‹ Notre Dame de ParisChapitre 10 sur 76 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

QUA.SniODO, PUIS CLAUDE FROLLO.

La nuit tombe. Létoupc lio l'image île la Vierge est allumée. QUASIMODO , seul.

Quel malheur que mon maître se soit trouvé sur notre chemin! U s'est mis en colère, il m'a arraché mes habits d'or. Pourquoi? C'était si beau! j'étais si content, si fier! Jamais de la vie je n'avais éprouvé chose pareille. Toujours autour de moi je vois, je sens le mépris, la haine, l'injure, le dégoût. Aujourd'hui, on m'applaudissait, on m'admirait, on me portait en triomphe comme un roi. Il parait (jue c'était mal, puisque le maître s'est fùclié. C'est dommage!

CLAUDE F u o L L o , rentrant.

(n frappe sur lépaulo Je Ounsim'"'»-) Quasiinodo! — VicUS devant cette lumière. (Il lamèno .lovant létoupo allumée. iSouid

à presque tous les bruits, tu sais lire sur mes lèvres les paroles que je prononce; regarde et écoute.

OUASIMODO.

Je regarde et j'écoiiti".

CLAUDE FROLLO

Te rappelles-tu à ((ui tu dois d'e.xister?

QUASIMODO

L'homme qui vit seul avec sa pensée n'oublie pas. Le jour lie la Quasiinodo, sur le bois du lit des Enfantstrouvés scellé à la porte de Notre-Dame, était exposé un pauvre petit être iulorme (|ui faisait peur et horreur à tous ceux qui le voyaient. On disait : — « (''est un monstre! c'est un démon. Il faut le jelerA l'eau! il faut le jeter au feu! » — Un jeune prêtre vint, il étendit la main et dit : — J'adopte cet cufant. — Et en elTet il le recueillit, il le nourrit, il l'éleva. C'est dans les jambes du jeune prêtre ([ue l'adopté se réfugiait ([iiaml les chiens et les enfants aboyaient après lui. C'est par le jeune prêtre (|u'il a appris à parler, à lire, ;\ écrire. Quand il est devenu graud, le jeune prêtre lui a donné les cloches de Notre-Dame, ces voix qui arrivent eucore à son oreille fermée, ces amies qui le bercent en lui chantant. Le jeune prêtre, c'était toi; le monstre c'était moi. Tu vois que j'ai de la mciuoiie.

As-tu aussi de la reconnaissance?

Tout le monde me hait , et je hais tout le monde. IVlais toi je t'aime. Ce que tu désires, je le veux; ce que tu veux, je le fais. A mes membres difformes Dieu a donné la force pour me permettre de te mieux servir encore. Je suis ton valet, ton esclave, ton chien, ta chose. Appelles-tu cela de la reconnaissance? je sens seulement que c'est mon instinct.

CLAUDE FROLLO

Alors, ce que je vais te commander, lu le feras?

QUASIMODO

Je Ile sais pas si ]i' le fi'iai ; mais je me ferai tuer pour le l'iiire ou pour l'avoir fait.

CLAUDE FROLLO

Quebliiun va passer là tout à l'heure. Homme ou femme, il faudra l'enlever et me suivre.

QUASIMODO

L'hoiniiie au bout ili' mon poing se débattra, s'il veut, au dessus de ma tète; la feiiiiiie,je l'em|](]rleiai sur mon bras, ployée comme une écbarpe.

CLAIDE FROLLO.

Rien! je n'ai pas besoin de l'i'xpliiiiier poiiiipini je te donne cet ordre.

NOTliK-I).\Ml-. DE l'Ali IS. A Cl F, l'REMll-l!

OUASIMODO. I

Tu PS la sagesse . lu es ];i scieiiee , tu es la vertu. Tu ne ]>eux rien vouloir ((ui ne soit juste, lu ne peux rieu connnaniler (|ui ne soit bon.

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