‹ Notre jeunesseChapitre 94 sur 135 · ACTE TROISIÈttE i&b · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈttE i&b

LAUHE

Je n'insisie pas.

UËLLNE

C'était donc sérieux?

LAURB

Très sérieux?

HÉLÈNE

Vous connaissez une jeune fille?

lAunE Délicieuse.

BÉLÈSE

A laquelle vous vous intéressez?

LAURE

Beaucoup.

HÉLÈSE

Comment s'appelle- t-ello ?

LAtIRE

C'est une fille naturelle. Son nom ne vous apprendrait rien.

HELENE

Je vous demande son prénom.

LAURE

Son prénom?...

HÉLÈNE

Vous ne voulez pas me dire son prénom?

Si le nom ne m'apprend rien, le prénom m'en apprendra encore moins, je suppose.

Qui sait?

HÉLÈNE

Vous m'intriguez... Voyons, dites?

LAURE

Lucienne.

HÉLÈNE

Tiens! le même prénom que?..,

LAURE

Le même. (Allant à Hélène.) Tant pis, mon

AHTE TROISIEME 197

frère m'accablera encore de son indignation et de sa colère, mais ça m'est égal ! quand j'ai commencé une gaffe, il faut que j'aille jusqu'au bout, c'est une manie. D'ailleurs, j'ai le pressenliment que ce n'est pas une gaffe. Ce que je vais vous dire, il n'yapeut-êlre pas une autre femme à qui je le dirais dans les mômes circonstances. Alors, voici: la jeune fille dont je vous parle est lout simplement une fille naturelle de voIrc mari...

UÉLËISE, stupéfaits.

De Lucien!

Il l'a eue au quarlier Latin, étant étudiant, d'une ouvrière que mon frère se rappelle parfaitement..! Il n'y a pas le moindre doute. Maintenant, ai-je eu tort ou raison de vous apprendre cela, je l'Ignore? En tout cas, ma conscience ne m'adresse pas le plus léger reproche.

HÉLÈNE

Mais vous avez eu raison, ma chère amie, mille fois raison!... Et je vous en remercie

profondément... C'est curieux : j'ai une assez grosse émotion et je suis incapable de dire pourquoi.

LAURE

C'est Témotion la meilleure.

HÉLÈNE

Où est-elle, cette jeune fille?

LAURE

Ici, h Trouville. Elle y était venue prier mon frère de s'occuper d'elle, et de lui trouver une place.

HÉLÈNE

Dans quelle situation est-elle?

LAURE

Dans la pire.

HÉLÈNE

Sa mère?...

LAURE

Est morte... Elle est absolument seule.

ACl'E inOlSIÈME

HÉLÈNE

Mon mari esl-il au courant?

Votre mari et votre beau-père sont au courant. Ça a été le commencement de ma fiaffe, que je ne regrette pas. Voire beau-père a (-16 admirable d'insouciance et de désinvolture.

HÉLÈNE

Ah! vraiment?...

Votre mari a pris la chose un peu plus au sdrieux, c'est une justice à lui rendre. On a dL'cidé d'abord de faire une pension à la jeune fille et ds la renvoyer, au plus bref, dans je ne sais quel trou de province...

IILLLNE

■ Tout cela sans moi... Nous verrous bienl

LAURE

Lucienne a refusé avec beaucoup de dignité.

Elle veut gagner sa vie par son travail. Je vais la présenter tout à Theure à Madame Salandra qui cherche une demoiselle de compagnie, et qui va partir bientôt pour le Brésil ou la Plata. Inutile de vous dire que tout le monde est ravi de cette combinaison : c'est un soulagement général.

HÉLÈNE

Je m'exph'que ce départ soudain... parfaitement. Ah ! ils ont arrangé cette affaire là entre hommes! Eh bien! nous allons essayer de l'arranger (Serrant la main de Laure.) entre femmes ! Je ne sais pas encore comment, mais ce sera mieux. D'abord, est-ce que je peux voir cette jeune fille?

LÀURE

Rien n'est plus simple. Elle va venir à l'instant. .. pour cette présentation... Attendez-la.

HÉf.ÈNE

Elle me connaît peut-être de vue?

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