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sainte. Dans un combat de ce côté, au mois d'août 1134, les chrétiens eurent le dessous, plusieurs furent faits prisonniers, parmi lesquels trois braves seigneurs français, trois frères, nés dans la province de Picardie, près de Laon, chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Emmenés captifs à Ascalon, ils furent bientôt dirigés sur le Caire, pour être présentés au sultan comme prisonniers de marque.
Le prince voulut d'abord, « avec paroles gratieuses et emmiellées », les gagner à la religion de Mahomet. Les chevaliers répondirent qu'ils étaient discip''s de Jésus- Christ et qu'ils lui resteraient fidèles, dussent-ils souffrir mille morts pour lui. Furieux, le sultan les fait jeter dans un horrible cachot, au fond d'une tour. Il commet à leur garde un Sarrasin farouche, qui ne leur « donnera pour toutes viandes que du pain et de l'eau ». Puis il fait venir les prêtres et marabouts « les plus suffisants qui fussent en Égypte » et les envoie à la prison des chevaliers: qu'ils déploient toute leur éloquence, qu'ils offrent même les premiers grades dans l'armée du calife.—Ils revinrent piteux, vaincus dans la discussion, découragés. Impossible, disaientils, « de dimouvoir ces chrestiens de leur religion ». Le sultan en colère les chassa de sa présence, « les traitant d'ignorans et de lourdeaux ».
Mais son désir d'amener les trois seigneurs à sa religion : croissait avec les difficultés. 11 s’avisa alors d’un expédient qui, selon lui, devait emporter tous les obstacles.
La princesse Ismérie
Le sultan avait une fille, qu'on appelait Ismérie, « galante dame, belle au possible, bien emparlée et fort instruite en la loy Mahométaine ». Les chevaliers, pensa-t-il, ne résisteront pas aux arguments « ensorcelés » par la beauté et les charmes d’Ismérie. Il l'envoie donc vers eux, lui of donnant d'employer tous les moyens, raisons, reproches, promesses, charmes, caresses, et, s’il est besoin, jusqu'au sacrifice de son honneur! Mais la gainte Mère de Dieu
veillait sur ses bons et féaux serviteurs; elle portait aussi
des regards pleir qu'un père sans La première dans l'âme d'Is:
sujet de la religi les chevaliers, ins li racontèrent 1, Verbe, la vie, les cnsion de Jésus l'ncomparable vir pendant et après en était toute -e:
autant de flamesc Esprit, aies l foi et embrasa l'embrasser », Les visites suiy diirs. Elle était s S bien que, y pens dsir de voir la pou avait oui si hautem ux chevaliers s'ils sinte Vierge. Ils &e vous ne pourrait —{ Nous ferons ce Lftres, pourvu que v desculpteur, »
et, le soir vent
ds pleins de miséricorde € sans entrailles était prê ‘mière discussion eut pour résultat
seconde entrevue, lers, inspirés par Dieu et remplis de l'Esprit Saint,
èrent les Mystères sublimes de l'incarnation du vie, les miracles, la mort, la résurrection et l'as- Jésus-Christ, les vertus, l'excellence, les mérites, able virginité de la glorieuse Vierge Marie, avant, t après l'enfantement du Christ, La princesse pute remuée: « Leurs parolles estaient pour elle flamesches ardenies qui, par l'opéra imaient en son âme, mbrasaient son cœur », ; les suivantes ne firent que stimuler ces saints était surtout portée ‘-ers l'auguste Vie-ge Marie. Y pensant jour et nuit, elle Conçut « un extrême r la pourtraicture de la Mère de Dieu, dont elle hautement parler », Un jour donc, elle demande Ts s'ils n'auraient Pas une image de cette très « — « Est-ce qu'aucun
reprend la princesse.
rons ce que nous Pourrons, dit l'aîné des trois
u que vous nous fournissiez du bois et des outils »
8 quitte dans une allégresse indicible, Mais bien empêchés. Aucun des trois oncques n'avait nents ue sculpteur. Et comme de raison, les nes s'en prennent à l'aîné. « Ne craignez rien éplique celui-ci: Notre-Seigneur Jésus-Christ e Mère nous viendront sûrement en aide, »
ain, la princesse apporte le bois et les outils, faire diligence, afin de lui Procurer la prélès le jour suivant. Nouvel embarras et nounations. L'’atné apaise derechef ses jeunes ir venu, il se met avec eux à supplier très
ne 7. ä PRE ts :
tte me
RE À rue orage nc ai ds
ue
instamment et très affectueusement la sainte Vierge d'intercéder pour eux et de pourvoir à leur présente nécessité. Leur prière à peine terminée, ils s’endorment tous trois.
La Sainte Vierge
La prière des bons chevaliers était allée droit au cœur de‘notre benoîte Mère.
« Et voici que sur la minuict, la Mère de Dieu, veillant pour eux, leur envoie », portée par la main des anges, « une sienne image très dévote et miraculeuse. Ceste image, aussi tost, rend ceste obscure et puante prison esclairée d’une si grande lumière et parfumée de si soëves odeurs, qu'on eût dit que mille bougies btuloient dans le cachot et qu'on y respiroit les parfums du Paradis »; on pouvait, de plus, «oüyr un chant rare, gracieux et entièrement angélique ».
Je vous laisse à penser l’extase des trois frères en se réveillant à cette musique et en voyant dans un rayonnement de lumière céleste la belle image miraculeuse. Ils s
ent devant elle et passent le reste de la nuit « louans et remercians la divine bonté de son signalé bienfait ».
Au petit jour, la jeune « damoiselle » Ismérie accourt tout impatiente de constater où en est le travail des chevaliers. En ouvrant la porte de la prison, elle aperçoit cette brillante lumière, respire ce délicieux parfum et voit en prières devant la sainte image les trois chevaliers. Et quand elle apprend d’eux l’origine céleste de la statue, en cons tatant en effet que le bois et les outils qu’elle avait apportés n'avaient pas été seulement touchés, elle s’écrie:
répondent les chevaliers.
able:
— Soyez certains, dit-elle,
Et avant peu je vous aurai tirés de cette prison.
erge d’innécessité.
us trois.
e Vierge t au cœur
u, veillant ages, « une mage, aussi ée d’une si qu'on eût t et qu'on it, de plus, ngélique ».
rères en se n rayonneuse. Ils se uit « louans nfait ».
rie accourt ail des che- Jerçoit cette et voit en . Et quand je, en cons ait apportés
La nuit,
ouvrage de ieuse Vierge, s. Je quitte de me faire 1s voulez me |
s chevaliers. nge; elle leur
et résolue de les déli
DEN QU ER eg energy:
ble: vrer é eu m , na promesse. ji has eux, et d’une voix ani ra es qu'elle veut | n ‘ment, ne craignez rien re Le ajoute: « Suivez- | À eu et e a BEE n la très sainte Vierge dont je rgrs [HE eron l'image; hi
t et nous sauveront. »
ro
Les chevaliers se lèvent et, pleins de a ville du Caire; ils rencontrent
Arrivés aux ils se hâtent, et des grands bras, du Nil, ne
Les chevaliers commencent à craindre ge soit aperçu de leur’ départ et aimée, et qu'il n'envoie en toute
teurs à leur poursuite.
noble et gracieuse; autre saluade, il noblesses, entrez, je vous gais votre désir ».
instant ils se trouvent sur
quittent tous quatre le che buissons, ils se
Ce sommeil devait
Quand les quatre personnages ou ils se demandèrent où ils étaient. Le
pées des sons € d’une corne
passoit quelques fredons ».
lui et, se croyant encore en langue mauresque »
entende, répond le berger. - — Nous sommes donc en
— Certainement.
Ils montent l’autre rive; et « échappent de leurs yeux ».
Ils continuent leur voyage et marchent pend
trois heures. Ismérie était harassée de fatigue;
livrent à un paisible sommeil.
où ils sont.
— Seigneurs, parlez français
aucun d'eux ne leur de-
ils les trouvent ouvertes:
le bord d’un
de celui de sa fille bien-
hâte de nombreux serviite. Pendant que dans leur inquiétude
En France a ent
gi vous voulez que
— France, mon ami ?
une petite barque dirigée par un jeune homme à la figure en un moment eur dit: C'est pour vous qd passerai à l’autre
dans la barque, et en un gi tost le jeune
il est près d'eux, et « sans ue je viens,
bord, car je
ant environ elle prie les peu. Îls
être suivi d'un réveil merveilleux.
vrirent les yeux à la lumière, urs oreilles étaient frap-
muse de laquelle un pastre vers
je vous
at la
trent r de-
ertes; d'un yer ».
an ne bienserviiétude barras, tacher figure . ( Sans viens, car je en un e jeune
environ prie les Jeu. Is quelques
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rveilleux.
lumière, ient frapin pastre rent Vers dent «el
je je vou
Lt
— Mais dans quelle province, dans quel diocèse ?
— Dans la province de Picardie, mes seigneurs, dans le diocèse de Laon, et tout proche du château de Marchais.
C'était le propre château des chevaliers, leur maison paternelle. Alors ils reconnurent l’étonnant miracle que le Seigueur et la glorieuse Vierge Marie avaient opéré en leur faveur. Les anges, envoyés par Dieu comme au siècle suivant pour la maison de Lorette, les avaient transportés en un instant des bords du Nil dans leur patrie.
Ils remercièrent le ciel avec effusion pour ce nouveau bienfait, puis se mirent en marche vers le château. En passant dans un jardin, la statue se fit si pesante dans les bras d’Ismérie, qu’elle dut être déposée à terre. Ils comprirent que la sainte Vierge avait choisi cet endroit pour y être honorée. Et en effet, après leur réception au château avec tous.les sentiments de surprise, de joie, de reconnaissance que vous pouvez imaginer, ils se rendirent à Laon, accompagnés de la princesse, assistèrent au baptême que l'évêque lui conféra avec le nom de Marie, et obtinrent du prélat la permission de bâtir une église à la Mère de Dieu. Ils la construisirent dans le jardin choisi par elle, et lui donnèrent le nom de Notre-Dame de Liesse. Les miracles qui s’y accomplirent attirèrent des foules et peu à peu autour de l’église un bourg s'éleva, nommé lui aussi Liesse.
« Finalement, la susdite damoiselle Marie, appelée autrefois Ismérie, fit sa demeure avec la mère des dits chevaliers— qui estait une honorable et vertueuse dame très dévote à la sainte Vierge. Elle vécut ainsi saintement peu de jours; si qu’estant passée à plus honorable vie, fut son Corps enterré en la mesme église de Notre-Dame de Liesse. »
Les grands pèlerinages ARR ED
Dès le temps d’Ismérie et des chevaliers, le pèlerinage Liesse acquit une très grande célébrité. On y accourut tous les points de la France et même de l'étranger.
Parmi les pèlerins de marque, on compte en premier
lieu le roi Louis VII. Charles VII y vint après son sacre Reims, et sainte Jeanne d’Arc l'y accompagna. Louis XI
de de
fit quatre pèlerinages à Liesse; François Ier en fit trois.
Peu après, le cardinal de Lorraine, à qui était échu le vieux manoir des chevaliers de Marchais, le fit reconstruire avec une grande magnificence, pour le rendre digne de re- - cevoir les rois et les princes que leur dévotion amènerait " à Liesse. A peine était-il achevé que Henri II vint y faire séjour en 1554; puis on y vit François II après son sacre, accompagné sans doute de Marie Stuart, puis Charles IX qui y vint trois fois. £
La famille des Bourbons montra la même piété. Marie de Médicis, l'épouse du bon roi, partit de Paris le septième jour de janvier pour aller en pèlerinage, « à ce qu'il plût à la belle dame intercéder pour elle, pour avoir lignée ». L'en‘ant qui fut accordé à ces instantes prières fut Louis XIII. Celui-ci fit quatre fois ce pèlerinage, ainsi que la reine Anne d'Autriche. Ils comblèrent le sanctuaire de leurs largesses, et demandèrenc en retour un fils, qui ne leur fut donné que lorsque le pieux roi eut, par un vœu solennel, consacré son royaume à la Mère de Dieu. L'enfant tant désiré était Louis XIV. Souvent le grand roi vint rendre grâce à Notre-Dame de Liesse du bienfait de sa naissance. Ses descendants suivirent son exemple.
La Révolution ER AE PTS
Au XVIe siècle, les Huguenots exercèrent leur rage sur le sanctuaire vénéré de Liesse.
Mais plus terribles encore furent les fureurs de la Révolution. Liesse put constater son caractère satanique plus
‘qu'aucun autre endroit. Liesse allait se voir ravir, pour un temps, par la Révolution, ce trésor inestimable qu’elle gardait si précieusement depuis bientôt sept siècles. Rappelons quelques-uns de ces odieux événements.
Le 28 décembre 1790, toutes les armoiries dont les murs et le pavé de l’église étaient couverts sont mutilées. Le 15 mars 1791, l’évêque intrus vient faire son pèlerinage dérisoire et installer à Liesse des prêtres apostats comme lui. Le 15 octobre 1792, le pillage officiel est inauguré pa
l'enlèvement de tous les ex-voto d’or, de vermeil et d'argent: :
il y en av novembre 1 sacrés, orne A la mê à tous ces Liesse, s’in faire dispar:
omement, £ et retenait abolir. Un trésorerie: le au milieu d répand dans avaient disp la statue bi partie; des ; et les conser:
Nous alle renaître de 8 quer à ces r l statue d’I:
Quand la un prêtre déc erge en pier toura de cart lements dont Genne statue statue improv:
C'était en 180
La débonn:
elle se remit à avaient rendu monde entier.
Comme cet:
l'église d
il y en avait pour plusieurs millions de marcs. Le - ler novembre 1793, tout ce qui restait est enlevé: statues, vases sacrés, ornements.
lieu l’attentat qui mit le comble Un jour,
et les conservent avec soin.
Nous allons voir maintenant Notre-Dame de Liesse renaître de ses cendres, ct la puissance de Marie communiquer à ces restes de l’antique statue, la même vertu qu’à l statue d’Ismérie et des preux chevaliers.
Une ère nouvelle
Quand la restauration du culte permit d'ouvrir l’église, un prêtre découvrit, dit-on, dans les combles, une tête de verge en pierre. On l’éleva sur un support de’ bois, on l’entoura de carton et on revêtit cette espèce de’ statue d'or-
statue improvi C'était en 1802. ’ La débonnaire Vierge du ciel |’
Comme cette statue est celle-là même que l’on vénère l'église du Gesù, nous rapporterons, pour la conso-
lation des fidèles, deux faits soigneusements consignés dans des procès-verbaux. |
Séraphine Varet, âgée de vingt-trois ans, était privée depuis quatre ans de mouvement et de sentiment dans toute l'extrémité inférieure gauthe. Les parents avaient en vain épuisé pour elle les ressources de l’art. Un jour de l’année 1818, la malade se sent fortement poussée à solliciter de la sainte Vierge seule sa guérison. Elle désire qu'on la conduise au bourg de Liesse. C'était un assez long voyage. Er voiture avec son père et sa sœur, Séraphine ne cesse de prier, avec une confiance croissante. Une voix secrète lui disait: « Va, tu seras guérie. »
Parvenue non loin du bourg, elle demande si bientôt elle verra le clocher de l’église. Son père lui répond: « Le voilà devant nous. » Au même instant une vive douleur se fait sentir dans cette partie insensible ou plutôt morte depuis si longtemps, et arrache des plaintes à. l'infirme. La crise devient de plus en plus douloureuse; Séraphine pousse un, dernier cri: la jambe était redressée, la vie lui était rendue. ,
On arrive à l'hôtel des Trois-Rois; le père, qui ne sait pas encore au juste ce qui s'est passé, demande une chaise et prie qu’on vienne l’aider à descendre sa fille. Pendant qu'on se uisrnse, cette même voix intérieure ordonne à Séraphine de se lever et de descendre seule. Elle obéit, descend, et, devant ses compagnons de voyage stupéfaits, ses béquilles à la main, elle court à l'église, se prosterne devant l’image de la Mère de Dieu, dans les sentiments de la plus profonde, de la plus joyeuse reconnaissance. Avant de quitter ce béni sanctuaire, elle offre ses béquilles en exvoto, y ajoutant un collier d’or, seule parure qu'elle pos-
‘sédât. ;
Étienne Leroux, âgé de seize ans, était paralytique depuis cinquante mois, incapable de marcher seul et de se soutenir sur ses jambes. Au cours de l’année 1833, sa mère le conduisit pour la troisième fois en pèlerinage à Notre-Dame de Liesse.
Apporté dans l’église, il était assis au milieu du chœur,
i priait, lorsqu'après une demi-heure il glisse de son siège et fait un mouvement en avant. La mère lui présente ses béquilles, mais il les rejette, et marchant d’un pas ferme et slide, pour la première fois depuis plus de quatre ans, | il parcourt l’église, court dans la rue, se promène dans la bourgade... La guérison avait été subite, imprévue, complète.
Le couronnement de la statue ete
La sainte Vierge avait tellement multiplié les merveilles à Liesse, que l’on songea à couronner sa statue. De fait, Mer de Garsignies, évêque de Soissons et de Laon, obtint du Souverain Pontife Pie IX, en 1857, les honneurs du couronnement pour Notre-Dame de Liesse, sous le titre de Mère de Grâce.
Au milieu des apprêts de la fête, on examina la statue. Quelle ne fut pas la surprise du curé et de ses assistants, quand ils virent qu’elle se réduisait à cette tête de pierre levée sur un morceau de bois et de carton. Évidemment ce qui en faisait Le prix et lui donnait sa vertu, c'étaient les cœndres de l’ancienne statue. — I]. fut résolu que l'on ferait exécuter une nouvelle statue, sur le modèle de l’ancienne, dans laquelle on insérerait une partie des cendres ét des charbons précieux. Mais comme la statue actuelle avait été depuis 1802 l'instrument de tant de prodiges et l’objet de tant de vénération, on la donnerait à la maison de la Compagnie de Jésus récemment fondée dans le but d'offrir aux nombreux pèlerins de Liesse tous les secours spirituels qu'ils réclamaient. Ce qui fut fait en cette année-là même,
Les fêtes du couronnement de la nouvelle statue, au mois d'août, furent d’une magnificence incomparable. Elles dutrent quatre jours. Mais comme ce sujet n'entre point dans le cadre de notre travail, nous revenons à l’autre statue, qui maintenant nous intéresse davantage, puisque c’est elle qui est sur le point de venir parmi nous.
La translation de la statue au Canada
La statue de 1802 (du moins la tête et les cendres, car le reste avait été refait, sculpté et peint par un artiste de Paris) se trouvait donc dans la maison des Jésuites de Laon. Outre le service du pèlerinage, une troisième année de probation s'y faisait par de jeunes religieux de la Compagnie, au sortir de leurs études. En 1862, le troisième an, ainsi que la statue, fut transféré de Liesse à Saint-Vincent de Laon. Quinze ans plus tard, au printemps de 1877, le gouvernement fränçais réclama des Pères de la Compagnie la cession de la maison Saint-Vincent, qui lui devenait nécessaire pour la défense de la ville de Laon et de la vallée qu'elle domine. Il fut décidé que le troisième an irait cette fois à Paray-le-Monial. Comme l'endroit était déjà favorisé par d'innombrables pèlerinages au Sacré Cœur, on résolut de céder 1 statue miraculeuse à quelqu'une des nombreuses missions lointaines de la Compagnie de Jésus.
Par bonheur, il y avait à Saint-Vincent, en ce temps-là, ‘ ‘x Pères Canadiens qui devaient rentrer au pays vers le moic d'août. L'un d'eux était le P. François-de-Sales Cazeau, ardent apôtre des SS. Cœurs de Jésus et de Marie. On conçoit son désir de possèder la Vierge de Liesse. . Son com pagnon et lui unissaient leurs prières à celles que faisaient les Supérieurs pour découvrir sur ce poinc la volonté de Dieu. Au mois d'août, les Pères du troisième an se rendirent à Liesse pour faire leurs adieux à la Madone. Le Père Dorr, vénéré comme un saint, était leur Instructeur. 11 dit la messe à l’autel de Notre-Dame de Liesse. A peine avait-il achevé son action de grâces, qu’appelant à lui le P. Cazeau, il lui dit: « La statue de Notre-Dame de Liesse, Mère de Grâce, ira au Canada; vous l’emporterez. »
Quelques jours après, les deux Pères Canadiens se :°*taient en route, emportant avec eux comme un trésor la statue miraculeuse. Ils arrivèrent au collège Sainte-Marie dans les premiers jours de septembre. La statue fut trans portée dans l’église et placée sur un simple piédestal, en avant de l'autel de la sainte Vierge. Le dimanche suivant, à toutes les instructions, on redit la légende des trois che-
Pressenti à ce sujet, hénoviciat du Sault-au-Récollet. trancher le nœud, à la sainte
nt sollicitée était
Pour le plus grand avantage
des fidèles et surtout Pour celui des élèves du collège, placés wus le regard de la Mère de Grâce et de son Fils.
Premier
Mer Conroy,
le P. Cazeau, nommé le mois
‘histoire de la statue et sa récente
i . Les prélats prirent
tout de suite se rendirent pieuse- .
adone, qu'ils vénérèrent avec le
la communauté du collège. Ce fut, on
le premier pèlerinage à Notre-Dame de Liesse
d' da: il ne pouvait être plus solennel ni de meilleur Bigure pour l'avenir.
Ùü—
Mgr Fabre, évêque de Montréal, exprima le désir. au mois de mai suivant, d'inaugurer la statue avec la plus solennité. Ouvrant le mois de Marie, selon la cou-
tume, à Notre-Dame de Bonsecours, il voulut le clôturer en inaugurant, le 31 mai, la statue de Notre-Dame de Liesse. Le jour venu, une foule immense remplissait l'église. L'évêque présida la cérémonie: il y eut sermon, puis procession dans laquelle on porta la statue, et lecture de l'acte de consécration:; après quoi la statue fut élevée sur le piédestal qu'on lui avait préparé. La bénédiction solennelle du saint Sacrement couronga cette belle manifestation en l'honneur de
| Gruérisons et faveurs spirituelles
Les grâces de toutes sortes que Notre-Dame avait prodiguées sur la terre de France, elle les renouvela pour ses enfants du Canada. Nous en rapporterons deux ou trois exemples, efin d'augmenter la confiance de nos lecteurs envers la Mère de Dieu.
Une famille chrétienne de la ville, affligée de voir un de ses membres s'éloigner des sacrements et négliger entièrement son salut, commença une neuvaine à Notre-Dame de Liesse, à l'insu du jeune homme. Comme de sa nature il était tranquille et réservé, on ne s'aperçut de rien pendant la neuvaine. Le dernier jour, sa mère le trouve, dans chambre, très occupé à chercher quelque chose qu'il avait perdu. Voulant l'aider, elle lui demande quel est cet objet: il lui répond que c'est son chapelet, qu'il en a besoin ce matin-là. On finit par le trouver. Le jeune homme soft plus tôt qu'à l'ordinaire et revient ensuite déjeuner: il s'était confessé la veille, et avait communié le matin, sans que personne lui en eût suggéré la pensée. L'ex-voto offert par la famille reconnaissante se voit encore auprès de la sainte image. +
A cette faveur d'ordre spirituel joignons le cas d'une guérison physique.
Madame N.… souffrait. d’un mal de tête violent qui ne lui accordait aucun repos, ni le jour nila nuit. 11 y avait de quoi: un abcès s'était formé à l'intérieur, déjouant tous les
remèdes, ne atrmité, ratercessio:
à recourir de lui appo statue, et:
Sa confie remèdes et médecin, di Dame exau lh neuvaine, N... appliqu sæmbla qu'o La douleur Un fait Timothy O’ successiveme dont deux 1 porté à l'H une neuvair empressemer et le dernier dite à l’aute
qu la scien ñson s'était f tontraire à t de pareilles o
Les autre titre dans
ir, au a plus a coulôturer Liesse.
évêque n dans consé- | qu'on Sacreeur de
cles
ait pro- Jour 85 u trois lecteurs
r un de entièreame de ature il pendant dans sa "il avait et objet:
esoin ce ime sort il s'était sans que to offert ès de la
as d'une t qui ne
avait de L tous les
remèdes, ne laissant aucun espoir de guérison. Dans cette atmité, elle entendit parler des guérisons opérée: par rutercession de Notre-Dame de Liesse, Elle se sentit purtée recourir à cette bonne Mère. Elle pria donc une amie de lui apporter de l'huile de la lampe qui brûlait devant la statue, et elle commença une neuvaine en son honneur.
Sa confiance était si grande qu'elle mit de côté tous les rmèdes et même ne voulut plus voir son médecin. « Mon
médecin, disait-elle, c'est Notre-Dame de Liesse. » Notre-
Dame exauça une si-belle confiance. L'un des jours de h neuvaine, alors que la douleur était plus aiguë, Madame X.. appliqua de l'huile bénie. L'effet fut instantané: il lui æmbla qu'on lui enlevait un poids énorme de dessus la tête. La douleur avait cessé, la malade était guérie.
Un fait plus extraordinaire encore est la guérison de Timothy O’Reilly, frappé de paralysie depuis quinze mois, successivement soigné et abandonné par cinq médecins, dont deux l'avaient déclaré parfaitement incurable. Transporté à l'Hôtel-Dieu, une religieuse lui propose de faire ue neuvaine à Notre-Dame de Liesse. Il accepte avec empressement, fait chaque jour les prières de la neuvaine, ttle dernier jour, porté à la chapelle pour entendre la messe dite à l'autel de la sainte Vierge, il y reçoit la sainte cor1munion, et au moment où il conjure Notre-Dame d'avoir pitié de lui, il éprouve subitement une forte secousse, accompagnée de vives douleurs. Aussitôt ses membres se détendent, le sang commence à circuler, la chaleur revient, il se. sent guéri. Sans plus tarder, il se jette à genoux pour remerder Notre-Dame de Liesse. Un instant après, il se lève, marche seul à la vue des malades étonnés, retourne à l’église tt fait le chemin de la croix. |
Quatre médecins déclarèrent, sous la foi du serment, que la science était impuissante dans ce cas, que la guéfison s'était faite d’une manière inaccoutumée, extraordinaire, tntraire à tout ce qu'ils avaient jamais vu ou connu en de pareilles occurrences.
Les autres témoins interrogés s'’accordèrent à recontitre dans ce fait un miracle de premier ordre. Ce qui
Î :! | = pe
ë 1 | LE! confirmait cette opinion, c'est qu'on remarquait chez
EI 1. jeune homme tous les signes de l'action du bon esprit
AFIITER ET humilité profonde, grande candeur, piété, détachement « SE 1! choses de la terre. Il ne songea plus qu'à remercier D
‘SI: |A et Notre-Dame de Liesse et à prendre les moyens d'
NE II sa persévérance. « Je veux quitter le monde, disait-il, 4 cela je ne croirais pas faire assez pour témoigner ma recc
"RE | naissance à Notre-Dame de Liesse. »
8e : Gloire à Dieu nar Notre-Dame de Liesse, et par elle a
en union avec les mérites de son divin Fils, paix aux de bonne volonté!
| Ayons en elle uné profonde confiance: demandon 1 |A 4 l’allègement de nos peines physiques, plus encore la = ÆE . prison de nos misères spirituelles. Prions-la pour la © IE N° version des pécheurs: que ces pauvres âmes blessées ntes dent sa douce voix de Mère, qu'elles accourent auprès d’ et se disposent ainsi à recevoir le pardon et toutes les g cet que leur accordera royalement le Cœur Sacré de son Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Nous terminons en transcrivant la « Prière à Notre! Dame de Liesse », suivie d’une courte invocation. prière, que Mgr l'archevêque de Montréal a daigné enrichi de 100 jours d'indulgence (12 juillet 1920), et cette if 115 cation pourraient servir dans une neuvaine à Notre-D MI TERRE de Liesse.
pee PAT SE
Ah E PRIÈRE A NOTRE-DAME DE LIESSE
Ô Seigneur, notre Dieu, accordez à vos serviteurs joies d’une parfaite santé de corps et d'esprit, et par glorieuse intercession de la bienheureuse Marie toujou Vierge, l’exemption de toute tristesse pendant cette et après notre mort la jouissance des joies éternelles. NO vous demandons ces grâces par Jésus-Christ Notre- eignew et votre Fils, lequel vit et règne avec vous en l'unité @ Saint-Esprit pendant les siècles des siècles. Ainsi s0%
Notre-Dame de Liesse, cause de notre joie, priez pour 1
L Vie nouvelle
publiera en 1920 des articles sur la doctrine de l'Église, la vie intérieure, les enseignements des Papes, les différents ordres religieux, les devoirs sociaux, les œuvres urgentes, etc., etc. Elle donnera chaque mois une chronique des Retraites fermées au Canada. Elle tiendra ses lecteurs au Courant du mouvement catholique dans not”? pays et à l'étranger.
La Vie nouvelle
Albert FERLAND, Jea