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EFFETS PRODUITS PAR LES PILES VOLTAÏQUES

Effets physiologiques. Les effets physiologiques produits par la pile proviennent de l’intensité ou vitesse des courants et de leur tension ou énergie, mais surtout de celte dernière vertu, puisqu’une pile en hélice de 12 paires de 50 pieds carrés de surface ne donne que de très-faibles commotions, tandisque qu’une pile de 50 couples d’un pouce carré de surface donne des commotions assez vives. Ainsi, dans ces phénomènes, l’intensité ou vitesse du courant est peu importante.

Si l’on veut éprouver les effets d’une pile, il faut toucher les deux pôles avec les mains mouillées, parce que la peau sèche n’est point un assez bon conducteur. On peut éprouver des commotions plus ou moins grandes en n’embrassant qu’un nombre plus ou moins grand de couples; pour cela, on place une main sur l’un des pôles et on met l’autre sur des couples de plus en plus éloignés. Lorsque l’on est en contact avec les deux pôles de la pile, l’on éprouve des sensations désagréables, comme si l’on avait les membres tiraillés.

Lorsque la pile n’a qu’une centaine de paires, dont chacune n’excède pas 4j pouces carrés, on peut recevoir la commotion sans danger; mais il n’en serait pas de même si l’on augmentait le nombre et la surface des couples. Les courants produisent des mouvements extraordinaires sur les corps récemment inanimés. M. Alagendie et plusieurs autres ont reconnu que les animaux asphyxiés étaient promptement rappelés à la vie, quand on les plaçait entre les pôles de la pile; ils sont même parvenus a rappeler des lapins asphyxiés depuis plus d’une demi-heure; et tout récemmeot, dans les États- Unis, des médecins, en mettant, aux moyen de deux fils métalliques, les deux pôles d’une batterie galvanique en contact avec le corps d’un homme qui venait d’être exécuté, ont produit des efièts étonnants, tellement que le cadavre s’est levé, a marché, s’est assis dans un fauteuil, a donné des signes de sensibilité en portant sa main à son cou pour arracher la corde dont il se croyait encore étreint ; il a même prononcé des mots inarticulés. Mais les bouleversements extraordinaires produits dans son intérieur par l’énergie des courants ont excité vers le cerveau une puissante conjestion, et un instant après, le reste de l’existence de cet homme s’était éteint.

Effets mécaniques. Lorsqu’un vase est divisé en deux compartiments, par une cloison verticale formée d’une membrane de vessie, si l’on remplit les deux cellules, avec un liquide a la même hauteur, et que l’on fasse plonger le pôle positif ilans l’un des compartiments et le pôle négatif dans l’autre, en peu d’instants le liquide n’est plus de niveau, il s’élève dans la cellule ou plonge le pôle négatif. Il y a un grand nombre d’autres effets qu’il serait trop long de décrire ici.

Effets calorifiques. Si l’on met des fils d’une ténuité suffisante en contact avec les deux pôles de la pile, ils s’échauffent, rougissent..

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fondent, brûlent ou se volatilisent. Si les fils sont trop longs pour rougir dans toute leur etendue, ils ne rougissent qu’au milieu. Si l’on emploie des piles puissantes, et que l’on mette, à l’extrémité des fils, deux petits cônes de charbon sec, en rapprochant ensuite les deux fils, les étincelles s’échappent de ces deux cônes, et il se forme une lumière continue d’une beaute supérieure à toutes les autres lumières, et d’une température si élevée que le diament et la plombagine y sont volatilisés. '

Lorsque l’on met les pôles d’upe pile en contact avec des fils de différente nature et qu’on en approche les extrémités à une petite distance, il s’établit un courant continu d’étincelles et il se présente des phénomènes remarquables qui varient avec la nature des métaux. Lorsque l’un des fils est d’or et l’autre de platine, l’or ne change pas, mais le platine devient rouge-blanc ; si l’un des fils est d’argent et l’autre d’or, celui d’or seul devient rouge ; si l’un est d’or et l’autre de cuivre, ils rougissent tous deux ; si l’un est de fer, l’autre de platine, le premier coule et le second devient rouge-blanc ; s’ils sont de platine et de. zinc, le platine devient rouge-blanc et le zinc ne change pas ; les fils étant l’un de fer, l’autre de zinc, celui de fer coule et celui de zinc demeure stationnaire ; s’ils sont de zinc et d’argent, le zinc devient rouge et coule, mais l’argent ne change pas. Lorsqu’un fil est composé de plusieurs métaux, attachés les uns au bout des autres, c’est toujours aux points d’attache que se manifeste l’incandescence ; et si les métaux sont de nature différente, ce sont les métaux les moins conducteurs qui s’échauffent et rougissent les premiers. Quand on fait communiquer les deux pôles de la pile par une tige de plante grasse, elle s’échauffe tellement que, l’eau qu’elle renferme, finit par entrer en ébullition, parce que le liquide qu’elle contient est séparé par de nombreuses cloisons végétales.

Eÿets chimiques. On obtient la décomposition de l’eau et la décompositon d’un grand nombre de substances. On est parvenu, au moyen d’un courant galvanique, à produire sur des plaques de différents métaux des dessins réguliers colorés des teintes les plus vives ; on a même réussi a frapper des médailles par ce procédé.

PHÉNOMÈNES ÊLECTRO-DYNAMlQUES ET THERMO-ÉLECTRIQUES.

En 1819, M. Oersted découvrit qu’un conducteur, à travers lequel passe un courant électrique, fait dévier l’aiguille aimentée. Les différents savants, qui ensuite ont traité cette matière, obtinrent, au moyen de l’électricité galvanique, tous les phénomènes produits par les appareils d’aimantation. Par exemple, si, au moyen de deux fils métalliques, l’on fait communiquer les deux pôles d’une pile aux deux pôles d’un fer à cheval en fer doux, il se développe une telle puissance d’aimantation, que le fer doux a soutenu des poids de 1200 et même de 2000 livres. Si l’on soustrait les fils au contact du fer à cheval, il perd à l’instant sa faculté d’attraction; et, réciproquement, l’on est parvenu au rnoyen d’un appareil d’aimantation à produire tous les effets du galvanisme. Cet appareil est composé d’un fer a cheval d’une grande dimension en acier par plusieurs lames concentriques; à l’ex-

trémité du fer se trouve deux cylindres de fer doux qui tournent sur leur axe, et sur lesquels s’enroule un fil de métal recouvert d’un fil de coton ; les deux extrémités de ce fil communiquent avec le fer à cheval et une aiguille qui, tournant sur l’axe des cylindres, plonge dans le mercure. Au moyen de cet appareil on a obtenu, comme avec la pile galvanique, la décomposition de l’eau, la fusion des métaux, l’inflammation du charbon, l’étincelle électrique.

Poissons électriques. Il existe plusieurs poissons qui jouissent de la propriété singulière de produire quand on les touche une sensation semblable à la décharge d’une bouteille de Leyde ; on en connaît aujourd’hui sept espèces. Une d’elles, la torpille, est assez répandue dans toute la Méditerranée et sur les côtes occidentales de la France.

L’organe des poissons électriques est peu connue, et sa manière d’agir l’est encore moins ; ses effets paraissent cependant analogues à ceux d’une pile à un grand nombre d’éléments,

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