ACTE TllOlSIESiE
ALINE
Merci. Mais je vous certifie que la personne dont vous parlez...
Madame Briant... Disons le nom... C'est ajïaçanl de ne pas dire le nom dans ces sortes d'hisloires...
LAtDE
Je VOUS certifie que Madame Briant, si c'est d'elle qu'il s'agit, esl tout à fait une honnOle femme.
SEBQUY
C'est absolument mon opinion.
CIIAFITIEB
Certes ! et la mienne aussi.
J'irai phis loin, c'est la mienne également.
Je n'ai jamais cru aux bonnes fortunes de CléjiorJ.
SERQUY
De ce côté là, pourtant...
ALINE, à Laure.
C'est un homme qui compromet admirablemont, j'en conviens, et toutes les fois que dans notre monde on ne connaît pas d'amant à une femme, on dit : « Elle a été la maîlrcsse de Clénord ». Il profite de la malveillance générale à noire égard. Ne trouvez-vous pas très horripilant, chère Madame, la façon dont ces Messieurs parlent entre eux des hommes à femmes? Ils ont beau les envier, ils les défendent toujours, par une espèce de solidarité perverse; ils leur font une réclame continuelle. Et ils considèrent comme une injure au sexe tout entier la simple supposition qu'une femme puisse leur résister... Tenez, Serquy, mon cousin, que voici, est convaincu que j'ai été amoureuse de Clénord, et que je ne le débine que par dépit.
LAURE
Oh! Monsieur Serquy...
ACl'E TilOISIÉME
Je vais être obligé de l'épouser pour lui prouver le conliaire.
SERQUT, lui baisant la main.
Clière cousine... je...
LAURE
Mes compliments...
Je me suis môme promis de l'arracher à sa vie de débauche et Je faire de lui un grand homme.
SERQL'Y
C'est une affaire entendue,
LAURE, à Cbarlier. A [>art toutes ces riSiiliqucs.
Je vois que tu n'auras pas le temps ce matin, de l'occuper de la petite Lucienne.
Ah! au fait...
i:2 NOTRE JEUNESSE
LÂURE
Tu as accepté hier de faire une démarche auprès d'elle... Tu Tas déjà oublié?,..
CHARTIER
Non... non... J'irai la voir celte aprèsmidi.
LAURE
C'est inutile. Je lui ai envoyé un mot.
(D.'signant la gauche.) Elle est ici. Je n'ai pas eu encore le temps de lui parler.
CUARnER
Ici! Est-ce que Lucien est encore dans le pavillon?
LAURE
N'aie donc pas peur. Il n'a aucune chance de rencontrer sa fille, cette énormité n'aura pas lieu. Veux-tu la voir?
CHARTIER
Je vais lui serrer la main avec plaisir...
(Haut à Serquy, qui cause avec Aline.) AUcz sans moi,