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DIAMANT

menl Macqucr, reconnuront que le diamant, garanli du conlael de Fair, résiste a la chaleur la plus intense. A la même époque, Lavoisier et Guyton de Morveau, remarquèrent tfoe le diamant', en brûlant dans Toxygène, produit consUmment de Tacide carbonique; d'où ils conclurent que le diamant devait contenir du carbone.

La nature du diamant fut établie par Ilumplirv Davy, qui démontra que ce corps donne en brûlant la même quantité d*acide carbonique que le carbone pur, que dans cette corn* kistion il ne se produit que do Tacide carbonique, et qu'enfin le diamant, en brûlant dans l'oxygène, ne fait pas varier le volume de ce gaz : Davy conclut de ses expériences que le diamant est du carbone pur.

Le diamant est le corps le plus dur que Ton connaisse. Il ne peut être entamé que par sa propre poussière ; il raye au contraire tous les autres corps, môme l'acier trempé. Le diamant sert en raison de sa grande dureté a former des pivots pour les pièces délicates d'horlogerie, à polir les pierres fines, el a couper le verre.

Le diamant est fixe et infusible, mauvais conducteur de l'électricité. Soumis a l'insolation, il devient très phosphorescent. Il s'électrise par le frottement. Les diamants sont généralement incolores, transparents et vitreux ; mais ils présentent aussi quelquefois des teintes bleues, jaunes, rosées ou noirâtres.

Le diamant se trouve ordinairement cristaUisé ; ses princi* pales formes cristallines sont l'octaèdre, le tétraèdre, le dodécaèdre rhomboldal; les faces des cristaux sont souvent cur\ilignes (pi. VI, fig. 16). La cassure du diamant est généralement lamelleuse , a cause de la facihté et de la netteté de ses clivages. Les lapidaires mettent cette propriété à profit pour le tailler. Le diamant jouit à un haut degré de la réfraction simple.

90 métalloïdes.

Newton, s'appuyant sur la propriété que possèdent les corps combustibles de réfracter fortement la lumière, fut amené i soupçonner le premier la combustibilité du diamant. Le pouvoir réfringent et dispersif du diamant donne au diamant taillé ses beaux effets de lumière. Les nombreuses tentatives faito pour obtenir le diamant par des procédés artificiels, ont toutes édboué jusqu'à présent. Ce corps étant infuiibU et /Exe, <m conçoit que les procédés ordinaires de cristallisation par fusioD et par volatilisation ne puissent lui être appliqués. La foote de fer liquide est le seul corps qui puisse dissoudre du ca^ bone, et le laisser déposer par le refroidissement ; mais le c«rbone qui s*en sépare est du graphite, corps noir et opaqoe.

Les inductions géologiques n'apprennent rien sor le mode de formation du diamant ; ce corps se trouve toujours dans les terrains d'alluvion ; il est disséminé dans les saUes ferrugineux qui constituent des alluvions anciennes.

La taille du diamant, inconnue des peuples anciens, a été découverte en li76 par Louis de Berquem. Elle ajoute à son éclat naturel en multipliant le nombre de ses facettes.

La taille du diamant s'exécute en imprimant un mouvement de rotation à une plate-forme horizontale d'acier, recouverte de poudre de diamant (égrisée) délayée avec de riiuile. On appuie fortement contre cette plaque le diamant, qu'on débarrasse ainsi des parties rugueuses qui le recouvrent. Le diamant peut être taillé en rose ou en brillant. Le diamant taillé en rose a le dessous plat et le dessus élevé en dôme, sans table et présentant des facettes au nombre de vingt-quatre. Le diamant taillé en brillant ne diffère de la forme des roses qu'en ce que le dessous, appelé culasse^ est taillé comme le dessus, et se compose de facettes symétriques qui correspondent à celles de la partie supérieure du diamant. Le brillant présente en dessus une facette nommée table j qui est entourée de plusieurs facettes obliques (fig. 16).

DIUIÂNT. !)7

Les diamants qui présentenl une croûte verdiilrc sont ceux ^i possèdent la plus belle eau après la taille.

M. Jacquelaîn est arrivé récemment à des réstillats intéres> lants en soumettant le diamant à l'action d'une forte chaleur produite par la pile de Bunsen. Sous cette influence, le diamant se ramollit, se partage en plusieurs fragments, perd sa tnasparence, augmente de volume, devient noir, et se change en UQ charbon entièrement comparable au coke et plus léger que le diamant. Ainsi modifié, le diamant raye encore le verre, mais il est devenu assez friable pour qu'on puisse le briser entre les doigts. H. Jacquelain pense que certains diamants noirs, appelés diamants gavoyardi, ont pu se produire dans des circonstances comparables à celles qu'il a décrites.

Les diamants se trouvent principalement dans l'Inde, dans nie de Bornéo et au Brésil. On les extrait en soumettant la terre à diamants à l'action d'un courant d'eau sur un plan incliné, consistant en une table divisée en compartiments sur lesquels s'arrêtent seulement le gravier et les diamants, qu'on sé|>are ensuite à la main.

Il e\iste des diamants appelés diamants de nature. Ces corps se trouvent, à l'état brut, sous forme spliéroïdale, et ne \k>ssèdent aucun clivage. Il est impossible de les tailler; ils servent àfaire de la poudre de diamant.

Le plus gros des diamants connus est celui du rajoli de Malan, à Bornéo; il pèse 300 karals ou plus de 06 grammes (le karat équivaut à 0",202}.

Le régent, diamant de la couronne de France, pèse 136 karals ; il fut acheté deux millions et demi à un Anglais nommé Pitt, par le duc d'Orléans, alors régent. On estime que ce diamant vaut le double du prix d'»chat, à musc de la k>nulé de sa forme et de sa parfaite limpidilé.

Les diamants qui iieuveiil être taillés se vendent à raison de hS francs le karat (230 fr. le gramme) lorsqu'ils ne dépassent

98 HÉTALLOlDES.

pas ce poids ; quand ils sont plus gros, leur valeur augmente considérablement.

GRAPHITE ou PLOMBAGI?(E, MINE DE PLOMB.

Le graphite est quelquefois appelé plombagine ou mine de plomb. II contient en général 95 ou 96 pour 100 de carbone pur; il est cristallin, doux et onctueux au toucher; il taclie les doigts et le papier; il brûle avec autant de difficulté que le diamant. Le graphite est ordinairement cristallisé en petites tables ou en paillettes hexagonales, assez nettement déterminées. On trouve ce corps dans les terrains de transition les plus anciens, et principalement en Bavière, dans le Piémont, dans les Pyrénées, en Angleterre.

Le graphite a été considéré pendant longtemps comme un carbure de fer ; mais les analyses ayant démontré que le graphite pur ne contient qu'une très petite quantité de fer, qui souvent ne dépasse pas un demi-centième, et dont la proportion varie avec les différentes espèces de graphite, on s'accorde maintenant à considérer le graphite comme une variété do carbone cristallisé.

On peut obtenir du graphite artificiel en laissant refroidir lentement certaines fontes sursaturées de carbone et en les dissolvant dans un mélange d'acide chlorhydrique et d'acide azotique; il reste en suspension dans la liqueur un corps cristallin, d'un gris métallique, identique avec le graphite naturel.

On emploie dans l'industrie la plombagine réduite en poudre fine et délayée avec de riuiile ; elle est appliquée à la surface des pièces de fonte, de fer, qu'elle colore en gris et qu'elle préserve de la rouille. On s'en sert souvent pour adoucir les frottements des essieux de voitures, des engrenîiges de machines et mOnie des jiièces d'horlogerie. C'est encore la

ANTHRACITE, — «OIH UK FUMÉE. 09

plonibagiiiv t{iii vsl eiii]>loyéti duiis le vtïriiissage du plomb de chussv.

Kiilhi la ploinlutgino est ciii|)loyée, soit aculi;, soJl mélangée avut' de l'argile, dans la fabrication di's crayons de mine ilr plomh.

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