Bailly, Aïunuel pour l'étude des racines j p
niaisTunilé d'accenluation n'en souffre pas; la voix passe légèrement sur les accents secondaires pour réserver toute son intensité pour la syllabe affectée du véritable accent tonique. Dans le mot porte-plume^ par exemple, les mots composants joor/e et /)/wwe, pris séparément, ont chacun leur accent placé sur la pénultième; en prononçant porteplumcy l'accent de porte a à peu près disparu, et nous ne faisons sentir réellement que celui qui frappe Vu déplume. En latin l'accent tonique obéit aux règles suivantes : 1^ Tous les mots, même ceux d'une syllabe sont accentués; 2^ Les polysyllabes n'ont qnhme seule syllabe accentuée :
a) Les mots de deux syllabes ont l'accent sur la première : Jîôma.
b) Les mots de plus de deux syllabes ont l'accent sur la pénultième si elle est longue : imperâtor; sur l'antépénultième, si la pénultième est brève : dôminus.
D'où il suit que l'accent tonique se déplace dans le même mot suivant les différentes formes qu'il peut revêtir. Par exemple, imperâtor a l'accent sur la pénultième rà; mperatôrem le prend sur té. Dans dôminus, l'accent est surrfd; dans dominôrum, il est sur nô.
En français, l'accent tonique, moins apparent qu'en latin, occupe une place invariable :
!• Il est sur la dernière syllabe du mot, quand la terminaison est masculine : terminaison^ 07'ais6n^;
2^ Il est sur l'avant-dernière, quand la terminaison est féminine : fémme^ syllabe.
Remarquons dès à présent ce fait que nous constaterons à chaque pas : Quelles que soient les modifications subies par un mot latin en passant en français, la syllabe française frappée de l'accent tonique correspond exactement dans les mots de formation spontanée, populaire, à la syllabe latine originaire frappée de cet accent : oraison de orationem, féwame de fénkinam^ p&tre de pàstor, pasteur f de pasièrem, etc.
1. Nous marquons d'un accent ai^u la syllabe frappée de l'accent tooique, bien que l'accent aigu soit réseryé pour un autre usage; nous ferons de même
Les mots se divisent en simples^ dérivés^ composés^ juxtaposés : — ils sont simples^ quand ils ne renferment qu'une racine, qu'elle soit ou non accompagnée d'affixes; •— dérivés^ quand ils ne se rattachent à la racine que par un autre mot simple ou par un radical déjà formé : histo^ r/ew est dérivé de histoire; — composés, quand plusieurs mots concourent à les former en s'unissant Tun à Tautro au moyen d'un changement qui fait perdre à chacun d'eux ou à l'un d'eux seulement la forme ou le sens qu'il aurait s'il était employé seul : économe^ du grec oikos^ maison, et nemô, distribuer; agronome^ de agros^ champ, et nemô, cultiver ; — juxtaposés^ lorsque, en s'unissant, ils conservent la forme et la valeur qu'ils avaient séparément : portedrapeau^ perce-oreille, essuie-main.
riemarquons que plus une langue est ancienne et moins elle est développée, plus le système de composition et de dérivation est ordinairement méthodique, uniforme et facile à saisir ; parce que les mots ou les formes qui ajoutent à l'idée principale exprimée par la racine l'une ou l'autre idée accessoire y sont moins nombreux et ont éprouvé par l'usage moins de changements*.
Les mots se divisent aussi en variables et invariables. De travail on a i^xi travaux ; à' adoucir^ adouci^ Radoucirai, Au contraire, les mots de^ dans^ pour^ patmii, et beaucoup d'autres demeurent comme ils sont, et ne peuvent souffrir aucun changement.