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PHOSPHORE

robscurité paraissent lumineuses, et sont, comme on dit, phosphorescentes .

On considère généralement la phosphorescence du phosphore comme le résultat de la combinaison lente de ce corps avec l'oxygène.

L'eau dans laquelle on a conservé le phosphore luit aussi dans l'obscurité. Lorsqu'on l'agite, elle répand des lueurs de peu de durée. Plusieurs corps, tels que le chlore, l'hydrogène carboné, l'alcool, l'éther, l'essence de térébenthine, peuvent empêcher le phosphore de luire dans l'obscurité. Le phosphore luit beaucoup plus fortement dans l'air raréfié que sous la pression ordinaire de l'atmosphère.

Le phosphore est un des corps qui ont pour l'oxygène la plus grande aflinité ; il suffit d'une faible élévation de température pour le faire brûler, aussi sa distillation demande-t-elle des soins particuliers.

On ne saurait se servir, pour distiller le phosphore, d'un appareil ordinaire de distillation, qui pourrait se briser par suite de l'inflammation du phosphore, et exposer l'opérateur à des projections de phosphore en combustion.

Cette opération s'exécute sans danger dans une atmosphère d'hydrogène: on maintient un courant de ce gaz dans une petite cornue tubulée, dans laquelle on a placé une vingtaine de grammes de phosphore, et qui communique avec un récipient également tubulé et portant un tube recourbé , dont l'extrémité plonge de quelques millimètres dans un vase rempli d'eau. Lorsque l'air de l'appareil a été chassé et remplacé par de Fhydrogène, on chauffe la cornue avec quelques charbons rouges, et la distillation du phosphore s'effectue rapidement.

Le phosphore se combine à la température ordinaire avec l'oxygène. Un bâton de phosphore, abandonné à l'air pendant quelque temps, répand des fumées blanches dues h la

8 A MÉTALLUlUKS.

formalion iruii acide particulier, qui a reçu le nom iïaciit phosphaliquc,

La clialeur qui se développe pendant la formation de cet acide est assez considérable {)Our déterminer au bout de quelques instants rindammation du phosphore. Pour conserverie phosphore, il faut donc le préserver du contact de Tair en le recouvrant d'eau.

Le plus léger frottement suflit pour déterminer la combustion du phosphore ; aussi faut-il toujours le manier sous reau. Les brûlures produites par le phosphore sont dangereuses et d'une cicatrisation fort longue, parce qu'il laisse dans la plaie un acide très corrosif (l'acide phosphorique), qui est le résultat de sa combustion. Le phosphore s'enflamme sous la pression ordinaire, a la température de 75"^, et brûle avee une flamme très brillante.

Le phosphore produit en brûlant dans l'air, et surtout dans l'oxygène pur, une température très élevée, et une lumière si vive que les yeux ont peine à la supporter: il se change alors en acide phosphorique. Cette combustion se fait ordinairement en plongeant dans un flacon de A à 5 litres de capacité, rempli d'oxygène, un iil de fer attaché à un bouchon et supportant une coupelle dans laquelle on a mis un morceau (le phosphore qu'on enflamme en le touchant îiver un fer chaud ou une allumette. (Voy. Oxygène^ pi. VI, iig. 15.)

Il arrive» rarement que le phosphore se convertisse complètement en acide phosphorique, alors munie qu'il brûle dans roxvgène pur et en excès ; il se produit presque toujours une petite quantité de phosphore, rouf^e qui est préservé de l'action (le l'oxygène par une couche (racide phosphorique qui le recouvre.

L(» pliosphon* , malgré son allinilé pour Toxygène, n'agit pas à la tcnq)érature ordinaire sur ce gaz lorscju'il est pm* et siM\ Si Ton place un bâton de phosphore dans une cloche

f l'iKisi'iiuiii:. o5

roHlfiianl du ro\y|ièrie pur cl piiiiiiilciiifiil sec, le [iliospUore

1 se conserve sans agir su r l'oxygciio, pourvu (jue ia température

[ lie s'élève pas uu-dessos de 27° ; mais si l'on diminue la pres-

, sion, ou rju'oii iiilroduîse dans l'oNygène un gaz élranger, la

combinaison se détermine bienti'it et l'oxygènti est absorbé par

W pbospliore avce rapidité.

Prr|HtrHtlon du phospliore. — On retire généralement le jiliospliore du pliuspliale de c1inu\ conlenu dans les os des animaux. Les os sont furniés de carbonate de chaux , ^ d'un phosphate de choux basique, et d'une tntUière animale qui sert à la préparalion de la gélatine.

On soumet d'abord les os à une calcination au contacl de l'air pour détruire la matière organique qu'ils contiennent.

Les os, après la caldnalio», àuut den;mjs Lianes et 1res friables, cl contiennent environ 77 parties de phosphate de chaux , 20 parties de carbonate de chaux et une petite quantité d'autres sels.

On les réduit en une poudre très Hnc, dont on prend environ 6 parties qu'on mélange avec de l'eau de manière à former une Louillie très liquide, à laquelle on ajoute peu à peu A ou & parties d'acide sulfurique.

L'acide sulfurique, à l'aide de rébullilton, change le carbonate de chaux en sulfate de chaux en dégageant de l'acide carbonique, s'empare en même temps d'une partie de la chaux du sous-phosphate, et le transforme en un phosphate acide de chaux. Ce dernier est très soluble dans l'eau , tandis que le sulfate de chaux (plAtre) est à peine soluble; en traitant donc la masse par l'eau , on dissout le phospliatc acide de diaux, et le sulfate de chaux se précipite pres<]ue complètement.

Les eaux qui tiennent le phosphate acide de chaux en dissolution sont évaporées dans une chaudière de cuivre ou dans

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une capsule de porcelaine : pendant celte évaporation, la plus grande partie du sulfate de diaux tenu en dissolution se dépose ; on enlève ce sel avec soin et Von obtient un liquide sirupeux contenant du phosphate adde de diaux presque pur.

Ce liquide est mélangé intimement avec le quart de son poids de charbon de bois en poudre , et desséché jusqu'au rouge naissant dans une bassine de fonte. On n'arrête cette dessiccation que lorsque la niasse commence i dégager quelques vapeurs de phosphore.

On l'introduit alors dans une cornue de grès recouverte d'une couche de lot réfractaire, et qui est remplie du mélange jusqu'aux trois quarts de son volume ; elle communique au moyen d'une allonge de cuivre avec un grand bocal à moitié rempli d'eau, et qui porte un tube destiné i donner issue aux gaz : la cornue est portée i une tmnpérature d'un rouge vif, et le phosphore se condense dans le flacon.

Le phosphore obtenu par la méthode que nous venons d'iodiquer n'est pas encore à l'état de pureté ; il contient du charbon et d'autres corps qui ont été entraînés pendant la volatilisation.

On le purifie en le faisant fondre dans l'eau chaude et le mélangeant avec du noir d'os en poudre, qui le décolore; on l'enlève ensuite avec une cuiller, et on le plonge rapidement dans de l'eau froide , afin de le faire prendre en pains. Pour le débarrasser du noir qu'il contient, on le met dans une peau de chamois ; on en fait un nouet bien solide que l'on plonge dans une terrine d'eau presque bouillante. En comprimant le nouet au moyen de pinces, le phosphore fondu passe à travers les pores de la peau.

Le phosphore n'est pas livré au commerce sous la forme de pains , mais sous celle de bâtons de quelques millimètres de diamètre. On obtient ces bâtons en fondant le phosphore dans l'eau et en plongeant dans le phosphore fondu un tube de verre

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légèrement conique dans lequel on fait montpp p«r aspir&lion le pliospliore en fusion.

On doiL laisser dans le tube une couche d'eau destinée à recouvrir le phosphore, et à empêcher que le phosphore fondu ne pénètre dans la bouche de l'opérateur ; on ferme iJors avec le doigt le tube que l'on porte diins l'eau froide; on retire ensuite le phosphore du tube à l'aide d'une légère secousse. Ces bâtons, à l'usage du commerce, sont conservés dans l'eau.

IJMireB du phoBphare. — La fabrication du phosphore a pris une assez grande extension dans ces dernières années, \ et son prix, jadis si élevé n'est plus aujourd'hui que de 7 à S francs le kilogramme.

Le phosphore est principalement employé dans la fabricaliuii des allumettes à follement, et dans les laboratoires de chimie pour faire l'analyse de l'air et préparer les phosphures, l'acide phosphorique, etc.

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