IL - SÉPARATION DES SEXES
8. — Pour séparer, autant que possible, les sexes, et obvier aux inconvénients graves qui résultent de leur rapprochement, on n'emploiera pour le tissage, le peignage, la carderie, que tous hommes ou toutes femmes dans la même salle.
S'il paraît nécessaire, dans les préparations, par exemple, de conserver des hommes en même temps que des femmes dans la même salle, on prendra soin du moins de grouper les uns et les autres sur des points différents.
Dans les filatures, ou s'abstiendra de mélanger au même métier les rattacheurs et les rattacheuses, et on répartira à des étages différents, ou dans différentes salles, les métiers qui ont des rattacheurs, et ceux qui ont des rattacheuses. Aux métiers qui ont des rattacheuses, on veillera à ne placer que des fileurs ou des conducteurs mariés.
9. — Dans les établissements à plusieurs étages, il sera bon de disposer deux escaliers, l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes. On évitera les escaliers enfermés dans des tourelles étroites et peu éclairées, on tiendra à
n'avoir que des escaliers larges, ouverts et de surveillance facile.
10. — Les lieux d'aisance qui servent aux femmes seront placés à distance de ceux qui servent aux hommes, de telle sorte qu'on puisse, d'une maniere permanente, du bureau ou d'ailleurs, surveiller les uns et les autres.
11. — Si l'atelier se borne à un rez-de-chaussée, et que le terrain permette d'assigner plusieurs cours aux ouvriers, on prendra soin que chacune soit pourvue de tout ce qui est nécessaire : lieux, pompe, et même abri pour prendre les repas.
12. — On s'abstiendra de faire sortir pêle-mêle les hommes et les femmes en même temps ; il serait à désirer que les femmes sortissent les premières.
i3. — Quand on le pourra, on ménagera à l'atelier deux entrées, une pour les hommes, une autre pour les femmes.