CHAPITRE PREMIER
Sommaire. — Du mot. — Des éléments formateurs du mot. — De la racine. — Des afflxes. — Du radical ou thème. — Des racines verbales et des racines pronominales. — De Y accent tonique; des règles de l'accent tonique en français et en latin. — Des mots simples, composés, juxtaposés. — Des mots variables et invariables.
Les mots sont des sons distincts et articulés dont les hommes ont fait des signes pour exprimer leur pensée. C'est, dit M. Max Muller*, la pensée revêtue d'un corps. Si nous considérons un mot en lui-môme, le mot inscris vonsy par exemple, et si nous le décomposons, nous trouvons:
1** Une idée principale exprimée par une certaine partie du mot ;
2® Des idées accessoires exprimées par les autres parties.
Dans inscrivons^ sera exprime l'idée générale d'écriture. C'est ce qu'on appelle la racine; in, Tons expriment les idées accessoires du lieu et du temps où l'action se fait, et de la manière dont elle se fait. « Ces lettres s'appellent en » général a f fixes, du latin adfixa, parce qu'elles s'ajoutent » à la racine ; mais on les appelle plus particulièrement » préfixes (prae^ fixa), quand elles précèdent la racine; » suffixes {suby fixa)j quand elles la suivent; formatives » ou caractéristiques^ quand elles donnent à un mot la » forme qui caractérise le temps, le mode, la voix, etc., à » laquelle il appartient ; t€7ininaisons ou désinences, quand » elles sont à la fin d'un mot et qu'elles caractérisent le » cas, le nombre, la personne. Enfin tous ces change- )• ments se nomment flexions ou inflexions grammaticales,
t« M. Muller, Science du langage^ neuTièmc leçon*
» parce qu'ils fléchissent en quelque sorte la racine pour » la faire passer d'un sens vague à un sens précis et » déterminé*. »
Donc les éléments qui entrent dans la composition d'un mot sont :
J. La racine, syllabe brève, invariable, qui exprime une idée distincte, commune à un certain nombre de mots qu'elle sert à former. Elle exprime Vélat le plus abstrait^ et sans indication accessoire de temps, de lieu, de personne ou de nombre, une idée générale, liera, par exemple, que nous avons vue dans inscrivons^ se retrouve dans le latin scriptura, scribere, etc. ; elle exprime Tidée d'écrire. La racine ar exprime, dans les mots où elle se rencontre, l'idée de labourage: instruments aratoires^. On donne à ces syllabes le nom de racines^ parce que c'est d'elles que sont sortis, comme autant de tiges, les divers mots simples qui ont produit à leur tour des rejetons, qu'on appelle dérivés, Scri se retrouve dans inscrire, inscrip^ tion^ écrit^ écriture^ etc. Ten se retrouve dans tendre^ tente ^ tendon; attendre^ attente, attention, attentionné, attentif; content^ contention ; étendre^ extension; détendre^ distendre^ entendre; intention; pr*é tendre^ prétention; retenir^ rétention; tenir ^ tenue; attenir; obtenir^ obtention; contenir, contention; retenir^ retenue; abstenir; dé^ tenir; appartenir ; soutenir^ soutenance; tenter^ tentation^ tentateur; tenace^ ténacité; teneur; ténor ; ténu^ ténuité ; tendre (adj.), tendresse^ attendrir^ attendrissement. Sous la forme tin» cette môme racine a donné abstinence, continence^ continent^ continu, continuel ; pertinent^ iinper^ tinent^ impertinence ; sous la forme tan, tétanos; ton, tonner^ tonne^^^e^ détoner^ détonation^ étonner^ étonne^ ment; ton, détonner; tonique^ tonifier.
De la racine cap viennent cape^ caparaçon^ chappe^ chapiteau^ chapelle, chapelain^ chapelet, chapellenie; cha-