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QUATRIÈME PARTIE

Et l'étrange prêtre étendit les bras comme pour envelopper des formes invisibles.

Falotes, les lueurs tremblotaient doucement, sur la chair pâmée.

— Nornes, s'écria-t-il.

O mes sœurs invisibles; Urda, Vérandi, Skalda !

Descendez de vos ciels moroses, pour cette nuit, et je vous offrirai les caresses premières de mon impubère beauté.

O mes celtiques fdandières !

Urda, vous qui gardez, dans vos coupes encloses, les souvenirs passés sous des voiles de deuil.

Sous la poussière grise et froide des oublis qui meurent — les pétales fanés des roses qui furent magnifiques et les serments qu'on promit éternels — , tout est poudre dans votre immortelle nuit et vous n'avez jamais connu de telles fiançailles.

Venez!

Vérandi, vous voyez les après destinées se débattre folles dans les angoisses inutiles des jours insoucieux, mais toutes pareilles elles

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iront dormir quand même aux songes du passé; et je viendrai aux lendemains d'Urda.

O Vérandi, ma sœur!

Venez !

Vous Skalda, qui laissez divaguer nos puériles espérances, vous nous êtes apparue sous des gazes d'émeraude, qui tendaient vos fécondes mamelles à nos lèvres avides. Nous avons sucé le lait mortel de vos désirs. Je m'en suis enivré, ma sœur, mais après vous c'est le noir chaos sans fin.

Venez !

Venez, vous verrez votre œuvre éblouissante :

Votre victime, toutes les pi'iiMi> ont germé dans ses flancs, sans jamais pouvoir Tapaiser.

Alors nous l'avons choisie pour nos expiations.

Elle va mourir maintenant.

Urda. Vérandi, Skalda, venez! o mes déesses !

Il s'adressait, il présent, à l'Idole :

— Et toi, Femme, sois résolue et sois heureuse.

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Sous le glaive, c'est toi, Vierge encore, que nous immolerons pour notre repos futur, devant que les mensonges n'aient souillé tes lèvres ignorantes.

Car les femmes mentent toujours.

Tu seras mon Epouse immaculée comme tu fus ma Fiancée chaste.

Et ta chair s'épanouira comme un fruit velouté oîi les bouches indifférentes n'auront pas encore baisé.

J'avais dit que j'aurais ton amour.

Avec patience, j'avais attendu le moment sacré des noces spirituelles, aujourd'hui elles me sont permises.

Je te prendrai et tu mourras.

En main un long cierge, il fit le tour de son Idole en chantant.

Trois fois il salua le Bouc qui regardait.

Puis il lut à mi-voix des prières.

— Et maintenant, reprit-il, sonnez, clochettes d'or, harmonies cachées; vous, grandes cloches enjuponnées de bronze, sonnez à toute volée, carillonnez et célébrez avec moi la communion que j'offre à mes divinités :

Notre-Dame- des-Voluptés, des Spasmes et des Désirs, ô Trinité de Chair, prenez la part que je vous donne.

Le voile de sa puberté se déchirera pour illuminer vos couronnes de gouttelettes d'or.

Bouc, reçois les fumées enivrantes.

Et que tes babines infernales tressaillent longuement.

Tes pieds fourchus et tes cornes pointues laboureront après les entrailles salies.

Lumières, donnez-nous toutes vos clartés !

Ang^e déchu, relève-loi.

O Lucifer, regarde !

Et renversant l'autel et le livre, il se rua, bète en délire, sur le ventre étalé de sa divinité.

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