée du dernier degré de la décrépitude, peut être le moment où l’intelligence a montré le plus haut degré de l’élévation, de la justesse, de la capacité, de la sagacité dont elle est susceptible. D’ou il suit que nous savons avec une certitude expérimentale que la force vitale doit s’éteindre, et que la mort du système est immanquable, mais qu’il est philosophiquement et inductivement impossible d’en dire autant de la puissance psychique, puisqu’elle n’a pas éprouvé la vieillesse , seul indice que je puisse avoir, dans l’ordre métaphysique, de la certitude d’une extinction future1 »

Pour peindre plus exactement les différences entre l’âme et la vie, Lordat fait usage d’une comparaison empruntée à la géométrie. Il représente la vie comme un fuseau, semblable au fuseau des Parques, c’est-à-dire qui a un diamètre presque nul à son extrémité commençante, va en se renflant sans cesse jusqu’au

1. Introduction à la doctrine de l'alliance entre Vdme pensante et la force vitale. Discours d'ouverture da cours de physiologie fait à la Faculté de médecine de Montpellier dans Vannée scolaire 1816-1847. — Brochure in-8. Montpellier, 1847, page 9.

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milieu, puis décroît insensiblement, et finit par devenir presque nul. Au contraire l’âme est représentée par une parabole. Partie d’un point imperceptible, la parabole se développe lentement; émettant deux lignes symétriques, qui s’allongent sans cesse, pour se perdre dans l’infini.

Selon Lordat, la vie commence donc à la manière d’un fuseau.

Fig. 106. Lordat.

Elle procède par accroissement, qui est uniforme (pendant la santé) ou festonné (pendant la maladie), jusqu’à ce qu’elle ait atteint son renflement le plus considérable, sa culmination , laquelle arrive vers l’âge de quarante ans ; ensuite elle diminue, de telle sorte que les deux lignes qui représentent ce décroissement, — lignes droites ou festonnées, — se rencontrent plus

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tard et se réunissent à un point; et ce point c’est la fin du fuseau, c’est la mort. L’âme, figurée d’abord par quelques points, qui indiquent l’incertitude de l’instant où elle commence, forme, par la réunion de ces mêmes points, une parabole, dont les branches, inscrites d’abord dans le fuseau, s’en écartent progressivement, et continuent de se développer, en divergeant de plus en plus jusqu’à l’infini.

Cette comparaison géométrique en dit plus que de longs raisonnements pour représenter les profondes différences entre l’âme et la vie, et l’impossibilité d’assimiler l’une à l’autre les deux puissances du dynanisme humain.

Il faut lire dans l’ouvrage de Lordat, Y Insénescence du sens intime , le curieux développement de cette proposition, que l’âme, chez le vieillard, loin de s’être affaiblie, n’a fait que gagner en énergie et en virilité, tandis que le principe de la vie, ainsi que le corps matériel, se sont usés peu à peu et ont fini par tomber dans la décrépitude. C’est ce que Lordat a appelé Y Insénescence (ou mieux la non-sénescence ) de l’âme, comparée à la sénescence , ou à la vieillesse du corps et du principe de la vie.

Nous renonçons avec peine à rapporter ici tous les faits historiques et biographiques que Lordat passe en revue dans son livre sur Y Insénescence l, et qui prouvent que, tandis que notre corps s’use par l’exercice de la vie, tandis que notre force vitale s’affaiblit, au contraire notre âme ne fait que s’accroître continuellement en puissance et en activité.

Telle est la doctrine de Y alliance du corps , de l’âme et de la vie, à peu près comme la formule, d’après Barthez, et Lordat, à l’École de Montpellier.

Après les développements qui précèdent, on comprendra mieux la définition que nous avons donnée au commencement de ce chapitre : « La mort est la séparation de l’âme et du» corps ». La mort est la séparation de l’élément immortel et impérissable qui entre dans l’agrégat humain, c’est-à-dire de Yâme, des deux autres éléments, destructibles et mortels,

1. Preuves de V insénescence du sens intime de V homme, et application de cette vérité à la détermination du dynamisme humain. Leçons tirées du cours de physiologie fait à Montpellier dans Vannée 1843-1844. 1 vol. in-8. Montpellier,

LE VITALISME BARTHÉZIEN.

le corps et la vie. L’âme abandonne le corps après que la vie, ou principe vital , s’est éteinte dans le corps.

Voyons ce que deviennent, après la mort de l’homme : 1° son corps; 2° sa vie; 3° son âme.

Après la mort, le corps ou la substance matérielle, n’étant plus défendu de la destruction par le principe vital, tombe sous l’empire des forces physiques. 11 éprouve une série de décompositions, dont le terme final est sa transformation en eau, en gaz acides carbonique, ammoniac et azote, plus quelques substances gazeuses et solides, qui représentent des produits moins avancés de décomposition chimique. Les gaz azote, acide carbonique, acide sulfhydrique, ammoniac, ainsi que la vapeur d’eau, se répandent dans l’atmosphère, ou bien ils se dissolvent dans l’humidité du terrain. S’ils sont dissous dans l’eau qui baigne le sol, ils sont absorbés par les radicelles des plantes qui vivent sur ce terrain, et servent à la nutrition, au développement de ces plantes. S’ils se répandent dans l’air, l’eau des pluies les dissout et les ramène sur la terre. L’ammoniaque et l’acide carbonique dissous dans l’eau qui imprègne le sol, s’introduisent par les racines dans les canaux des plantes, et contribuent à la nutrition de ces plantes.

La matière du corps de l’homme et des animaux n’est donc pas détruite; elle ne fait que changer de forme, et sous cette autre forme elle va composer de nouvelles substances organiques. En cela, le corps de l’homme ne fait qu’obéir aux lois communes de la nature. Ce qu’il éprouve, toute substance organisée, végétale ou animale, exposée aux influences réunies de l’air, de l’eau et d’une température moyennement élevée, l’éprouve également. Un morceau d’étoffe de coton ou de laine, un grain de blé, un fruit, fermentent et se réduisent en produits nouveaux, comme le fait la matière de notre corps.

La vie, ou principe vital de V homme, ne subit pas, comme la matière du corps humain, cette continuelle transformation. Elle ne passe point du corps de l’homme ou des animaux aux plantes, pour revenir des plantes aux animaux et à l’homme. C’est que la vie est une force de la nature, comme la chaleur, la lumière et l’électricité. Comme toutes les forces de la nature, la vie a sa naissance et sa fin. Elle a ses causes productives et ses causes de destruction. Elle ne peut se rallumer quand elle

QU’EST-CE QUE LA MORT

est éteinte; elle ne peut recommencer son cours quand son terme fatal est arrivé. Elle ne peut se perpétuer; c’est un simple état des corps, et cet état est fragile, fugitif, précaire, sujet aux mille influences et accidents du hasard.

La vie est donc bien inférieure en importance à l’âme, qui est indestructible et immortelle. L’âme est l’élément essentiel dans l’agrégat humain. Elle a des qualités actives et positives partout où les deux autres éléments, le corps et la vie, ont des qualités négatives. Tandis que la vie s’anéantit, tandis que le corps se dissocie et disparaît, l’âme ne peut ni s’anéantir, ni disparaître.

Ainsi la vie s’éteint sans retour après la mort de l’individu. Quant à son âme, indestructible, impérissable, immortelle par essence, elle ne saurait périr.

Selon nous, l’âme revit, après la mort de l’homme, dans une éternité bienheureuse, et elle recommence une carrière nouvelle, au milieu d’autres sphères perdues dans l’infini des cieux. La mort n’est donc pas la fin de l’homme, mais sa transfiguration, et le signal de son entrée dans les célestes espaces. La tombe est le berceau d’une seconde vie.

TABLE DES CHAPITRES

Avant-propos ... 1

COMMENT ON DIGÈRE

Opération préliminaire de la digestion, ou préhension des aliments. — Préhension des aliments solides (main seule ou armée d’un instrument spécial : bâtonnet, fourchette). — Préhension des aliments liquides (action de boire à la régalade, action de sabler, action de laper, action de humer, aspiration). — Premier acte de la digestion, ou digestion buccale. — 1° Mastication : rôle de la langue, des lèvres et des joues. — Rôle des mâchoires. — Les dents (incisives, canines, molaires). — Composition d’une dent : ivoire, cément, pulpe dentaire. — La dentition dans l’enfance. — Les dents de lait. — La carie des dents. — Ce que c’est que la cautérisation des dents. — Duverney et Louis XIV. — Un cours d’anatomie à la cour du grand roi. — Les mouvements de la mâch >ire inférieure pendant la mastication. — Puissances musculaires qui concourent à la mastication.— L’insalivation. — Mucus buccal. — Salive. — Usages mécaniques de la salive, au double point de vue de la mastication et de la déglutition. — Son rôle chimique (saccharificalion des fécules). — Histoire de la découverte des glandes salivaires. — Wharton. — Sténon. — Un anatomiste sacré évêque par le pape Innocent XI. — Deuxième acte de la digestion, ou déglutition. — 1er temps, ou transport de l’aliment au niveau des piliers antérieurs du voile du palais, par la pointe de la langue recourbée en haut. — 2e temps, ou traversée pharyngienne. — Manière dont est évitée l’entrée de l’aliment dans les voies pulmonaires et comment est empêché son retour à la bouche. — Rôle de l’épiglotte pendant la déglutition.

— Sensibilité de la muqueuse laryngée et toux qui en résulte. — Arrivée du bol alimentaire à l’estomac. — Troisième acte de la digestion, ou digestion stomacale. — Nature des modifications que l’aliment subit dans l’estomac (chymification). — Mouvements de l’estomac (péristaltiques et antipéristaltiques), leur rôle.

— Le suc gastrique. — Preuves qu’il est l’agent dissolvant de l’aliment. — Connaissances des anciens sur la digestion. — Théorie d’Hippocrate et d’Érasistrate : coction ou trituration. — Expériences de l’Académie del Cimento. — Expériences de Réaumur. — SpalUnzani aborde l’étude de la digestion et découvre le suc gastrique. — Les fistules gastriques observées chez l’homme et leur utilisation pour

TABLE DES CHAPITRES

teur de la marche du sang dans les veines. — Les valvules des veines aux membres inférieurs. — Causes de la progression du sang dans les veines. — Un beau spectacle naturel; ou la circulation générale du sang observée chez un animal vivant. — Ce que c’est que le pouls. — L’artère radiale choisie pour percevoir les pulsations du sang. — Ce que c’est que la saignée. — Pourquoi la saignée se pratique sur les veines et non sur les artères. — La saignée du bras. — La saignée du pied. — Le sphygmomètre .

Histoire de la découverte de la circulation du sang. — Erreur d’Hippocrate. — Galien décrit et étudie les artères, mais il croit que les artères ne contiennent que de l’air. — Erreur de Galien quant à la communication entre le ventricule droit et le ventricule gauche du cœur. — André Vésale démontre, au xvie siècle, l’erreur anatomique de Galien concernant la prétendue perforation de la cloison interventriculaire du cœur. — Cette observation anatomique d’André Vésale est le signal des découvertes concernant la circulation du sang. — Michel Servet décrit le premier, dans un ouvrage de polémique religieuse, le cours du sang du cœur droit aux poumons, ou la petite circulation. — Vie et travaux de Michel Servet. — Michel Servet brûlé à Genève, en 1553. — Realdo Colombo décrit, après Michel Servet, le mécanisme de la circulation du cœur aux poumons. — Césalpin donne le même exposé. — Découverte des valvules des veines des membres inférieurs par Fabrice d’Aquapendente. — Guillaume Harvey aborde en Angleterre l’étude approfondie de la circulation du sang. — Expériences par lesquelles Guillaume Harvey réussit à montrer de la façon la plus éclatante le phénomène général de la circulation du sang chez l’homme et les animaux. — Accueil fait à la découverte de Harvey. — Opposition de Riolan et d’autres anatomistes. — Diatribes de Guy Patin à propos de la circulation du sang. — Molière a dépeint Guy Patin sous les traits de Diafoirus, dans le Malade imaginaire 155

COMMENT ON RESPIRÉ

Objet de la respiration. — Mettre le sang veineux en contact avec l’air atmosphérique, pour, le purifier, le revivifier et le changer en sang artériel. — Coup d’œil sur les dispositions organiques qui concourent à l’exercice de la respiration dans la série animale. — Organes de la respiration chez les zoophytes, les mollusques, les insectes, les poissons et les oiseaux. — Organes de la respiration chez l’homme : trachée-artère, bronches et poumons.

Phénomènes mécaniques de la respiration. — L’inspiration et l’expiration. — Agrandissement et resserrement de la poitrine par les muscles du thorax. — Action des côtes, du sternum, du diaphragme, etc. — Mécanisme de l’inspiration ordinaire, de la grande inspiration et de l’inspiration forcée. — Les poumons sont actifs dans l’inspiration et passifs dans l’expiration. — La respiration diaphragmatique et la respiration claviculaire. — L’expiration ordinaire, la grande expiration et l’expiration forcée. — Variation du nombre des mouvements respiratoires dans l’enfance, dans l’âge adulte et dans la vieillesse. — Les bruits respiratoires dans l'état de santé et de maladie. — Actes physiologiques qui se rattachent aux mouvements respiratoires : olfaction, soupir, pleurs, bâillement, éternuement, toux, rire, hoquet, sanglot.

Phénomènes chimiques de la respiration. — Ils consistent dans l’absorption d’une petite quantité d’oxygène de l’air et dans l’exhalation d’une quantité à peu près égale de gaz acide carbonique. — L’air qui sort des poumons est chargé de gaz

TABLE DES CHAPITRES

acide carbonique. — La production du gaz acide carbonique par la respiration est un phénomène général dans la série animale, et les plantes le présentent dans certaines conditions. — Histoire de la découverte de la théorie chimique de la respiration. — Cette découverte est due à Lavoisier. — Graves modifications et compléments apportés, dans notre siècle, à la théorie de Lavoisier. — Objections de Lagrange et Hassenfratz. — Expériences de Spallanzani et de William Edwards

— Les phénomènes chimiques de la respiration 11e se passent pas dans le poumon, comme l’avait dit Lavoisier, mais dans l’intimité des tissus et dans le sang de la circulation générale. — Théorie chimique de Mitscherlich. — Effets secondaires des phénomènes chimiques de la respiration. — Absorption d’oxygène. — Y a-t-il exhalation ou absorption de gaz azote? — William Edwards concilie les opinions divergentes sur cette question.

L’asphyxie. — L’asphyxie peut se produire par l’absence d’air respirable, par la respiration des gaz autres que l’oxygène, et par une pression insuffisante de l’air. — Exemples historiques des dangers du séjour dans un air altéré par la respiration. — Mort de 123 prisonniers anglais enfermés dans un cachot pendant la guerre des Indes, en 1750. — Les prisonniers autrichiens après la bataille d’Austerlitz. — Insurgés de juin 1848 morts par asphyxie dans une cave des Tuileries.

— L’épidémie de fièvre typhoïde dans la garnison de Versailles. — Dangers de

l’air raréfié. — Le mal des montagnes, ses effets. — Le mal des aéronaules. — Accident arrivé au physicien anglais Glaisher dans une ascension aérostatique. — Mort de Crocé-Spinelli et Sivel, le 15 avril 1875. — Nouvelle cause des troubles qui saisissent l’homme transporté dans les hautes régions de l’air : la diminution de la tension de l’oxygène. — Moyen déduit par M. Paul Bert de ses expériences pour parer aux dangers de la raréfaction de l’air dans les hautes régions de l’atmosphère. — Effets redoutables de l’oxygène condensé. — L’air condensé employé comme moyen de prévenir la putréfaction. — L'asphyxie par l’oxyde de carbone type de l’asphyxie par les gaz délétères. — Les poisons gazeux : hydrogène sulfuré et hydrogène arsénié 225

d’ou vient la chaleur de notre corps

Une image parlante. — Persistance extraordinaire de la température du corps humain dans les pays chauds et dans les pays froids. — L’homme a la faculté de résister à de prodigieuses variations de température. — Idées des anciens philosophes sur la chaleur naturelle de l’homme. — Une métaphore poétique passée à l’état de théorie physiologique. — Doctrine de la chaleur innée admise par Hippocrate. Aristote, Galien et les médecins de l’antiquité. — Persistance de cette théorie jusqu’au dix-huitième siècle. — Lavoisier crée la théorie chimique de la chaleur animale. — Impression profonde produite par la théorie de Lavoisier. — Objections à cette théorie. — Lagrange et Hassenfratz, Spallanzani, William Edwards, combattent cette théorie. — Recherches de Dulong et de Despretz. — Le calorimètre de Dulong et Despretz. — Recherches de Victor Régnault sur la même question. — Objections à la théorie chimique. — Brodie et Chossat mettent en avant le système nerveux comme cause de la chaleur animale. — Notre théorie : « La chaleur animale est le résultat du calorique dégagé par les diverses réactions chimiques qui s’effectuent dans la respiration, la digestion, l’assimilation, les sécrétions, le tout s’exécutant sous l’influence du système nerveux. » — Réponse aux objections que l’on peut élever contre celte théorie. — Étude des principaux faits qui se rap-

TABLE DES CHAPITRES

portent à la chaleur naturelle du corps humain. — Quelle est la température la plus élevée que l’homme puisse supporter? — Les servantes du four banal de La Rochefoucauld. — Expériences de Tillet sur les animaux, en 1760. — Expériences faites par les physiologistes anglais sur la température que l’homme peut supporter dans des étuves sèches ou humides. — L’évaporation de la sueur explique la résistance aux températures élevées. — Remarques de Benjamin Franklin, en 1758. — Opinion de Changeux. — Expériences de Delaroche et Berger en 1806, démontrant que l’évaporation de la sueur est la cause de la résistance de l’homme aux températures élevées. — Quelles sont les limites de la résistance de l'homme à l’abaissement de la température? — Faits constatés par les voyageurs dans les régions polaires arctiques. — Expériences du chirurgien Currie pour déterminer les limites de l’abaissement de température que l’homme puisse supporter. — Variations de la température de notre corps suivant les régions et les organes.

— Abaissement graduel de la température à mesure que l’on s’éloigne du cœur.

— Variation de la chaleur du corps humain selon le régime, l’âge, l’état de

santé ou de maladie. — Quantités de chaleur dégagées par le corps humain dans l’intervalle de vingt-quatre heures. — A quoi sert la chaleur de notre corps? — Elle se convertit en mouvement, elle est l’agent de la contraction musculaire. — Curieuses observations du docteur Lortet dans son ascension du mont Blanc, en 1869. — La force musculaire est de la chaleur transformée. — Le système musculaire est un producteur de force plus économique que la machine à vapeur. — Le soleil est, en définitive, la cause première de la chaleur animale. — La science moderne renouvelle les idées de l’antiquité sur l’identité d’origine de la vie et de la chaleur 275

d’ou vient la pensée

Le système nerveux est l’instrument de l’âme humaine. — Le tissu nerveux comprend l’encéphale, les nerfs et la moelle épinière. — Constitution anatomique du tissu nerveux : tubes nerveux et cellules nerveuses. — Examen des théories émises pour expliquer la nature de l’agent nerveux. — Les ondulations nerveuses. — La théorie électro-vitale. — Galvani, en 1786, découvre le phénomène de la contraction des muscles de la grenouille par le contact d’un arc métallique double, et fonde sur cette observation la théorie qui assimile l’agent nerveux à l’électricité.

— Accueil favorable fait à cette théorie. — Les poissons électriques. — Objections à la théorie électro-vitale résultant d’expériences faites par des physiologistes modernes. — La théorie qui identifiait l’agent nerveux à l’électricité est aujourd’hui abandonnée. — La nature de- l’agent nerveux est un problème insoluble. — Division du système nerveux en deux groupes : 1° V encéphale et les nerfs qui en dépendent ; 2° la moelle épinière et les nerfs qui en dépendent.

L’encéphale. — Description anatomique du cerveau humain. — L’encéphale. — L’encéphale, organe de l’intelligence. — Faits qui démontrent celte proposition.

— La fatigue du travail intellectuel est ressentie par le cerveau. — Dans l’enfance, où la masse encéphalique est molle et sans consistance, les idées sont rudimentaires. — Les maladies du cerveau amènent des désordres intellectuels. — Le développement de l’intelligence est en rapport avec le développement du cerveau. — Mesure desdimensions de latête chez les savants et chez les individus illettrés. — Le crâne de l’idiot. — Ce que c’est que l’angle facial, manière de le déterminer. — Le volume et la forme du crâne servant à distinguer les races humaines. — Les

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races dolichocéphales et les races brachycéphales. — Ce que c'est que le prognathisme et l’orthognathisme. — Le poids du cerveau peut-il être considéré comme le signe de la valeur intellectuelle? — Les cerveaux de Cromwell, de lord Byron, de Cuvier, de Dupuytren, de Napoléon Ier. — Poids comparé du cerveau de l’homme et de la femme. — Remarques de Gratiolet sur les circonvolutions cérébrales. — Peut-on localiser les facultés et les instincts de l’homme dans certaines portions de l’encéphale? — Discussion critique des faits mis en avant par les auteurs, concernant la localisation cérébrale. — La localisation des facultés intellectuelles dans les lobes antérieurs du cerveau est le seul résultat positivement acquis à la science. — L’encéphale agit-il par sa masse entière ou seulement par quelques-unes de ses parties? — La phrénologie. — Justesse du principe qui sert de base à cette conception. — Vie et travaux de Gall, créateur de la phrénologie. — Gall et Spurzheim. — La tête phrénologique d'après Spurzheim. — Travaux de Cubi i Soler. — Tête phrénologique d’après Cubi i Soler. — Une tète phrénologique illustrée.

Les nerfs crâniens. — Action centripète de l’encéphale s’exerçant par les nerfs crâniens. — Énumération des douze paires de nerfs crâniens. — Par l’encéphale et les nerfs, c’est-à-dire par l’action. centrale, et par l’action centripète , l’encéphale est l’instrument de la pensée, des sensations et des sentiments moraux. — Théorie de la formation des idées. — Théorie des facultés de l’âme. — La mémoire, lien indispensable de nos facultés. — Derrière l’organisme cérébral se trouve l’âme. — onclusion concernant la mystérieuse essence de l’âme humaine 323

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