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du feu, on a élevé à endroit présumé où il se passa, un petit monument en pierre blanche.
Les cathares ne purent accepter leur défaite et. se promirent bien de résister, par tous les moyens,
à l'influence des missionnaires catholiques. C'était, pour Dominique, l’heure de Dieu.
Victimes de leurs préjugés, ignorants, orgueilleux, rebelles à l’action, cependant si décisive, de Domi- ” nique, les hérétiques lui créaient toutes sortes de … difficultés. Une catégorie d’entre eux excitait davantage sa piété. Les veuves et les jeunes filles, qui appartenaient aux meilleures familles dè Fanjeaux® et des environs, subissaient des nécessités de situation qui les entraïînaient et les attachaïent à l’hérésie. Bien des seigneurs, en effet, contraints d’aliéner leurs terres et lgurs châteaux pour payer leurs dettes, armer ou entretenir des hommes de guerre, en étaient réduits à un état de gêne qui les empèêchait de tenir un train de maison et de donner à leurs enfants une éducation en rapport avec leur naissance. Ils se crurent obligés — malheur plus grand que la pauvreté — de confier cette éducation » aux hérétiques. Ceux-ci, abusant de la situation, firent des conquêtes : ils imposaient, avec l’habit de la secte, l’observance cathare sous toutes ses formes. Et quand ils doutaient tant soit peu de leur influence, ils enfermaient leurs pupilles dans des refuges ignorés, même souterrains; et c’est dans des couvents de femmes qu’ils? frecueillaient < les filles des grandes familles déchues. |
Un jour donc que Dominique avait dénoncé net
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avec plus de véhémence la fausseté des doctrines
hérétiques, plusieurs « croyantes », élèves des Par-
faites de Fanjeaux, remuées par sa parole, s’approchèrent et lui dirent : « Serviteur de Dieu, aidez-nous. Si ce que vous avez prêché aujourd’hui est vrai, il y a longtemps que l’esprit d’erreur nous aveugle. Car ceux que vous nommez hérétiques, nous les avons crus jusqu’à présent et de tout cœur nous avons adhéré à leurs doctrines. Maintenant votre prédication nous jette en une cruelle incertitude. Serviteur de Dieu, nous vous en conjurons, priez le Seigneur pour qu’il nous fasse connaître Ja vraie foi, car nous désirons vivre et mourir dans la vraie foi, et être sauvées !. »
« Soyez courageuses — répond Dominique — et attendez avec confiance. Je crois que le Seigneur mon Dieu, qui ne veut la perte de personne, va vous montrer le maître que vous avez servi jusqu’à présent. »
« Il leur parlait encore, dit J. de Réchac, et
voilà maître Sathan, contraint de vuider païs, qui
sort d’entre elles sous la forme d’un gros matou, fort hideux, d’une grandeur épouvantable, aussi noir en couleur que la cheminée d’enfer d’où il sortait, roulant en tête de gros yeux étincelants et. effarés, desserrant ses griffes, grommelant et faisant en son gosier le hurle et le siffle de dragon; enfin tirant d’un pied de long une langue toute ensanglantée dont il léchait la terre. Il fit en leur