‹ Notre-Dame des Victoires pendant la Commune, ou, Lettres justificatives & documents conservésChapitre 33 sur 58 · PORTRAIT DE M. PLOU · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE M. PLOU

M. Etienne Plou était d'une taille élevée et bien proportionnée. Sa physionomie très régulière, son front large et élevé, sa parole calme et réfléchie, tout révélait en lui une belle intelligence.

Atteint accidentellement de cécité, il portait des lunettes bleues, ce qui ajoutait un intérêt particulier à sa personne. A mesure qu'il parlait, on sentait qu'il connaissait à fond les lois, les usages et les moyens nécessaires pour arriver à ses fins ; le calme avec lequel il répondait à toutes les objections, les ressources incroyables qu'il savait trouver, le courage qu'il n'hésitait pas à déployer sans témérité, les sentiments religieux qu'il portait dans le cœur sans en faire ostentation, le dévouement admirable qu'il avait pour ceux dont la cause lui était confiée, son rare désintéressement, ce que nous savons de ses actes pendant la Commune, tout, en un mot, nous faist un devoir de lui garder une profonde reconnaissance. Sa tenue était toujours irréprochable et commandait le respect. L'infirmité dont il était atteint depuis quelques années, comme le fut Mgr de Ségur, rendait sa parole particulièrement intéressante. Cette cécité lui servit probablement de sauvegarde auprès des chefs de la Commune, qui eussent été fort embarrassés de le constituer prisonnier.

Ferré, l'ayant entendu, lui dit un jour : « Vous m'avez l'air d'un brave homme, croyez-moi, ne vous mêlez plus de ces gens-là (les prêtres) ». M. Plou n'en continua pas moins son rôle de médiateur et d'avocat, ne s'arrêtant jamais devant les graves difficultés qu'il lui fallut constamment surmonter.

M. l'abbé Lagarcle écrivait à M. Amodru le iq août 1^71 : « Veuillez bien témoigner mes sympathies à l'excellent M. PloLi, à qui Dieu ne peut manquer de rendre ce que les hommes lui accordent si mal et ce qui n'est certainement (luc justice ».

Maintenant que M. Plou n'est plus, espérons que cette justice lui sera faite devant l'histoire.

Il mourut chrétiennement à Montrichard (Loir-et-Cher), le 21 juillet 1SS2, après avoir enduré plusieurs épreuves qui lui causèrent un vif chagrin, mais Dieu, qui n'oublie rien, l'aura certainement récompensé de sa foi. de son dévouement et de sa charité.

Un mot sur M. de Pl<jeuc, sou»>i-g-ouvei*iieur de la, Banque de France.

M. Plou connaissait M. Beslay, membre de la Commune, délégué à la Banque de France ; il put se recommander de lui auprès des autres membres de la Commune pour travailler à la délivrance du clergé.

On sait, d'autre part, que c'est grâce à M. Beslay que la perquisition à la Banque, projetée pour le 13 avril, n'eut pas de suite. Pourquoi ? Parce que M. Beslay s'était rendu aux observations motivées du sous-gouverneur, M. de Plœuc, qui déploya alors une intelligence et une énergie dignes des plus grands éloges.

Le même M. Beslay s'était aussi laissé convaincre par M. Plou, qu'il n'y avait pas lieu, pour la Commune, d'incarcérer les prêtres, et il avait, sans trop de difficulté, acquiescé aux démarches de ce dernier, parce qu'il était un peu si)n oblij^é, poui- d'anciens services rendus.

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Notons, en passant, que la Banque délivra à la Commune

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