‹ Notre Dame de ParisChapitre 7 sur 76 · M A II 1 E T T E · texte numérisé non relu

M A II 1 E T T E

GKRVAISK.

Mais, puisque la Sachette s'est mise là d'elle-même à cause d'un grand chagrin , c'est que c'est son plaisir de conserver son chagrin.

MAHIETTK.

Et quel est ce chagrin? le savez-vous?

OUDARDE

Non, et personne ne le sait.

MAIIIETTE.

Eh bien, moi, je le sais peut-être. Nous retournerons la voir.

GERVAISE

Quand vous voudrez. (Applaudissements dans le cercle. I.a Esmeral.la prélude sur son tambour de basque.) Ah ! le taulhour

de basque! La Esmeraida a fini ses tours de cartes, elle

va chanter. (Le cercle s'ouvre et laisse voir la Esmeral.la. La clièvTO est au fond, accroupie sur un tapis.)

LA ESMERALDA chante.

— Comment, disaient-ils, Avec nos nacelles.

Fuir les algiiazils?

— Ramez, disaient-elles.

— Comment, disaient-ils, Oublier querelles.

Misère et périls?

— Dormez , disaient-elles.

— Comment, disaient-ils.

Enchanter les belles

Sans philtres subtils?

— Aimez, disaient-elles.

(.\pplandissemcnts dans la foule.) MAHIKTTK.

Oh! iiiiclle doiKi' et iliaiinaute voix!

>(»T RE-DAM L; DK PARIS. - AC.TK PRKMIKR

GEBVAISK. I

Elli- va danser, pI sa dansi' vaut son chant.

L.1 E-«ineraI'la coinmi-nro un pa« en s nmompaenant 'lu tninh our 'li' bssquc. Claude Frollo est entré depuis un instant et, adossé â un pilier, eontemple dun i-egarrl profond !a ilanseuse.

CLAUDE l-ROLLO, dune voix sombre.

Voyez, voyo/, la lillc d'onfor! lU Esmeralda sarrèle, inquiète.)

M \ lllKTTE.

Qui est-ce donc ipii a paili'?

Je UK sais; queli]iriin ijui aura voulu Irmililcr hi danseuse.

lia liien réussi , voyez, elle s'est iiirèli'e. M;iis la

voilà qui reprend, tu fnule applau.Ut. I.a danse reprend et se termine au milieu des applaudissements.)

GRINGOIRK , cnlranl.

On a|tplatidil? Hélas! ce u'est pas mon inyslère ! iii regarde.) NoD , c'est UDe ilanseuse. (A.imirani. Qu'esl-ce ([lie je dis? une déesse !

.LAL'DE rnOLLO.

présentant son tambour de

Une magicienne !

Encore la voix!

LA ESM E li ALD A , a s;

A votre tour, Ujali.

Regardez bien maintenant, Mahielti'; voici les exercices de la clii'vre.

LA ESMERALDA, i> la ehùTre.

Djali, à quel mois sommes-nous de l'année? (tijaii lùvo

son pied de devant et trapijo quatre eoups sur lo tambour.) 0 U D A n I) E .

C'est vrai, nous sommes en ;iviil.

Voilà pourtant ce qu'on préfi-rc à la poésie!

LA ESMEIIALDA.

njall, à quoi jour sommes-nous du mois? (u eiièire

frappe rinq coup..) Kl à quelle heure du J01ir?(IJi chdTro frappe «il eoopn ; en même lomi» on entend sonner sii heures. Applaudissements.)

MAIllETTK.

C'est merveilleux !

CLAUDE FROLLO

Il y a de la sorcellerie là-dessous.

LA ESMERALDA, tr.«aillanl à elleméme.

Oh! cette voix est sinistre comme le visage ([ue je redoute.

LA FOULE

Encore la clu'-vie! encore!

LV ESMERALDA

Djali, comment prêche maître Charmoliie, ])rocureur

du roi en cour d'église? (La elràvre se met a l.éleren aitilanl se» pattes do devant. Rires et applaudissements.)

CLAUDE FROLLO, traversant la foule.

Sacrilt'ge ! profanation !

LA ESMERALDA, avee éimuvanle.

Ah ! c'est ce vilain homme ! (Les «pplaudissciuenls eontlnuent. Elle recueille dans son tambour les dons des .spectateurs.)

GRINCOIRE.

Oh! la nymphe! la bacchante du mont Ménaléen!

(La Esnioralda lui présente son lambourde basque: il met étourdiment

la main à sa poche.) Iléhis! iiioi , je ne suis pas Crésus!

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