L AVEUGLE
Majcsié, voici un malolru i|iii est eiilré d;ins 1 royaume d'argot sans être argotier. il élail (laus le alentours après le couvre-feu.
CLOPIN
Maraud, qii'as-tuà dire pour ta défense?
GRINGOIRE
Maître... Monseigneur... Sire,.. Comment dois-je vous appeler?
CLOPIN
Monseigneur, Sa Majesté, ou camarade, appelle-mo comme tu voudras, mais dépèche ! m grimpe sur le tonneau
et s> aîsicd sur une cscabello.)
GRINGOIRE
Je suis celui ()ui,ce malin...
CLOPIN
Par les ongles du diable ! Ion uoui , drôle, et rien de plus. — Écoute. Tu es devant trois puissants souverains : moi, Clopin Trouillefou, roi de Tliuues, successeur du grand Coésre, suzerain suprême du royaume de l'argot; Matbias IIung;idi S|)icali, duc d'Egypte et de Rohème , ce vieux jauue que lu vois là avec un torchon autour ili' la tète; Guillaiiiiie Rousseau, empereur de Galilée, ce gros qui ne nous écoule pas et qui oiiresse une ribaude. Nous sommes les juges. Tu as violé les privilèges de uoire ville. Tu dois èln^ puni. A moins que tu ne sois capon, franc-milou ou rifodé, c'est-à-dire , dans l'argot des honnêtes gens, voleur, mendiant ou vagaboiiil. ,luslilie-loi. Ks-tii (]ueli|ue chose coiiime cela?
GRINGOIRE
Hélas! je n'ai pas cel hdiiin'iir. Je suis l' auteur...
Cela suffit, lu vas être peudu.
TAlîl.KAr III. — LA COL:r DES MIRACLES
GRINGOIHE.
Pcilllll !
Cliosi' toiilo simple, messieurs leslionni^tes lK)uri,'ei)is ! la loi que vous failes aux truaiuls, les Iruaiids vous la font. C'est voire faute si elle est mécluinte. Il faut bien qu'on voie de temps en temps une grimace d'honnête homme au-dessus du collier de chanvre; cida rend la chose lionoralile. (itircs pimii les iruan.i<.i ÂlloHs, l'ami, partage gaiement tes guenilles ;\ ces demoiselles.
Messeigneurs les empereurs et rois, vous n'y pensez pas ! je suis le poète dont on a représenté ce matin une moralilé dans la grand'salle du Palais.