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DE LA VISION

Structure de l'œil. L’organe de la vision dans l’homme est formé d’un globe allongé, placé dans une cavité osseuse que l’on nomme

orbite. Les paupières, dont la surface interne porte le nom de conjonctive, sont destinées par le grand nombre de petits trous dont elles sont percées intérieurement pour donner passage à l’écoulement des glantes lacrymales, à couvrir l'œil d’une couche liquide à mesure que V'évaporation la fait disparaître ; les cils qui bordent les paupières s’opposent à introduction de petites poussières qui blesseraient l'œil ou terniraient sa surface ; les sourcils qui couronnent l'orbite sont destinés àdétourner la sueur qui s’écoule souvent du front. Le globe de l’œil est formé d’une enveloppe extérieure, blanche et opaque dans la partie postérieure et transparente dans la partie antérieure ; la partie opaque AEDFB (fig: 71.) s’appelle sclérotique ou cornée opaque, l'autre partie AB, dont la convexité se trouve d’un plus petit diamètre, porte le nom de cornée transparente. La sclérotique est recouverte à l’intérieur d’une membrane à laquelle on donne le nom de choroïde, et qui est imbibée d’une liqueur noïrâtre qui empêche la réflexion de la lumière dans l’intérieur de l’œil ; la choroïde est elle-même recouverte par une membrane mince d’un gris blanchâtre, qu’on appelle la rétine, et qui est produite par l’épanouissement de la partie intérieure et médullaire du nerf optique. La cornée transparente est recouverte d’une tunique que l’on nomme albuginée, et qui produit le blanc de l'œil ; derrière la cornée transparente est une bande circulaire opaque, de couleur variable, désignée sous le nom d’iris et percée d’une ouverture circulaire qui porte le nom de prunelle ou pupllle. Liris est composée de fibres qui servent à la contracter et à la dilater, et par conséquent à agrandir ou a retrécir la prunelle suivant que les objets

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jettent moins ou plus de lumière ; car, lorsqu'un objet jette très-pou de lumière, il faut que la prunelle s’agrandisse pour recevoir autant de rayons lumineux possibles, afin d'obtenir au id de l’œil une image distincte de l’objet; c’est ce qui a lieu lorsque l’on sort d’un lieu éclairé pour aller dans l’obscurité. Au contraire, lorsque l’objet est très-lumineux, il produit sur la rétine une impression trop forte et fatigue l'œil, qui ne peut pas recevoir tant de lumière ; parconséquent, la prunelle se retrécit. Derrière la pupille est placé un corps lenticulaire CC', d’une matière solide et diaphane, que l’on désigne sous le nom de cristallin. Ce corps, qui paraît immobile, est plus convexe vers le fond de l’œil que par devant. L’espace compris entre la cornée transparente et le cristallin est rempli d’un liquide qui porte le nom d'humeur aqueuse, parce qu’il a à peu près le même pouvoir de réfrangibilité que l’eau ; et entre le cristallin et le fond de œil se trouve un espace beaucoup plus considérable que le premier et occupé par une espèce de matière gélatineuse que l’on appelle Aumeur vitrée, parce qu’elle a à peu près la réfrangibilité du verre. Ces deux humeurs sont d’une transparence parfaite.

Marche des rayons dans l'œil. Les rayons qui partent d’un objet et qui pénètrent au fond de l’æil, (fig: 72.) se rapprochent d’abord en traversant l’humeur aqueuse, se rapprochent de nouveau en traversant le cristallin, etse réfractent une troisième fois en passant à travers l’humeur vitrée pour se rendre sur la rétine, et y former une image renversée des objets extérieurs. On peut facilement reconnaître que l’image des objets est renversée sur la rétine, en prenant un œil de bœuf extrait peu de temps après sa mort, en amincissant la sclérotique et en la plaçant entre l’œil et un objet éclairé. Mais si l’image est renversée sur la rétine, pourquoi ne voit-on pas l’objet renversé? c’est parce que l’œil reporte toujours l’objet à l’extrémité du rayon qui le lui apporte, puisqu’en eflet on voit l’objet à l’endroit où il est véritablement.

Les images qui se produisent sur la rétine sont plus parfaites que celles que l’on obtient par les lentilles ordinaires, d’abord parce que les bords de ces dernières ne concentrent pas les rayons rigoureusement au même foyer que ceux qui sont voisins du centre ; ce phénomène porte le nom d’aberratian de sphéricité ; ensuite parce que les rayons de différentes couleurs, ayant des réfrangibilités différentes, forment des foyers distincts ; ce dernier phénomène est désigné sous le nom d’aberration de réfrangibilité. Dans le premier cas les images doivent être diffuses, et dans le second elles doivent être terminées par des franges irisées, parce que les images de différentes couleurs preunent des positions différentes suivant les différents degrés de réfix:.gibilité des rayons colorés. On doit donc admettre que les parties de l'œil sont disposées de manière à faire disparaitre ces aberrations. Il parait que l’aberration de sphéricité est en grande partie compensée, 19, par l'iris qui absorbe les rayons trap obliques ; 29, par la forme de la surface du cristallin qui est plus plate au centre que vers les bords, ce qui fait que les rayons obliques la rencontrent sous de plus petites incidences; 39, par la concavité de la rétine qui la rapproche des rayons obliques. L’aberration de réfrangibilité parzit détruite par la composition du cristallin qui est formé de couches concentriques d’inégales densités.

Distance de vision distincte. On désigne ainei la distance à laquelle les objets sont vus nettement et sans eflort: cette distance est ordinairement de 8 a 10 pouces ; mais souvent, par un effort dont nous avons le sentiment, nous voyons nettement les objets a quelques pouces et à plusieurs pieds, et à de trés-grandes distances. Il semblerait que l’on ne pourrait expliquer cette variation de distance de la vue distincte que par des changements de courbures des milieux diaphanes, ou par les variations de leurs distances qui ramèneraient le lieu de leurs foyers sur la rétine ; mais les recherches les plus munitieuses sur l’anatomie de l’œil ne permettent pas d’admettre d’autre changement que l’agrandissement ou le retrécissement de la prunelle, dont le diamètre augmente quand les objets s’éloignent et diminue lorsque les objets se rapprochent. Quelques physiciens pensent que ce changement de diamètre de la pupille est suffisant pour expliquer la variation de distance de la vue distincte. On peut faire une expérience qui vient à l’appui de cette opinion ; si on regarde un corps placé très-près de l’œil, on le voit confusement ; mais l’image en devient distincte si on le regarde à travers une carte percée d’une trèspetite ouverture.

Sensation de la lumière. ‘Tout ce que nous savons de la vision c’est que l’image des objets extérieurs se dessine renversée sur la rétine ; mais cotte image n’est que la cause de la sensation ; la modification quelconque qu’éprouve la rétine se transmet au cerveau par le nerf optique, où a réellement lieu la sensation. Les physiologistes n’ont jamais pu expliquer le mode de la sensation optique non plus que celui des autres sensations. (Cependant, malgré que la sensation se reproduise au cerveau, nous rapportons toujours les objets sur la direction des rayons qui arrivent du dehors sur la cornée transparente, d’après ce principe de la physique que nous avons déjà énoncé plusieurs fois que l’œil reporte toujours les objets à l’extrémité des rayons qui les leur apportent; parce que, suivant l’opinion des meilleurs physiciens, or s’accoutume par l'expérience et une longue habitude, ainsi que par le toucher à mettre les objets en leurs véritables lieux.

Quand les deux yeux sont tournés vers un objet, on juge de la distance de cet objet par l’angle formé par les deux rayons visuels qui partent de chacun des yeux pour se réunir sur l’objet en question. Mais cela dépend beaucoup aussi de l’habitude que l’on a de voir le même objet à des distances variables ; ainsi, souvent par analogie on juge de la distance d’un objet par sa grandeur apparente, de même lon juge de sa grandeur réelle par l’idée qu’on a de sa distance. S’il en était autiement celui qui n’aurait qu’un œil de bon ne pourrait juzer des distances, ni par conséquent des grandeurs, puisqu’il ne pourrait former d'angle obtique ; et cependant on sait très-bien que ceux qui sont privés de la faculté de l’un de leurs yeux jugent aïnsi que les autres des grandeurs et des distances des objets.

Bien que l’image d’un objet se dessine sur les deux rétines, il n’y a qu’une seule sensation, parce que les nerfs optiques se réunissent en pénétrant dans le cerveau ; mais, si les images n’étaient | .:nt placées sur des points correspondants des deux rétines, elles deviendraient distinctes toutes deux ; c’est ce que l’on peut facilement vérifier en pressant un œil avec le doigt pour le déranger de sa position.

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ba sensation dure un certain temps, car si l’on fait tourner rapidement un morçeau de bois, dont une des extrémités soit allumée, on aperçoit un cercle lumineux continu.

La distance de la vue distincte n’est pas la même chez toutes les personnes. La partie antérieure de l’œil s’aplatit par l’âge ; en outre il y a des personnes qui naissent ainsi, ou qui amènent leur vue à cet état par des études trop contentieuses, trop prolongées, surtout à la lumière des bougies. Par cet aplatissement de œil les rayons lumineux deviennent moins convergents, il faut donc pour que les rayons forment leurs foyers sur la rétine que la divergence des rayons qui arrivent à l’œil soit très-petite et par conséquent que les objets soient éloignés. On donne le nom de presbytes à ceux dont la vue est ainsi constituée ; on y remédie en plaçant devant l'œil une lentille convergente ; car, la divergence des rayons étant diminuée par l’interposition de la lentille, tout se passe comme si les rayons partaient de plus loin. Il y a d’autres personnes, et cela dans tous les âges, qui ont le défaut opposé, c’est-à-dire dont la cornée transparente est trop convexe, trop arrondie et qui par conséquent ne peuvent voir qu’à une tres-petite distance ; on les désigne sous le nom de mynpes. Dans ce cas, les rayons lumineux convergeant trop, les foyers des objets éloignés se forment en avant de la rétine et la vision est confure ; on obvie à cet inconvénient en plaçant devant l’œil une lentille divergente; alors la divergence des rayons est augmentée, et tout se passe comme si l’objet était plus rapproché.

Appareils et instruments d’ubtique. Nous avons déjà parlé des miroirs, de leurs différents effets suivant leurs diverses formes ; maintenant, si deux miroirs plans, par exemple, sont situés parallèlement lun à l’autre, et que l’on interpose entre eux un corps lumineux, il y aura d’abord dans chacun des miroirs une image du corps, et ces images se réfléchissant, il y aura une suite d’images qui iront s’affai. blissant par le grand noinbre de réflexions que subit la lumière.

Si l’on regarde sous un très-petit angle dans un miroir devant lequel se trouve placé un objet, l’on voit une série d’images. Pour comprendre ce phénomène il faut remarquer qu’une partie de la lumière est réfléchie à la première surface de la g'ace et donne une première image ; une partie de la lumière pénètre et se réfléchit à la surface métallique, mais lorsque cette iumière se présente pour sortir, une portion est réfléchie intérieurement, et retourne à la seconde surface, ainsi de suite; par conséquent il y a deux images qui proviennent d’une seule réflexion, l’une à ‘la surface supérieure, l’autre à la surface inférieure, et une suite d’autres qui proviennent de la 3e, 5e, 7e réflexion. C’est la deuxième image qui est la plus brillante.

Si l’on incline deux miroirs l’un a l’autre, on verra d’autant plus d’images du corps lumineux placé entre eux que l’angle qu’ils formeront sera une moindre partie de la circonférence ; mais il faut que cet angle soit une partie aliquote de la circonférence pour que les images soient nettes et distinctes. Ainsi par exemple, si, entre deux miroirs placés à angle droit, l’on interpose une lumière, on verra quatre lumières au lieu d’une, parce que l’angle droit est la quatrième partie de la circonférence ; si l’angle formé par les miroirs est de 60

degrés on verra 6 lumières, 8 s’il est de 45, 12 s’il est de 30; ainsi de e suite.

Microscope simpk. Le microscope simple ou loupe n’est autre chose qu’une lentille convergente d’un foyer très-rapproché pour qu’on puisse regarder les objets de très-près ; c’est de cet instrument dont se servent journellement les ouvriers eu horlogerie et en orfévrerie. Pour concevoir l’effet de cet instrument, il faut remarquer qu’un objet très-petit placé très-près de l’æœil n’y produit qu’une image confuse, parce que les rayons lumineux arrivent trop obliquement à l’œil pour pouvoir former leurs foyers sur la rétine ; on sait que l’on peut faire disparaître ce défaut en interpusant entre l’œil et l’objet un carton percé d’un très-petit trou, de manière à n’admettre que des rayons à peu près parallèles. Mais en obviant à cet inconvénient on tombe dans un autre ; on ne reçoit plus alors qu’une quantité de lumière insuffisante pour que l’œil puisse voir l’objet très-nettement. On obvie à l’un et l’autre de ces inconvénients en plaçant entre l'œil et l’objet une lentille convergente d’un foyer très-court, qui diminue la divergence des rayons, rend la vision plus distincte, agranditet éclaire de beaucoup l’objet.

Microscope composé. Ce microscope se compose d’une petite lentille À (fig : 73) d’un très-court foyer au-devant de laquelle on place un très-petit objet mr, à une distance Ad plus grande que la distance du foyer principal Aa ; il se forme derrière la lentille à une distance Ad' une image renversée et agrandie m'n' que l’on regarde avec l’oculaire B, de manière que la distance Bd soit un peu plus petite que la distance du foyer principal Bb, on aperçoit alors une image m''n'' beaucoup plus grande.

Lunette astronomique. La lunette astronomique se compose de deux verres doublement convexes comme le microscope composé ; V’objectif CD a un foyer très-long ; au contraire l’oculaire EG a un foyer très-court. Les deux lentilles ont le même axe, et leurs foyers principaux coincident en un même point F de cet axe. Les faisceaux lumineux, partis d’un objet AB très-éloigné, viennent former . en F'une image ab très-petite et renversée de cet objet; on regarde à travers l’oculaire EG cette image qui paraît considérablement agrandie, puisqu'on la regarde suivant la direction des rayons 0 et oa.

Lunettes terrestres. ‘La lunette astronomique renverse les objets, comme nous l’avons vu ; cela ne soufre aucun inconvénient pour les observations astronomiques ; mais il n’en est pas de même des objets terrestres que l’on observe, il faut que la dernière image en soit droite. Ces instruments (fig : 74) sont composés de quatre oculaires, qui sont disposés de manière à avoir le même axe et dont les deux premiers, qui ont leur foyer prineïpal en un même point, sont destinés a redresser l’objet, tandisque les denx derniers, qui ont aussi leur foyer principal en un même point, servent à rendre l’objet plus net et plus éclairé. Le grossissement des objets dépend des foyers de tous les verres et des intervalles qui les séparent. Les rayons envoyés par l'objet AB viennent former une image ab ; les faisceaux lumineux qui partent de cette image, sont parallèles entre eux, après avoir traversé le premier oculaire, et par crnséquent, après leur passage à travers le

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deuxième oculaire, ils viennent former une deuxième image a'b!, placée dans le même sens que Pobjet lui-même. Les faisceaux qui partent de cette image sortent du troisième oculaire assez parallèles entre eux nour donner la vision distincte. Ces lunettes ont quelquefois quatre et quelquefois cinq verres ; celui des verres, qui reçoit les rayons émanés directement de l’objet, s’appelle objectif, tandisque les autres portent le nom d’oculaires.

Lunette de Galilée. La lunette de Galilée (fig: 75.) n’est composée que de deux lentilles ; l’oculaire est une lentille divergente placée en avant du lieu de l’image m'n! formée par l’objectif ; les rayons de chacun des faisceaux qui partent des différents point de l’objet, en traversant l’objectif, deviennent sensiblemert parallèles entre eux ; ces faisceaux se croisent ensuite, et iraient former une image renversée si, en traversant l’oculaire, ils n’étaient forcés à prendre un parallélisme qui convient à la vue distincte et à la netteté des objets. Comme l’œil reporte toujours l’objet à l’extrémité du rayon qui le lui apporte, il verra l’image droite et agrandie ; ia position la plus favorable est très-près de l’oculaire, parce que, à mesure qu’on s’éloigne, on perd les rayons les plus divergents. Dans cet instrument le foyer de l’oculaire et celui de l’objectif sont au même point. Cette lunette est ordinairement employée pour les spectacles ; c’est pour cette raison qu’elle porte le nom de lorgnette d'opéra.

La condition nécessaire pour que lu vision soit distincte dans tous les instruments que nous venons de décrire est que les rayons sortent de l’oculaire avec le degré de divergence convenable pour l’æil de l’observateur. On parvient à remplir cette condition en adaptant les différents verres de l’instrument dans des tuyaux mobiles qui permettent de placer l’objectif et les différents oculaires aux distances convenables pour chaque æil.

Il faut aussi noircir l’intérieur des tuyaux des lunettes, afin d’éviter les réflexions des rayons qui viennent de toutes les parties du champ et qui troubleraient la netteté des images.

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