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sées par elles. La vie future, l’enfer, le purgatoire, la résurrection de la chair, la communion des saints
faisaient place à la métempsycose, à la migration"
indéfinie des âmes d’un corps dans un autre.
Et comme les dogmes de l’Incarnation et de la
Rédemption sont la clef de voûte de tout l’édifice”
doctrinal de l’Église catholique, les atteindre, 2
c'était faire croulér tout l’édifice.
Il est donc à présumer que l’effort de nos apôtres, | de Dominique en particulier, fut principalement
d’exposer, sous tous leurs aspects, les mystères de -
. l’Incarnation et de la Rédemption; lé rôle qu’y joua la vierge Marie. Conférences avec les hérétiques où”
l’on employait surtout l’argument scripturaire; entretiens particuliers, simples prédications : tels. étaient les da de Dominique. Il savait s’a= dapter aux milieux et aux besoins.
La pénitence, la vraie, soutenait l’effort de Fe parole, surtout en face de ces professionnels hy-
pocrites des œuvres pénitentielles. Dominique et
ses compagnons allaient nu-pieds de pays en pays. …
Dans les auberges où ils s’arrêtaient, ils vivaient |
de peu et pratiquaient les abstinences qui, plus. tard, seraient inscrites dans la Règle des Précheurs,
Ainsi le petit groupe arriva à Prouille, par un chemin qui n’est plus maintenant qu’un simple
sentier. Ce chemin, de Laforce, passait près de ce que l’on appelle aujourd’hui la ferme Monplaisir, … et, ayant longé le Preuille, rejoignait la route royale”
de Bram à Mirepoix pour monter à Fanjeaux par.
j'ancienne voie romaine. Dans l’antique sanctuair
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RACE de Sainte-Marie de Prouille, nos pèlerins — Dominique surtout — vénérèrent la chère image de celle dont ils prêchaient la maternité divine. Domi-
nique, dans ses luttes contre l’hérésie albigeoise, s’en était constitué comme le chevalier servant : il lui
voua encore sa foi et lui promit de prêcher « à
temps et à contretemps » ses insignes prérogatives. Il revint souvent dans ce sanctuaire, dont il fit, après la fondation du couvent, comme le quartier général de la « Sainte Prédication » contre les hérétiques. Il y passait des nuits en prières, ne prenant qu’un court repos sur les marches de l’autel; le matin il célébrait la messe avant de remonter à Fanjeaux.
C’est ici le lieu — semble-t-il — de parler d’une tradition d’après laquelle le sanctuaire, témoin des prières et des pénitences nocturnes de Dominique, aurait été l’église Saint-Martin et non la chapelle Sainte-Marie de Prouille.
Cette tradition existait encore au xvirie siècle. Il s'agissait à cette époque, en 1758, d’abattre lé église Saint-Martin rebâtie après l'incendie de 1399 à l’emplacement même où le Père Arnaud Séguier l’avait fait élever au xrrit siècle. La Mère de Bellegarde, alors Prieure de Prouille, nous renseigne à ce sujet dans ses mémoires ! : « Il est vrai, ajoute-t-elle, que nous tenions ici toutes à cette église; premièrement, parce que c’était une
1. Mère de Bellegarde, ms. Cayier (sic) pour l’État des charges. | ë
église, et, en second lieu, parce que La tradition apocryphe de Prouille était que notre glorieux Père saint Dominique y faisait ses prières et y passait des nuits entières. Mais nous avons vu évidemment que cette église avait été démolie avant saint Dominique et qu’elle n’avait été rebâtie qu'après sa morts. » A La mère de Bellegarde entend dire que l’église u Saint-Martin tombait par vétusté, puisqu'elle ne fut démolie qu'après 1246, date à laquelle Ray: mond de Fauga, évêque de Toulouse, permit à Raymond Cathala, prieur de Prouille, de la rebâtir … dans l’intérieur de la clôture des religieux. Sans être démolie, l’église Saint-Martin, au témoignage de Raymond de Fauga, était devenue impropre à la célébration du culfe : quasi destructa sit, et debito honore et reverentia destituta, nec posset ibi debite divinum officium exerceri…. fre La tradition, dont nous parle la mère de Belle- … garde, était donc bien une tradition « apocryphe » mais qui ne pouvait remonter avant l'incendie de 1399. Les vicissitudes qu’elle avait subies, le nom que l’on donnait alors à la chapelle de Sainte-Marie … de Prouille ont très bien pu égarer ses souvenirs. Car celle-ci, vers la fin du xin° siècle, après la construction de l’église Notre-Dame, était de meurée enclose dansles constructions du monastère, et on la désignait sous le nom de chapelle du Cloître ou de Notre-Dame du Rosaire. RQ Le neuf ou dix juillet, Dominique gravit, pour
la première fois, les pentes abruptes de la colline