‹ Notre jeunesseChapitre 49 sur 135 · ACTE DEUXIÈME tU · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME tU

HÉLÈNE

Oh ! oh I

CLÉSORD

C'est un homme terrible dans ce genre-là I

HÉLÈNE

Il me plaît; il est tout à fait agréable. Il va se marier?...

CLËNORÛ

Probablement.

HÉLÈNE

Avec Madame de Iternac?

Oui. Est-ce qu'elle vous plaît aussi, Madame de Bernac?

CLÉKOBD

Tout le monde vous plaît, alors?

il2 NOTRE JEUNESSE

HÉLÈNE, riant.

Oui, j'ai l'air un peu naïve, je le sens, mais ça m'est égal. Le fait est que depuis mon arrivée à Trouville, dans ce décor de luxe et de bruit, je suis positivement éblouie.

CLÉNORD

Hein!... C'est noir la province?

Non, non, ne croyez pas cela. C'est au contraire d'une lumière douce, apaisante, mais toujours égale. On n'a pas la sensation que les heures sont brèves et précieuses ; et que la vie ne doit pas être économisée, mais dépensée. Ici — oh I mon Dieu, je ne me fais guère d'illusion sur la yaleur de l'existence que l'on mène ici, remarquez; je me rends très bien compte qu'elle est frivole, superficielle et inutile — mais elle agit un peu sur une provinciale comme moi, à la façon d'un remède violent dont je n'aurais pas l'habitude. J'avais peut-être besoin de cette petite cure de liberté

Page 1