‹ Notre Dame de Lourdes (volume 2)Chapitre 2 sur 19 · PIE IX, PAPE · texte numérisé non relu

PIE IX, PAPE

DiLECTO FiLio HENRICO LASSERRE Plus P. P. IX.

Dilecte Fili, salutem et apostolicam Benedictionem.

Gratulamur tibi, Dilecte Fili, quodjinsigni auctus beneficio, votura tuum accuratissiino studio diligentiaque exsolveris ; et novara cleraentissimae'' Dei Matris apparitionem ita testatam facere curaveris, ut conflictu ipso humangs malitiœ cum cœlesti misericordia claritas eventus fîrmiorac luculentior appareret. Omnes certe in proposita a te rerum série perspicere poterunt, religionem nostram sanctissiman vergere in veram populorura utilitatera ; confluentes ad se omnes supemis juxta et terrenis cumulare beneficiis ; aptissimara esse ordini servando, vi etiara submota ; concitatos in turbis animorum motus, licet justos, compescere ; iisque rébus sedulo adlaborare Clerum, euraque adeo abesse a superstitione fovenda, ut imo segniorera se praebeat ac «^everiorera aliis omnibus in judicio edendo de factis, quge naturge vires excedere videntur. Nec rainus aperte patebit, impietatem incassum indixisse religioni bellum, et frustra machinationes hominum divinge Providentige consiliis obstare ; quge imo nequitia eorum et ausu sic uti consuevit, ut majorera inde qugerat operibus suis splendorera et virtutem. Libentissirae propterea excepimus volumen tuum, oui titulus Notre Dame de Lourdes ; fore fidentes, iit quge per mira potentige ac benignitatis suge signa undique frequentissimos advenas accersit ; scripto etiam tuo uti velit ad propagandam latius fovendamque in se pietatem hominum accipere possint. Hujus, quem ominaraur, exitus labori tuo auspicem accipe Benedictionem Apostolicam, quam tibi grati animi Nostri et paterngs benevolentige testera peramenter impertimus.

Datum Romge, apud S. Petrum, die, 4 Septerabrisl869, Pontificatus

Nostri Anno XXIV,

Plus PP. IX

l'IlEFACE PK I/AUTKUR. (^i=)

A la suite d'une grîtee signalée, dont le rdeit tro'jvera place dans Iccoursde co livre, je promis, il a quelques années, d'écrire l'histoire des événeujcnts cxtraordinairoa qui ont donné lieu au pt'lerinngc do Lourdes. Sij'ai eu le tort trùs-grave de différer longtemps l'exécution de nia promcs.-e, j'ai mis du moins une conscience absolue à étudier avec un soin scrupuleux le sujet que je voulais traiter.

FjU présence de l'incessante procession de visiteurs, de pèlerins, d'hommes, do femmes, de peuples entiers, qui viennent aujourd'hui de tous côtés s'ageriouiller devant une grotte déserte, entièrement ignoré il y a dix ans et que la parole d'une enfant a fait tout îi coup considérer comme un sanctuaire divin; en voyant s'élever le vaste édifice que la foi populaire érige en cet endroit et qui coûtera prèsde deux millions, (c'est-à-dire $400,000, £100,000,) j'ai éprouvé le besoin, non-seulement de rechercher les preuves du fait surnaturel, mais encore d'examiner de quelle manière, par quel logique enchainement de choses ou d'idées, la croyance s'en était ui iversellement répandue.

Comment cela s'est-il produit ? Comment un tel événement s'est-il accompli €n plein dix-neuvième siècle ? Comment le témoignage d'une ignorante petite fille sur un fait aussi extraordinaire, sur des Apparitions que personne autour d'elle n'apercevait, a-t-il pu trouver crédit et enfanter de si prodigieux résultats ?

Il y a des gens qui répondent d'un mot péremptoireà de telles questions, et le mot de " superstition" est commode pour cela. Pour moi, je ne suis pas si expéditifj et j'ai voulu me rendre compte d'un phénomène si en dehors du cours ordinaire des choses et si digne d'attention à quelque point de vue que l'on se place. Que le Miracle soit vrai ou qu'il soit faux ; que la cause de ce vaste courant de peuples soie dans l'action divine ou dans l'erreur humaine, une semblable étude n'en est pas moins du plus haut intérêt. Je remarque cependant que les sectaires du Libre Examen se gardent bien de le faire. Ils préfèrent nier tout court. C'est à la fois et plus facile et plus prudent.

Je comprends tout autrement qu'eux l'inquiète recherche de la vérité. Si nier tout court leur paraît simple, affirmer tout court me semblerait hasardé.

J'ai vu des savants parcourir péniblement les sentiers ardus de la Monta^^ne afin de s'expliquer à eux-mêmes pourquoi tel insecte qui se trouve pendant l'été sur les sommets se rencontre pendant l'hiver dans les vallons. Cela est fort bien. Je me dis toutefois que les grands mouvements humains, que les causes qui mettent en branle des multitudes immenses méritent, peut-être autant, d'occuper et d'exercer la sagacité de l'esprit. L'Histoire, la Keligion, la Science, la Philosophie, la Médecine, l'analyse des divers ressorts de la nature humaine, ont uq égal intérêt à cette curieuse étude.

Cette étude, j'ai voulu la faire complète.

Aussi ne me suis-je contenté ni des documents officiels, ni des lettres, ni des procès-verbaux, ni des attestations écrites. J'ai voulu, autant que possible, tout connaître, tout voir par moi-même, tout faire revivre à mes yeux par le souvenir et le récit de ceux qui avaient vu. J'ai fait de longs voyages à travers la France pour interroger tous ceux qui avaient figuré, soit comme personnages principaux soit comme témoins, dans les événements que j'avais à raconter, pour contrôler 4eurs récits les uns par les autres et parvenir de la sorte à une entière et lumineuse vérité.

(*) Cette préface se trouve eu tête de l'iiistoire de Notre-Dame, telle quelle a été composée par M. H. Lasserre.

Dans mos investigations an sujet de cette divine histoire, j'ai voulu, en un mot, suivre et pousser aussi avant que cela se pouvait, la méthode si excellente que M. Thiers a employée avec tant de supériorité dans les lonjjjs travaux et les sagacea recherches (]ui ont précédé son chef d'œuvre sur le Consulat et rh]!npire.

J ai la confiance que, Dieu aidant, mes efforts n'ont pas été entiôreinent vains.

La vérité une fois connue, je l'ai écrite avec autant de liberté que si, comme le duc de Saint-Simon, j'eusse fermé m i porte et raconté une histoire destinée à ne paraître que dans un siècle. J'ai voulu tout dire tant que les témoins sont encore vivants ; j'ai voulu donner leurs noms et leur demeure, pour qu'il fut possible de les interroger et de refaire, afin de contrôler mon propre travail, l'enquête que j'ai faite moi-même. J'ai voulu que chaque lecteur pût examiner, par lui-même, mes assertions, et rendre hommage à la Vérité si j'ai été sincère: j'ai voulu qu'il pût me confondre et me déshonorer si j'ai menti.

L'enquête approfondie ù laquelle je me suis livré, les documents que j'ai consultés, les nombreux témoignages que j'ai entendus, m'ont permis d'entrer dana des détails circonstanciés que n'avait pu aborder le récit sommaire qu'on avait publié tout d'abord, et de rectifier quelques erreurs qui s'étaient introduites dans la chronologie des faits. J'ai rétabli avec un soin extrême l'ordre exact des événements. Cela était nécessaire pour bien faire concevoir leur suite logique et pénétrer dans leur essence intime.

Etudier les faits non-seulement dans leur écorce extérieure, mais dans les délicatesses de leur physionomie et dans leur vie cachée, avec une attention constamment en éveil, le lien souvent lointain, souvent inaperçu tout d'abord, qui les unit ; comprendre et exposer clairement leur cause, leur origine, leur génération ; surprendre et voir agir, dans des profondeurs qu'on tente d'éclairer, les lois éternelles et les harmonies merveilleuses de l'ordre miraculeux : tel est le but que j'ai eu la hardiesse de concevoir.

Avec une telle pensée, aucune circonstance n'était indiiférente et ne devait être négligée. Le moindre détail pouvait contenir une lumière et permettre de surprendre, si je puis ainsi parler, la main de Dieu en flagrant délit.

De là, mes recherches ; de là, la forme, très-différente du style habituel des histoires officielles, qu'a prise de lui-même mon récit ; de là, tant dans la relation des Apparitions que dans celle des guérisons miraculeuses, ces portraits, ces dialogues, ces paysages, ces circonstances d'heure et de lieu, ces constatations de temps qu'il faisait; de là, ces mille détails qui m'ont coûté tant de peine à relever, mais qui m'ont donné, à mesure que je les recueillais pieusement, l'indicible joie de voir par moi-même, de goûter et de sentir, dans tout le charme d'une découverte à peine soupçonnée à l'avance, l'harmonie profonde des œuvres qui viennent de Dieu.

Cette joie, j'essaye de la communiquer à mes lecteurs, à mes amis, à ceux qui sont curieux des secrets d'en haut. Quelques-uns de ces détails arrivent parfois avec un si merveilleux à-propos, que le lecteur, habitué aux dissonnances de ce monde, pourrait soupçonner le peintre d'avoir mis de la complaisance dans son tableau. Mais Dieu est un artiste qui n'a pas besoin qu'on invente pour lui.

Les œuvres surnaturelles qu'il daigne accomplir ici-bas sont parfaites par elles-mêmes. Les copier fidèlement, ce serait rencontrer l'idéal.

Mais qui peut les copier de la sorte? Qui peut les voir dans toute leur beauté et leur harmonie ? Qui n'a la vue troublée? Qui peut pénétrer tous les secrets de ces humbles et grandes choses? Personne, hélas! Presque tout nous échappe et nous ne faisons qu'entrevoir.

Je viens d'oser dire ce que j'eusse voulu faire. Le lecteur seul verra ce que j'ai fait.

TABLE DES lAÏIERES

DE

Bref de Pie IX (traduction) I

— Textelatin IV

— Préfaee de l'auteur V

Bernadette Soubirous et ses parents 1

Il fév. 1858.— Jeudi.— 1ère apparition ; sa description 4

— Sa mère défend à Bernadette

d'aller à la grotte 7

l^fév. — Dimanclie. — Sa mère lève sa défense. 2de apparition 7

18 fév. — Jeudi. — Sème apparition : Promesse

de venir pendant quinze jours. . . 9

Uyre 2ème. — Emotion publique 11

— Conduite du clergé. — L'évêque de

Tarbes l'approuve . . 11

21 fév. — Dimanche. — Apparition : Prier pour

les pécheurs 13

— Le commissaire de police fait subir

un interrogatoire à Bernadette. 14

— Kouvelle défense d'aller à la

grotte 17

22 fév.— Lundi.— Bernadette à l'école : Elle

est poussée vers la grotte. — Point de vision 18

— Le père Soubirous lève sa défense. 2o

23 fév. — Mardi.— Apparition : Ordre de bâtir

une chapelle 20

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