PRÉFACE
Le i*^'' février 1886, une mort soudaine et imprévue nous privait d'un ami que nous avions l'habitude de voir fréquemment et toujours avec bonheur.
C'était l'abbé François Amodru, chapelain de Notre- Dame des Victoires. Nous lavons connu, dès sa plus tendre enfance, dans le Collège de Crest, fondé par son frère, et aussi dans son honorable famille à Saint- Vallier (Drôme).
Comme il avait pour nous la plus cordiale affection, il ne craignait pas de nous découvrir les pen ées les plus intimes de son âme. Entièrement dévoué à l'œuvre
de l'Archiconfrérie, il conservait religieusement tout ce qui intéressait l'histoire de cette célèbre Association et pouvait contribuer à l'édification publique.
C'est ainsi que nous avons i^u connaissance de plusieurs pieux écrits qui sont restés jusqu'ici inédits.
Tous nous ont paru intéressants, mais il y en a quelques-uns que nous regretterions vivement de voir ensevelis pour toujours dans l'oubli : ce sont principalement des lettres adressées à l'abbé François, par M. l'abbé Amodru,. son frère aîné. Hélas! ce cher et à jamais regretté ami nous ayant été ravi par une mort aussi douloureuse que prématurée, nous pensons faire un acte utile et méritoire devant Dieu, en publiant ces lettres auxquelles il eut certainement donné le jour, si la mort lui en avait laissé le temps. Les faits qui y sont discutés intéressent non-seulement toute la France, mais l'Eglise entière, car Notre-Dame des Victoires, dont il est question dans ces lettrés, par son Archiconfrérie, touche à toute l'Eglise catholique. Or, nous avons la certitude que sans nous, ces divers documents n'auraient jamais vu le jour, malgré nos instances réitérées auprès de M. Amodru aîné.
Combien de fois nous avons dû lui dire que Dieu lui avait conservé la vie pour que ces lettres et ces documents ne fussent pas perdus à tout jamais, que leur publication était même pour lui un devoir de conscience, que sans la publication de ces lettres justificatives, ses meilleurs écrits sur les événements si graves de la Commune pourraient être discutés après sa mort et qu'on attendait ces éclaircissements depuis dix-huit ans.
Ces considérations l'ont enfin déterminé à nous les livrer (i).
Disons d'abord quelques mots de la mort si édifiante de Tabbé François.
Dans ce but, nous citerons, ce qui fut publié dans plusieurs journaux, le jour de son décès. Nous espérons qu'un jour sa biographie sera écrite. En attendant, on trouvera, à la fin de ce volume, une courte notice sur sa vie. Puissent les pages qui vont suivre édifier les âmes, porter la conviction dans les esprits, en dissipant des erreurs, malheureusement accréditées, et en confirmant la Vérité volontairement ou involontairement méconnue !
Paris, le Saint jour de Pâques 1888.